(10 articles)

Ikebe Shakedown - “Ikebe Shakedown”

ikebe180Album
(Ubiquity)
07/06/2011
Afro funk

Depuis Fela, ils sont quelques-uns à nous faire bouffer de leur afrobeat, sans pourtant rien apporter de véritablement nouveau à une recette que seul le maitre maitrisait sur le bout des doigts. En effet, entre pâles copies restées très scolaires et clichés servis avec le sourire, rares sont ceux à oser changer la donne, à posséder assez de talent pour imprégner le genre de leur personnalité.

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Clutchy Hopkins - “The Story Teller”

clutch180Album
(Ubiquity)
13/04/2010
Hip hop jazz downtempo

Presque quatre ans après que son premier album ait vu le jour, et autant de temps passé à enfoncer le clou via des disques solos ou des collaborations (Lord Kenjamin, Shawn Lee), le mystère entourant la véritable identité de Clutchy Hopkins plane encore. Sa musique, en revanche, est devenue immédiatement reconnaissable tant, au fil des sorties, il a véritablement posé sa marque de fabrique sur ce mélange original de hip hop, de jazz et de downtempo auquel beaucoup se sont adonnés sans pour autant atteindre un tel rendu qualitatif.

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Georgia Anne Muldrow - “Kings Ballad”

muldrow180Album
(Ubiquity)
17/02/2010
Nu soul deluxe

La nu soul, ca nous saoule” peut on entendre parfois chez les mélomanes bourrés d’humour… Si l’adage se vérifie parfois, il faut pourtant ne pas faire de généralités. La preuve avec Georgia Anne Muldrow qui, sous ce nom ou celui de Pattie Blingh, a déjà maintes fois prouvé qu’elle était différente des divas classiques du genre. D’ailleurs, contrairement à cette demoiselle, toutes n’ont pas le talent de pondre leurs propres productions, souvent expérimentales de surcroit.

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Shawn Lee & Clutchy Hopkins - “Fascinating Fingers”

lee180Album
(Ubiquity)
10/2009
Jazz funk

Un an seulement après leur fructueuse collaboration, Shawn Lee et Clutchy Hopkins reviennent déjà avec un second volet intitulé “Fascinating Fingers”. Cette facilité à enchaîner dans un laps de temps finalement très serré - record si on considère la sortie de Lord Newborn & The Magic Skulls auquel Lee a activement participé - aurait pu confirmer une rumeur qui court depuis plusieurs mois. Mais Ubiquity, en toute franchise ou par peur de voir s’évanouir un mystère qui ne cesse de faire jaser, y coupe court immédiatement avec le communiqué qui accompagne ce disque: “non, il ne s’agit pas des mêmes personnes, et non, nous ne savons toujours pas qui est Clutchy Hopkins“. Lire la suite…

Lord Newborn & The Magic Skulls - “s/t”

lord180Album
(Ubiquity)
07/09/2009

Bien qu’ils n’aient pas toujours réussi à convaincre du fait de sorties respectives inégales, Shawn Lee, Money Mark et Tommy Guerrero possèdent assez d’arguments à eux trois pour attirer la curiosité sur Lord Newborn & The Magic Skulls, tout nouveau projet qui les rassemble. Pas de doute qu’avant de s’enfermer en studio pour une session d’enregistrement de deux semaines, ces scientifiques du son avaient déjà amassé pas mal de matière histoire d’assurer un minimum d’intérêt à ce premier album. Lire la suite…

Clutchy Hopkins meets Lord Kenjamin - “Music Is My Medicine”

clutchy180Album
(Ubiquity)
20/04/2009

Le périple anonyme de Clutchy Hopkins se poursuit, et le mystère qui l’entoure demeure. Après deux albums solo, suivi d’un autre partagé avec Shawn Lee, il ajoute un chapitre à son histoire avec «Music Is My Medicine», fruit de sa rencontre avec Lord Kenjamin, sorte de druide par ailleurs fabricant main de percussions, dont il se serait mis en quête à La Barbade à la fin des années 70 / début 80. Lire la suite…

Shawn Lee & Clutchy Hopkins - “Clutch Of The Tiger”

