The Roots
The Roots The Roots

The Roots

(USA/Philadelphie)

(76 articles)

The Roots - “Live In New York”

Live In New York[DVD]
08/02/2005
(Okayplayer/BMG)

Si The Roots se sont souvent faits attendre dans leur carrière, les dernières années, pour ne pas dire les derniers mois, ont été le théâtre d’une surproductivité de la part du groupe. Un album par an, une récente compilation de titres rares disponible à l’import, il ne manquait donc qu’un DVD pour boucler la boucle. C’est chose faite avec cette vidéo enregistrée à New York lors d’un concert qui a tous les airs d’une prestation privée, type showcase. The Roots ont ramené leur clique et donnent un concert forcément moins intense et énergique que si la prise avait été faite lors d’un vrai concert live. Car même si la qualité visuelle et sonore est au rendez vous, on a quand même cette désagréable impression de tomber sur un concert télévisé d’une chaîne américaine. En parvenant quand même à rentrer dans l’ambiance, on retrouve le talent du crew de Philadelphie, qui interprète quelques morceaux phares (”I Don’t Care”, “Proceed”, “Break You Off”, “The Next Movement”), mais aussi celui des nombreux invités dont Young Gunz, Dice Raw, Martin Luther, et surtout Mobb Deep, Jean Grae et Skillz, tous backés par The Roots. Bien qu’assez “cheap”, les bonus ayant été oublié, ce live n’est pourtant pas une arnaque. Mais il se termine en laissant un arrière goût d’inachevé malheureusement récurrent chez le crew ces derniers temps…

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The Roots - “Do This Well”

Do This Well[Album]
01/12/2004
(Dysfunctional Youth Music/Import)

C’est de bonne guerre. Avec la discographie, la réputation scénique d’un groupe comme The Roots, il fallait s’attendre à voir débouler une compilation d’inédits et raretés. Mos Def l’a fait, il y a quelques temps et le résultat s’est avéré supérieur à nos attentes. Il en est de même pour le crew de Philadelphie même si ces trois galettes transpirent le bourrage de skeud

En effet, trois disques composent ce “Do This Well”. Que les déçus de ces derniers mois se rassurent, ils ne couvrent que la deuxième moitié des années 90. Versions maxis, lives, apparitions radio ou même télé s’enchainent et nous rappellent, avouons le, les meilleures années du crew. Tout débute sur un “Proceed II” avec Roy Ayers et se clôture sur “The Last Track”, freestyle de haute volée. Entre temps, cette compilation dégueule en vrac remixes de “You Got Me”, “Distortion To Static”, ou Silent Treatment” le plus souvent (parfois à quatre ou cinq reprises); de collaborations avec Nonchalant, Zap Mama, Walking Large, Jaguar, Bahamadia, ou d’Angelo; de lives (”Proceed”, “What They Do”, “You Got Me”, “Adrenaline”) et de quelques titres rares valant le détour

N’allez pas non plus chercher en ce “Do This Well” une caverne rêvée d’Ali Baba. Si The Roots n’est pas plus votre truc que cela, passez. Par contre, les accrocs du groove et en particulier de celui du crew se laisseront porter, de déhanchements en déhanchements, jusque chez leur disquaire hip hop. Superflu mais croustillant

Tracklisting

CD 1

1. Proceed II feat. Roy Ayers 2. Worldwide (London Groove)3. Silent Treatment (Black Thought’s ‘87 You & Yours Mix) 4. You Got Me (Me Tienes Remix)5. It’s All About You (Not About Me) feat. Tracie Spencer 6. Distortion To Static (At Ease Mix)7. Take It There (Remix) feat. Nonchalant 8. Rafiki (Album Mix) feat. Zap Mama 9. Silent Treatment (Da Beatminerz Remix) 10. Listen To This (Walking Large) 11. What You Want feat. Jaguar 12. Proceed III feat. Bahamadia 13. The Good, The Bad, and The Desolate 14. Distortion To Static (Freestyle Mix) 15. Break You Off (Original Version) feat. D’Angelo

