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(13 articles)

Zenzile - “Living In Monochrome”

Living In Monochrome[Album]
03/09/2007
(Uwe/Discograph)

N’en déplaise à certains, on risque d’avoir quelques difficultés à couronner à nouveau Zenzile roi du dub français à l’aune de ce cinquième album (mais déjà douzième disque si on compte les maxis et les projets annexes). Car si le quintette angevin s’est toujours autorisé certaines libertés avec le dogme jamaïquain, n’ayons pas peur de dire qu’il ne s’interdit plus rien du tout aujourd’hui. Peu importe le flacon, pourvu qu’ils aient l’ivresse.. Lire la suite…

Various Artists - “Manifeste Electronique”

Manifeste Electronique[Album]
01/05/2007
(UWE/Discograph)

1989, Bérurier Noir décide de se faire péter en plein vol, après six ans de folie pure qui marqueront durablement toute une frange de la jeunesse française. Pendant ces quelques années, la troupe a en effet su imposer au système une éthique et une esthétique incontestables, tant et si bien que beaucoup y verront une sorte de The Clash hexagonal

2003, la bande de François et Loran fait un retour fracassant aux Transmusicales de Rennes, sur fond de confrontation musclée avec les CRS. Au même moment, le collectif hard techno Radiation Sound System sort un maxi intitulé “Fils de Punk”, qui revisite deux morceaux des Bérus. Le disque s’arrachera littéralement dans le milieu des free parties. La génération teufeurs d’aujourd’hui s’est en effet largement érigée sur les valeurs du mouvement alternatif des 80’s (DIY, clandestinité, codes vestimentaires, refus de l’autorité et du capitalisme…) sans compter que la boite à rythmes affolée qui servait de batteur au Bérurier Noir allait donner le ton à toute une famille électronique (dub, techno, hip hop…)

2007, après une récente reformation mitigée et un nouveau split, le nom des Bérus reste sur toutes les lèvres, surtout dans un contexte politique qui coupe une France en deux. La fine fleur de la techno française y va donc aujourd’hui de son petit hommage avec ce “Manifeste Electronique” au tracklisting sévèrement burné (Interlope, Crystal Distortion, Micropoint, Elisa Do Brasil + Dj Ben, Punish Yourself, Signal Electrique, Manu Le Malin, La Phaze, Le Peuple De L’Herbe, Sayag Jazz Machine, Heretik System…)

La recette d’un morceau de Bérurier Noir est à la fois simple et compliquée: guitare cradingue, sifflets stridents, boite à rythmes essoufflée, choeurs de supporters, rage adolescente et slogan partisan en guise de refrain. Un minimalisme finalement pas si évident à maîtriser. Preuve en est que ce sont les groupes qui auront choisi le parti de l’expérimentation (et donc de la complication) qui s’en sortent le moins bien (cf. Le peuple De L’Herbe, Sayag Jazz Machine, Punish Yourself…). Si on ne peut pas vraiment leur en vouloir sur le principe, ils sont souvent passés à côté de l’essentiel… Au contraire, ceux qui ont joué franchement le jeu de l’hymne punk, certes pas forcément finaud mais d’une efficacité redoutable, s’en tirent avec les honneurs

Et parmi les réussites de ce disque, le tiercé gagnant se jouera indubitablement entre la Phaze, Interlope et Micropoint. Les premiers, rompus à l’exercice de la reprise (Les Thugs, The Clash…), s’approprient de fort belle manière un “Vivre Libre Ou Mourir” au final meurtrier qui sent l’urgence (les urgences?). Il faut dire que le morceau d’origine est un tube intemporel comme nous le prouve aussi la version chanson décalée de Popof & Josselyn Syllard en fin d’album. Le duo d’Interlope se lance, quant à lui, dans une remise à jour plus que jouissive de deux titres, imbriqués ici en medley logiquement mais très judicieusement baptisé “Le Renard Dans La Porcherie” (avec extraits de discours de notre nouveau Président en intro, pour ceux qui n’auraient pas capté l’allusion…). Les givrés de Micropoint font de leur côté exploser vos enceintes avec une version ultra rock’n'roll de “L’Empereur Tomato Ketchup” qui va faire pogotter dans toutes les free de France et de Navarre

L’histoire ne dit pas si le Volume 1 qui apparaît en sous-titre appellera un Volume 2. Mais ça ne serait pas de refus..