Clutch Of The Tiger[Album]
21/10/2008
(Ubiquity/La Baleine)

Ne comptez pas sur Shawn Lee pour dévoiler le secret qui entoure le mystérieux Clutchy Hopkins, producteur américain à l’identité volontairement floue, source des rumeurs les plus folles (un des Beastie Boys? Cut Chemist? Dj Shadow? Madlib?), et auteur de l’excellent “Walking Backwards” sur lequel on s’était longuement penché en début d’année. Et pour cause, au delà d’une biographie du projet pour le moins fictive, soulignant plus encore l’anonymat du bonhomme, c’est sur la base d’échanges de fichier que “Clutch Of The Tiger”, collaboration aussi prometteuse que réussie entre deux compositeurs inspirés, aurait soi disant pu voir le jour. A moins qu’on nous berne, comme le laisse penser une autre rumeur, et que l’un soit l’autre. Ou inversement

Car à l’écoute de ces douze nouveaux titres, soit disant nés sous le soleil californien et la bruine londonienne, Clutchy Hopkins comme Shawn Lee parviennent aisément à laisser transpirer leur patte respective en s’adonnant à de réguliers et polis vas et viens (”Til Next Time” et “Indian Burn” pour les plus flagrants). Cette théorie d’un seul et même homme aurait alors le mérite d’expliquer pourquoi les deux ont si facilement trouvé cette même longueur d’onde. Mais alors que dire de ces sourires complices, capables de remettre un peu d’huile sur le feu, qu’on entendrait presque au détour de quelques titres rondement menés (”Full Moon”, “Across The Pond”, “Bill Blows It”), partagés entre sonorités acoustiques et électriques, ambiances chill out et jazzies, couleurs foisonnantes, et réchauffés par l’analogique comme les instruments à vent apportés ici ou là par leurs (ses) amis de Breakestra, The Keystones et Herbaliser

Pourtant, leur impact est parfois minimisé par une trop grande linéarité, comme une constante à la fois rythmique et musicale, qui peuvent très vite ennuyer si on ne tend pas l’oreille attentivement afin d’attraper au vol la moindre subtilité: le mysticisme de “Bad Influence”, les synthés seventies de “So Easily…So Naturally” et “Dollar Short”, les longues virgules guitaristiques de “When I Was Young” par exemple. Dans ces cas seulement, et à l’extrême comme sur les deux réussites “Til Next Time” et “Indian Burn”, Lee et Hopkins pourraient prétendre à une comparaison avec les grandioses MacDermot et Axelrod tant ils maîtrisent eux aussi cette indispensable science du groove. On n’y est pas, mais on s’en rapproche, et c’est déjà beaucoup pour qu’on s’en souvienne.

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Connie Price & The Keystones - “Tell Me Something”

Tell Me Something[Album]
12/03/2008
(Ubiquity/La Baleine)

Il sera difficile de ne pas faire de parallèle entre ce nouvel album de Connie Price & The Keystones et le récent “From The Corner To The Block” de Galactic. Notamment parce que leur récent parcours est en tous points similaire. Comme le groupe funk de la Nouvelle Orléans, le duo californien, fort de récentes expériences live au service Slick Rick, Brand Nubian ou Too $hort, a quitté l’accueillante sphère instrumentale entendue sur “Wildflowers” (sorti en 2004 chez Now Again, sous division de Stones Throw) pour s’acoquiner avec une pléiade d’invités, tous Mcs influents sur la scène hip hop underground. Et comme son concurrent, “Tell Me Something”, désormais au catalogue Ubiquity, affiche aucune volonté de dénaturer la musique du groupe, préférant que ces belles collaborations extérieures se plient à son registre plutôt que l’inverse. Et avec quelle réussite! Car, à aucun moment, mais avec autant d’efficacité, on ne retrouve le côté clinquant et presque opportuniste qui pouvait planer au dessus des Galactic, Connie Price & The Keystones préférant un tracklisting plus ouvert avec quelques brillants écarts typiquement soul/funk (l’instrumental “Hoagies Revenge”)