CD 2

1. It’s Comin’ 2. Distortion To Static (Ques Jim Mix) 3. Proceed (Live At The Supper Club) 4. New Year’s At Jay Dee’s 5. What They Do (Live On Jenny McCarthy) 6. Silent Treatment (Street Mix) 7. Da Jawn feat. Bahamadia 8. Distortion To Static (Black Thought Mix) 9. Burnin & Lootin’ (Bob Marley) 10. Proceed II (Butcher Mix) 11. Still Out There 12. You Got Me (Live On David Letterman) 13. Sprite Commercial 14. Proceed IV (AJ Shine’s w/o a Pause Mix)30. The Lesson Part 2 Instrumental

CD 3

1. The Show 2. Rafiki (Hard Mix) feat. Zap Mama3. The Notic feat. D’Angelo 4. Distortion To Static (At Ease Microphone Check Mix)5. Silent Treatment (Kelo’s Mix) 6. Proceed II (Live On John Stewart) 7. Millie Pulled a Pistol On Santa 8. Listen To This (The Roots Remix) 9. Adrenaline (Live At Woodstock ‘99)10. Distortion To Static (Bob Power Bass Mix)11. Silent Treatment (Questions Mix) 12. Ya’ll Know Who13. Proceed V (Da Beatminerz Remix)14. You Got Me (Original Version)45. The Last Track

The Roots - “The Tipping Point”

The Tipping Point[Album]
13/07/2004
(Okayplayer/Universal)

Le moins que l’on puisse dire est que The Roots auront véritablement semé le trouble à leur sujet depuis la sortie, l’an dernier, d’un “Phrenology” fort décrié. Jusqu’alors irréprochable, véritable pilier en matière de hip hop jazzy, le “Legendary Roots Crew” de Philadelphie n’aura pourtant pas fait l’unanimité avec ses récentes expérimentations. Coïncidence ou non, ce nouvel album ne sera jamais si vite arrivé et Questlove et sa bande semblent revenir à la bonne vieille recette du passé, les influences soul encore plus évidentes qu’auparavant

Seulement dix morceaux composent ce nouvel album. La parenthèse s’ouvre sur une intro de sept minutes reprenant le “Everybody Is a Star” de Sly And The Family Stone. Le combo réinstalle les bases: un son toujours aussi reconnaissable, un beat posé, un groove imparable et nos têtes se mettent irrémédiablement à balancer sur un flow efficace de Black Thought. Pourtant la transition se fait en douceur avec un “I Don’t Care” au refrain aux accents un peu commerciaux mais vite oubliés grâce à un “Don’t Say Nuthin’” très efficace même si la production sonne plus conventionnelle qu’à l’accoutumée. La suite continue de nous rassurer. Alors que “Guns Are Drawn”, entraînant et donc plutôt réussi, nous referait presque le coup d’un “The Seed”, “Stay Cool” adopte une version originale et presque imprévisible, “Web” et “Boom” se la jouent old school et raviront les adeptes de la danse, “Somebody’s Gotta Do It” fait figure de bon classique et “Duck Down!” nous assomme de sa lourde version avant que “Why (What’s Going On?”) ne ferme la parenthèse avec un quart d’heure d’un mix d’influences de mauvaise augure semblant résumer et faire office de point final à une carrière rondement menée

The Roots redorent leur blason en prenant clairement moins de risque que sur leur précédent opus. Frôlant la mention, le crew de Philadelphie passe haut la main l’épreuve du rattrapage. Souhaitons juste dorénavant qu’on n’ait pas à prendre à la lettre le titre de cet album et que “The Tipping Point” fasse encore quelques petits au lieu de nous laisser orphelin. Car la relève n’a encore rien prouvé de rassurant…

