Vagrant

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(63 articles)

Matt Pryor - “Confidence Man”

Confidence Man[Album]
29/07/2008
(Vagrant/Import)

Il faut croire que, après de longues années passées au service d’un groupe, tout musicien est pris d’une soudaine envie de se réaliser plus concrètement. Les exemples sont nombreux: de Chuck Ragan (Hot Water Music) à Jim Ward (Sparta/At The Drive In) en passant par David Bazan (Pedro The Lion), Nikola Sarcevic (Millencolin), ou Greg Graffin (Bad Religion). Matt Pryor vient s’ajouter à cette longue liste, lui qui dés la fin des Get Up Kids s’est jeté corps et âmes dans ses deux autres projets, The New Amsterdams et The Terrible Twos. Pour la première fois, c’est donc totalement seul qu’il apparaît, “Confidence Man” étant son premier disque solo, un projet entièrement maison qu’il convoitait depuis longtemps. Pour preuve, il faut remonter jusqu’en 1995 pour retrouver les premières ébauches de “Dear Lover”, à quelques mois seulement pour les plus récents “A Totally New Year”, “Only” et “Lovers Who Have Lost Their Cause”. Ici, l’ambiance est plutôt à la détente, la musique est épurée puisqu’elle ne se cantonne qu’à une guitare acoustique, accompagnée ici ou là d’un discret harmonica, et la voix bien connue de Pryor emmène le tout avec une grâce mélodique garantie. Celle là même qui, qu’elle le veuille ou non, sert de trait d’union entre tous les projets du bonhomme, jusqu’à parfois brouiller les pistes, certains morceaux de ce “Confidence Man” pouvant très bien se confondre avec ceux de The New Amsterdams. Avec quinze titres au compteur, dont quelques jolies ballades (”Loralai”, “I’m Sorry Stephen”, “I Wouldn’t Change a Thing”, “Who Do You Think You Are”) il possède d’ailleurs un autre point commun avec son groupe: un fort capital sympathie à peine fissuré par des longueurs plombant quelque peu l’ensemble. Pour cette raison, difficile de croire que Matt Pryor parviendra à rallier à sa cause un public autre que celui qui l’a toujours suivi jusque là. Les autres se retrouvant face à l’obligation de devoir choisir entre une multitude de chanteurs/compositeurs de ce genre. Et Dieu sait que les Etats-Unis, à eux seuls, n’en manquent pas..

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The Anniversary - “Devil On Our Side”

Devil On Our Side[Album]
01/07/2008
(Vagrant/Import)

Si on refait le décor de la scène émo pop des années 90, The Anniversary était un des premiers groupes à conjuguer avec efficacité la forte présence du synthétiseur et la mixité du chant. Pas pour rien d’ailleurs que le combo, à l’instar des Get Up Kids et Saves The Day, défendait haut et fort les couleurs Vagrant alors que le label était, à l’époque, une des forces majeures du genre. Paradoxalement, et à l’image de son impact, le quintet n’aura eu besoin que d’une poignée de splits, et de deux albums pour y parvenir. C’est d’ailleurs en pleine préparation du troisième opus, imprévisible étant donné la tournure qu’annonçait déjà “Your Majesty“, que le groupe décida de mettre la clé sous la porte

Il fallait donc quelques éléments de réponse. Plus de quatre ans sont passés, et The Anniversary vient se rappeler à notre bon souvenir avec cette double compilation alignant inédits, b-sides, et titres rares, doublant par la même occasion son entière discographie. Une belle prouesse que les fans nostalgiques sauront saisir au bond, d’autant qu’on y retrouve progressivement – car chronologiquement - tout ce qui a toujours fait la personnalité du groupe. Ainsi, seuls “Fletcher Durbin” et “The Heart Is a Lonely Hunter” méritaient vraiment d’être couchés sur la première moitié de ce “Devil On Our Side”, le reste se révélant un poil anarchique et truffé de trop d’imperfections. La seconde moitié montre par contre un tout autre visage, beaucoup plus abouti et soigné, laissant derrière lui quelques pépites émo pop comme peut encore l’être “To Never Die Young”, et d’autres morceaux dévoilant un certain goût du risque, voire peut être la voie plus classique que The Anniversary aurait pu prendre s’il avait continué d’exister (”O’Lady Butterfly”, “Let It Slip”, le dubisant “Kali”, le folk de “I Know What’s Best” et “Lover”)

