(4 articles)

Notic Nastic - “It’s Dark But It’s Okay”

notic180Album
(Shitkatapult)
29/03/2010
Electro

Partagé entre Berlin et New York, deux pôles à l’activité électronique débordante, Notic Nastic est la nouvelle signature du label Shitkatapult qui, tout en étant jamais tombé dans les affres de la techno de parking, n’a pas vraiment l’habitude de faire dans la finesse. En cela, il est peu surprenant que ce “It’s Dark But It’s Okay” rejoigne ses rangs tant le duo - en mariant saturation, mélodies pop, et beats qui tabassent - fait preuve d’efficacité.

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CLP - “Supercontinental”

Supercontinental[Album]
12/11/2008
(Shitkatapult/La Baleine)

CLP: trois lettres pour officialiser la première sortie physique (dans tous les sens du terme) d’un duo initialement taillé pour la scène. CLP pour Chris de Luca et Phon.o, soit l’ex partenaire de Michael Fakesch au sein de Funkstörung et un habitué du label Shitkatapult, allemands tous les deux et amateurs de sonorités bien grasses, plus proches des productions signées Boys Noize que d’une compil estampillée M-nus. Après une flopée de dates à travers l’Europe et la sortie d’un EP sur le label d’Alex Ridah, le duo refait parler de lui à l’occasion de ce “Supercontinental”, un concentré vitaminé de toutes les influences du moment. Quelque part entre rap, electro, booty, crunk et autres hymnes anti-finesse, à l’image du “I’m So Trill” introductif et de ses synthés abrasifs, dignes héritiers des séries “Puissance Tuning” ou autre “Explosive Car”. Efficace, certes, mais redondant quand cet amour immodéré des sub-bass et des boucles répétitives s’étire sur chacune des quatorze pistes proposées, offrant un résultat plus ou moins convaincant qui oscille entre un catalogue de beats concassés qui fleurent bon le Sud américain (”Dip Shorty Feat. Kovas”) et du Modeselektor sous amphets (”Superconfidential Feat. Tunde Olaniran”). Du coup, à l’exception des interludes à contre-pied dont le seul but est (semble t-il) d’aider à faire passer la pilule, difficile de distinguer les titres entre eux, d’autant que les nombreux Mc conviés pour l’exercice – tous rencontrés via MySpace – paraissent inévitablement fades en comparaison, relégués au rang de faire-valoir au milieu de ce déluge taillé pour les clubbeurs imbibés. Seul l’américain Yo Majesty parvient à attirer l’attention vers lui sur “Club Thang” car pour le reste, n’est pas Jamalski qui veut. “Appuie sur le volume, gratte cinq dB en cachette” nous conseillait Akhenaton en son temps. Une recommandation qu’on serait tenté de reprendre pour qui souhaite se hasarder à l’écoute domestique de ce “Supercontinental”, un premier album dont on ne doute cependant pas une seconde du potentiel… sur scène

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T.Raumschmiere - “I Tank U”

I Tank U[Album]
22/09/2008
(Shitkatapult/Discograph)

Trois ans après la sortie de “Blietzkrieg Pop”, deuxième volume d’une trilogie débutée avec le tout aussi excellent “Radio Black Out” en 2003, T.Raumschmiere vient enfin la clôturer avec “I Tank U”, troisième volet fermement attendu par toute la communauté cyber punk. Le tout avec la manière puisque Marco Haas étale une nouvelle fois toute sa maîtrise quand il s’agit de s’adonner à une electronica obscure, de mettre techno et rock face à face pour un combat sans pitié, tout en soulignant constamment un sens évident de la composition qui facilite l’intégration de nombreux invités

Car, si l’Allemand avait déjà généreusement ouvert les portes de son studio (Ellen Allien figurait notamment au précédent tracklisting), il semble cette fois les avoir laissées grandes ouvertes puisqu’il s’y est retrouvé seul, avec deux de ses fidèles musiciens live, qu’en quatre occasions: sur les décapants “The Front Row Is Not For The Fragile!!” et “Crack a Smile” ou il se laisse aller aux vocalises, comme sur les instrumentaux “I Tank U”, intro sombre et mid tempo, et “E”, petite bombe techno toute en variation. Le reste du temps, on croise quelques collaborations de haute volée, comme cette contribution des délirants Puppetmastaz sur l’electro hip hop efficace de “Animal Territory”, celle de Tim Vanhamel (dEus/Millionaire) sur l’abrasif et définitivement rock “What Are You Talking About?”, ou celle de Deichkind posant ses lyrics sur une production electro/indus étoffée par The Crack Whore Society, groupe punk rock dans lequel officie également notre homme

Et si le fil conducteur de ce nouvel album réside une nouvelle fois dans ses guitares héritées du rock, ses synthés et basses saturées, et dans cette compression omniprésente qui consolide le tout, “I Tank U” n’est pas pour autant exempt de diversité comme le prouvent une poignée de titres plus sages, et à vrai dire un poil moins passionnants, venant contrebalancer une énergie jusque là débordante (”Nuclear Bedtime Story” feat Lilian Hak, “111kg DNA” feat Barbara Panther, “Pedal To The Metal” feat Gene Serene, “Untitled” feat Warren Suicide)

Reste que T.Raumschmiere met un terme définitif à sa trilogie comme on assène le coup de marteau final. Et il faudra bien plus qu’une avancée en dents de scie sans conséquence pour effriter l’aspect finalement compact de ce tracklisting quelque peu détraqué. “Plus un album de rock électronique qu’un album electro rock”: si la formule a trop souvent été galvaudé, elle n’a jamais été aussi vérifiable. Une nuance qui n’aura plus de secret pour vous quand “I Tank U” aura fini de vous essorer

