(4 articles)

Plantlife - “Time Traveller”

Time Traveller[Album]
21/04/2008
(Rapster/Pias)

Nous n’étions pas les seuls à nous être laissés envoûter par le groove de Plantlife en 2004. Pour preuve, la liste impressionnante d’artistes (de Alicia Keys à Britney Spears, en passant par Jamie Foxx, John Legend, et Missy Elliott…) ayant fait appel à Jack Splash, chanteur et leader charismatique du groupe, ces trois dernières années. Il faut dire que ce “Return Of Jack Splash” avait sérieusement fait vaciller nos certitudes, convaincues qu’il était impossible de rivaliser avec le Funk de jadis. Mais si James Brown a ouvert la voie, que le p-funk des années 80 a su continuer l’oeuvre, on est, plus d’un an et demi après la mort du Godfather, heureux de voir qu’il y a encore de l’espoir de garnir à nouveau les dancefloors avec autre chose que de la tecktonik

Fidèle à son humour solide, et armé d’un sens de la mise en scène toujours aussi délirant, Jack nous explique immédiatement avec le “Time Traveller” qui donne son nom à l’album qu’il “faisait Rocker toute la planète avec Afrika Bam, assurait les arrières de Melle Mel et était habitué à porter ces grands costumes avec les Talking Heads”. Et son manège continue quand, paré de son second degré, il revendique aussi la paternité de Jimi Hendrix, Dre, Snoop, et bien d’autres. Si cette narration plutôt saugrenue peut laisser de marbre, elle est moins innocente qu’il n’y paraît. Car l’air de rien, il cite là toutes les influences qui vont habiller de façon magistrale cet opus

Comme toute production revendiquant une influence “funk west coast”, on passera sur les quelques ballades un peu légères (”Sun Shines Through Your Love”, “Your Love”, “What A World(babygirl)”, “Got 2 Find A Better Way”), bien que remarquablement composées pour certaines, pour s’attarder sur ce qui va mettre le feu dans quelques clubs, à condition d’y trouver le public adéquat. Autant vous le dire tout de suite: si vous ne vous sentez pas d’accointances avec Bootsy Collins, George Clinton, ou l’électro funk en général, inutile d’aller plus loin. Et même si des influences plus modernes y sont insérées à l’instar des “Don’t Go Around Looking For A Broken Heart”, “Take It Off”, “Agirlikeudeservesamanwhothreatsuhowulike” qui mélangent une ambiance 80 passée à la sauce Timbaland, seuls les amateurs du genre y trouveront leur compte

Moins électro mais toujours aussi groovy, “Sumthin About Her” et “Rollerskate Jam” ajoutent une ambiance un peu plus “Disco”, loin de l’image que semble pourtant s’en faire Franck Dubosc. Car si Travolta et les Bee Gees étaient à ce style ce que le PSG est à la Champions League, Plantlife l’amène au firmament par un sens musical affûté. Une petite escapade plus psyché est même proposée avec “Outta Contol” (qui pourrait figurer au générique du prochain Austin Powers) tandis que “Lovetoy”, indéfinissable, amène une chaleur supplémentaire avec un texte des plus explicites. Enfin, “Tear The House Down” achèvera les derniers doutes, et ne manquera pas de convaincre tous les clubs, de LA à Miami, qui le joueront sans doute sans discontinuer. Pour une fois, tous les b boys, des plus gangsta aux plus soulful, tomberont d’accord, devant l’impossibilité de ne pas succomber aux démons de la danse

La concurrence est prévenue, Plantlife s’inscrit comme les réinventeurs du genre. Même si quelques titres trop sirupeux figurent au tracklisting (après tout, “Off The Wall” n’en contient t-il pas lui aussi?), difficile de ne pas reconnaître le talent avec lequel les influences du passé ont été digérées et remodelées pour nous offrir le meilleur de l’électro funk de ces cinq dernières années. Ceux qui en douteraient n’ont certainement plus souvenir de la dernière piste de danse qu’ils ont foulé, laissant les autres frissonner de plaisir sans discontinuer.

