(23 articles)

Tinariwen - “Tassili”

tina180Album
(V2)
29/08/2011
Blues malien

Depuis presque une vingtaine d’années, Tinariwen envoûte le monde entier avec sa musique porteuse de révolte et de spiritualité. Ils reviennent aujourd’hui avec “Tassili” aux racines de l’assouf (le blues touareg), à la fois par conviction mais aussi par nécessité. Exilé dans le sud-est algérien en raison de l’interdiction de séjourner dans le nord du Mali, le groupe a décidé d’enregistrer ce nouvel opus à Tassili N’Ajjer, là où tout avait commencé pour eux en 1992 lors de leur première production discographique. Leur studio mobile installé, ils ont cette fois pris le parti de ranger les guitares électriques et de faire la part belle aux instrumentations acoustiques

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Maximum Balloon - “Maximum Balloon”

max180Album
(Coopérative Music)
27/09/2010
Electro pop

Le soi-disant court hiatus décidé par TV On The Radio aura au moins eu le mérite de faire éclore quelques projets sous-jacents qui n’attendaient qu’un peu de disponibilité de la part de leurs auteurs pour voir le jour. Ce fut le cas de Kyp Malone avec Rain Machine l’an passé, c’est désormais au tour de Dave Sitek - producteur émérite du combo de Brooklyn - de s’illustrer avec Maximum Balloon, un projet qui reprend plus ou moins les choses là ou “Dear Science” les a laissées: du groove et des plages atmosphériques, une pincée de mélancolie, et surtout cette approche uniquement personnelle de la composition qui, pour être franc, ne fait pas que des miracles.

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Blood Red Shoes - “Fire Like This”

blood180Album
(V2/Cooperative Music)
03/03/2010
Rock fumant

Si “Box Of Secrets”, premier album sorti en 2008, avait introduit Blood Red Shoes par la petite porte pour mieux le laisser gagner en puissance, “Fire Like This” rattrape le coup en s’offrant une arrivée médiatique clairement plus retentissante. Son rock désormais bien rodé à force de tournées et participations aux plus grands festivals, le duo évolue, peut être un peu plus sur la forme que sur le fond.

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The Secret Machines - “Secret Machines”

Secret Machines[Album]
19/01/2009
(V2/ Cooperative Music/Naive)

Depuis qu’ils ont sorti “Ten Silver Drops” en 2006, beaucoup de choses ont changé chez les Secret Machines. Le label d’abord, le groupe n’appartenant plus à la sphère Warner mais V2/Coopérative Music, mais aussi le line up, puisque Ben Curtis, chanteur et guitariste originel, s’en est allé se consacrer à son projet School Of Seven Bells, remplacé illico par Phil Karnats des ex Tripping Daisy. Et la musique dans tout cela? Alors qu’on pouvait logiquement s’attendre à une mini révolution, le combo n’aura que peu vacillé face à tant d’évènements. Une bonne nouvelle pour les fans, presque une déception pour ceux qui espéraient que le groupe prenne ses distances avec son rock inoffensif et taillé pour les stades, piochant autant dans le glam de Bowie que dans le psyché de Led Zeppelin. Car, si elle ne se fera pas forcément d’amis, la musique de Secret Machines n’aura pour autant jamais de redoutables ennemis. La faute a un répertoire passe-partout, grand public, et majoritairement fade, laissant malgré tout derrière lui quelques rejouissances, quelques titres dont les mélodies font mouche. C’est le cas de “Atomic Heels”, plus encore de “Last Believer, Drop Dead” et “Now You’re Gone”, véritables bouées en plein naufrage. Car ce nouvel album éponyme, beaucoup trop édulcoré pour durer (la faute à la guitare de Karnats), aligne également d’effroyables loupés, comme ce “I Never Thought To Ask” aux arrangements totalement has been, ou le prétentieux final “The Fire Is Waiting” composé à trop écouter Pink Floyd. Et rien qui ne s’explique par l’absence de Curtis, le groupe s’étant déjà empêtré auparavant, mais de manière plus énergique, dans ce genre de guimauve

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dEUS - “Vantage Point”

Vantage Point[Album]
21/04/2008
(V2/Coop/Universal)

