Seun Kuti

Seun Kuti

(Nigeria)

(3 articles)

Seun Kuti & Egypt 80 - “From Africa With Fury: Rise”

seun180Album
(Because)
04/04/2011
Afrobeat

Quelques mois seulement après la sortie du dernier album de Femi Kuti, “Africa For Africa“, c’est au tour de son frère Seun de revenir sur le devant de la scène présenter son deuxième opus. Après le succès incontesté de “Many Things” en 2008, le benjamin de la fratrie Kuti a choisi, à la différence de son ainé, de s’éloigner de Lagos pour enregistrer son nouvel album, en s’entourant notamment des producteurs Brian Eno (qui a récemment rejoint le label Warp) et John Reynolds. Enregistré à Rio de Janeiro et mixé à Londres, “From Africa With Fury: Rise” est un disque abouti, d’une précision extrême dans les arrangements, presque trop “propre” si on le compare à la rugosité viscérale, poignante et authentique du dernier opus de Femi.

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Seun Kuti - “Many Things”

Many Things[Album]
28/04/2008
(Tôt Ou Tard/Warner)

Près de quatre décennies après la création du genre, afrobeat rime encore et toujours avec Kuti, si bien qu’il n’existe sûrement aucun mouvement musical autant associé à un patronyme que celui qui fut créé à Lagos sous l’impulsion de Fela Anikulapo. A sa disparition en 1997, on aurait difficilement pu penser à une autre personne qu’à un Kuti pour prendre la relève du fondateur charismatique à la tête du groupe Egypt 80… Sans grande surprise, c’est finalement Oluseun aka Seun, le benjamin des trois fils reconnus par Fela, alors âgé de quinze ans, qui fut choisi

Aujourd’hui, Egypt 80, brillamment dirigé par le jeune successeur, continue son scrupuleux travail de transmission de l’héritage du maître, comme en témoignent les nombreux concerts frénétiques donnés par l’orchestre ces dernières années. Mais si jusqu’à une période récente Seun et son groupe semblaient se limiter à la reprise du répertoire de Fela, les choses évoluent sensiblement depuis l’été dernier, marqué par la sortie d’un premier maxi très prometteur. Loin de s’arrêter en si bon chemin, le chanteur saxophoniste, toujours épaulé par sa grande famille musicale, signe aujourd’hui un album complet, “Many Things”, prouvant ainsi sa capacité à voler de ses propres ailes, sans pour autant quitter des yeux l’horizon paternel

Car incontestablement, Seun s’élance ici sur les rails du Black President avec la même ardeur, le même engagement et la même soif de partage. Tous les ingrédients de l’afrobeat originel sont réunis et restitués à merveille par l’exceptionnelle musicalité de chaque membre d’Egypt 80: des rythmiques aiguisées et percutantes, de puissantes nappes de cuivres ainsi qu’un refus des formats radiophoniques, comme l’indique la longueur des morceaux frôlant volontiers les dix minutes. Seun et l’orchestre paternel suivent ainsi les principes fondateurs de l’afrobeat, qui en font par définition une musique de scène qui se vit et mène jusqu’à une transe enivrante, quasi inévitable à l’écoute du bien nommé “Fire Dance” ou de “Think Afrika”

Mais là où le passage de relais entre le père et le fils est peut-être le plus flagrant, c’est certainement dans l’engagement politique indétrônable niché au coeur de chaque titre du fils Kuti, qui ne cesse de dénoncer les maux dont est victime l’Afrique, à commencer par la corruption et la dictature (comme dans le titre “Many Things”, contenant une sévère critique de la dictature d’Obasanjo au Nigeria), le capitalisme occidental, ou encore la maladie (”Mosquito Song” évoque ainsi l’indifférence des gouvernements face au fléau de la malaria en Afrique). Le morceau le plus emblématique reste sûrement “Don’t Give That Shit To Me”, offrant un refrain enflammé dans lequel Seun scande avec une énergie explosive “Don’t Bring Bullshit To Africa”. Les paroles sont parfois brèves mais toujours corrosives et sans compromis, portées par la voix rocailleuse et rugissante du jeune Kuti. Le nigérian a en effet réussi à façonner sa propre identité vocale en marge de celle de son père, n’hésitant pas à emprunter de temps à autre un flow rapide et incisif inspiré du rap et du spoken word, comme l’illustre le puissant “African Problems” qui clôt en beauté l’opus

Finalement, ce nouveau “Many Things” actualise efficacement l’engagement de Fela et vient nous rappeler que l’afrobeat est avant tout une musique de combat, dans laquelle l’esthétique sonore est plus un support pour diffuser un message politique qu’une fin en soi. Assumant haut et fort son statut de “fils de Fela”, Seun pérennise ainsi un genre qui, ne comptant à ce jour que peu de représentants médiatisés, a besoin de consolider ses racines pour se développer par la suite dans d’autres directions. Dans cette optique, il réalise aux côtés d’Egypt 80 avec ce chaleureux “Many Things” un parcours sans faute, riche en couleurs et en émotions. Une belle preuve que la lutte du grand Fela appartient toujours au temps présent

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Seun Kuti & Egypt 80 - “Think Africa”

Think Africa[Maxi]
09/07/2007
(Still Music/Discograph)

Pour cette chronique, je voulais vous préparer une petite intro chiffrée bien croustillante sur la famille Kuti, genre “issu d’un foyer de X mères et Y frères et soeurs, le petit Seun blablabla blablabla…”. Eh bien, croyez-le ou non, j’ai pas été fichu de trouver les comptes exacts. Après des recherches sur le Net, je tombe plusieurs fois sur le chiffre de 28 femmes, qui reste néanmoins à vérifier. Mais rien sur le nombre de rejetons. A croire que personne n’a eu le courage de compter… Mon intro tombe à l’eau. Qui a dit “tant mieux!”

Quoiqu’il en soit, après le frère aîné Femi, c’est au tour du petit dernier, Seun, de colporter la bonne parole afro beat. Du haut de ses 23 ans, le jeune homme jouit déjà d’une solide réputation de bête de scène. A la tête de l’Egypt 80 de son père, Seun a récemment enflammé plusieurs festivals occidentaux, affolant les critiques les plus dubitatifs

En attendant de trouver un label pour son premier album, il fournit la matière à brûler quelques dancefloors avec ce maxi vinyl que s’arrachent déjà tous les Dj’s de bon goût. On a pourtant pas encore grand-chose à se mettre sous la dent: deux titres, “Think Africa” et “Na Oil”, déclinés dans leur version d’origine et leur radio edit (grosse arnaque), et agrémentés de bonus beats (boucle instrumentale qui servira surtout aux professionnels de la piste de danse). C’est pas énorme, je vous l’accorde, mais c’est largement suffisant pour jauger du potentiel du bonhomme

Plus sauvage que son aîné, plus brouillon sans doute aussi, Seun Kuti dégage la puissance animale de son père. Sa voix rauque étonne pour son âge et se pose de manière autoritaire sur les grooves musclés du big band de 18 musiciens (je l’aurais finalement eu, mon chiffre impressionnant!). Impossible de douter de l’identité du patron, même si l’un des deux morceaux est signé de Baba Ani, chef d’orchestre et sax du groupe depuis près de 40 ans..

Pas sûr que Seun Kuti parvienne à faire autant d’enfants que son père… Sa musique, en revanche, risque de donner envie à pas mal de gens! A suivre..

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