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Guru - “The Mixtape - Back To The Future”

The Mixtape - Back To The Future[Album]
04/02/2008
(Rapster/BBE)

Sur la pente savonneuse depuis maintenant quelques temps, Guru n’est plus vraiment de ces artistes piliers de la scène hip hop qu’on attend avec la plus grande impatience. Encore moins depuis son récent quatrième volume de la série Jazzmatazz qui piochait dans plusieurs couleurs musicales, et qui affichait une liste d’invités appelant à la méfiance. Comment donc se laisser envahir par des frissons d’excitation quand, peu de temps après, le new yorkais revient squatter les bacs de disque avec une mixtape cousue par son producteur Solar, censée rendre hommage au Golden Age, une préoccupation décidemment dans l’air du temps

Et cela, même si seulement deux titres de l’album sont repris ici (le remarqué “State Of Clarity” avec Common remixé par Solar, et “Stand Up” avec Damian Marley en version reggae mix), que beaucoup sont de courte durée, sauvant l’auditeur d’un ennui prévisible. Pourtant, Guru nous apprendra à ne pas trop vite partir en besogne, quelques morceaux de ce disque valant clairement qu’on s’y attarde, au point de nous faire presque regretter qu’ils ne durent pas plus longtemps. Comme quoi… C’est notamment le cas sur le “Knowledge” d’ouverture ou le duo, épaulé par Lord Tariq, balance un hip hop énergique teinté de funk; sur “So What It Do Now? (feat Aceyalone)” qui fera larmoyer les nostalgiques de Jurassic5, ou sur les langoureux “Feed The Hungry” (remixé par Solar) et “For Ya Mind (feat ZionI)”. Sauf que cela ne fait que cinq titres sur les vingt proposés ici, trop peu donc pour en faire son disque de chevet, malgré la palanquée d’artistes qui se sera démenée pour qu’il en soit autrement (Tony Touch, Medinah, Mr Lif, ou Blue Scholars pour ne pas tous les citer)

Avançant beaucoup trop en dents de scie, cette mixtape laisse malheureusement la même impression que les derniers albums du Mc des légendaires Gangstarr, finalement trop souvent dans la répétition. Du coup, on écoute ce disque comme on écouterait passer les trains, notre attention à peine captée quand arrive un titre réussi, auquel on finissait par ne même plus espérer. Pour les fans de longue date, toujours sur le qui-vive, pour qui le bonhomme est un Dieu vivant. Que les autres retournent à leur paroisse la conscience tranquille..

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Discovered - “Daft Punk Samples”

Daft Punk Samples[Album]
12/11/2007
(Rapster/Pias)

Il fait bon, actuellement et commercialement parlant, de tourner autour de Daft Punk. Notamment depuis que la jeune génération, digne héritière du duo et logiquement qualifiée de renouveau de la french touch, lui déroule le tapis rouge. À tel point qu’en y regardant de plus près, tout cela prend des allures de scénario bien écrit à l’avance: un Justice crié sur tous les toits auquel l’affiliation semble bien servir, vite suivi d’un retour médiatique des Daft en plusieurs étapes (Bercy complet en juin, live à sortir en novembre, et pourquoi pas un nouvel album l’an prochain?). Ajoutez à cela un homme que ces deux groupes ont en commun (Pedro Winter, boss de EdBanger et manager de DP), et le marché du disque perd tout de suite un peu de sa spontanéité magique

Et, qu’est ce qui aurait pu mieux servir à Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem Christo que le sempiternel “c’est du Daft Punk”quand on en vient à parler de ces nouveaux artistes émergents (Justice, Boys Noize, Digitalism…)? Car la presse s’est assez ruée sur la recette musicale de ces deux Français internationalement reconnus pour s’arrêter là. Alors pourquoi pas s’attaquer maintenant aux ingrédients