Pour autant, difficile de conseiller ce disque à quiconque n’ayant jamais suivi les pérégrinations de The Anniversary tant le groupe vide ici définitivement ses derniers fonds de tiroirs, essentiellement à l’attention de ses fans les plus endurcis. Ceux là pourront donc afficher la fierté de n’avoir rien manqué, les autres s’en moqueront éperdument, sans qu’on puisse leur en vouloir un seul instant

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Reggie And The Full Effect - “Last Stop: Crappy Town”

Last Stop: Crappy Town[Album]
17/06/2008
(Vagrant/Import)

Alors qu’on croyait le projet mort et enterré depuis le consternant “Songs Not To Get Married To” sorti en 2005, Reggie & The Full Effect, one man band de James Dewees (clavier des Get Up Kids et de Coalesce), fait son retour avec “Last Stop: Crappy Town” dont on ne sait pas si le titre en annonce la fin. D’autant plus qu’il a été enregistré il y a maintenant deux ans, et qu’il ne sort qu’aujourd’hui pour d’obscures raisons. Reste que si l’approche est toujours la même, toujours aussi atypique avec son mélange de punk, de pop, de hardcore et de métal, cet intérimaire de luxe de la scène rock US (on l’a vu et entendu derrière les claviers de New Found Glory, My Chemical Romance…) semble avoir mis son humour débordant en berne, et apparaît plus réservé qu’à l’habitude. Finies les blagues qui tâchent, les sucreries pop écoeurantes, les délires adolescents, ce nouvel album va sans retenue vers ses penchants les plus lourds, sombres et introspectifs, seulement entrevus sur le précédent disque, et plus largement au sein de Coalesce, chose finalement peu surprenante puisque Cory White (guitariste du combo) et Paul Gray (bassiste de…Slipknot) sont de la partie. Le thème principal de “Last Stop: Crappy Town”, entièrement dédié au métro de Brooklyn, contribue lui aussi à assombrir le tableau, et éclaircit le choix de ses curieux titres répondant majoritairement à une lettre ou à des noms de rues. Mais, hormis les imbuvables “F” et “L”, Reggie & The Full Effect s’en tire plutôt bien, notamment lorsqu’il jongle avec les contrastes, comme sur “G” et “J” qui alternent couplets légers et refrains gutturaux chers au public hardcore/métal. Cependant, malgré cette chape de plomb recouvrant soudainement le registre de celui qu’on a connu blagueur, pour ne pas dire lourd, quelques éclairs mélodiques (”R”, “E”, “V”), voire quelques bribes electro (”Smith & 9th”), viennent contrebalancer le tout, et devraient parvenir à rallier son public d’antan à sa nouvelle cause. A moins que, lors de ces trois dernières années, il ait préféré s’aventurer sur de nouvelles terres. On ne lui en voudra pas, beaucoup ne poussant que rarement jusqu’au terminus

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Rocket From The Crypt - “RIP”

RIP[Album]
25/02/2008
(Vagrant/Pias)

Les meilleurs groupes de rock n’roll au monde n’ont-ils pas finalement en commun une injuste sous médiatisation? Car quand certains remplissent les stades, d’autres écument les salles et multiplient les disques, drainant ainsi au fur et à mesure du temps un public totalement conquis, qui ne manque jamais de le lui rendre. Malheureusement, ces groupes-là atteignent souvent un statut de mythe quand résonne l’écho de leur tout dernier accord de guitare. Alors que s’éteint “Come See Come Saw”, clôturant ce dernier live, on se dit alors que Rocket From The Crypt n’échappera pas à cette triste règle, lui, auteur de plus d’une centaine de disques, tous formats confondus, en presque vingt ans de carrière. Le rock n’roll perd là un de ses plus généreux représentants