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The Roots - “Phrenology”

Phrenology[Album]
01/11/2002
(MCA/Universal)

Depuis l’album “The Roots Come Alive” et les diverses rumeurs quant à l’éventuelle séparation du combo, se sont écoulées trois longues années d’attente

Fin 2002, les b-boys de Philadelphie nous offrent enfin leur nouvel album “Phrenology”. L’attente qui nous rongea se voit largement apaisée. Pratiquement aucun regret ne vient assombrir le tableau d’une carrière irréprochable qui, au cours des différents albums, s’est affinée et a mûri sans jamais pourrir. Sur ce nouvel opus, les choix artistiques se sont une fois de plus dirigés vers l’innovation musicale, les arrangements soignés et un tonus inaltérable. La verve et l’énergie acoustique reste intacte, chaque titre vaut son pesant d’or

L’indexation des tracks est toujours en rapport avec les précédents albums, c’est pourquoi le premier est numéroté 87, originalité et concept suivi à la lettre dans toute la démarche artistique des Roots, l’évolution des numéros étant comparable à celle du groupe

Ce sont donc 14 titres (dont deux fantômes) qui s’emparent de nos tympans pour ne plus les relâcher un seul instant, séduisants au point de faire tourner le disque en boucle jours après jours, nous offrant une musique fraîche, neuve et revivifiante. Dès le départ, “Rock You”, “Sacrifice” avec Nelly Furtado, et “Rolling With Heat” avec Talib Kweli nous mettent en bouche une atmosphère Hip-hop, Nu-Soul, R’n'B assez loin du pur hip-hop acoustique auquel The Roots nous avait habitués. Un épais nuage nous happe pour nous mener dans des profondeurs mélodieuses et dorées. Une fois en appétit, le grand “Thought@Work” (pour ceux qui ignoreraient que le rappeur s’appelle Black Tought…) nous aguiche à grands coups de samples de percus mythiques de The Incredible Bongo Band et de raps à la sonorité saturée et au flow sans égal dans la région, condensé dancefloor hip-hop. Juste derrière, le hit rock “The Seed”, mené par un riff de guitare simplifié au possible pour laisser la place à une basse engageante et à un rap agitateur qui brillent de milles feux lorsqu’au refrain le chant pop-rock de Cody Chesnutt replace tout dans un contexte tubesque. Comme pour ajouter un supplice au délice, “Break You Off”, single paru avant la sortie de l’album -aux allures de prime abord putassier- prouve ici son sens, nous posant sur les épaules un morceau raffiné et évolutif de R’n'B comme nous aimerions en entendre tous les jours sur nos ondes inécoutables, affichant le chanteur Musiq comme un artiste modeste sachant se poser où il faut sans en rajouter

Le manège magique des titres grandioses ne s’arrête pas là! “Water”, hip-hop psychédélique soul, ferait danser un mort. “Pussy Galore”, au texte rageur et à l’instrumental se gratifiant d’un arpège mélancolique, de claviers grinçants et de basses ronchonnes, se donne des allures de tube radio justifié. “Complexity” avec Jill Scott ne sait malheureusement pas mettre en valeur les talents de chacun et apporte une vague platitude à l’album. Le morceau caché “Rhymes And Hammo” est largement digne des précédents succès du groupe puuisqu’il évolue dans un hip-hop conduit de mains de maître par le combo s’offrant une seconde fois la présence non négligeable de Talib Kweli. Enfin, le deuxième titre fantôme “Thirsty!” est un classique hard-techno (les aficionados du style seront ravis) agité par les flows et beat-box de Scratch (le successeur de Rahzel), de quoi repousser à jamais les plus imperméables

“Phrenology”, qui ne paraît pas indispensable à la première écoute, se révèle être un album incontournable, marquant encore une fois l’histoire de la musique au fer rouge. Tout le monde devrait s’y retrouver, s’y perdre et s’y attarder. Un opus qui saura remettre tout le monde à sa place modestement. La claque se prend en douceur, bien assis chez soi ou debout au milieu d’un dancefloor

