Robert Le Magnifique

Robert Le Magnifique

(France/Rennes)

(4 articles)

Robert Le Magnifique - “A Midsummer Night’s Dream”

mid180Album
(Idwet)
14/03/2012
Electro hip pop

Ce n’est pas la première fois que Thomas Poli (Dominique A, Montgomery, Miossec) et Laetitia Sheriff mettent leur nez dans la musique de Robert Le Magnifique, auteur de plusieurs albums remarqués, dont le dernier “Oh Yeah Baby” ou on les y croisait. Connaissant le background plutôt rock des deux intéressés, on comprend sans mal pourquoi le producteur rennais n’a pas tardé à faire appel à eux quand il s’est embarqué dans le projet “Where Is My Mind?”, pour lequel il s’était engagé à reprendre deux titres des Pixies. C’était en 2009, et l’osmose fut telle que les trois ont logiquement décidé de prolonger l’expérience

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Robert Le Magnifique - “Oh Yeah Baby”

Oh Yeah Baby[Album]
16/04/2008
(Idwet/La Baleine)

Accaparé par “Hamlet“, ce projet qui marie musique et théâtre et affiche déjà deux volumes au compteur, Robert Le Magnifique n’était plus apparu en solo depuis 2004 et un “Kinky Attractive Muse” qui affichait alors autant d’influences que de belles prétentions. Aujourd’hui plus que jamais, il jongle avec les styles, puise dans la pop, le hip hop, la drum n’bass, et le trip hop, s’acoquine avec la musique contemporaine, pour mieux éclater les barrières, humaniser l’electro, et donner naissance à un registre on ne peut plus riche et personnel

“Oh Yeah Baby” continue dans ce sens, encore plus radicalement que par le passé, au point de ne plus souffrir d’aucune étiquette, surtout pas de celle electro/hip hop, costard devenu beaucoup trop étroit pour Robert Le Magnifique qui, en douze titres, n’en oublie pas la cohérence indispensable à un bon album. Ainsi, c’est droit dans ses bottes et sur de bons rails qu’il se lance à corps perdus dans un disque aux multiples couleurs: “Hello Malo” penche pour une pop à base de guitare et scratches assez proche de celle du Fog des débuts, “Nina” préfère le punk, le crossover “Twenty Eight Love Song” (feat Olivier Mellano) hésite entre Lou Reed et Rage Against The Machine, les bidouilles tendances hip hop/jazz de “Oh Yeah Baby” rappellent immanquablement l’approche de Kid Koala, tout comme “Ma Main Dans Ta Gueule” (feat Mellano et Thomas Poli) révèle une certaine affection pour Led Zeppelin

Voilà autant de réjouissances qui n’ont pas pour autant offert le meilleur de l’oeuvre de Robert Le Magnifique, une autre poignée de morceaux venant donner encore un peu plus d’impact à ce “Oh Yeah Baby” au titre certainement inspiré des premières réactions stupéfaites. Car, sans aucun doute, on retiendra surtout ce disque pour l’excellent “Reulf” et son mariage heureux d’abstract hip hop et de shoegazing, l’envoûtant “Bad’Z Pixel” et sa monstrueuse basse slappée, “Anges Recyclés” découpant l’album “La Chair Des Anges” d’Olivier Mellano, et les deux titres bénéficiant de contributions vocales: “La Route Du Rob” clairement hip hop étant donné la présence de Arm (Psykick Lyrikah) et Iris (Soul Sodium), et “No Wasting Time” sur lequel on retrouve avec surprise une Laetitia Sheriff prise au jeu de Death In Vegas

Robert Le Magnifique ne se sera donc jamais aussi bien porté. Plus ouvert et inspiré que jamais, il apporte avec ce “Oh Yeah Baby” la touche la plus rock et incisive d’une discographie qui n’a certainement pas fini de se dévoiler, tout en rappelant à qui veut bien l’entendre à quel point la musique a du bon quand elle ne se cantonne pas bêtement à la simple définition des genres. Robert le sait depuis des lustres, et l’illustre de mieux en mieux à chacun de ses disques

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Robert Le Magnifique - “Kinky Attractive Muse”