Car les RFTC, après deux albums chez Vagrant (qui leur aura offert un dernier souffle salvateur), ont décidé de mettre la clé sous la porte en 2005 et de fêter leur dernier concert en l’immortalisant, en son comme en image. Que l’on ait suivi ou non le parcours de ce monstre en provenance de San Diego, “RIP” est en tout point un disque incontournable: il fait office de best of pour les novices retardataires, et pour les autres d’énième confirmation d’avoir à faire ici à un putain de groupe de scène. Pour eux, Rocket From The Crypt mérite incontestablement sa place au panthéon du rock, ne serait-ce que pour avoir été un des premiers à inclure une section cuivre à son line up. Jeunes, rayez cependant toutes notions de ska de vos esprits, l’idée ayant tilté dans l’esprit de Speedo (frontman du combo, également apparu chez Hot Snakes et Drive Like Jehu) quand en 1991 il passe un hiver à écouter des 45t Stax à la chaîne. Sa recette durera donc près de vingt années retracées ici de la plus belle manière, avec beaucoup d’authenticité, cet ultime disque alignant évidemment les plus grands tubes de Rocket From The Crypt

Et aucun n’a pris de ride, chose finalement peu surprenante puisque son garage rock sera toujours parvenu à sonner aussi frais que les multiples revival qu’il aura vu passer. Pour preuve, les californiens piochent ici allègrement dans leur tout premiers opus “Paint As a Fragrance” (”French Guy”, “Shy Boy”, “Velvet Touch”), “Circa Now” (”Ditch Digger”, “Don’t Darlene”, “Hairball Alley”, “Sturdy Wrists”) et “Scream Dracula Scream” (”Middle”, “Born In 69″, “Used”). Mais c’est surtout quand ils s’attaquent à des titres plus récents (”Straight American Slave”, “Carne Voodoo”, “I’m Not Invisible”, “Get Down”), qu’on s’aperçoit à quel point ils n’ont jamais fait d’infidélité à un rock n’roll qui aura toujours su tenir la dragée haute aux bambins opportunistes

“RIP”, ajoutant l’image au son et soulignant la puissance visuelle du groupe via mises en scène et changements de costume, est donc un parfait témoignage posthume qui laisse toutes les chances à Rocket From The Crypt de laisser une trace indélébile chez les âmes rockeuses. Totalement incontournable..

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City And Colour - “Bring Me Your Love”

Bring Me Your Love[Album]
12/02/2008
(Hassle/Vagrant/Pias)

On vous l’accorde, la scène rock d’outre Atlantique nous a déjà fait le coup de ces gros durs, réputés pour leurs prestations au sein de formations punk/hardcore bien connues, qui un jour décident d’empoigner leur guitare acoustique pour faire découvrir un autre penchant de leur personnalité artistique, et faire pleurer quelques minettes au passage. Quand Dallas Green, leader de Alexisonfire et tatoué jusqu’aux ongles, s’est présenté à nous, on croyait flairer une nouvelle fois un énième beau gosse bien décidé à étaler ses problèmes sentimentaux en musique. Sauf que ce n’est finalement pas pour rien que ce Canadien, grâce à internet dans un premier temps, est parvenu à attirer sur lui la même attention que son groupe, qu’il a pratiquement vendu autant de disques, et même glané quelques justes récompenses ces dernières années, dont celle de l’artiste canadien préféré du public

“Bring Me Your Love”, son troisième album (dont un live), frôle en effet le prévisible, jusqu’à ce que sa propre patte, peu flagrante à la première écoute, vienne le différencier des pleureuses ridicules. Avec le recul et quelques tentatives successives, il apparaît pourtant clairement que Green possède son style bien à lui, plus folk intimiste que cette mélopop acoustique et facile trop souvent servie. Ce nouvel album a quelque chose de chaleureux et modestement produit qui lui donne une authenticité agréable: une évidence sur les “Forgive Me” et “Confessions” d’ouverture, tout comme sur le final “As Much As I Ever Could”, presque fragiles comme pouvait l’être le premier album de Fink, toutes proportions gardées. Même quand il s’aventure sur un terrain plus typiquement alt country (”The Death Of Me”, “The Girl”), ou proche de ses faux concurrents (”Waiting…”), il parvient à s’échapper de la redite par un sens de la mélodie et une approche vocale spontanée qui, mariées, aboutissent à de réelles invitations à la communion (”Sleeping Sickness”)