Piaffant désormais d’impatience, vous n’attendez plus que la liste des prestigieux contributeurs. Soup (Jurassic 5), Ohmega Watts, Percee P, Mykah9 et Wildchild défendent un hip hop cuivré et groovy de très bon cru (”Put Your Weight On It”, “Master At Work”, “International Hustler”, “High Life”, “Thundersounds”), Blood Of Abraham pose son flow chanté sur quelques chaloupes proches du reggae (”Pirates Of The Mediterranean”), et Aloe Blacc s’applique merveilleusement à quelques vocalises frissonnantes qui n’ont (quasi) rien à envier à celles de ses aînés (”Tell Me Something”). Pour enfoncer le clou et donner encore plus d’authenticité à cet album, une deuxième galette, celle-là entièrement instrumentale, est ajoutée sur la version CD de ce “Tell Me Something”, aussi passionnant dans une version comme dans l’autre

Connie Price & The Keystones, aidés de la fine fleur de la scène californienne, affichent donc un nouveau visage, de nouvelles aptitudes, qui viennent compléter plutôt qu’occulter celles de la première heure, quand l’entité avait séduit Peanut Butter Wolf par son revival funk, et ses collaborations actives avec Breakestra ou Madlib (”Sound Directions“). Désormais, les deux cerveaux du projet qualifient eux-mêmes leur musique de soul cinématographique aux forts accents hip hop. Ils n’iront par contre certainement jamais jusqu’à dire qu’ils en sont les meilleurs représentants. “Tell Me Something”, conservant intacte leur modestie dans l’approche comme dans le son, ne manque pas de le dire pour eux

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The Lions - “Jungle Struttin”

Jungle Struttin[Album]
20/02/2008
(Ubiquity/La Baleine)

Devinette. Que peuvent bien faire des musiciens de Breakestra, Connie Price & The Keystones, Sound Directions, Plant Life ou Macy Gray quand ils bénéficient d’un peu de temps libre? Se réunir dans un studio pour enregistrer quelques sessions et immortaliser l’instant. C’est ainsi qu’est né “Jungle Struttin’”, le premier album de The Lions, cette petite troupe déterminée à venir fricoter avec la crème de la musique jamaïcaine. Pour cela, elle opte pour un reggae piochant à la fois dans l’ancienne école de Byron Lee & The Dragonaires, et dans une autre ou les couleurs africaines et latines, comme les influences soul, jazz, et funk font la farandole pour un résultat crédible, contemporain, respectueux des ancêtres. Et pour cause, Todd Simon, tête pensante de The Lions, n’est pas un novice en la matière, puisqu’il compte à son curriculum vitae des apparitions aux côtés des Skatalites, Soul Syndicate, Leroy Sibbles (The Heptones), Derrick Morgan, ou Cedric Brooks. D’autres musiciens du groupe, ayant backé Alton Ellis ou Barrington Levy, ne sont pas en reste

Même s’il est majoritairement le fruit d’improvisations (trois titres seulement étaient “prémédités”), c’est donc sans crainte qu’on peut se plonger dans “Jungle Struttin’”, album né le temps de trois sessions studio, et particulièrement convaincant quelle que soit l’orientation qu’il prend. “Think (About It)”, premier titre sorti du studio et interprété par Noelle Scaggs, vire vers le groove et les déluges cuivrés du rocksteady, “Jungle Struttin” laisse brillamment éclater tout le background funk de ces sept musiciens, tandis que le reste de ce tracklisting se laisse chalouper par de jolis titres instrumentaux d’une richesse agréable, accumulant les arrangements dub (”Hot No Ho”, “Lankershim Dub”) et autres particularités aidant à les différencier. Ainsi, il n’est pas rare qu’un simple élément, voire un léger détail, vienne sublimer un morceau tout entier, comme ce riff sur le “Thin Man Skank” d’ouverture, ou la ligne de basse de “Cumbia Del Leon” narguant les danseurs d’Amérique du Sud. Aussi, ici ou là mais toujours au moment opportun, des voix apportent avec elles une diversité nécessaire (”Ethiosteppers”, “Sweet Soul Music” rappelant Hepcat), qui puisse éventuellement réveiller l’auditeur quelque peu hypnotisé par ces rythmiques cuivrées à la linéarité typiquement jamaïcaine (”Tuesday Roots”)

