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08/10/2007
(Rawkus/Nocturne)
“Ink Is My Drink“, premier album de Panacea, sonnait il y a presque un an le grand retour de Rawkus sur la scène hip hop internationale. Depuis, le label n’a cessé de se montrer productif, souvent convaincant, désireux de remettre un peu de hip hop classique sur une table bondée de beaucoup trop de bling bling et autres superficialités. Il faut dire que le duo américain affichait de belles compétences, comme si le flair de Rawkus ne s’était pas altéré d’un poil pendant cette petite dizaine d’années d’absence. Du coup, quand “The Scenic Route” débarque, on s’attend à du lourd, à voir le niveau s’élever soudainement d’un cran
À vrai dire, une seule chose a changé depuis l’an passé: un effet de surprise bien moindre, et une forte attente quant à cette nouvelle livraison du producteur K-Murdock et du Mc Raw Poetic. Mais sur le fond, Panacea fait toujours preuve d’un (trop) grand respect pour les racines de son art, tout en l’abordant avec les oreilles grandes ouvertes, et une ouverture d’esprit sans borne. “The Scenic Route” se montre plus soft, presque plus jazzy avec une utilisation accrue de cordes et de cuivres. Une recette, certes déjà entendue, qui fait pourtant encore quelques merveilles quand elle est enrichie d’une grande variété de tempi, qu’ils soient rapides (le trip hop de “Between Earth And Sky” au sifflotement entêtant et un flow à bloc rappelant Black Thought, “One Shine”) ou plus posés (le suave “The Scenic Route” dans le genre Common, qu’on croit aussi entendre sur “Pops Said” et “Walk In The Park”). Mais c’est aussi cette musicalité chaleureuse, ces changements d’ambiance soudains (”Epiphany”), cette profondeur, et cette osmose indéniable entre les deux compères (”Flashback To Stardom”), qui feront qu’on reviendra régulièrement à Panacea, notamment lorsqu’il lui prend d’empiéter sur les territoires de la soul (”Bubble”, “Katana”) ou du jazz (”Blue Ice”, “Aim High”)
Pas de déception en vue pour qui reste à l’affût de la moindre sortie de hip hop classique et classieux. “The Scenic Route” propose toute l’homogénéité et la cohésion d’un grand disque, mais nous amène pourtant à la même conclusion que lorsqu’on écoute un Mos Def ou un Talib Kweli. Comme eux, il ne fait aucun doute que Raw Poetic est à l’aise dans ce contexte musical. Mais il manque encore cette légère prise de risque, cette petite révolution, qui feraient de lui et de son album une pièce maîtresse du genre. Aussi, et même si ces quatorze titres flattent incontestablement l’oreille, on serait en droit de se demander si le duo ne devrait pas s’octroyer un peu plus de temps entre chaque album pour aller puiser ce qu’il a de meilleur en lui. Panacea le touche seulement du doigt, mais accomplit son oeuvre avec tant de facilité qu’il est certainement capable de l’empoigner..
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01/09/2007
(Rawkus/Nocturne)
Rawkus encore et encore… Le label rayonne désormais sur tous les Etats Unis. Jusqu’au nord ouest et plus précisément Seattle qui vient, par là même occasion, renforcer sa place d’outsider sur la carte du rap avec Blue Scholars, duo composé du Mc Geologic et du producteur Sabzi. Déjà auteur d’un premier album, puis du maxi “The Long March”, le duo fait sa véritable entrée médiatique avec “Bayani”, un disque dans la pure tradition des A Tribe Called Quest, Digable Planets, Gangstarr et Pete Rock & CL Smooth
Un brin poète, un flow qui se laisse apprécier pour sa facilité de compréhension, des mélodies aussi chaleureuses qu’accrocheuses, quelques scratches bien sentis, Blue Scholars ne va donc pas chercher midi à quatorze heures, ne se prétend pas révolutionnaire, mais étale avec délicatesse un hip hop classique qui aurait (trop?) tendance à vous caresser dans le sens du poil (”Opening Salvo”, “North By Northwest”). Voilà certainement son seul défaut qu’il faut peut-être aller chercher dans le background très différent des deux acteurs: le premier a écumé les battles et s’est fait un nom au sein du microcosme spoken word, l’autre officiait derrière la batterie d’un groupe de ska-punk quand il ne se présentait pas en pianiste jazz confirmé