Kinky Attractive Muse[Album]
21/04/2004
(Idwet/La Baleine)

Pas plus d’enthousiasme que cela à l’approche de ce second album de Robert Le Magnifique. Le premier disque du bonhomme s’avérait plutôt sympathique, mais c’est plutôt sur le projet “Hamlet” qu’il avait gagné plus d’estime. Considéré de prime abord comme un bon bidouilleur, Robert semble avoir beaucoup appris auprès d’Abstrackt Keal Agram et ce sert de ce “nouveau” savoir sur ce “Kinky Attractive Muse”

Mais plus on s’enfonce dans les profondeurs de ce disque, plus cette première impression s’estompe. Le manque de relief laisse place à un groove efficace et ce qui semble s’éparpiller laisse un goût agréable de diversité. Si les ressemblances sont nombreuses avec ses collègues d’AKA, Le Magnifique accouche d’une production aux multiples influences tout en restant accessible. C’est ici à de l’electro hip hop que nous avons droit. Et pas le plus mauvais. Lorsqu’il ne se transforme pas en drum n’bass, il puise dans les références rock (”Diet Pop”), mieux encore dans la pop (le superbe “Dech’Val”), ou se déguise parfois impeccablement en hip hop avant gardiste pur et dur (”Rico Flam II” feat Arm de Psykick Lyricah, “Aaaahhhhh”). On s’aperçoit alors que ce qui semblait plat, réjouit très régulièrement nos cervicales (”KAM”, “Pok!”, “Tableau 30″) et on se surprend à placer ce bassiste à trois bras (”Impasse D”) parmi les belles découvertes electro française

Si il reste quelques marches à gravir pour espérer un statut supérieur, ce “Kinky Attractive Muse” en ravira plus d’un. De mieux en mieux à chaque étape, alors le troisième risque de méchamment claquer. Et alors seulement, Robert méritera son surnom et pourquoi pas traverser la manche. “Wrobeurte”, c’est comme ça que l’on dit en anglais!

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Robert Le Magnifique - “s/t 23″

s/t[Album]
23/10/2002
(Idwet/La Baleine)

Après une longue période d’acitivité débordante, c’est grâce à la découverte de l’abstract hip hop et notamment d’artistes tels que Dj Shadow ou Dj Cam, de la drum & bass de Dj Hype, de la complexité des travaux de Squarepusher et Amon Tobin ou enfin du jazz d’Erik Truffaz, que Robert Le Magnifique se lance dans une carrière solo et dans un registre musical à la croisée des chemins des artistes suscités

Si les compositions de cet album s’avère intéressantes dans leur quasi totalité, c’est bien en live que l’artiste prouve tout son talent. Encore appelé “l’homme aux six bras”, Robert Le Magnifique fait preuve d’une polyvalence insolente sur scène lui permettant de s’y adonner autant au deejaying qu’à la basse en passant par les machines

Après avoir conquis un public pour le moins surpris, notamment lors de l’édition 2000 des Transmusicales de Rennes puis lors de premières parties de Badmarsh & Shri, Pleymo, Dj Vadim ou Grandpopo Football Club, Robert Le Magnifique peut aborder sereinement le stade de ce premier album. “Pom Pom Ace” et “No Problem Guys” montrent un certain attrait pour les sonorités jazz subtilement mêlées à des beats efficaces et des samples hypnotisants. “Fresher” enchaine avec une prestation de deejaying qui sans être renversante se trouve à mille lieux du ridicule, “On This Road” est une véritable démonstration de percussions, “Rico Flam” et “At Work” flirtent avec Amon Tobin, alors que pour finir “Cheap Tv” et “Buzz In My Head” prennent une orientation un tantinet plus experimentale tout en restant accessibles aux oreilles non initiées

Au final, ce premier long format de Robert Le Magnifique s’avère convaincant même si on ressent encore une certaine jeunesse notamment à cause du mix un peu trop propre enlevant un peu de relief à la totalité de cet album. Toutefois, on adhère complètement à l’approche musicale de l’artiste que l’on continuera d’apprécier en live en attendant une prochaine production certainement avantagée par plus de maturité..

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