Rosqo

Rosqo

(Suisse)

(2 articles)

Rosqo - “No Stone Left Unturned”

No Stone Left Unturned[Album]
25/01/2008
(Gentlemen/Pias)

C’était en 2004, Rosqo se faisait remarquer avec “Taikonaut”, un premier album aussi surprenant que réussi. Depuis pas ou peu de nouvelles, mais on ne pouvait douter un instant que les choses en resteraient là tant le quatuor montrait de belles prédispositions à se dépatouiller de toutes ses influences rock pour un résultat personnel et original. Comme pour son prédécesseur, il sera difficile de dire ou ces Suisses sont allés chercher leur inspiration à l’approche de “No Stone Left Unturned”, un deuxième opus marqué par une réelle intelligence que les plaines fertiles helvètes semblent aider à cultiver, à en croire une scène rock locale aussi audacieuse que qualitative. Comme il le présentait il y a un peu plus de trois ans, Rosqo assoit un rock partagé entre ses dérivés désormais plus pop que post, celui que Ali Chant (Gravenhurst, The Kills, Pj Harvey, Magicrays…) a su parfaitement saisir et mettre en boîte au studio Toybox de Bristol. Et pour cause, contrairement à “Taikonaut”, “No Stone Left Unturned” est né intégralement en studio, est marqué par un souci du détail voulu par le groupe pour s’éloigner d’un post rock qui semblait lui peser. Mais, pas de dépaysement pour autant, puisque Rosqo affectionne toujours ces titres à la fois aériens et légers (”Weird”), douloureux et intenses (”Delivering Coffee Machines”), parfois tout en progression (”Rival”, “Off The Hook”), qui lui permettent toujours d’accoucher d’un tracklisting contrasté, soulignant une maturité incontestable pour un deuxième album souvent casse gueule. Ainsi, l’auditeur n’a d’autre choix que se soumettre aux humeurs du groupe, ici fragile et déprimé (”Cellar Door”, le brillant “Said”), là direct et rageur (”Aaba”, le caché et bruitiste “Patience”), toujours accrocheur via un sens affûté de la mélodie (”Superschnitzel”, “Elk Blut”, “Distant”), qui s’amuse sadiquement à tirer ses tripes et appeler la moindre de ses émotions. Tout ce qu’on demande à des musiciens inspirés qui, inévitablement ainsi, ne souffrent d’aucune indifférence de la part de l’oreille qui s’y serait égarée. Quel bien lui en aura pris..

Ecoutez un extrait ici.

Rosqo - “Taikonaut”

Taikonaut[Album]
01/11/2004
(Gentlemen/Acropole)

La Suisse n’en finira donc jamais de nous surprendre. Après ses sauvageons de Houston Swing Engine, ses émo boys de Favez, voilà que débarque Rosqo, quatuor à la musique envoûtante, aussi proche du post rock, plus rock que post, que de la college pop américaine. Comme leurs compatriotes musiciens, les quatre puisent leur richesse en partie dans les intensités qu’ils s’amusent insolemment à faire groover, comme sur ce “Livret 3″ d’ouverture, longue et progressive montée en puissance de la rythmique, enrichissement constant de notes avant que les guitares saccadées ajoutent une couleur rock n’roll. Alors qu’on pense encore à un penchant musical parfois élitiste genre Mogwai, “Sunday” apporte fraîcheur et accroche avec ses mélodies pop naïves et puissamment soutenues. Et telle est la recette de ces suisses: un jolie, franche et pesante conversation entre la mélancolie (”About Blank”) et la bonne humeur (”Rococorock”, “Budapest”) qui ne fait qu’apporter une diversité agréable et nécessaire pour ne pas faire de ce “Taikonaut” un flan aux pommes de terre. Bingo! Rosqo parvient sans aucune fausse note à un séduisant opus un tantinet schyzo, tantôt rafraîchissant, tantôt oppressant mais toujours étincelant, un peu à la manière d’un Ghinzu même si le quatuor préfère casser les angles. De là, naissent de véritables petits bijoux, tels “A Thousand Leaves”, “Peur Du Vide”, “Tunnel”, “Weisshorn” ou “Microscope” pour n’en citer que quelques uns, tant chacun de ces onze titres se rapprochent dangereusement de la perfection du genre. “Taikonaut” est sûrement une des plus belles surprises rock de l’année. Et dire qu’elle nous ait tombé dessus sans prévenir… Trop bon!

Achetez sur :

  • Achat sur Amazon