Toujours est-il que “Bayani” se démarque de la masse insipide des productions hip hop. Si, musicalement surtout, il apparaît comme facile tout au long de ces quinze titres, Sabzi ne cesse de servir au mieux les lyrics du fin narrateur Geologic respirant la matière grise, y compris lorsqu’il s’engage avec beaucoup de finesse sur un terrain politique aussi miné que stéréotypé. Ainsi, le Mc met sur le tapis des sujets aussi lourds que la guerre en Irak (”Back Home”), le commerce international du point du vue occidental (”50 Thousand Deep”), ou l’immigration (”Xenophobia”). Mais n’allez pourtant pas enterrer trop vite ce cher producteur qui, même s’il abuse parfois du synthé (”Loyalty”), fait aussi preuve de son talent en sachant parfois s’effacer au profit de son acolyte. Cela ne l’empêche d’ailleurs pas de s’offrir quelques coups de génie qui propulsent autant de titres parmi les plus réussis de la jeune carrière de Blue Scholars. Parmi ceux-là, des “Second Chapter” et “50 Thousand Deep” de velours, “Still Got Love” et ses sons tout droit puisés dans les jeux vidéos des 90’s, le plus affirmé “Fire For The People” et le très jazzy “Morning Of America”
“Bayani” est donc un de ces albums hip hop à ne pas juger à l’emporte-pièce, l’impression rébarbative due à une ambiance générale très downtempo laissant très vite la place à l’enthousiasme à chaque écoute répétée. Plus encore, il touche par une modestie apparente qui s’avère finalement être une belle preuve d’intelligence et de savoir faire. Blue Scholars redore le hip hop, le rend plus musical, et s’inscrit hors du temps par la même occasion. Ne soyez donc pas surpris si vous lisez ailleurs que dans nos lignes que ce “Bayani” n’en vaut pas la peine. Que ceux qui clament ce genre d’âneries retournent vite à leur 50 Cent..
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10/07/2007
(Rawkus/Nocturne)
The Procussions sont quelque peu écorchés depuis le départ de Rez, ayant décidé de prendre des distances avec le hip hop. Le temps de se faire à l’idée que le groupe ne sera plus qu’un duo, Mr.J.Medeiros s’est lancé dans un projet d’album solo qui, par la grande qualité démontrée par le groupe le temps de deux disques, ne pouvait pas laisser indifférent. Incontestablement, notre homme prouve tout au long de cette grosse quinzaine de titres (dont quelques bonus), qu’il n’est pas étranger à la réputation galopante des Procussions. Car “Of Gods And Girls”, comme quelques autres ces derniers mois, réinstalle solidement Rawkus parmi les sources influentes du hip hop classique contemporain
Particulièrement appliqué dans son écriture où il alterne légèreté et sujets beaucoup plus graves (prostitution infantile sur “Constance” par exemple), empreint de spiritualité et de conscience, adepte d’une vraie diversité dans son flow même si le Mc n’est pas le plus technique que le hip hop ait connu, Medeiros parvient sans mal à capter notre attention grâce à une attention toute particulière à ne pas tomber dans le registre d’un hip hop/soul/jazzy parfois redondant
En cela, quelques invités de marque lui portent main-forte: 20Syl (Hocus Pocus) lui rend la pareille après avoir accueilli The Procussions sur son “73 Touches” et lâche quelques productions par la même occasion (”Half a Dream”, et les très respectables “Amélie” et “Apathy”). Également, Joe Beats (”King Of Rock Bottom” et “Constance Remix” aux beats appuyés comme il a su si bien le faire pour Sage Francis), Stro (”Strangers”, “Money”, “Honest Man’s Hustle”, “Keep Face Remix”), Illmind (”Change”), Headnodle des Crown City Rockers (”Her Wings”), et Ohmega Watts (”Silent Earth Remix”) viennent compléter le talent de Medeiros qui s’est aussi chargé avec brio et diversité de la partie musicale de son album (”Silent Earth”, “Constance”, “Keep Pace”, “Call You”)
Du côté des Mcs maintenant, la liste n’est pas affolante au point de dénaturer l’oeuvre de Mr.J.Medeiros, mais assez qualitative pour susciter un minimum d’intérêt. Outre 20Syl apportant sa touche francophone (”Amélie”), Rez refait finalement une ultime apparition (”Change”), entouré de Strange Fruit (”Change”), Pigeon John (”Money”) et du moins connu Marty James de One Block Radius (”Half a Dream”)
Assez proche de la démarche de son groupe, Mr.J.Medeiros cible pourtant ici un public beaucoup plus hip hop. S’il y perd peut-être en originalité, ce nouvel album va certainement permettre au Mc d’asseoir encore un peu plus sa crédibilité grandissante. “Of Gods And Girls” n’est clairement pas l’album de l’année, mais se situe encore bien au-dessus du lot pour qu’on puisse se permettre de passer outre..