Un dernier petit mot pour souligner que la pochette est illustrée par le plus punk des dessinateurs, le moustachu Luz (dont nous vous conseillons tous les albums, souvent à mourir de rire!)

Difficile de dire si ce disque parlera autant à ceux qui n’ont jamais écouté les originaux (la honte!!)… Mais pour tous les agités qui se surprennent parfois à beugler niaisement sur les tubes de “Viva Bertaga”, le majeur levé dans leur salon, ce disque devrait faire son petit effet… Allez swingue, keupon!!

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Sayag Jazz Machine - “No Me Digas”

No Me Digas[Album]
30/04/2007
(UWE/Discograph)

A la sortie de son premier album, “Testpressing”, en 2001, Sayag Jazz Machine a vite été rangé dans la scène electro-jungle-jazz aux côtés de UHT° ou Cosmik Connection. On se souvient pourtant que, perdus dans la furie des beats drum’n'bass, un sample de guitare flamenca (+une bribe de voix de Ian McKaye) venaient affoler la structure du morceau “Amigo”, véritable terreur des danseurs asthmatiques..

Leur second effort, “Anachromic”, vint bousculer ces premières certitudes avec une instrumentation beaucoup plus riche due à une pléiade d’invités. Des influences sud-américaines se faisaient aussi de plus en plus perceptibles sur plusieurs titres..

Après un disque de remixes (qui nous avait fait découvrir Vadim Vernay entre autres), le Sayag revient avec ce troisième album au titre plus que révélateur. “No Me Digas” est en effet un pas supplémentaire vers une inspiration toujours plus exotique

Des effluves calypso de “Slalom” à la tchatche de la rappeuse chilienne Anita Tijoux (”Distante Ya”), en passant par le guitariste/oudiste angevin Titi Robin (”Avant Qu’Elle Ne Parle…”, “Hermanitos De Cristal”) ou l’accordéon mélancolique de “Nanka Ndank”, ce nouvel opus puise dans la diversité des musiques latines, sans pour autant s’enfermer dans des concepts à la Gotan Project ou le moins connu (mais hautement recommandé) Sidestepper

Le désormais quintette convie par ailleurs plusieurs représentants de la scène hip hop internationale, qu’ils soient connus et américains (Busdriver sur un “Tiof” supersonique) ou inconnus et allemands (le groupe Broke Gringos sur “Rezar”, dont est aussi issue la rappeuse Fleur Earth qu’on retrouve sur “Douarn”) ou français (le parisien Soklak sur “Slalom”). On ne pourra pas reprocher à Sayag Jazz Machine de ne pas surprendre leurs auditeurs en ouvrant grand leur musique sur le monde extérieur

Ces seize morceaux vont et viennent donc entre jungle, latin jazz, hip hop mais aussi dub mutant, comme nous le prouvent les très beaux “Svetla” feat. Shanti D (chanteur croisé avec Junior Coni) ou “Avant Qu’Elle Ne Parle…”

“No Me Digas” ne devrait logiquement pas décevoir les fans du groupe qui poursuit tranquillement son évolution. On conseillera en revanche à ceux qui ne les connaissent pas encore d’essayer de croiser leur route en concert où ils se révèlent toujours excellents, grâce notamment à des installations vidéo absolument ahurissantes

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Zenzile Sound System - “Meta Meta Ep”

Meta Meta Ep[Maxi]
26/03/2007
(UWE/Discograph)

Alors qu’on attend de pied ferme leur nouvel album sans doute prévu pour la rentrée prochaine, Zenzile prolonge leur parenthèse en mode sound system avec la sortie de ce maxi vinyl

On y retrouve logiquement le morceau “Basstone”, déjà au tracklisting de l’album “Metà Metà“, qui va enfin pouvoir connaître la carrière qu’il mérite sur les dancefloors deep house grâce au microsillon

Mais surtout, les collectionneurs avisés se jetteront sur l’inédit “Real Rock” où le quintette, rejoint ici par Dj Moon (ex-Soul Choc) aux scratches, s’essaie au hip hop instrumental avec le plus grand bonheur. Démarrant sur quelques notes feutrées, le morceau dérape rapidement dans un déluge de guitare scratchée comme à la grande époque de Run DMC. Il n’y a plus qu’à espérer que ce titre soit repris plus tard avec un MC à la hauteur, et les Angevins pourront compter un tube supplémentaire à leur compteur..