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Apparat - “Walls”

Walls[Album]
15/05/2007
(Shitkatapult/Discograph)

Être un activiste de la scène musicale n’implique pas forcément d’être un bon musicien. C’est d’ailleurs le cas de beaucoup, mais surtout pas d’Apparat qui, tout en tenant les rênes du label Shitkatapult en collaboration avec T.Raumschmiere depuis 1999, se fait une solide réputation sur la scène electro au fur et à mesure que les années passent

En effet, ce n’est qu’en 2001 que les choses sérieuses commencent. Lorsque Sascha Ring de son vrai nom, ancien batteur reconverti en dj/producteur pendant les années 90, sort un premier album intitulé “Multifunktionsebene” qui attirera l’attention des adeptes d’IDM du monde entier. Apparat est alors lancé, et se montrera très productif durant les mois qui suivront en enchaînant “Tttrial And Eror” (2002) dans un genre proche d’Aphex Twin et Autechre, “Duplex” (2003), le double maxi “Silizium” (2005) qui marquera un changement de cap vers des sonorités plus pop et lancinantes, puis “Orchestra Of Bubbles” aux côtés d’Ellen Allien qui lui fera acquérir un statut d’artiste incontournable de la scène electro européenne.Entre temps, l’Allemand n’aura pas chômé puisqu’il sera crédité au projet Moderat (avec Modeselektor sur BPitch Control), aura contribué au succès de l’album “Berlinette” d’Ellen Allien, puis à celui beaucoup plus modéré de Damero (BPitch Control)

Et en 2007, Apparat ne semble pas résigné à appuyer sur le frein. Loin de là, puisqu’il met au monde “Walls”, son nouvel album solo qui comme “Orchestra Of Bubbles”, s’applique à réunir sur une même galette influences techno, electro et pop, ou les cordes, les synthés et les rythmiques entrent en fusion. Pourtant, il ne faut pas aller chercher ici un quelconque concept cher aux producteurs du genre en général. Non, Apparat a tout simplement réuni ici ses meilleurs travaux des deux dernières années, tirés des 70 pas encore terminés qu’il détenait à la base. Voilà une des raisons expliquant la grande ouverture musicale et les nombreuses influences de ce “Walls” qui surprend toutefois par une cohérence indiscutable et une accessibilité encore jamais entendue chez Ring

Apparat joue donc au peintre, sa palette de couleurs à portée de main, et dessine une oeuvre absolument passionnante. Tantôt fidèle au passé (”Fractales Pt1″), minimal à coups de xylophone et de cordes chaleureuses (”Not a Number”), tantôt blues rock énergique (”Hailing From The Edge”), ou incroyablement mélancolique (”Birds”, “You Don’t Know Me”, “Over And Over”), l’Allemand pourrait tout aussi bien servir des productions electro un poil expérimentales taillées pour Radiohead et la voix de Thom Yorke (”Useless Information”, “Limelight”), ou se proclamer pop sans aucune gêne ni retenue. Mais quand on vous parle de pop, n’allez pas chercher une ressemblance avec les grands pontes rock d’outre Manche, mais plutôt du côté des producteurs actuels comme Timbaland (même si la comparaison est à prendre avec des pincettes) capables de faire chanter sur des productions efficaces (”Holdon”, “Arcadia”, “Headup”)

Cinématographique, gracieux, libre, et généreux sont quelques-uns des qualificatifs qui auraient également leur place quand on en vient à parler de “Walls”. Il ne fallait donc pas plus de treize titres et une heure en la compagnie d’Apparat pour être tout à fait certain de son talent, et confirmer la place de plus en plus importante qu’il s’octroie au sein de la scène électro. Plus de doute donc, Sascha Ring est un activiste surdoué

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Phon.O - “Burn Down The Town”

Burn Down The Town[Album]
12/09/2005
(Shitkatapult/Import)

Il manque quelque chose. Sel? Poivre? Beats? Un certain sens du groove? Difficile de se prononcer, on s’amuse bien. Un peu bourré, on serait même sûrement en train de sauter partout mais là, à jeun, c’est juste agréable. Sourire mais guère plus, pas d’extase

Pourtant, il est difficile de trouver quelque chose de précis à reprocher à Phon.O. “Burn Down The Town” est un album bien construit, les morceaux sont entraînants et réussis, et l’album sonne résolument actuel. C’est peut être ça un des aspects du problème en fait: un style electro branchée dancefloor, trop inscrit dans l’époque, qu’on a pas mal entendu ces derniers temps et dont on commence déjà à se lasser. La production pourrait être responsable également, le son général étant bizarrement un tout petit peu trop froid, synthétique, désincarné, ça manque de cette chaleur qui ferait perdre la tête. Les samples vocaux ne rattrapent pas le reste, les voix japonaises, le booty hédoniste sans état d’âme, et les trucs cuttés pseudo bitchyeroticopunkychic ça commence à sentir un peu le mouflon

En restant un minimum honnête, le disque reste intéressant. Le problème, c’est juste qu’on n’est pas assez souvent intéressé, que tout ça semble trop entendu pour ne pas avoir à fournir un effort de concentration. Au final, l’écoute de “Burn Down The Town” fait le même effet que ces filles qui semblent sortir des pages glacées d’un magazine. On est impressionné quelques secondes et quelques minutes plus tard on est déjà en train d’en regarder une autre

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