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21/05/2007
(Rawkus/Nocturne)
Producteur canadien d’origine italienne, Marco Polo s’est très vite fait un nom dans le monde du hip hop, remarqué notamment pour ses productions pour Masta Ace, Sadat X, et un premier album instrumental de très bonne facture. Sorti sur Rawkus, ce premier “véritable” opus s’inscrit dans une volonté de rajeunissement du label américain, désormais à la recherche de son “aura” d’antan. En effet, Rawkus, label phare des années 90, cherche des successeurs aux Company Flow, et autres innombrables artistes qu’il a lancés, les High&Mighty, Pharoahe Monch, Eminem, etc., tous présents sur les compils “Soundbombing” qui auront marqué leur époque
Présentant lui-même cet opus comme une ode au “Soul Survivor” de Pete Rock, Marco Polo nous propose une sélection de ses meilleures productions, sur lesquelles il est accompagné de la crème des Mc U.S, dont quelques légendes qu’on apprécie de retrouver toujours au top. C’est en effet une cure de jouvence de réécouter un Large Professor sur “The Radar”, titre taillé sur mesure, ou Kool G.Rap avec Dv Alias Khryst sur “Hood Tales”, un des morceaux les plus intéressants, sombre sans être trop lourd, à l’ambiance moite. Et que dire de “Marquee” avec un OC plus en forme que jamais, sur une version très “D.I.T.C”: une combinaison de samples et un beat efficace, dans la veine du hip hop new yorkais des 90’s
Afin de nous prouver les multiples facettes de son talent, Marco Polo varie parfaitement les styles. Et quand il invite Sadat X, AG et Juju des Beatnuts, c’est sur une production très actuelle, par son sample de chant et un beat épuré mais qui fleure bon les retrouvailles d’anciens, toujours présents. Malgré un son généralement très new-yorkais, il opère un changement de côte quand vient le tour d’Ed O.G pour un titre très G-Funk avec un sample qui dira quelque chose aux plus vieux d’entre-nous. On pourrait disséquer cet opus longtemps tellement sa richesse semble dense. Reste qu’on s’en voudrait de ne pas signaler que Masta Ace, Copywrite, Kev Brown, Buckshot, Supastition et tant d’autres figurent au générique de cette superproduction made in Rawkus
En pariant sur Marco Polo, efficace et authentique, le label américain semble avoir fait le bon choix. Celui-ci renoue avec un style très proche de celui qu’il soutenait dans le milieu des années 90, période prolifique pour le rap en général. Le producteur canadien réussit donc l’alchimie d’un son très East Coast de l’époque, et des inspiration plus contemporaines, peut-être plus complexes
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13/11/2006
(Rawkus/Nocturne)
Il a quelques mois, “As Iron Sharpens Iron”, le précédent opus de The Procussions, annonçait l’ascension fulgurante d’un groupe qui réussissait enfin à s’extirper du simple cercle d’initiés. Un fait qui se confirme aujourd’hui, puisque ce combo originaire du Colorado rejoint les rangs du ressuscité Rawkus pour la sortie de ce “5 Sparrows For 2 Cents” qui va définitivement l’installer dans le décor indélébile de la scène hip hop indépendante américaine. Entendez par là, celle plus respectueuse de Mos Def, Common et Talib Kweli, que de The Game, Eminem, ou 50 Cent dont le meilleur est désormais derrière eux
Car quand on se plonge dans l’univers de The Procussions, c’est le groove et l’énergie qui dominent, grâce à une grande complémentarité de ses trois membres et surtout au talent de producteur de Stro, qui se charge une nouvelle fois de la production quand il ne se permet pas, en plus, d’y jouer de quelques instruments. Pour tout dire, sans lui, The Procussions ne seraient pas ce qu’ils sont, c’est-à-dire un groupe de hip hop généreux en diversité, qui a cette fois légèrement délaissé ses couleurs jazzies au profit d’une approche plus rock. Mais tout cela reste trop réducteur car, ici, tout y passe, et avec une aisance déconcertante: du rap classique de haute facture (”Shabach”) sortant même parfois des sentiers battus (”Anybody”, “Carousel”), aux influences ragga (”Fight Here”), en passant par le rock (”Vader March”, “Rain Dance” sur lequel Stro passe derrière les fûts) ou la soul (”I’ll Fly” feat Tara Ellis), tout en n’omettant jamais de faire parler son énergie (”The Storm”) et son groove grâce, notamment, à des lignes de basse efficaces (”Simple Song”, “Miss January” feat Talib Kweli, “Little People”)