Contrairement à leurs homologues lyonnais, Zenzile n’a pas souvent connu les joies du remix. C’est désormais chose faite avec deux invités de luxe, passés maîtres en la discipline. L’anglais Matthew Herbert (connu pour ses relectures de Bjork, Gainsbourg ou Radiohead…) et le franco-irlandais Doctor L (Salif Keita, Ice T, Pharoah Sanders…) se sont en effet tous deux penchés sur le très beau “Mille Francs Mille Francs”. L’un y a vu une ritournelle tachycardique à s’écouter les matins à la bourre, tandis que l’autre en a fait une douceur jazzy pour s’endormir après les câlins du soir… Autant dire que ce maxi est fait pour servir!!

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Improvisators Dub - “Rumble”

Rumble[Album]
06/02/2007
(UWE/Discograph)

Activistes de la scène dub hexagonale depuis plus de dix ans, les Improvisators Dub, pionniers du genre en France, se sont toujours distingués par leur référence constante aux racines jamaïcaines, leurs bass lines puissantes et leur dub métissé. Multipliant les collaborations de choix, de Junior Delgado aux High Tone, ils ont su faire évoluer leur son avec talent tout en restant fidèles à l’axe Bordeaux-Londres-Kingston qu’ils ont consciencieusement tracé. Avec leur double album “Wicked”, sorti il y a tout juste deux ans, les Impro nous avaient largement prouvé leurs capacités d’innovation et de création (ce qui en matière de dub n’est pas chose facile), signant un opus riche et abouti, dans la pure tradition “roots and culture”

Aujourd’hui, avec la sortie de “Rumble”, les Bordelais ont visiblement quitté Kingston pour faire escale en Angleterre… Car il est clair que cette nouvelle production s’éloigne radicalement du reggae jamaïcain pour explorer les méandres du steppa UK. En effet depuis “Wicked”, les Impro ont croisé la route des Anglais de Leeds Iration Steppas, apôtres du dub digital, et ce dernier opus s’avère bien être le fruit de cette rencontre

Les lignes de basse de Nicolodub, qui font trembler les vitres et vrombir le coeur, perforent chaque titre de “Rumble” avec la même intensité. Le digital domine largement dans des morceaux chargés de sirènes et d’effets en tout genre, tendant vers des sonorités et des rythmiques purement électroniques qui deviennent vite fatiguantes (”Mokozombie”, “Accelaration In…”, “Anvil Dub” pour ne citer que les plus surprenants…). Heureusement, quelques titres un brin plus calmes pondèrent ça et là cette tendance, en mettant en avant des sons plus roots, notamment celui du mélodica (”Good Society ?”, “Time Of Reflexion”, “West Turn Dub”). On reste cependant bien loin de “Wicked” et des beaux morceaux chantés par Ras I, Humble I et Asney..

Finalement, les Impro Dub risquent fort de toucher un public différent avec ce nouvel opus, destiné aux férus de steppa digital et d’électro. Mais si “Rumble” est un album globalement entêtant et pénible à l’écoute, il n’a visiblement pas été composé pour tourner tranquillement dans une platine… Il est sans conteste un album fait pour être joué en live, car ce n’est que dans ces conditions que les puissantes basses qu’il renferme pourront vraiment s’épanouir. Au passage, ça tombe bien car les Bordelais entameront dès mi-février une grande tournée française qui durera au moins jusqu’à la fin de l’été, avec la ferme intention d’enflammer les dance-floors… L’occasion de vibrer sur les basses de “Rumble” comme il se doit..

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Birdy Nam Nam - “Live In Paris”

Live In Paris[Album]
20/11/2006
(UWE/Discograph)

Bonsoir Paris! C’est Michaël à la basse… C’est Denis à l’accordéon… C’est Nicolas et Thomas à la guitare, et ce morceau s’appelle “Abbesses”!“. C’est ainsi que démarre le concert de Birdy Nam Nam, comme quasiment n’importe quel groupe de rock au monde. Sauf que chacun des musiciens ici joue de son instrument par l’intermédiaire d’une platine vinyle. Et malgré leurs différences, l’insolent Lil’Mike, l’enjoué Dj Need, le charismatique Dj Pone et le discret Crazy B, comme on les connaît mieux dans le milieu, finissent par scratcher comme un seul homme. Un homme à huit bras et quarante doigts

