Reverse Engineering

Reverse Engineering

(Suisse)

(4 articles)

Reverse Engineering - “Highly Complex Machinery”

rev180Album
(Jarring Effects)
08/02/2010
Electro hip hop

Le temps passe vite, trop vite même pour Reverse Engineering qui réussissait parfaitement son décollage il y a quatre ans avec “Duck & Cover“, un premier album qui le propulsait dans la sphère courtisée des révélations electro hip hop. Depuis, un seul maxi, “DTTR” en 2007, au moment duquel quelques infos filtraient déjà sur son successeur. L’attente aura donc été longue pour que les trois aient enfin la possibilité de confirmer les dires d’une presse quasi unanime.

Lire la suite…

Reverse Engineering - “DTTR”

DTTR[Maxi]
01/10/2007
(Jarring Effects/Discograph)

La Suisse n’est heureusement pas qu’un paradis fiscal où s’en vont se réfugier nos stars françaises favorites (Johnny Hallyday, Alain Delon, Yannick Noah, Patricia Kaas…), c’est aussi une pépinière de musiciens audacieux qui ont souvent été à l’avant-garde de leur mouvement (Young Gods, Favez, Nostromo, Knut, Honey For Petzi, Stade, Houston Swing Engine…). Bizarrement, ça fait moins souvent les gros titres des journaux… Comprends pas

Après un très bon premier album sorti l’an dernier sur Jarring Effects, le trio helvète Reverse Engineering pourrait bien rejoindre le gotha susnommé. En attendant leur prochain opus annoncé au printemps 2008, le label lyonnais lâche aujourd’hui dans les bacs ce maxi vinyl de très bonne augure

Les trois hommes y retrouvent le MC Blu Rum 13 (One Self) pour un “DTTR” qui sonne comme un morceau de Kraftwerk updaté. L’intro donne le ton d’entrée de jeu: ambiance glaciale d’un monde post-apocalyptique où les machines auraient pris le pas sur les humains. On nage en pleine anticipation paranoïaque, digne de “Blade Runner” ou “Terminator”. Notez qu’on lui préfère peut-être encore davantage son “Total Horror Mix” qui mérite amplement son nom. En plus de ces deux versions (accompagnées de leur instrumental respectif), le titre “Stupid Planet” pourrait bien résumer la vision qu’a Reverse Engineering d’un monde que nous avons laissé créer. Cette rythmique martiale et ses choeurs épiques ne laissent en effet malheureusement que peu d’espoir sur l’issue de l’histoire..

On trouve aussi au tracklisting deux interludes, “Superior Weaponry I & II”, qui finissent d’octroyer à ce maxi une couleur très cinématographique (et qui devraient également offrir une jolie matière aux scratcheurs en herbe). Pas grand-chose en terme de quantité donc, mais une qualité indiscutable qui, à défaut d’envisager l’avenir à long terme avec optimisme, donne au moins envie de faire un petit saut dans le temps de quelques mois, d’autant plus qu’on nous promet M Sayyid (Antipop Consortium, Airborn Audio) au générique..

Ecoutez un extrait ici

Interview : Reverse Engineering (04-2006)

Interview : Reverse Engineering (04-2006)

Auteurs d’un très bon premier album, les suisses de Reverse Engineering nous consacre quelques minutes…

Lire la suite...

Reverse Engineering - “Duck & Cover”

Duck & Cover[Album]
13/03/2006
(Jarring Effects/Pias)

Si Jarring Effects est devenu au fil du temps la source indiscutable en matière de dub hexagonal, on savait la fine équipe débarrassée de toute oeillère. Pas étonnant donc que le catalogue s’enrichisse de formations issues d’univers différents. Reverse Engineering incarne quelque peu ce renouveau. Après deux maxis sortis en deux ans, les Suisse arrivent enfin au stade du tant attendu premier album, celui ou tous les espoirs placés en eux se doivent d’être confirmés. Car c’est surtout sur scène que le trio a jusqu’à maintenant fait ses preuves, grâce à des prestations collant parfaitement à leur musique, c’est-à-dire sombres, puissantes, froides, guerrières et poétiques, sans compter sur la vidéo, alors cerise sur le gâteau. “Duck & Cover”, s’il s’inscrit dans la suite logique des précédents formats courts, devrait donc sans mal remettre les choses à leur place et affirmer Reverse Engineering parmi les pièces maîtresses de l’electro hip hop européen

Mais rassurez vous, Jarring Effects ne lance pas dans le grand bain un énième prétendant surfant sur la vague actuelle. Non. Le trio helvète martèle les beats, plonge sa musique dans des sonorités electro indus, y colle ci ou là quelques mélodies (”Clarity”) rendant chacun des titres évolutifs, digestes, accrocheurs, efficaces mais surtout originaux. Et ce, qu’ils soient instrumentaux, chantés ou rappés puisque Blu Rum 13, Mc américain membre notamment de One Self aux côtés de Dj Vadim et Yarah Bravo, se pose sur trois des treize titres de ce “Duck & Cover”. Composés à base de laptop, de clavier, de beatbox, de scratches (G-Bart fait d’ailleurs plutôt bonne figure) et de voix, quelques-uns des titres de cet opus sont clairement impressionnants de maturité. Attardez vous par exemple sur le glacial “Brain In a Box”, “Porcinet” ou Jasmine (chanteuse désormais intégrée au groupe) rappelle parfois les intonations de Bjork, l’oppressant “This Is Not a Test”, le spatial “Soundsystem” (feat Blu Rum 13), ou le pachydermique “Attack Of The 50Ko Creatures” pour vous faire une idée de la large palette avec laquelle joue Reverse Engineering

Ne fuyez pas, vous n’avez pas encore tout entendu en matière d’abstract hip hop. Avec “Duck & Cover”, Reverse Engineering va très certainement attendrir les adeptes de Mush, Anticon et Def Jux, mais va aussi les emmener dans des sphères dans lesquelles ils ne se sont que trop rarement plongés. Ici, l’ambiance est glaciale, au point qu’il suffit de toucher ce disque pour qu’on y reste collé. Mais après tout, ce ne serait pas la première fois que la musique fasse ressortir notre côté masochiste. Quitte à prendre du plaisir, autant que ce soit à l’écoute de ce qui sera certainement un des meilleurs albums de l’année..

En écouteAttack Of The 50Ko CreaturesBrain In a Box

Achetez sur :

  • Achat sur Amazon