S’il reste encore une seule certitude à la veille de chaque nouvel album de dEUS, c’est bien celle d’avoir affaire à un groupe qui n’a désormais plus de doute sur son propre talent. Et pour cause, à y regarder de plus près son parcours semé d’embûches, il aura longtemps mis sa solidité à rude épreuve, multipliant les changements de line up déstabilisants, qui n’auront pourtant jamais confisqué à ces Belges leur statut de groupe de rock référence, tout comme de longues périodes d’absence qui ne les auront jamais menés droit aux oubliettes. Bien au contraire, “Pocket Revolution“, son dernier album en date sorti après six ans de black-out total, aura même offert à dEUS un succès qu’il n’avait jamais connu à ce point auparavant, jusqu’à lui asséner une bonne bouffée d’oxygène amenant avec elle une sérénité retrouvée, et qui s’entend aujourd’hui sur “Vantage Point”

Ça ne fait pas de doute, le combo joue désormais bien droit dans ses bottes, fort d’un nouveau contexte qui lui aura été en tous points bénéfique. En effet, dEUS n’est plus tout à fait le même: il profite aujourd’hui de son propre studio (le Vantage Point…) qu’il aura construit de ses petites mains dans l’exact laps de temps de composition de ce nouvel opus, pour l’y enregistrer ensuite en deux mois. Mais ça ne fait pas tout. Tête pensante du groupe, Barman a lui aussi changé, mis de l’eau dans son vin, cessant de remplir ses morceaux à ras bord, pour mieux écouter ses partenaires et y trouver finalement une inspiration plus minimaliste mais toute aussi chiadée, et surtout beaucoup plus énergique que par le passé: une nouvelle orientation qui lui aura été soufflée lors d’une dernière tournée un poil trop redondante pour lui

Mais n’allez pas en conclure trop vite à une nouvelle salve assourdissante. Doit-on rappeler qu’on parle ici de dEUS, groupe de rock parmi les plus exigeants avec lui-même? Toujours aussi sombre bien que plus extraverti, “Vantage Point” est donc un nouvel album taillé pour la scène, aligne des titres évolutifs et plus immédiats fuyant par dessus tout le prévisible et le téléphoné dont il s’échappe encore grâce une atmosphère particulière qui survole chacun de ces dix nouveaux morceaux, dont certains sont de vraies pépites du genre.On pense notamment à ce “Oh Your God” qui se fluidifie magnifiquement sur le refrain, à la jolie ballade pop “Eternal Woman”, à “Slow” semblant emprunter sa rythmique à Radiohead, au délicat “Smokers Reflect”, et surtout à “The Architect”, premier single étonnement dansant avec ses airs lointains de !!! et LCD Soundsystem. Difficile de trouver meilleurs arguments pour vous mettre définitivement dEUS en bouche. Reste que ceux qui prendront la peine de goûter à ce nouveau cru garderont très certainement ce “Vantage Point” collé longtemps au fond du palais… À consommer sans modération

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Hundred Reasons - “Quick The Word, Sharp The Action”

Quick The Word, Sharp The Action[Album]
15/10/2007
(V2/Universal)

C’est encore une fois dans la discrétion et l’indifférence générale que Hundred Reasons sort son nouvel album, le quatrième de sa discographie. Pas vraiment de médiatisation, encore moins d’infos, il aura donc fallu compter sur le plus grand des hasards pour que ce “Quick The Word, Sharp The Action” ne se retrouve entre nos deux oreilles, toujours très accueillantes quand il s’agit du plus solide représentant de l’émo rock d’outre Manche. Non pas que le combo révolutionne le genre, tout comme son registre. Juste qu’il y a comme une certaine affection de notre part envers un groupe qui, trimballé de label en label comme un vulgaire rejeton de seconde zone, n’a jamais été vraiment aidé par les maisons de disques, et qui a malgré tout toujours fait en sorte de rester à son meilleur niveau, uniquement grâce à une motivation et une persévérance sans borne. Ce nouvel opus s’inscrit donc dans une continuité logique, redémarre là ou “Kill Your Own” s’est arrêté, comme si l’année écoulée entre ces deux disques n’avait finalement pas existé. Ainsi, le virage pop amorcé l’an passé se confirme tout au long de ces douze titres (sur “Sick Little Masquerade” surtout), le chant hurlé des premières heures se voyant désormais totalement abandonné au profit d’un autre plus mélodique, plus intense, plus tubesque. Ce qui n’empêche pas que les compositions sont toujours aussi solides, toutes guitares en avant, comme quelques formations post hardcore américaines d’antan nous y ont habitué. C’est donc logiquement que quelques titres ressortent du lot, qu’ils fassent preuve d’une puissance revigorante (”Break The Glass”, “I’ll Never Know”, “Out Of Time”), qu’ils prennent des allures de titres légèrement plus formatés mais terriblement efficaces (”No Way Back”, “Boy”, “Lost For Words”), ou qu’ils tranchent considérablement avec le reste (l’ambiant “Pernavas Lela”, les hurlements en retrait de “The Shredded”). Qui suit et a toujours apprécié Hundred Reasons depuis son éclosion, en 2002, trouvera donc son compte sur ce nouvel album