Et si quelques souffles d’harmonica ponctuent cet album en y amenant leurs odeurs d’écuries (”Body In a Box”, “Against The Grain”), City And Colour réconcilie incontestablement avec ces side projets acoustiques sonnant trop souvent comme une manière pour leurs auteurs d’arrondir leurs fins de mois. Dallas Green s’affiche lui en songwritter authentique, et transpire l’envie de concrétiser tous ces élans créateurs. Ajouté à cela un son légèrement vintage, une production fidèle aux valeurs d’antan, et “Bring Me Your Love” finit par s’éloigner on ne peut plus de ce qu’on pouvait attendre d’un frontman de formation post hardcore. Comme quoi, on peut faire grand bruit sans un mur d’amplis derrière soi..

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Saves The Day - “Under The Boards”

Under The Boards[Album]
05/11/2007
(Vagrant/Pias)

À y regarder de plus près, cela fait maintenant cinq ans que Saves The Day se montre incapable de retrouver son niveau d’antan, celui de “Stay What You Are” et des nombreux tubes que cet album contenait. Depuis, c’est le calme plat, et les soucis de santé du frontman Chris Conley qui auront stoppé l’évolution du groupe il y a quelques années semblent s’être accompagnés d’une nouvelle approche de la musique qui n’aura pas donné toutes les chances au groupe de garder ce statut de bel outsider sur la scène pop punk américaine. Si l’espoir fond donc comme neige au soleil, chaque nouvel album peut cependant laisser penser qu’on va retrouver le Saves The Day qu’il a été. Malheureusement, et même si le combo tend à remonter la pente, ce n’est pas avec ce “Under The Boards” que le déclic aura eu lieu. Et pour cause puisqu’il s’inscrit dans une trilogie débutée par “Sounds The Alarm” et qui prendra fin l’an prochain sur “Daybreak”. On n’est en cependant pas revenu à la mièvrerie de “In Reverie“, le groupe ayant une nouvelle fois resservi des compositions plus électriques, plus approfondies aussi (”When I’m Not There”, “Kaleidoscope”), témoins d’une personnalité plus marquée mais qui ne transforme malheureusement pas chacun des titres en tubes. Ce n’est après tout plus ce qu’il faudra venir chercher chez Saves The Day. Car, hormis quelques morceaux affûtés (”Radio”, “Getaway”, “Because You Are No Other”), c’est plutôt vers un rock standard et popisant que le combo du New Jersey s’est tourné ici (”Under The Boards”, “Can’t Stay The Same”, “Get Fucked Up”, “Bye Bye Baby”). Et qui dit standard dit banal quand l’expérience est trop légère et qu’on ne détient pas le génie des locomotives du genre. Pire, d’autres titres comme “Lonely Nights” et son piano se mêlant aux guitares, ou l’acoustique “Stay” ne viennent qu’enfoncer le groupe dans les méandres d’un registre pré pubère. Du coup, vous pouvez vous débarrasser de tout remord au cas où vous prévoyiez déjà de faire l’impasse sur ce disque. Et il en sera certainement de même sur “Daybreak”. Alors, on attend maintenant 2009 ou 2010, ou on laisse définitivement tomber Saves The Day

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Dashboard Confessional - “The Shade Of Poison Tree”

The Shade Of Poison Tree[Album]
01/10/2007
(Vagrant/Import)

