Sixtoo

Sixtoo

(USA)

(8 articles)

Cover list - Les meilleures pochettes Ninja Tune selon Dj Food

Cover list - Les meilleures pochettes Ninja Tune selon Dj Food

Depuis bientôt vingt ans que Ninja Tune enchaine les sorties, beaucoup auront remarqué sa forte identité visuelle, grâce à des pochettes généralement très soignées, faisant le bonheur des vinyls addicts. Alors qu’une deuxième décennie de sorties est sur le point de s’achever, Food revient sur celles qu’il considère comme les plus réussies du catalogue, et nous dit pourquoi.

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Sixtoo - “Jackals And Vipers In Envy Of Man”

Jackals And Vipers In Envy Of Man[Album]
24/09/2007
(Ninja Tune/Pias)

Sixtoo est bien dans ses pompes, surtout depuis qu’il a rejoint le label Ninja Tune qui semble lui avoir donné l’occasion de ne plus penser qu’à sa musique. Un état d’esprit serein qui se laissait déjà entendre sur le très réussi “Chewing On Glass & Other Miracle Cures“, son dernier opus en date qu’il a sorti il y a trois ans. Depuis, le résident montréalais s’est plutôt fait discret, tout en s’adonnant à de multiples projets qui n’auront pas fait grand bruit: la B.O de “Next: A Primer On Urban Painting”, le graphisme du jeune label Bully, un mini CD accompagnant l’art book du graffeur Other, son alter ego Six Vicious, ou son projet Megasoid avec un membre de Wolf Parade. Malgré cet agenda bien chargé, il aura quand même pris le temps de bien préparer “Jackals And Vipers In Envy Of Man”, sa toute dernière livraison sur laquelle il laisse encore ses prédispositions de Mc au placard pour se consacrer uniquement à la production

Et dans cet exercice, Sixtoo, qui n’a plus rien à prouver, s’est seulement investi d’une mission avant tout personnelle: repousser encore un peu plus loin les frontières de son univers et se démarquer d’une production typiquement hip hop, même abstract ou avant gardiste. Et il y parvient incontestablement. Pour preuve, le temps qu’on aura mis à décider s’il fallait inclure ce nouveau disque dans la catégorie hip hop ou électro. Peu importe au final, puisque les deux sont ici collés serrés, le passé hip hop alternatif étant toujours là malgré un sévère bond en avant en termes de composition le rapprochant clairement des sphères de la musique électronique

Un dompteur de machines, telle est l’image qu’il donne tout au long de ces treize titres étalés sur un peu moins de quarante minutes, et que Sixtoo ne s’est pas donné la peine d’intituler (pour faire chier les journalistes?). C’est court pour quelqu’un qui semble avoir une inspiration sans limite, mais bien assez pour un album intégralement instrumental. Aller au-delà l’aurait fait marcher sur un fil, laissant l’auditeur se passionner ou, au contraire, se perdre en chemin. Du coup, l’attention est au maximum et nous permet de prendre toute l’ampleur de l’efficacité rythmique du bonhomme, un point qui aura toujours été son point fort et qui l’est encore aujourd’hui. C’est donc plutôt dans les arrangements pointilleux et les mélodies sombres qu’il faut aller chercher une nette évolution

Voilà la raison expliquant qu’on ne rentre pas directement dans “Jackals And Vipers In Envy Of Man”. En effet, plusieurs écoutes sont nécessaires pour le démarquer de nombreux autres disques, proches en apparence, puis pour en saisir toute la richesse et la profondeur. C’est seulement alors qu’on saisira la beauté de l’intro, l’ambiance glaçante et cinématographique de celui qu’on sera donc forcé de nommer “Part 2″, le groove et les mélodies de “Part 3″, “Part 4″ et “Part 13″, l’oppression de “Part 5″ et “Part 7″, les rythmiques destructrices de “Part 6″ et “Part 12″, voire même les accents dubisant de “Part 9″

Pour cela, un seul conseil: ne pas s’arrêter aux premières écoutes qui vous mettraient assurément sur une fausse route. Certes, Sixtoo ne ramènera pas à lui ceux qui n’ont jamais accroché à sa musique, mais confortera les autres, fidèles depuis des lustres, qu’il est bien, dans le genre, un des producteurs les plus intéressants du moment. Les trésors sont toujours bien enfouis et ne croiseront pas votre route par le plus grand des hasards. Creusez, et vous trouverez..

