UWE

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(13 articles)

Various Artists - “World Traveller Adventures”

World Traveller Adventures[DVD]
28/12/2004
(UWE/Discograph)

Si, comme la plupart des individus composant la demi-génération suivant le mouvement électronique sur sa lancée en ces années 2000, vous avez loupé les débuts de celui-ci, “World Traveller Adventures” est là pour vous les présenter en technicolor numérique et en musique synthétique, à travers 4 documentaires et une compilation

“23 Minutes Warning” constitue sans doute le documentaire de ce coffret qui aurait pu être l’un des plus intéressants. Véritable témoignage de la genèse déjà soumis à la répression de la scène rave/free, la naissance de Spiral Tribe résumée ici reste à peine esquissée et quelque peu décevante. Présentée sous forme d’interviews entrecoupées d’images d’archive malheureusement retouchées à la palette technobranchée - filtres et autres effets gratuits - cette introduction nous laisse malheureusement sur notre faim, présentant succinctement les idées et théories pourtant passionnantes qui étaient présentes au sein même de cette musique, mais diluant celles ci dans les digressions un peu trop cool et vantardes des différents participants. On devine donc vaguement en filigrane qu’il y a derrière tout ça des histoires de ré-investissement de l’espace public et de TAZ chères à Hakim Bey, sans en apprendre d’avantage. Dommage, on reste avec l’impression d’avoir entrevu l’histoire à travers un brouillard flou. Et fluo

“Storming Sarajevo” nous présente rapidement le retour de Desert Storm dans un pays et surtout une ville dévastés par la guerre. Des 4 reportages ici présents, c’est sans doute l’un des seuls qui atteint son but: montrer que la musique a un pouvoir et peut ramener le sourire, au moins momentanément, là où la destruction a tout marqué

“Mission To India” suit le sound system Sound Conspiracy dans son long périple de la Bosnie vers l’Inde. En tête une seule idée: l’aventure, et arriver à Goa pour diffuser la bonne parole. Le monde moderne étant ce qu’il est, la conclusion sera quelque peu décevante, mais ce reportage parvient tout de même à un certain état de grâce, en particulier grâce à sa réalisation (caméra à l’épaule et narration) qui lui donne un peu l’allure d’un journal intime

“African Expedisound” partait très bien lui aussi. En se centrant sur ce voyage vers l’Afrique destiné à la fois à retourner vers les racines des musiques rythmiques et en même temps à générer de nouveaux métissages musicaux, on pouvait légitimement espérer un résultat chargé de spiritualité et de chaleur. Au bout de ces 52 minutes, on se retrouve un peu avec la gueule de bois, non seulement on n’a pas assisté à grand chose (un jeune homme passant certes deux minutes - quelle rébellion - à nous expliquer comment rouler un joint en conduisant) mais en plus la bande son est totalement basique et vidée de tout contenu: la musique des segments tournés au cours des soirées est même redoublée

Au final, le jugement est un peu dur, tant ces quatre reportages réussissent presque à nous faire sentir l’essence de ce passé qui aurait pu être le futur. Hélas, la réalité aura eu raison de l’idéalisme et on se retrouve à la fin de ces quelques heures un peu déçu, plus par le monde que par le contenu même de ces documents, qui garde une valeur historique, ne serait ce que par leur rareté

Quant au disque accompagnant le DVD il n’est pas exceptionnel, mais propose au moins un échantillon de ce son d’autrefois bien acide et aujourd’hui presque disparu, comportant même quelques pépites (le magnifique “Forward The Revolution”).