On était plutôt ravi d’entendre Dashboard Confessional s’aventurer sur des chemins plus électriques sur ses deux derniers albums. On y voyait une manière pour Chris Carraba de s’éloigner de ses milliers de groupies humides qui aimaient se délecter de sa voix et de sa musique, laissant doucement couler leurs larmes sur leurs joues encore acnéiques. Le résultat s’avérait d’ailleurs convaincant, plus adulte. L’espoir n’aura duré qu’un temps, le beau gosse devenu quasiment une superstar aux Etats Unis (le bonhomme parvient quand même à bonder le Madison Square Garden de New York!) retournant à l’acoustique sur ce “The Shade Of Poison Tree” ne cachant plus du tout son admiration pour ses aînés, à savoir Tom Petty, Neil Young et même Springsteen. D’autres décident d’avancer, d’innover, Carraba revient donc plutôt à la recette qui a fait ses premiers succès (”Swiss Army Romance“, “The Places You Have Come To Fear The Most“). C’est vrai, le rock ne vend plus de nos jours, et Dashboard Confessional a donc opté pour la facilité, pour un registre qui plait aux mamans, celui des longues lamentations poétiques, des belles complaintes acoustiques. Rien d’original donc dans ce nouvel album, si ce n’est une pop qui coule comme du petit lait (”Matters Of Blood And Connection”, “Thick As Thieves”), qui s’imprime aussi vite qu’elle ne s’efface, avec juste le temps pour nous de souligner un réel travail sur les arrangements (”The Widows Peak”, “The Rush”).Le genre de détail qui confirme que l’Américain souhaite encore plus ouvertement toucher un maximum de foyer, ceux où résonnent déjà de manière déjà très insipide les U2 et Coldplay. Quitte à chialer, on préfère encore que cela soit grâce à Jonah Matranga, beaucoup plus crédible car intègre dans ce créneau

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Down To Earth Approach - “Come Back To You”

Come Back To You[Album]
10/07/2007
(Vagrant/Import)

Il aura fallu trois ans à Down To Earth Approach pour revenir avec un deuxième album, faisant suite à “Another Intervention” qui, bien que sans surprise, donnait une belle suite à l’émo punk de la fin des années 90, aujourd’hui presque disparu tant il a été parcouru. C’est donc sans attente particulière qu’on accueille “Come Back To You”, dont on attend le strict minimum, c’est-à-dire au moins la même chose que sur le précédent disque. Car quand on navigue sur ce genre de rock, les suites sont souvent très prévisibles. Difficile donc d’être déçu avec si peu d’enthousiasme. Et la “règle” se vérifie une nouvelle fois, puisque Down To Earth Approach ressert son émo punk popisant toujours digne héritier des Saves The Day et Get Up Kids, voire même de Weezer, mais avec cette petite flamme en moins qui l’empêche même de penser venir détrôner ses aînés. Pourtant, un cap a été passé, les mélodies sont plus appliquées, et une certaine amélioration dans la composition se fait entendre. Normal peut-on se dire pour un combo ayant passé pas mal de temps sur la route depuis son dernier effort. Le quatuor est légèrement meilleur qu’il ne l’était, et se montre beaucoup plus à l’aise dans tous les registres (vocalement et rythmiquement, notamment). Et, malgré deux interludes acoustiques pour midinettes, quelques titres, bien que toujours très emprunts de délires adolescents, valent une écoute: le mid-tempo “Waiting” d’ouverture, ou les tube “Night Moves” et “See You”. Le groupe continue donc sa route sur terrain plat, cible une nouvelle fois les adeptes d’un rock frais, léger, et sans prétention avec une pop musclée qui s’écoute cependant aussi rapidement qu’on l’oublie. Libre à vous, ensuite, d’y revenir autant de fois que vous le désirez..

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Alkaline Trio - “Remains”

Remains[Album]
31/01/2007
(Vagrant/Pias)

En l’espace de dix ans, Alkaline Trio s’est rapidement fait un nom pour vite s’imposer sur la scène rock indépendante internationale. Arrivé à point nommé après l’essoufflement de l’énorme vague hardcore mélodique du début des 90’s, de nombreux kids ont trouvé en ce combo de Chicago un nouveau souffle, une bouffée d’oxygène après avoir ingurgité tant de mélodies balancées pied au plancher. Car comme bon nombre de ses pairs, en particulier signés sur le label Vagrant, Alkaline Trio s’est révélé comme la nouvelle coqueluche de l’émo, même si avec le recul, le groupe n’a finalement pas grand chose à voir avec tous ces rockeurs à mèches gélifiées