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Interview : Sixtoo (06-2004)

Interview : Sixtoo (06-2004)

Tout récemment arrivé chez Ninja Tune, Sixtoo accouche d’un nouvel album rimant avec grosse performance en matière de production. Son géniteur vous parle…

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Sixtoo - “Chewing On Glass & Other Miracle Cures”

Chewing On Glass & Other Miracle Cures[Album]
17/05/2004
(Ninja Tune/Pias)

Depuis qu’on le connaît grâce notamment à ses collaborations avec Anticon, Sixtoo n’a cessé d’évoluer et d’étonner. Toujours producteur, parfois Mc, il lui aura fallu quelques disques instrumentaux et ses travaux plus expérimentaux chez Vertical Form pour qu’un label comme Ninja Tune vienne à lui et lui propose une reconnaissance plus grande mais ô combien méritée. Rejoindre le label anglais pour un album, il n’en fallait pas plus pour que Sixtoo s’arrache à la tâche et ponde ce somptueux, que dis je, grandiose “Chewing On Glass & Other Miracle Cures”

Comme Amon Tobin lui aussi fraîchement installé à Montréal, Sixtoo tire parti de son nouvel environnement et semble se sentir pousser des ailes. Ainsi, et pour ce disque, le canadien a délibérément choisi de créer ses propres samples. C’est pourquoi Damo Suzuki (Can), Godspeed You Black Emperor ou The Hanged Up ont indirectement contribué à ce merveilleux résultat. L’obtention de telles sonorités live (guitares gracieuses, caisses claires efficaces, basses rock comme sur le médusant “Chainsaw Buffet”) permet l’accouchement de titres hip hop très dark (”Boxcutter Emporium Pt1 & Part2″, “Transient Control”), jazzis (”Sidewinders”) ou d’inclassables mais si délicieuses productions (le parfait “Karmic Retribution”)

“Jazz rock psychédélique” disent certains. Pourquoi pas. En tous les cas, avec une maturité définitivement acquise, et un album ou rien est à jeter, Sixtoo balance sans aucun doute ici un des albums de l’année. Confirmation lors de votre première écoute…

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Sixtoo - “Almost a Dot On The Map”

Almost a Dot On The Map[Album]
11/02/2004
(Vertical Form/La Baleine)

Sixtoo, connu pour ses collaborations avec Anticon, a récemment atterri chez Vertical Form, label sur lequel il a sorti son surprenant car atypique dernier album. Mais aujourd’hui, c’est sur “Almost a Dot On The Map” que l’on s’attarde. Sous titré “The Psyche Years 1996-2002″, les adeptes du canadien sauront alors de quoi il s’agit. Pour les autres, ce disque n’est autre qu’une compilation des désormais introuvables albums que sont “The Psyche Continuum” et “The Psyche Intangible” sortis sur cette période

Pas moins de 21 titres composent donc cet album. Les versions, aux sonorités brutes et aux ambiances assez sombres, s’inscrivent indéniablement dans la ligne Anticon. Dessus, Sixtoo met en avant son talent de brillant parolier dont les références planent à mille lieux au dessus de celles rabachées par les radios. Vous l’aurez compris, sans être élitiste pour autant, le canadien ne donne pas dans le rap urbain conventionnel mais, à la manière d’un Sole ou d’un Saul Williams, réconcilie littérature et hip hop à coups de messages abstraits. Ainsi, “Grimey Ink The Moment”, “Alligator”, “One World Lost”, ou “Part 3″ s’écoutent religieusement plutôt que vitres de voiture baissées, musique à fond, à siffler vulgairement la première Mariah Carey à se dandiner sur le trottoir

Bien que difficilement écoutable de bout en bout (c’est le défaut principal de ce genre de production), “Almost a Dot On The Map” ne vient jamais ternir la belle réputation de Sixtoo sur la scène hip hop indépendante. De bonnes leçons sont à en tirer à condition de ne pas avoir le revolver sur la tempe. Dans ce cas, on vous pardonnera de préférer Ludacris…

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Sixtoo - “Antagonist Survival Kit”

Antagonist Survival Kit[Album]
01/04/2003
(Vertical Form/La Baleine)

Après avoir squatté les bancs d’Anticon et Rhymesayers Entertainment avec les Sebutones, Sixtoo continue d’explorer les profondeurs de l’indépendant en officiant cette fois sur le label Vertical Form, plutôt habitué à proposer des productions electronica difficilement accessibles. Quoi qu’il en soit, on ne va pas s’en plaindre, ce talentueux Mc-producteur est enfin disponible en France tout comme ses compères de Mush et Anticon. La France s’ouvre à ce nouveau hip hop pour le plus grand bien de tout le monde

Que ceux qui connaissent déjà les travaux du canadien ne s’attendent pas à un nouvel album dans la lignée exacte des précédents. Si ils s’y retrouveront sans problème, ils pourront découvrir une nouvelle facette du talent de l’artiste qui s’adonne ici à un travail plus electro. Si “Something”, qui ouvre brièvement ce “Antagonist Survival Kit”, adopte une couleur soul, celle-ci est bien vite oubliée avec “A To Zero” marqué par un hip hop sombre mais aussi par une musicalité qui a toujours été le point fort de Sixtoo comme le prouve ce sample de guitare donnant un aspect popisant à la version, cependant originale avec ces incursions torturées de violons. Le côté barré de cet album est souvent mis en avant comme sur “Fear Of Flying” ou “Funny Sticks” ou le beat se fait irrégulier et des plus appuyés. Le son bien particulier de l’école Anticon revient également au galop sur “Baroque” et son beat brut, sa boucle de piano récurrente et médiévale. Nous retiendrons également le prenant “Daggers On All Corners (live)” à la version dont l’aspect hypnotisant est renforcé par le flow sombre et linéaire de Sixtoo, et le métallique “Amphitheatre” à l’ambiance froide et torturée. Comme il l’a souvent fait dans le passé, le compère de Buck 65 au sein des Sebutones propose un long morceau évolutif (”The Mile End Artbike/Suicide Manual”) qui reprend tous les composants de son nouveau visage artistique

