Album
(Tru Thoughts)
13/10/2010
Avec un titre comme “270 Stories”, les Belleruche clament ouvertement qu’ils ont encore des choses à raconter. Signé sur Tru Thoughts, label culte de Brighton qui a vu défiler Bonobo, Jon Kennedy, Quantic Soul Orchestra, Zero dB et dizaines d’autres artistes de la même trempe, le trio sort son troisième album, belle matière première pour alimenter leurs concerts qui transpirent le groove.
[Album]
23/10/2006
(Tru Thoughts/La Baleine)
Peu de gens avaient entendu parler de Freddie Cruger jusque-là… Mais depuis la sortie de son premier album “Soul Search” en octobre 2006, ce producteur suédois (néanmoins présent dans l’underground hip-hop depuis les années 90) fait beaucoup parler de lui (on le dit même plébiscité depuis quelques temps par Erykah Badu…)
Au début des années 80, Freddie Cruger (Fredrik Lager de son vrai nom) est breaker et se frotte au rap, à l’électro, au funk et à la soul en travaillant chez un disquaire à Stockholm. Il commence sa carrière de producteur en 1991, avec l’appui du label suédois Raw Fusion, et signe plusieurs maxis dans les 90’s, à la fois sous le pseudo de Freddie Cruger et de Red Astaire. Freddie fait son chemin et fonde même son propre label en Suède: Homegrown Records. En 2006, il décide de passer à la vitesse supérieure en sortant “Soul Search”, cosigné sur le label suédois Raw Fusion et le label UK Tru Thoughts. Incontestablement, Freddie est fan de black music et ce premier album s’annonce à cette image: un album à la croisée du hip-hop, du reggae, de la soul, de la bossa nova et du jazz, qui regroupe une flopée d’artistes connus et moins connus, du jamaïcain Desmond Foster à la chanteuse suédoise Linn, en passant par le rappeur new-yorkais Cee-Rock ou le chanteur Anthony David. Tout cela semble très séduisant… Mais l’impression de départ va difficilement résister à une écoute plus attentive..
“Over The Ocean”, premier titre de l’album featuring Desmond Foster, est une belle entrée en matière. Un son jazzy et épuré laisse subtilement la place qu’elles méritent aux variations de la voix du jamaïcain. On retrouve ensuite Foster sur deux autres morceaux, plus décevants. Si “Something Good” est presque trop classique, dans un style soul jazz un peu old school, “Take It Personally”, qui se veut plus soul, est carrément mielleux… Dans ce registre “New World New Time”, enregistré avec un Anthony David dont la voix n’est pas sans rappeler celle du grand Gil Scott Heron, est de loin meilleur… Le chanteur d’Atlanta se distingue également dans “I Wanna Make You Move”, dans un style mi slamé mi chanté sur un son hip-hop/bossa de qualité. Car “Soul Search” se présente aussi comme un hommage à la richesse du hip-hop… Mais les morceaux enregistrés avec les rappeurs Cee-Rock (”What’chu See Is What’chu Get”), Swingfly (”I Feel Quote Whatever”) ou Rapadon (”Bap Yo Head”) sont loin d’être exceptionnels… On remue un peu la tête, mais rien de transcendant. Dans “Pretty Little Thing” et “Pushing On”, on découvre la voix de la suédoise Linn (comparée un peu abusivement à une Jill Scott scandinave…), agréablement soul mais tout de même un peu fluette. Il reste “Running From Love”, enregistré avec le MC suédois ADL, qui remonte le niveau… Car vraiment sur ce coup-là, rien à dire: un son aux accents clairement reggae, positif et entraînant, qui se marie très bien avec le style d’ADL. Bref, la big tune de l’album
Finalement, si la première écoute de “Soul Search” laisse une impression de fraîcheur et de cohérence, celle-ci s’évanouit après quelques écoutes. Dans ce nouveau Freddie Cruger, il y a du bon, mais aussi du moins bon dont on se lasse malheureusement très vite… S’il est difficile de remettre en cause le talent du producteur, peut-être peut-on lui reprocher d’avoir voulu trop en faire, en explorant une palette musicale trop large, et en perdant de ce fait en qualité et en originalité. Un album à écouter donc avec modération, sans perdre de vue Freddie Cruger, qui doit normalement revenir début 2007 avec un nouvel album. On attend la suite..
Ecoutez un extrait ici
Achetez sur :
[Album]
21/08/2002
(Tru Thoughts/La Baleine)
La qualité unanimement soulignée de son premier album “Animal Magic” ne pouvait donner qu’envie aux artistes de son genre de passer entre ses mains ou de transformer sa musique. C’est tout ce que propose ce “One Offs…” sur lequel on peut entendre des remixes effectués par Bonobo mais aussi le travail d’autres concepteurs s’étant attelés à changer le visage de ce divin créateur de downtempo relevé
C’est Pilote que Bonobo commence à remixer dés le début de cet opus. Un léger sifflement attire notre attention et nous informe que la machine est en marche. Pas de réelle surprise quant à la lignée musicale très proche de celle d’”Animal Magic” avec son beat posé et cette instrumentation de haute facture née d’efficaces loops de piano et de guitare acoustique. Vient ensuite le relookage de “Beachy Head” de Mechanical Me qui poursuit logiquement le morceau précédent tout en incluant des pistes de voix rappelant parfois Zero 7 comme pour déjà donner plus de consistance à cet album. C’est alors au tour de Bonobo de voir “Plug” retravaillé par Quantic pour un résultat plus hip hop instrumental, “Dinosaurs” par Jon Kennedy dans un registre quasi similaire mais assaisonné de quelques consonances orientales. Bonobo s’en donne à coeur joie en retravaillant “Four Ton Mantis” d’Amon Tobin dont il utilise les sons dans un univers sonore qui est le sien, puis “Tell Me How You Feel” de Jon Kennedy très agréable de par sa ligne de chant accrocheuse. Entre temps, Bonobo nous gratifie de quelques B sides telles que “Dismantling Frank” très acid jazz, “Sicilian” qui comme son titre l’indique tourne autour d’un sample de guitare méditerranéen fondu dans un beat hip hop bien marqué, “The Shark” plus rythmé mais tout aussi groove, “Magicman” emprunt au breakbeat tout comme le final “Scuba” qui restera sûrement un des grands moments de cet album
Les oreilles ayant particulièrement apprécié “Animal Magic” ne pourront résister à cet album dans une même veine musicale et qui vient parfaitement compléter son prédécesseur. Le style de Bonobo est on ne peut plus personnel et s’affiche ouvertement sur ses travaux comme sur ceux des autres. Reste plus maintenant qu’à attendre le prochain long format de cet artiste hors pair pour y évaluer une certaine évolution.
Achetez sur :