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Bloc Party - “A Weekend In The City”

A Weekend In The City[Album]
18/02/2007
(V2/Warner)

Il faut bien le dire, “Silent Alarm” le premier album des Anglais de Bloc Party, avait fait grand bruit, presque au point de nous casser la tête. Quelques maxis avaient fortement mis leur musique en bouche, mais l’arrivée de ce premier disque plus qu’attendu nous avait laissé quelque peu sur notre faim. Aujourd’hui, il ne reste qu’une petite poignée de tubes qu’on accepterait encore de se resservir, sans grand enthousiasme pour autant. Ce qui n’a pas empêché le groupe, alors aux frémissements de la vague revival qui allait déferler, de squatter les charts du monde entier. Ce qui, entre nous, n’est pas toujours gage de grande qualité

À l’heure de ce “A Weekend In The City”, le charismatique leader du quatuor, Kele Okereke, l’avoue sans peine: “Silent Alarm” jouait trop constamment la même carte de l’émotion pour repartir à l’identique. Il leur fallait désormais confirmer, en se renouvelant. Ce que Bloc Party ne s’est pas privé de faire car ce nouvel album, sans totalement dépayser (”Hunting For Witches”), déconcerte légèrement dés les premières écoutes. Les Anglais ont changé, appuient désormais un peu plus leur patte musicale, le chant diffère nettement, et on sent un Bloc Party dorénavant prêt à prendre quelques risques en cherchant à bousculer l’auditeur plutôt qu’en courant après les tubes. Le tout en adoptant comme concept une description bien personnelle d’Okereke de l’Angleterre d’aujourd’hui, un point de vue qu’il a cherché à transformer en fil rouge tout au long de cette douzaine de titres

Du coup, ce “A Weekend In The City” prendra à contre-pied ceux, nous en premier, qui s’attendaient à une nouvelle salve de rock putassière. “Uniform”, et le mélancolique final “SXRT”, prenant comme titre le nom d’un antidépresseur, soulignent le talent du groupe à orchestrer ses compositions, et en sont de parfaits exemples. Incontestablement, ce nouvel album, plus profond et réfléchi, gagne en goût lorsqu’on multiplie ses écoutes. Ainsi, l’auditeur recherchant uniquement une efficacité immédiate, sans avoir à creuser un minimum, passera très certainement à côté des meilleurs titres de ce disque (”The Prayer” par exemple). En cela, Bloc Party a gagné en maturité, et passe haut la main ce stade si dangereux de la confirmation. Pourtant, il y a fort à parier que “A Weekend In The City” n’atteindra pas les ventes de “Silent Alarm”. Quand on vous dit que les charts ne reflètent rien qui vaille..

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TTC - “3615 TTC”