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Dee Nasty - “Underground Forever”

Underground Forever[Album]
22/11/2004
(UWE/Discograph)

Plus de 20 ans de carrière dans le HipHop et Dee Nasty répond toujours présent. Une longévité rare mais surtout méritée pour celui qui fait office de pionner dans l’art de manier les platines en France. Une position souvent difficile à gérer mais que celui-ci a réussi à exploiter en restant, avant tout, un amoureux de musique. Et ce mix de HipHop underground U.S montre à quel point il reste fidèle à son éthique

Trop souvent, certains Djs utilisant une notoriété acquise souvent très rapidement, tombent dans la facilité et proposent une sélection en partenariat avec une grande radio et une major, afin de gaver nos bacs de compilations, reprenant inlassablement ce que nous entendons sur les ondes. Alors remercions Dee Nasty qui, lui, malgré une “vraie” et respectable notoriété, préfère proposer un disque de qualité et personnel, quitte à avoir une exposition moins grande

Car trop rarement on nous propose Ill Bill, Aceyalone, Prince Po, Family Tree, Diverse, Masta Killa et tant d’autres sur un même mix, sauf peut-être de l’autre côté de l’Atlantique. Ajoutant à cela sa patte technique, enchaînant les titres par ses scratchs et ses routines bien senties, nul doute que Dee Nasty n’a pas perdu de son talent pour enflammer les dancefloors

Mais la technique ne faisant pas tout, le choix de titres apparaît lui aussi impeccable, là encore à des années lumières de ce qu’on entend en général

On ne peut que se réjouir du retour au premier plan du l’un des parrains du HipHop, à une époque qui manque cruellement de leader emblématique, dans un HipHop français plutôt morose. Le secret de la longévité du Dj de Bagneux réside certainement dans son attachement à l’underground, et à sa culture musicale éclectique. En tous cas, son mix est efficace et on vous le recommande.

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Chloé - “I Hate Dancing”

I Hate Dancing[Album]
24/05/2004
(UWE/Discograph)

Figure des nuits electro parisiennes, Chloé déboule aujourd’hui avec un premier album faisant suite au maxi “The Forgotten Ep”. Rôdée grâce à son appartenance à la famille du Pulp lui ayant ouvert les portes d’une expérience conséquente, celle que l’on pourrait presque qualifier d’Ellen Allien à la française propose donc, avec ce “I Hate Dancing”, un mix au carrefour de la house minimale allemande et de “l’electro crade” qui ne fait que conforter l’idée que la nouvelle scène influente française est bien celle dont elle fait partie, au même titre que Ark, Krikor et toute la clique Katapulp. Ainsi, en un peu plus d’une heure, Chloé enchaine les titres dancefloor dans une homogénéité remarquable, avec une réelle efficacité et vient, à aucun moment, remettre en question sa réputation grandissante. Pas étonnant quand on compte Superpitcher, Kiki, Munk, Tiga, Robag Wruhme, et Ed Laliq, entre autres, au tracklisting. “I Hate Dancing”, que certains qualifieront à juste titre de bande son des soirées parisiennes branchouilles, reste un bon moment à passer et à partager.

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OMR - “Side Effects”

Side Effects[Album]
27/04/2004
(UWE/Discograph)

UWE nous avait plus ou moins habitué à des sorties techno hardcore plutôt dénuées de finesse mais, ces derniers temps, le label ouvre ses portes à des projets plus variés. Si Palindrome n’était source d’aucun frisson, le duo français OMR caresse l’oreille et l’auditeur se plonge sans peine dans un album sombre, mélancolique et accrocheur. En d’autres termes, l’oppression laisse place à la profondeur. Issu du punk rock, du ska ou du hip hop pour l’un et de la new wave ou du gothique pour l’autre, OMR accouche d’un métissage musical qui se rapproche de l’electro pop de haute voltige, comme l’adore The Notwist entre autres. De là, naissent de très bons titres, tous logiquement baignés autant dans l’electro (le médiocre “Extension”) que dans la pop (”Password”, les séducteurs “Confabulation” et “Addict”), mais lorgnant souvent musicalement vers l’abstract hip hop (”The Night”, “The Door”, “He’s Up To All The Tricks”). Si on peut regretter un manque d’originalité par rapport à ce qui peut se faire dans le genre, Mario Thaler (producteur de Lali Puna, The Notwist, Console…) contribue à sa cohérence plutôt surprenante pour un premier album. “Side Effects” n’est qu’un premier jet prometteur qui aura au moins séduit Ellen Allien, Dj Vadim et Prefuse 73. Pas mal

Ecoutez un extrait sur le site du groupe

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