Bien sûr, The Lions ne feront pas aimer le reggae aux mélomanes qui lui auront toujours tourné le dos. Ils rassureront par contre tous ses plus fervents défenseurs quant à la capacité des groupes étrangers à la Jamaïque de pouvoir accoucher d’un disque capable de se fondre dans le moule originel. Car, si la production très actuelle de “Jungle Struttin” ne laisse aucun doute sur son époque, il en est tout autrement quant à son origine. Laissez vous donc aller à une autre devinette en glissant cet album au milieu de la sélection d’un bon sound system: peu de chance de vous faire lacérer à grands coups de dreadlocks..

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Ohmega Watts - “Watts Happening”

Watts Happening[Album]
17/10/2007
(Ubiquity/La Baleine)

“The Find”, le très éclectique premier album d’Ohmega Watts sorti il y a deux ans, aura fait entrer son géniteur par la grande porte de la scène hip hop américaine tant il aura reçu d’éloges. Il aurait été difficile de ne pas admettre le contraire tant cette première apparition de 21 titres, réchauffée par des couleurs soul/funk et un son aussi organique qu’énergique, retenait tous les critères d’un album hip hop tentant avec brio de se rapprocher de la perfection du genre. Entendez par là, celle qui ramenait sur le même rang d’influences quelques pontes comme Eric B & Rakim, A Tribe Called Quest, The Roots, De La Soul, ou Dj Premier, et d’autres producteurs plus modernes comme RJD2 ou The Herbaliser. Nombreux étaient alors ceux qui criaient au génie face à ce Mc récemment installé à Portland, qui redonnait bon teint à un hip hop très influencé par la vieille école

La tâche était donc plutôt ardue pour Ohmega Watts de reccueillir une telle unanimité avec “Watts Happening”, un nouvel album dont tout le monde n’attendait pas moins. Pourtant, cet opus semble s’inscrire naturellement comme une suite logique de son prédécesseur, puisqu’on y retrouve cette générosité, cette diversité musicale, cette intelligence des lyrics, et cette ambiance positive qui transpiraient déjà tout au long de “The Find”. “Watts Happening” respire les journées ensoleillées qui vous mettent d’une humeur joviale dés le réveil, assène quelques versions funky/soul (”What’s It Worth”, “Saywhayusay”, “Work For Wealth”) aussi rafraîchissantes et efficaces que d’autres plus classiques (les excellents “No Delay”, “Model Citizen”, “Gone With The Wind”) et inattendues (le Brésilien “Adaptacao”, l’afrobeat fanfaron “The Platypus Strut” enregistré avec des musiciens d’Antibalas et Breakestra). Toutes gardant comme point commun la marque d’un hip hop groovy d’une qualité incontestable. Et pour cela, Ohmega Watts a une nouvelle fois bien su s’entourer puisque participent, entre autres, à cette réussite les Mcs Jneiro Jarel (”Eyes And Ears”), Theory Hazit (”Triple Double”), Surreal des Sound Providers (”No Delay”), Ragen Fykes et Barry Hampton de Triple Gip (”Work For Wealth”), tous se posant sur ses productions aussi naturellement que des poissons dans l’eau

Une belle émulsion qui ne pouvait aboutir que sur de grands moments, comme le sont incontestablement le touchant et chaleureux “Are You Satisfied” taillé pour Sugar Pie DeSanto (chanteuse favorite de James Brown), et le solide “Roc The Bells”: deux aperçus d’un “Watts Happening” rattrapant le peloton de tête du hip hop qui n’hésite pas à multiplier les rythmes, à jouer de diversité pour emmener l’auditeur jusqu’au bout du vingtième titre. Voire plus loin pour celui qui n’en aurait pas encore assez et qui accueillera à bras ouverts une deuxième rondelle instrumentale. Pas de doute, Ohmega Watts, armé de deux albums sans faille, doué au point de rendre le classique intemporel, est de ces nouveaux acteurs du hip hop américain dont on ne cessera de parler dans les années à venir

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