Album
(RCA/Polo Grounds Music)
01/11/2011
Hip hop
Lana Del Rey, James Blake, Odd Future… Autant d’artistes passés en 2011 au rouleau compresseur médiatique d’une blogosphère et de quelques médias influents, faisant et défaisant les modes au gré de leurs envies, qui se tournent maintenant vers ASAP Rocky: un jeune rappeur de Harlem agé de 23 ans, déjà auteur de quelques titres jetés en pâture dans l’arène du net, et revendiquant un style référencé, de ses vêtements à sa musique. Pour Thanksgiving, il livrait sa première mixtape.
Album
(RCA)
11/04/2011
Rock de stade qui tâche
Bien perché au plus haut sommet de notre mauvaise foi, qu’aurions-nous à reprocher aux Foo Fighters si ce n’est d’être devenu un des groupes de rock les plus connus au monde, de désormais remplir les stades en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, et d’exploiter une maîtrise quasi parfaite du marketing viral pour parvenir à ses fins? Sûrement pas grand-chose… Parce que oui, en 2011, la musique a beau faire tous les efforts pour innover, se remettre en cause, et se réinventer, le rock basique parle encore aux gens.
Album
(RCA)
22/03/2011
Rock
La genèse avouée de “Angles” vient de la volonté de tous les membres des Strokes de reprendre les armes, de s’offrir quelques moments en studio pour pouvoir juger par eux-mêmes de la solidité du groupe, de leur capacité à composer ensemble, mais surtout à communiquer. Car c’est bien ce qui semble avant tout ronger le combo new yorkais. À commencer par Casablanca qui, trop occupé par sa tournée solo, n’a pas choisi de prendre part tout de suite aux retrouvailles. Seul de son côté, il a donc enregistré son chant sur des parties instrumentales composées par ses petits camarades, au capital confiance respectif logiquement renforcé par leurs différentes expériences solo.

Le 21 mars prochain, The Strokes mettront fin à 5 ans d’absence avec la sortie de “Angles”, leur tant attendu nouvel album. En guise de mise en bouche, le groupe offre son nouveau single “Under Cover Of Darkness” au téléchargement libre
[Album]
31/03/2008
(RCA/Sony BMG)
Après avoir quitté Fat Wreck Chords et rejoint le monde des majors en 2006 pour l’album “For Blood And Empire“, Anti Flag va encore attirer les foudres de la partie la plus intégriste de son public punk. Car non seulement “The Bright Lights Of America” ne marque pas un retour au monde de l’indépendant, mais souligne un réel effort dans la production et les arrangements, une volonté fervente de laisser libre cours à ses envies, d’expérimenter, de casser sa routine. Quitte à en déstabiliser encore quelques uns qui auront pourtant toujours de quoi se raccrocher au passé. D’une par ce discours engagé qui, en cette période pré électorale, ne pouvait espérer meilleur préparation de terrain pour écorcher une nouvelle fois le pouvoir politique américain, abordé ici d’un point de vue plus personnel que théorique. De deux, parce que ce nouvel opus est une nouvelle fois blindé de brûlots punk à l’énergie débordante
En effet, les adeptes du street punk en auront encore pour leur compte. Du coup, il faudra aller chercher la seule évolution notoire dans ce souci de l’orchestration et des arrangements, dont le producteur Tony Visconti (Bowie, Morrissey…) est en partie responsable. Avec lui, le groupe s’est attardé à enrichir chacun de ses morceaux d’instruments totalement absents auparavant, soulignant encore un peu plus de ce fait le moindre break (”The Modern Rome Burning”, “We Are The Lost”). Indirectement, “The Bright Lights Of America” revêt l’habit d’une production plus léchée qui réussit cependant le difficile pari de ne pas dénaturer un son forgé le temps de cinq albums, et dont on retrouve encore quelques connivences avec Against Me (”If You Wanna Steal”, “No Warning”) ou Rancid (”The Bright Lights Of America”, “Spit In The Face”)
Reste à savoir si ces ajouts de choeurs d’enfants sur “Good And Ready”, les cuivres de “Shadow Of The Dead”, les (rares) clins d’oeil émo (”Vices”), les ambiances côte Est (”Go West”) ou même country (sur le titre caché) siéront à ces punk rockeurs qui venaient chercher chez Anti Flag un échappatoire à la superficialité du rock, le représentant idéal de leur esprit vindicatif. Car, ça ne fait pas de doute, le combo de Pittsburgh rentre ici un peu plus dans le moule, montre un visage nettement moins fougueux, plus enclin encore à s’ouvrir à un plus large auditoire. Et même s’il est encore largement reconnaissable et qu’il ne démérite pas pour autant, on ne le plaindra pas d’avoir ainsi tendu le bâton pour se faire battre
Ecoutez un extrait ici.