La grande force de Sixtoo est de ne jamais manquer de créativité et il le prouve avec ce nouvel album qui, bien que dans une lignée musicale différente de ses travaux précédents, s’avère des plus intéressants. Cette qualité assez rare au sein de la scène hip hop qui se renouvelle difficilement ne laissera pas ses adeptes indifférents. Sixtoo est sans conteste une des forces vives du hip hop du troisième millénaire.

Sixtoo - “Duration”

Duration[Album]
01/01/2002
(Cease And Desist/Import)

Ce nouvel album de Sixtoo semble répondre à un concept assez difficile à saisir. En effet, présenté comme un disque de six morceaux, ce “Duration” en comporte réellement vingt et un pour une durée totale de plus d’une heure. La particularité de ce long format réside dans le fait que la grande majorité des morceaux sont instrumentaux

“Duration Project”, le premier morceau, est divisé en seize partie ou s’expriment batterie, basse, deejaying, guitare et saxophone. Le tout sonne résolument hip hop mais le traitement des sons y est brut et toutefois proche de ce que l’on a l’habitude d’entendre du côté du crew Anticon. Parfois dub (piste 2, 13), ambiant (piste 4, 12), free (piste 5), hip hop avant gardiste comme on l’aime (piste 6, 8, 10, 14) ou mélodieux (piste 9, 11, 16), cette première partie de l’album est toujours de haute qualité avec des beats massifs et des ambiances envoutantes et novatrices. Vient ensuite “Disclaimer” et son beat précipité voire jungle, “Camino” avec une rythmique redondante et son ambiance en provenance directe du prochain millénaire, “Noise Complaint” peut être le moins intéressant de cet opus malgré sa ligne de basse lente et massive; le fabuleux “Secret That Houses Keep” avec son intro percu, son sample mélodieux aux sonorités orientales, sa contrebasse à la Live Human et son beat original et percutant; et “Broken Monitor” en guise d’outro peu convaincante

Avec un peu de recul et un certain repos auditif nécéssaire à la fin de cet album néanmoins facile d’écoute, ce “Duration” fait partie des meilleures productions du beatmaker canadien. Pour les adeptes d’Anticon, de hip hop avant gardiste et instrumental. Indispensable.

Sixtoo - “Songs I Hate”

Songs I Hate[Album]
01/01/2001
(Anticon/Import)

Sixtoo est originaire du Canada. Il produit, écrit, rappe, fait également parti des 1200 Hobos (collectif de rappeurs Canadiens). “Songs I Hate (…)” est son premier opus sur le label Anticon qui s’avère être une grande réussite, un album sans comparaison dans son genre

Effectivement, ce genre aux ambiances graves, organiques, parfois tristes et déterminées est unique. Les instrus sont composées de beats secs et frappants, les samples sont très variés: on passe de flûtes mélodieuses à des guitares saturées (”Twilight”), à des boucles de claviers electro (”Grimey Inks The Moment”), ou à des basses lourdes, et des arpèges magnifiques de guitares (”One World Lost”). La voix de Sixtoo est grave et d’un timbre bas, elle est l’outil qui illustre ses textes introspectifs et observateurs. En tant que musicien et écrivain, l’artiste n’hésite pas à développer son expression tout au long de titres évolutifs et complets (les superbes “Work In Progress” de 14 minutes et “The Canada Project” de 35 minutes)

Loin du hip-hop classique qui emplissent les linéaires de nos magasins, “Songs I Hate (…)” est alternatif, explore des univers vierges et les défriche à grand coup de beats, samples inédits et flows incomparables. On retrouve en featuring toute une équipe de rappeurs canadiens et américains : Kunga 219, Buck 65, Adeem, Sage Francis, Sole, Recyclone, J-Mart, JD Walker, Knowself, PippySkid. Les titres phares, s’il y en avait à désigner tant cet album ne pourrait vivre sans les autres, seraient “When Freedom Rings” avec Sole et Sage Francis (hip-hop ambiant saupoudré de raps grondants et charismatiques), “Drip-Drop” (hardcore electronique lent et indus), “One World Lost” (morceau plein de mélancolie )

Vous l’aurez compris, cet album est un vestige du hip-hop underground, varié et complet, auquel plus d’un être soucieux de culture musicale mérite de s’attarder sérieusement. Grandiose !