Depuis quelques temps, nos quatre turntablists français, bardés de prix internationaux, avaient décidé de prendre leurs distances envers la compétition, sans doute trop astreignante (demandez à nos quadruples champions du monde par équipe, Coup2Cross) et surtout trop restrictive pour ces boulimiques de sons en tout genre (jazz, electro, reggae, rock, soul, ethnique…). C’est donc vers la composition plus “classique” que se sont orientés nos lascars en sortant l’an dernier un premier album fort remarqué, composé exclusivement de sons joués à la platine. On a alors parlé des débuts de Dj Shadow ou de Kid Koala… Et les Français tiennent largement la comparaison, toute flatteuse qu’elle fût

Après avoir joué un peu partout sur le globe pour défendre cet album, les quatre Dj’s ont pu affiner leur set et n’hésitent pas à s’échanger les “instruments” au fil des morceaux pour mieux emmener tout le monde dans la transe. Ils se payent même le luxe d’inviter d’autres musiciens, traditionnels cette fois, à la batterie, contrebasse, Rhodes et percussions, pour donner un groove encore plus organique à certains passages. On se retrouve alors en pleine jam funky à faire rougir The Herbaliser, comme le prouvent les excellents “Kind Of Laid Back” et “In Thunder Lightning Or In Rain?”

Mais la grande force de Birdy Nam Nam, c’est justement de ne jamais s’enfermer dans une quelconque chapelle. “Abbesses”, dont on parlait plus haut, ferait en effet presque songer à un titre de Ez3kiel vs DAAU: une sorte d’electro dub extra-terrestre qui vous donne la chair de poule dès les premières secondes

Dj Kool Herc pouvait-il soupçonner, il y a une trentaine d’année, que les premiers tours de passe-passe qu’il inventait pour épater la galerie des block parties du Bronx allaient connaître une telle évolution? Quoi qu’il en soit, on retrouve bien ici la dextérité du deejaying hip hop avec ses cross-faders parkinsoniens et ses vinyles maltraités. Pourtant, le rendu n’a plus grand-chose à voir avec le rap tel qu’on le connaît. La musique de Birdy Nam Nam se veut tantôt funky, tantôt jazzy, mais elle flirte aussi avec l’electronica et peut exploser en techno/drum’n'bass si nécessaire… Et la plupart du temps, elle transcende tout bonnement les étiquettes (cf. le groovy “Tam Tam Club” ou le punk Dj Pone (il est aussi derrière les platines de Svinkels) s’amuse à jouer des percussions en tapotant sur son vinyle)

Enregistré à La Cigale qui fourmillait de monde ces deux soirs de Juin dernier, ce dvd est composé d’une partie de relectures du premier album auxquels viennent s’ajouter de plus vieux titres et quelques inédits. Les images sont propres et la mise en scène plutôt sobre. On s’attendait peut-être à un résultat un poil plus dynamique de la part de l’aguerri François Bergeron (qui a déjà bossé pour NTM, Mano Negra, Manu Chao, Bérurier Noir…) mais on chipote

Côté bonus, vous trouverez une sympathique galerie de photos animée et surtout un reportage d’une demi-heure, où l’on suit les quatre loustics quelques heures avant le lever de rideau, idéal pour sentir monter la pression au même titre que les artistes

Forcément, si vous commencez par regarder le dvd, vous trouverez peut-être qu’il manque quelque chose à la simple version audio de ce live… Je suis jamais content. En tout cas, ce dvd devrait trouver tout naturellement sa place sur votre liste de Noël. Et que cela ne vous empêche surtout pas d’aller les voir vraiment en concert (T-Shirt de rechange à prévoir)!

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Beastie Boys - “Awesome I … Shot That!”

Awesome I ... Shot That![DVD]
16/10/2006
(UWE/Discograph)

Voilà une initiative des plus originales, pour laquelle l’étonnement n’est pas très longtemps de mise quand on apprend qu’elle est signée par les Beastie Boys, ce crew new yorkais ayant toujours proposé un hip hop en marge, ayant toujours traversé les années sans que jamais le trio n’en soit égratigné. De ce fait, leurs concerts ont toujours fait figure d’événement à ne manquer pour rien au monde. Le 9 octobre 2004, ils investissaient le Madison Square Garden pour un show affichant complet, chose récurrente et rageante qu’il s’agisse des Etats Unis ou d’ailleurs. Évidemment, on aurait aimé être de la partie, encore plus tenir une caméra, comme cinquante personnes du public ce soir-là, pour immortaliser l’événement destiné à être la première vidéo live officielle des Beastie Boys. Finalement bien pensé à l’heure de la télé réalité, des pirateries en tout genre, et des téléphones portables qui polluent les salles de concert. On vit une époque mon bon Monsieur Lire la suite…