Tout y est: la musique, les textes, la cohérence et la sincérité. Merci

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The Roots - “Come Alive”

Come Alive[Album]
01/01/1999
(MCA/Universal)

Après un album qui fit forte impression, The Roots nous offre ce tant attendu live. 14 titres s’enchainent (issus de tous leurs albums) pour nous retourner la tronche d’une manière incroyable. Tout est parfait. Les plus chanceux auront eu l’édition limitée avec des morceaux inédits, le fameux “All I Know” de Rahzel en live et des compositions qui dépassent notre imagination. Avec des featurings comme Jill Scott, Common, Jaguar, Dire Raw… et l’impression du public en prime, “Come Alive” devient largement une référence du hip hop

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The Roots - “Things Fall Apart”

Things Fall Apart[Album]
01/01/1999
(MCA/Universal)

Le groupe de Philadelphie signe son dernier album, un juste retour aux racines du hip hop. Leur concept instrumental les classe à part dans le paysage hip hop américain et international

Les MCs se démarquent par des flow très travaillés rythmiquement et lyriquement. Ce Lp, bien meilleur que leur précédent, est le plus accompli de leur carrière. Aucun morceau n’est à jeter, rien n’est laissé au hasard dans un souci du détail qui ravit l’auditeur du début à la fin de l’écoute. On retrouve en featuring les habituels compagnons (Mos Def, Common, Erykah Badu…)

Autre corde à leur arc, on juge The Roots comme le meilleur groupe de scène hip hop, ce qui ne laissera indifférent ni les puristes ni les néophites. Sans aucun doute un des meilleurs albums de 1999. Seule certitude pour l’avenir: The Roots fait désormais partie du panthéon hip hop. Surhumain

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The Roots - “Do You Want More”

Do You Want More[Album]
31/10/1994
(Okayplayer/Universal)

Si vous voulez apprécier pleinement l’apport des Roots dans la culture hip hop, il va falloir vous remettre dans un contexte. On est en 1995, les belles années d’une musique qui ne se distingue pas par sa constance, tous les amateurs du genre s’extasient devant le premier opus de Nas, le Wu Tang sort a peine son désormais culte “Enter The Wu Tang”, Biggy ne se laisse pas faire et répond par son “Ready To De”. Pour faire court, le hip hop connaissait son apogée mais souffrait paradoxalement d’une certaine homogénéité..

Pour comprendre à quel point la sortie de “Do You Want More?!!!??!” fut une évolution, réécoutez les albums précédemment cités et après, lancez-vous dans la découverte, ou redécouverte, du premier album de la bande de Philadelphie. Alors, vous percevrez tout ce qu’impliquait un telle musique: le hip hop sortait par la grande porte de son “ghetto”, enfin l’amateur pouvait chercher à intéresser son entourage, d’habitude si peu réceptif à une musique qui, en s’ouvrant à d’autres influences en l’occurrence le jazz, était prise au sérieux

En seize titres, les Roots marient à merveille la culture du sample, alors caractéristique du hip hop, et un sens de l’improvisation digne des grandes productions Blue Note. Des titres tels que “Proceed”, “Lazy Afternoon” ou “Silent Treatment” sont sans aucun doute devenus des classiques, comme d’ailleurs une bonne moitiée de l’album alors que la seconde, peut être relativement, moins abordable, ravira l’amateur de hip hop à tendance “ouvert d’esprit”

Quatre ans après leur rencontre, les trois jeunes de Philly accompagnés alors du “beatboxeur” Rhazel, ainsi que de Joshua Roseman et Steve Coleman, s’offrent une reconnaissance unanime, et en brillant sur la scène du légendaire festival de Montreux ils prouvent au monde entier que le hip hop ne se limite pas à un sample et un scratch.

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