Alkaline Trio joue punk, joue simple, mais de manière efficace et accrocheuse, et s’accompagne d’un culte de l’imagerie mortuaire qui a également contribué à le faire connaître. À tel point que chaque album sorti devient encensé outre Atlantique (chez nous, on restera franchement sur les premiers et notamment sur l’excellent “From Here To Infirmary”), et les propositions de majors auront eu finalement raison de l’attachement du groupe pour son label. En effet, avide de toucher un public encore plus large et de bénéficier de plus de moyens, Skibba et sa bande ont signé chez V2 en octobre dernier. Sauf qu’aux dernières nouvelles, la branche américaine de cette maison de disque viendrait de mettre la clé sous la porte. Quoi qu’il en soit, c’est avec ce “Remains”, compilation de titres rares, inédits ou de faces B qu’Alkaline Trio met un point final au contrat qui le lie au label des Get Up Kids, Saves The Day, Futureheads, Dashboard Confessional et Eels

Avec vingt-deux titres au compteur, né d’une soif de studio insatiable, “Remains” retrace donc dix ans de carrière, souligne l’évolution musicale du groupe depuis sa création, et s’impose comme un incontournable pour tous les fans du groupe qui se verront d’ailleurs récompensés par trois titres inédits (Dethbed”, “My Standard Break From Life”, “I’m Dying Tomorrow”), enregistrés en live en 2006 au Avalon de Los Angeles. Les autres, qu’ils aient suivi cette carrière de loin ou pas du tout, auront donc droit à une bonne séance de rattrapage ou à une simple mise en bouche qui pourrait donner envie de se pencher définitivement sur cette discographie. En effet, dans une veine purement Alkaline Trio, “Hell Yes”, “Metro”, “Warbrain”, “Hating Every Minute”, ou “We Can Never Break Up” sont quelques-unes des friandises proposées ici, et que l’on sent sélectionnées sur des critères autant qualitatifs qu’affectifs

Et comme Alkaline Trio dure toujours plus longtemps, il rajoute à ce disque un DVD généreusement fourni sur lequel on retrouve des images prises sur les deux dernières tournées du groupe. Le trio nous ouvre donc son intimité, que ce soit en backstage, sur scène, le tout agrémenté de quelques clips. Le combo souligne donc avec ce “Remains” une étape charnière de sa carrière, et répond aux attentes contrairement à ce genre d’exercice souvent négligé par les artistes et groupes en situation similaire. Un joli bonus, pas plus cependant..

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Dashboard Confessional - “Dusk & Summer”

Dusk & Summer[Album]
03/07/2006
(Vagrant/Pias)

Chris Carraba, frontman charismatique de Dashboard Confessional, est de ces rockeurs passés du cercle d’admirateurs à celui d’icône internationale d’un genre décrié, qu’on tente encore de qualifier d’émo. Et ce, avec une réussite incontestable. Sur les traces de son précédent “A Mark, A Mission, A Scar”, ce nouvel opus intitulé “Dusk & Summer” tente de faire oublier ses premiers pas de chanteur pour midinettes ou il ne se suffisait que de sa voix et de sa guitare. Il affiche de nouveau ici un côté pop rock, hérité de ses précédents combos (Further Seems Forever, Vacant Andys) assez proche de Jimmy Eat World ou Gratitude, deux formations reconnues pour la qualité de leur chant et leurs mélodies touchantes. Et Dashboard Confessional n’en fait pas pour autant pâle figure. La preuve avec de “Don’t Wait” d’ouverture qui ne surprendra personne (tout comme le fleur bleue “Stolen” blindé de synthés) mais auquel tout le monde reconnaitra la qualité d’écriture. On préfère pourtant Carraba dans une ambiance plus agressive, comme sur “Slow Decay” à la six cordes malmenée, ou sur ce “Reason To Believe” ou il tente de concurrencer Jonah Matranga dans le registre des chanteurs sources de frissons, mais ou il ne fait que s’en rapprocher dangereusement. Déjà pas si mal, puisqu’on s’éloigne progressivement de la catégorie “chanteur de plage” qui n’apparait ici que sur l’acoustique “Dusk & Summer” et sur “So Long, So Long” sur lequel le piano donne de la voix, tout comme Adam Duritz (Counting Crows). Il faudrait donc être resté sur un vieil à priori, ou être de mauvaise foi pour jeter la pierre à ce nouveau disque de Dashboard Confessional qui s’adresse cette fois à un public légèrement plus âgé qu’à l’accoutumée. Ou tout simplement au sien qui grandit..

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