3615 TTC[Album]
26/12/2006
(Big Dada/V2/Warner)

À chacune de ses apparitions, TTC n’a qu’une idée en tête: prendre de l’avance. Avec “Ceci n’Est Pas Un Disque”, ils anticipaient l’arrivée en France de la vague hip hop alternative et indépendante (menée, entre autres, par Anticon, Def Jux ou Shapeshifters), et faisaient souffler un vent nouveau sur une scène hip hop française à la dérive, engluée dans les stéréotypes. Deux ans plus tard, ils ne sont plus seuls à sévir dans ce créneau. Ils retournent donc clairement leur veste, s’acoquinent avec la scène électro parisienne clinquante, et pondent un “Batards Sensibles” complexe, dancefloor, et un brin pop, révélant le talent de producteur de Para One, mais dévoilant aussi sa recette de l’égotrip. Le sextet devient alors l’égérie d’une certaine branchitude, prend goût à ce buzz les entourant et rassasiant cette soif immodérée de reconnaissance, de succès, de vouloir coûte que coûte être des stars. TTC, emmené par son “cerveau” Tekilatex, joue alors de prétention, de provocation, multiplie les abus en s’autoproclamant génies, et cultive systématiquement l’art du contre-pied pour ne surtout pas être assimilé à la masse

Pour ce “3615 TTC”, le but avoué est d’affirmer ce côté pop déjà audible sur le précédent disque en dépouillant et simplifiant les productions, tout en abordant les mêmes thèmes que sont la sape, les filles, et cette haute estime de soi (”Paris Paris”, “Ambition”). Le tout allant évidemment de pair avec un dédain du peuple, celui qu’il cherche pourtant à rallier à la jeunesse clichée et dorée des écoles de commerce, du Paris Paris, de Colette, et de son forum internet essentiellement alimenté par quelques adeptes, suckers, fluobobos prépubères, totalement dévoués à leur cause. Il ne faudra donc pas attendre une quelconque amélioration des textes sur ce nouvel album (faire rimer “plus belle” avec “poubelle” n’est qu’un petit aperçu)

En 2006, et sans aucun single assez fort, TTC vise haut, TTC veut passer à la radio, TTC se veut en avance, mais ne fait que recycler la musique des eighties qui l’a bercé (Elmer Food Beat devait en être à en croire “Quand Je Claque Des Doigts” et “Strip Pour Moi”). Pour cela, il ressort les synthés (”Turbo” nouvel hymne de la beaufitude branchouille ou prochaine bande son d’Auto Moto?), tape amicalement dans le dos de Marc Toesca (”Antenne 2″), trinque gaiement avec Carlos (l’immonde zouk RnB de “Cé Pou Vou”), et joue la facilité en servant la soupe au public qui fait bouffer (”Téléphone”, ou “Frotte Ton Cul Par Terre” qui n’est autre qu’une nouvelle “Danse Des Canards” pour parisiens débordés et en mal d’entertainment). Pourtant, aussi différents soient-ils, les exemples d’artistes ayant élargi leur public en ne sacrifiant pas leur musique ne sont pas si rares. Quitte à parler de hip pop, Timbaland ou les Neptunes en sont deux parmi tant d’autres. La route est longue..

Finalement, TTC maîtrise bien mieux la communication que la musique (à l’exception ici de “Travailler”, de “Une Bande De Mecs Sympas” sauvé par Modeselektor, ou de Tido Berman toujours au-dessus du lot): un vide qu’il comble donc par un matraquage d’auto marketing, une prétention sans borne, une certaine force de persuasion. Car, on ne peut pas lui enlever, TTC est intelligent, fin stratège, choisit ses “potes” sur le papier, et sait se montrer là ou il faut et quand il le faut, sans que cela ne fasse pourtant d’eux des stars. Quoi qu’ils disent, les TTC ne sont cultes que pour une minorité et, en amenant très tôt dans l’hexagone le moindre frémissement de la musique urbaine d’outre-Atlantique, ne sont finalement en avance qu’en France. On a vu tâche plus ardue, même si, bien sûr, on lira ici et là que ce groupe relève du génie et qu’on ne comprend décidément pas le second degré. En bonne poudre aux yeux, “3615 TTC” va faire parler de lui, mais à quel prix? Don’t believe the hype..