Zenzile Sound System - “Meta Meta”

Meta Meta[Album]
22/05/2006
(Uwe/Discograph)

Ne courez pas trop vite! Avant de vous jeter corps et âme sur ce “Meta Meta”, assimilez une chose: ce premier disque version sound system du clan angevin n’a rien à voir avec un nouvel album dub, et n’a même qu’un très léger rapport avec ce que le Zenzile Sound System peut présenter en live. Non, le sextet s’est laissé aller à un album purement electro, aux musiques digitales. Une fois cela bien compris, vous rentrerez plus rapidement dans l’ambiance

Ici, Zenzile laisse courir ses influences de toujours mais en les laissant s’exprimer d’une manière différente: jazz, soul, folk, ambient, musiques du monde, et ambiances cinématographiques sont donc les piliers de ce “Meta Meta” d’abord déconcertant, ensuite plus captivant. “Minorités”, lançant les hostilités et sur lequel se pose la voix habitée de Loredana Lanciano, rappelle de manière convaincante les profondeurs aquatiques des premiers essais d’Amon Tobin; suivent les épurés “Basstone” et “No Wave” au groove teuton, proches des cercles deep house et minimale; “Mobylette Démocratie” reprend quelques sonorités devenues familières à l’écoute de The Cinematic Orchestra mais sans véritablement procurer les mêmes frissons; “Akiko”, bercé par K-Rol Gola, nous plonge dans l’univers manga alors que “Mille Francs Mille Francs” préfère celui de la transe afro beat. Entre temps, et avant que Vincent Segal ne fasse résonner ses cordes sur “Flying Carpet”, le Zenzile Sound System aura vrombi sous les basses d’une poignée de titres electro dub minimal

“Meta Meta” ne pourra pas nous faire reprocher à Zenzile d’avoir jouer la facilité. Les angevins prennent ici leur public à contre-pied sans totalement le dépayser. Mais assez pour que celui-ci demande plusieurs écoutes avant de véritablement en apprécier toute la teneur. Mais une chose est sûre, Zenzile ne nous fera jamais autant vibrer qu’avec ses instruments..

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OMR - “Superheroes Crash”

Superheroes Crash[Album]
23/01/2006
(UWE/Discograph)

Avec “Side Effects”, son premier album composé sur plusieurs mois, le duo OMR avait bénéficié d’un accueil quasi unanime de la presse sans pour autant proposer une musique s’inscrivant hors des sentiers battus puisque son electro pop, bien que bien ficelée, était déjà entendue. Le potentiel était là, tout comme le solide soutien des Prefuse 73, Console, Vadim et Abstrackt Keal Agram qui ont accepté de les remixer. Depuis, il a fallu tourner, avec Grandaddy notamment, et pour encore plus convaincre, s’entourer de musiciens. L’alchimie s’est faite et a donné un résultat beaucoup plus humain, donc rock, qui s’entend clairement sur “Superheroes Crash”, ce nouvel album plus personnel et réussi, composé cette fois dans l’urgence. Si les machines sont encore bien présentes, elles se font dorénavant beaucoup plus discrètes, au point que OMR est passé du statut de groupe electro à celui de formation rock. Mais n’allez pas croire à un brutal revirement de situation. Disons que le registre musical est le même mais appliqué différemment. Mario Thaler (producteur de Lali Puna et du “Neon Golden” de The Notwist”) est une nouvelle fois aux manettes, lui qui sait si bien établir l’équilibre entre l’électronique et l’acoustique. OMR a ainsi grandi. À la beauté du chant de Virginie Krupa et à l’efficacité des mélodies s’ajoute cette fois la chaleur des instruments apportant une profondeur sans précédent dans la musique du duo. Du coup, pas ou peu de faux-pas et une poignée de titres qui pourraient bien rester dans les mémoires: “Superheroes Crash”, l’excellent “Immobilized”, “Clean And Tidy”, “So And So” pour les citer. “Superheroes Crash”, et OMR fait cette fois une forte impression méritée, se sort de la nébuleuse electro pop pour accoucher d’un second album sûrement beaucoup plus intemporel et mature. Chapeau bas..

Ecoutez un extrait sur le site du groupe

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