Hormis un talent incontestable, une seule certitude demeure une fois l’écoute de ce nouvel album achevé: The Procussions, bourrés de message mais ne tombant jamais dans le sermon, sont fermement décidés à marquer les esprits. Pour cela, Medeiros, Rez et Stro ne s’accordent aucune concession visant à élargir considérablement son public.C’est clair, il vous faudra faire l’effort d’aller vers eux, car ce ne sont pas Skyrock ou MTV qui vous les apporteront sur un plateau: une démarche bien connue mais rarement respectée qui, si vous y tenez, karscherisera votre estime pour le hip hop classique que vous pensiez à jamais foutu, condamné aux formatages. Pour une fois, vous n’aurez pas à ressortir vos vieux disques pour vous accorder une petite salve de frissons. Incontournable
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06/11/2006
(Rawkus/Nocturne)
“Ink Is My Drink” est une potion à double effet: il est le premier album d’un duo dont on n’a pas fini de parler, et marque la résurrection de l’incontournable label Rawkus qui, durant les années 90, avait révélé au grand public quelques-uns des acteurs majeurs de la scène actuelle (Mos Def, Talib Kweli, Company Flow, Eminem…). Après quelques années de silence dues à d’obscurs deals de maisons de disque ayant mis la structure en péril, auxquels il faut sûrement ajouter quelques incohérences de gestion, Rawkus semble ne pas avoir perdu de son flair de dénicheur de jeunes talents en allant chercher Panacea (mot grec signifiant “remède anti tout”) et ce premier album qui semble faire le trait d’union entre ces deux générations. Comme si le temps s’était arrêté. Pourtant, “Ink Is My Drink” n’est en rien un opus has been car, on le sait, le bon hip hop classique ne prend pas de ride et peut même parfois se révéler intemporel
Avant de se rencontrer, K Murdock, producteur, laissait son inspiration s’imprégner de l’esprit des jeux vidéos (”Final Fantasy” notamment) et louait ses services à quelques artistes de la scène RnB jusqu’à ce qu’il exprime le désir de travailler avec un Mc. Il ne lui fallut que très peu de temps pour trouver celui qui se glisserait facilement dans ses productions: Raw Poetic aiguise ses rimes depuis l’âge de quatorze ans et a développé une signature vocale assez personnelle, ainsi qu’un talent d’écriture assez affiné pour s’extirper du lot. Non contents de cette parfaite alchimie qui fait que l’on compare déjà Panacea à Gangstarr, A Tribe Called Quest, ou Pete Rock & CL Smooth, les deux compères s’entourent de musiciens du groupe RPM avec lesquel Raw Poetic avait déjà travaillé auparavant
Tous les éléments sont donc réunis pour faire de ce “Ink Is My Drink” un album d’une grande qualité, capable de soutenir le poids d’une première référence d’un Rawkus apparemment bel et bien remis sur de bons rails. À travers cette douzaine de titres, on pense à Outkast et plus régulièrement à The Roots, le flow de Raw Poetic se rapprochant souvent de celui de Black Thought, notamment sur les titres les plus énergiques comme le très bon et introductif “Trip Of The Century”. Mais on ne pense aussi à rien d’autre qu’à Panacea quand la joyeuse troupe balance des morceaux soulful au groove imparable (”Steel Kites” et ses loops de flûte, “Coulda Woulda Shoulda”), comme une signature musicale qui laisse penser que le duo est parti pour durer
Mais la richesse de cet album n’est pas uniquement musicale car Raw Poetic n’est pas du genre à avoir la langue dans sa poche. S’il s’étend sur des sujets aussi récurrents que l’amour et la vie (néanmoins toujours plus authentiques que ce que peuvent nous balancer les radios adeptes d’artistes plus préoccupés par la luxure, la violence et les filles faciles), il n’en oublie pas pour autant d’égratigner le pouvoir en place: “Burning Bush”, derrière sa guitare électrique du plus bel effet, est sans conteste le texte le plus engagé de l’album. En définitive, “Ink Is My Drink” offre ni plus ni moins ce que l’on attendait de la part de Rawkus: un disque intelligent, d’une qualité incontestable, et peut être intemporel. La parole est désormais au temps..
