Standstill

Standstill

(Espagne/Barcelone)

(4 articles)

Standstill - “Standstill”

Standstill[Album]
01/05/2004
(BCore/Overcome)

Comme Aina, Standstill a vite conquis et est même parvenu à prendre des allures européennes. Pas étonnant quand on sait que ses deux derniers albums, sortis en 2001 et 2002, ont tous deux été élus meilleurs albums espagnols de ces mêmes années. Et ce disque éponyme, bien que différent, suit le même chemin

Standstill a gravi les échelons et ne répond plus seulement qu’à la définition du rock après être passé par maintes sous catégories. Et ce, grâce à une maturité qui les a amenés à une musique plus personnelle, plus profonde, plus directe. Les espagnols savent ou ils vont mais jouent avec l’auditeur en le touchant droit au tripes. “Standstill” se rapproche musicalement de la perfection. Intensité, émotions, intelligence, mélodies, ambiances, brutalité, contenance sont au rendez vous comme beaucoup pouvaient s’en douter. Fini la complexité trop extrême… Les catalans simplifient les choses, les font tourner, nous envoient en l’air mais restent fidèles au rock obscur et parfois inconfortable. Gros changement cependant: Standstill chante ici en espagnol ce qui pourrait, à tort, en rebuter plus d’un. Sauf que ce choix s’imposait à eux pour une encore plus grande sincérité et cohérence. Rassurez vous, on s’y fait bien

Dix titres qui, au final, ne sont pas si surprenants de la part de Standstill et qui confirment le statut du combo, loin d’être usurpé. On est surpris, puis bluffés et finalement fans. Mission accomplie

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Standstill - “The Latest Kiss”

The Latest Kiss[Maxi]
10/03/2003
(BCore/Import)

Standstill s’est, le temps de trois albums, affiché comme l’un des meilleurs représentants européens en matière de rock tendu et superbement léché. Chaque sortie discographique rimant avec pas en avant, “The Latest Kiss” ne déroge pas à la règle et prouve toutes les capacités du combo catalan à adapter sa musique aux règles de l’acoustique

Ce maxi, vous l’aurez compris, n’a rien à voir avec les productions précédentes du groupe. Pas ici de saturation à outrance car pas de saturation du tout, pas de rythmique complexe et puissante car, au mieux, seuls quelques balais viennent caresser la caisse claire. Vous avez pigé, Standstill donne cette fois dans la sensibilité, l’émotion et la mélancolie à fleur de peau en ne mettant en avant que les six cordes débranchées, un chant superbement émouvant, une rythmique douce et discrète et quelques sonorités diverses venant enrichir le tout et lui donner une impression définitivement mature (”When The Curtain Falls”, “Welcome”). Le groupe évite ainsi avec talent les pièges des ballades acoustiques puériles et sans véritable intérêt pour accoucher de cinq somptueux titres pensés jusqu’à la dernière minute de studio et savamment étudiés (”Memories Collector”, “Let Them Burn”)

Bien loin de se rapprocher d’un quelconque groupe aux sonorités similaires, Standstill s’affirme comme une formation définitivement à part qui ne peut se satisfaire d’une simple stagnation artistique. Le combo a besoin d’avancer à chaque production et y parvient superbement ici en ajoutant une corde de plus à son arc. Une évolution et une intégrité qu’il est difficile de ne pas éclairer…

Standstill - “Memories Collector”

Memories Collector[Album]
01/06/2002
(BCore/Import)

Après Aina, Standstill est sûrement l’un des meilleurs représentants du label espagnol. Après deux albums qui ont défrayé la chronique de l’autre côté des Pyrénées, le groupe nous offre une compilation de faces B et d’inédits qui ne font qu’appuyer tout le bien que l’on pense d’eux. Leurs deux premiers album “The Tide” et surtout “The Ionic Spell” avaient présenté au petit monde indépendant le rock rageur du groupe flirtant parfois avec les texans d’At The Drive In pour son approche musical (”Always Late”) ou avec Kerosene 454 pour le timbre émotionnel de la voix (”Ride Down The Slope”, “Two Poems”)

Depuis 1995, le groupe a toujours donné un côté expérimental à sa musique en y rajoutant quelques samples ou sons de clavier et va un peu plus loin avec ce “Memories Collector” ou l’on note la présence de cuivres, vibraphones (”Welcome”) et autres sonorités peu habituelles pour un post hardcore très personnel et original

Alors que l’Espagne aurait tendance à avoir un regard dédaigneux de la part des autres pays européens en matière de culture musicale, BCore et consorts réduisent ce fossé pour arriver à proposer des productions monumentales surpassant de loin les espoirs de ses pays voisins. Plutôt bon signe…

Ecoutez un extrait sur le site Bcore

Standstill - “The Ionic Spell”

The Ionic Spell[Album]
01/01/2001
(BCore/Import)

Si ce deuxième album du groupe espagnol commence par une sorte de berceuse, ce “Ionic Spell” n’a rien de calme et enfantin. En effet, c’est grâce à cette dizaine de compositions que Standstill a été élevé au rang de révélation rock espagnole en 2001

Furie, rage, colère, intensité, énergie, technique, émotion: voilà en quelques mots l’univers de Standstill résumé. “Words” nous met ensuite directement dans l’ambiance avec son jeu de batterie lourd et précis, ses guitares puissantes et incisives, son chant émo hurlé. On pense à Refused pour les parties vocales et les ambiances contrastées mais aussi à At The Drive In pour le côté noisy faussement bordelique et l’énergie qui se dégage de chaque morceau. Pourtant peu amateurs de chants hurlés, il faut avouer que nous sommes sous le charme de ce combo catalan. Il ressort de cet album une maturité incroyable, une originalité sans nom de par une musique un peu bâtarde lorgnant de temps à autres vers le rock (”Sunrise People In Sunset Days”, “The Ionic Spell”) ou le hardcore (”Two Minutes Song”). Le combo nous offre là un opus homogène, ou la surprise s’invite sur chaque composition. Tel un chat oppressé par un univers qui lui est étranger, Standstill se veut imprévisible (”Treasure”) tant dans les différents plans que dans les sons (”The Farewell Notes”, “Let Them Burn”) mais toujours maître de sa destinée, jouissant d’une maîtrise rarement si percutante. Nous retiendrons notamment “Survive” et son ambiance tendue ou la souffrance semble régner (mais n’est-ce pas plutôt les instruments qui geignent?) mais ou quelques petites apparitions mélodiques nous conquissent définitivement

Tel une véritable tornade, Standstill ravage, renverse, retourne, détruit mais nous, en bons masochistes, on en redemande. Décidemment, après Aina, le rock catalan s’impose pour devenir un point névralgique de la scène rock européenne

Ecoutez un extrait sur le site Bcore