Achetez sur :
[Album]
24/09/2007
(RCA/Sony/BMG)
Il y a deux ans, les Foo Fighters célébraient leurs dix ans d’existence avec un double CD (dont un acoustique) intitulé “In Your Honor”. Arrivés à un stade de leur carrière que peu atteignent du fait de la difficulté pour un groupe de vivre à la fois ensemble et dans un contexte peu propice à la durée, ces quatre Américains dévoilaient ainsi un nouveau pan de leur talent, laissant comme seule interrogation ce qui allait être possible de faire de plus dans le futur. “Echoes, Silence, Patience & Grace” répond en quelque sorte à cette question: les Foo Fighters resteront les Foo Fighters, sans se dénaturer dans une recherche forcée d’originalité, et en alignant des compositions de grande qualité soulignant, à l’instar des Queens Of The Stone Age, son statut d’un des groupes de rock les plus importants de sa génération
Inutile donc d’aller chercher la lune sur ce nouvel opus. Dave Grohl et sa bande s’appliquent donc ici à pondre quelques-uns des morceaux les plus brillants de leur discographie. “The Pretender” et “Let It Die”, les deux titres de l’entame tout en puissance et en mélodies, à l’intensité variée, en font incontestablement partie. Une bonne mise en bouche qui annonce la couleur et vous donne clairement envie de prolonger le plaisir. D’autant que “Erase Replace” reprend à la perfection la recette type des Foo Fighters, que l’acoustique (”Stranger Things Have Happened”, “Come Alive”, “But Honestly”) comme une pop musclée (héritage du passé de Chris Shiflett au sein de No Use For a Name?) viennent prendre part à la fête (”Cheer Up Boys”, le tubesque “Long Road To Ruin”). Excitant mais sans véritable surprise me rétorquerez-vous à raison. Mais la surprise sera également de mise, et viendra certainement à l’écoute du bluesy/pop “Summer’s End”, de la haute voltige guitaristique de l’invitée Kaki King (l’instrumental “The Ballad Of The Beaconsfield”), et encore plus lorsque vous entendrez Dave Grohl au piano sur “Statues” et “Home” qu’on pourra ne pas apprécier, mais qui contribueront eux aussi grandement à la belle variété de ce disque
Douze ans que les Foo Fighters existent, douze ans que le groupe monte constamment en puissance et qu’il laisse à chaque album quelques-uns des titres qui inscriront son nom à l’encre indélébile sur les cahiers du rock n’roll. Oui, tout cela prend désormais des allures de machine de guerre extrêmement bien huilée, Dave Grohl s’affiche maintenant en artiste totalement accompli… Mais en prenant quelques risques (même minimum) à chaque étape discographique, le groupe avance et confirme une maîtrise et une facilité insolente à marquer les esprits tout en ne tombant pas dans la redite. Voilà pourquoi, “Echoes, Silence, Patience & Grace”, au même titre que ses prédécesseurs, est le meilleur album des Foo Fighters à ce jour
Ecoutez un extrait ici
Achetez sur :
[Album]
21/03/2006
(RCA/Import)
Des groupes punk américains, Anti Flag est dans le peloton de tête des forts en gueule. C’est un peu la mission que cette formation s’est donnée en se lançant dans un genre aujourd’hui faussé par l’appât des médias, télé ou radio. Mais qui dit politique dit intégrité. Alors quand un acteur de cette trempe décide de quitter Fat Wreck Chords pour une major d’outre Atlantique, cela fait grand bruit et la minorité intégriste s’élève, voire tourne le dos à Anti Flag. Eux s’en foutent, assument leur décision et se lancent tête en avant dans un nouvel album qu’ils veulent proposer à un auditoire agrandi. On ne tentera pas de savoir si la diffusion accrue d’un message est alors la seule motivation. Arrêtons nous plutôt sur ce “For Blood And Empire”, avec sa pochette explicite une fois ôté le fourreau orné de son étoile blanche. Devant la Maison Blanche, survolée d’une poignée d’avions de chasse, s’étend un cimetière de guerre. De là, la cible prioritaire d’Anti Flag n’est plus très difficile à deviner, tout comme le fait que ces californiens n’allaient pas se mettre aux histoires adolescentes. Ils n’ont d’ailleurs pas opté non plus pour des moyens de production superflus devenus malheureusement la marque de fabrique de tout passage de l’indé aux majors. Non, ce “For Blood And Empire” n’est que la suite logique de “The Terror Flag”, avec toujours ce punk mélodique hargneux (”I’d Tell You”, “State Funeral”, “Depleted Uranium Is a War Crime”) aux dérives parfois fédératrices proches d’Against Me (”One Trillion Dollar”, “The WTO Kills Farmers”), ska punk façon Operation Ivy ou premier album des Suicide Machines (”The Press Corpse”, “War Sucks, Let’s Party”). Au milieu de cette vague de tubes flottent les “Emigre”, “Hymn For The Dead”, et “This Is The End For You My Friend”, trois titres plus mid tempos mais toutefois fort réussis, venant aérer cet album sans lui trop lui donner d’allure formatée. Anti Flag n’a donc pas relâché la pression d’un pouce et s’impose même facilement parmi les meilleurs combos punk toutes world companies réunies. Un élément qui laisse à penser qu’ils pourraient bien revenir à l’indé dans l’avenir. Quoi qu’il en soit, major ou non, la recette est la même et ne décevra pas les plus fidèles de ses fans.
Achetez sur :