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Sugarcult - “Lights Out”

Lights Out[Album]
12/09/2006
(V2/Import)

Celui là nous était passé sous le nez sans qu’on ait pu en renifler la bonne odeur de tubes. Sorti en septembre 2006, “Lights Out”, troisième album des Sugarcult, semble n’avoir d’effets sur nous que le printemps approchant. Chose peu étonnante quand on sait à quel point les californiens sont capables d’enchaîner insolemment les tubes, d’une niaiserie incomparable pour certains, furieusement efficaces pour les autres. A la défense des premiers, il faut dire que la France a depuis longtemps balayé ce genre de rock parfois trop vite affilié à une fraîcheur adolescente, contrairement aux Etats-Unis ou la large palette d’auditeurs permet encore à ces groupes de pouvoir tourner et sortir des disques. Une chance pour eux, mais aussi pour toutes ces oreilles séduites par le précédent “Palm Trees And Power Lines“, bourré de friandises mélodiques. On en attendait autant de ce nouvel album, censé définitivement sceller la patte de Sugarcult parmi les innombrables formations college rock. Sauf que, aidé par une production malheureusement presque trop surfaite lui ôtant un peu de spontanéité, le combo ne se limite plus seulement à une ribambelle de hits taillés pour faire valser les couettes des californiennes blondinettes. Bien sûr, on y retrouve encore quelques penchants (”Do It Alone” rappelant Alkaline Trio), mais aussi d’étonnantes ballades (”The Investigation”), des perles de pop music certainement jalousées par Weezer (”Shaking”), un certain déploiement de force (”Riot”, “Dead Living”) et quelques dérives aux très légers accents post punk auxquelles ils ne nous avaient pas encore habitués (”Explode”). Sugarcult confirme donc sans conteste son statut de groupe à la renommée grandissante, notamment en portant toute son attention sur un répertoire désormais plus varié sans qu’il vienne pourtant décontenancer son public le plus fidèle. Celui-là dont la déception de ne pas retrouver des titres aussi immédiats que “Memory” ou “Champagne” ont pu l’être par le passé (à l’exception peut être de “Made a Mistake”) sera compensée par une réelle motivation à se renouveler. On ne peut pas tout avoir..

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Hundred Reasons - “Kill Your Own”

Kill Your Own[Album]
20/03/2006
(V2/Warner)

Avec deux premiers albums du plus bel effet, Hundred Reasons a contribué à changer le décor du rock anglais. Depuis leur éclosion, tout comme celle de Hell Is For Heroes, on ne parle plus du rock de la même façon de l’autre côté de la Manche. Ainsi, les influences américaines ont voyagé, ont effacé la pop immortelle, et vont une nouvelle fois karscheriser cette vague rock revival qui y rencontre, plus qu’ailleurs, un franc succès. Pourtant, “Kill Your Own”, ce nouvel album du combo, a été maintes fois remis en question. Comme beaucoup, Hundred Reasons a rejoint le wagon des groupes laissés pour compte par les majors, s’est retrouvé sans contrat pendant un peu plus d’un an, pour finalement retrouver refuge chez V2. Durant ce laps de temps, la persévérance a pris le dessus, les anglais ont parcouru les festivals, sont repartis en tournée, ont multiplié les projets parallèles, dont le très bon album de Lucky Nine sorti récemment. Désormais plus confiant que jamais, le combo balance un excellent “Kill Your Own”

Pourtant l’entame de ce nouvel opus révèle quelques intentions commerciales presque déroutantes sans pourtant remettre en question l’identité musicale du groupe. “Broken Hands” pourrait sans mal être qualifié de tube néo-rock, “Kill Your Own”, premier single, est clairement formaté pour les radios “djeuns”, tout comme le plus tardif “No Pretending”. Ce n’est vraiment qu’à partir de “Destroy” que Hundred Reasons laisse ressurgir sa vraie nature, entre hymnes pop parfois proches de Weezer (”The Chance”, “The Perfect Gift”, “This Mess”), et déflagrations lorgnant vers le hardcore (l’excellent “Live Fast, Die Ugly”, “A Better Way?”). Au milieu de tout cela, un tracklisting parfaitement pensé, jouant autant la carte de la diversité que de l’homogénéité, des mélodies puissantes, un chant parfait dans toutes les situations et des refrains tubesques à la pelle (”Feed The Fire”, “Breathe Again”)

Malgré les galères, Hundred Reasons est resté assez authentique pour ne pas décevoir. Quand certains jouent la carte de l’opportunisme, que d’autres s’essoufflent ou fanent, les anglais relèvent encore une fois un challenge qu’ils remportent haut la main. Certes “Kill Your Own” n’apporte rien de nouveau, mais pousse quasiment à la perfection cette mixture d’énergie et de mélodie du meilleur cru. Une belle confirmation alors qu’on ne l’attendait pas vraiment..

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