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19/11/2002
(Rawkus/Universal)
Alors que son compère de toujours Mos Def se fait sérieusement attendre, Talib Kweli ne chôme pas et s’est attelé à ce successeur du récent Reflection Eternal. Rawkus ne semblant pas dans une bonne voie, nous étions inquiets sur le rendu de cette nouvelle production ne sachant même pas si elle allait voir le jour. Intitulé “Quality”, l’artiste semble sûr de son coup..
Tout commence comme lors de son précédent opus sur une intro “mandelienne” ou Dave Chappelle récite les droits civiques sur un air des plus solennels. Ce “Quality” débute donc vraiment sur un très bon “Rush” sur lequel apparaît XZibit dans une version très rock, appuyée par des guitares électriques et un beat bien appuyé, ou le flow de Talib Kweli, reconnaissable entre mille, nous remémore les bons moments passés à l’écouter. “Get By” offre une version plus musicale ou le chant se fait plus soul comme souvent sur ce nouveau long format, “Shock Body” propose une version faisant irrémédiablement penser aux ambiances de super héros et “Gun Music” bénéficie de la contribution de Cocoa Brovaz. Bilal amène ensuite ses sonorités soul sur “Waitin’ For The Dj” (comme sur “Talk To You”) à la version pourtant tranchante sur laquelle Talib Kweli laisse éclater tout son talent de Mc. Vient alors le moment tant attendu puisque “Joy” réunit les deux membres de Blackstar. Ces deux flows très personnels se complètent toujours à merveille et promettent encore de belles sonorités puisqu’on parle toujours d’un deuxième album du duo. On reste dans le qualitatif avec “Guerrilla Monsoon Rap” ou Kweli est accompagné de Black Thought (The Roots) et Pharoahe Monch sur une version prenante et lancinante sur laquelle les trois Mcs s’allient à merveille. “Put It In The Air” auquel contribue Dj Quick est sûrement un des tubes de cet album puisque sa version transpire la bonne humeur même si les intrusions de claviers peuvent parfois paraître lourdes à l’écoute. Nous passerons ensuite rapidement sur la fin de ce “Quality” ou seuls “Where Do We Go” et “Stand To The Side” semblent sortir du lot grâce à des versions différentes du reste et des ambiances contribuant énormément à la qualité des morceaux
Au final, un album qu’il est évidemment très agréable d’écouter. La qualité des versions et les invités de marque aidant, ce “Quality” reste une belle représentation du hip hop d’aujourd’hui même s’il n’arrive pas au niveau des productions précédentes de l’artiste. Talib Kweli faisant désormais partie des Mcs accomplis, il nous propose une quinzaine de morceaux auxquels on s’attendait. Et cela, c’est un peu dommage pour un artiste de cette trempe..
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01/01/2001
(Rawkus/Import)
J’entends d’ici les médisants dire: “Pour une fois que Rawkus sort un bon skeud!”. Mais cet album n’est pas l’oeuvre de ce gros label indépendant américain mais bel et bien celle de deux excellents artistes qui nous prouvent une fois de plus leur immense talent. Même les moins bilingues d’entre nous saisiront à la volée des phrasés de Talib Kweli (rappelez-vous “Blackstar”) et DJ Hi-Tek (un des compositeurs les plus en vue actuellement et depuis longtemps), dignes d’être considérés par les plus frileux de nos contemporains comme de la poésie. Ce train de la pensée est composé de 21 wagons bien accrochés les uns aux autres, et fait partie de ceux que l’on regarde et écoute à tous leurs passages. Sont embarqués à bord, Rah Digga, Res, Xzibit, Kool G Rap, Les Nubians,… Un wagon bar (”Down For The Court”), un wagon couchette (”Good Morning”), la locomotive: Reflection Eternal. Indispensable!!!
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01/01/1999
(Rawkus/Import)
C’est seulement au bout de plusieurs écoutes qu’on commence à apprécier le premier album du fameux Mos Def. Assez difficile d’accès, le son est particulier (voire froid) et les morceaux assez bordéliques. En persistant, on comprend le sens dans lequel Mos Def a voulu aller et c’est bon… En plus de rapper, il chante et joue (basse, percus…); le tout est musical, doux et agréable. Black On Both Sides est à l’image des dernières sorties Rawkus: un bon ensemble mais qui se démarque assez peu du lot. Soyons patients, ca va revenir!
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