C’est ce que fait “Discovered”, une compilation des titres ayant donné naissance aux samples les plus connus des Daft. On y reconnaîtra un flair marketing certain du label Rapster. Reste que le tracklisting proposé ici est loin de faire rêver quand on ne l’écoute pas en faisant constamment le parallèle avec la discographie du duo. En effet, hormis le “Release The Beast” de Breakwater (sample de “Robot Rock”), difficile de s’extasier sur cette disco eighties, qu’elle soit signée George Duke, Edwin Birdsong, Cerrone, Chaka Khan, ou Sister Sledge, à moins d’être resté totalement scotché et nostalgique à la période

Pire encore que ce pauvre appel du pied à un public house mainstream, “Discovered” laisse surtout l’impression que Daft Punk ne s’est finalement pas toujours foulé pour pondre ses plus grands tubes. On ne retiendra donc de ce disque que son côté instructif, et son premier titre, le seul à valoir vraiment le détour une fois extirpé de son contexte. Dommage.

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Pete Rock - “Underground Classic”

Underground Classic[45_T]
03/10/2006
(Rapster/Pias)

Si vous avez découvert le hip hop avant l’arrivée de Booba, Diam’s ou Sinik dans les bacs des supermarchés, il y a de fortes chances que pour que vous ayez déjà croisé le nom de Pete Rock sur des disques essentiels de hip hop ricain… Car le monsieur est une légende old school de la production East Coast, au même titre que Dj Premier (Gangstarr, etc.) ou RZA (Wu Tang Clan, etc.). Comme ses confrères, Pete Rock est même un véritable spécialiste du sample soul jazzy, dégotté chez des illustres inconnus au talent souvent inversement proportionnel à la notoriété..

Notre homme a vécu le mouvement hip hop de l’intérieur, depuis ses premières émissions de radio aux côtés de Marley Marl à la fin des 80’s jusqu’à ses récentes productions pour Ghostface Killah ou Masta Killa. Ses remixes étant sans doute encore plus courus (Public Enemy, House Of Pain, The Notorious BIG, Jeru The Damaja…) que ses productions (Nas, Run DMC, Das EFX), ça vous donne une idée de la qualité du travail du bonhomme..

Les raretés de celui que ses fans surnomment The Soul Brother ou Chocolate Boy Wonder font depuis des années grimper les enchères des sites de ventes de particulier à particulier. Cet “Underground Classics”, compilé par Amir (du duo de Dj’s Kon & Amir), devrait en conséquence soulager le portefeuille des collectionneurs..

Qu’ils soient sous son propre nom, sous celui du duo qu’il formait avec le rappeur CL Smooth, ou pour les autres (The UN, Edo G, ou INI, dont l’album était resté sur les étagères poussiéreuses d’une maison de disque peu conciliante …), les tracks de ce disque faisaient jusqu’ici tous l’objet d’un culte underground. Et c’est vrai que certains morceaux sont de pures merveilles (l’excellente intro “Give It To Ya’ll”, “Grown Man Sport”, “Boston”, “Ain’t No Thang”…) qui rappellent combien un beat massif et un sample bien choisi suffisent à faire bouger toutes les têtes en rythme. On aurait presque tendance à l’oublier après toutes ces années à se compliquer la vie avec Anticon, Mush ou Lex..

C’est donc une réelle cure de jouvence que nous offre le label Rapster. On confesse même que ce disque nous a donné l’envie pressante de reposer quelques classiques East Coast sur notre platine pour une petite session “Putain, c’était mieux avant ou ça vient de moi?!”. Et comme pour mieux semer le doute dans nos esprits, les cuivres sur “Back On The Block” sont les mêmes que ceux de “Qui Payera Les Dégâts” du Suprême NTM..

Mais même si une bonne dose de old school ne fait jamais de mal par les temps qui courent, on vous concède sans problème que cet “Underground Classic” intéressera plus sûrement les nostalgiques inconsolables de la grande époque du rap US (grosso modo de 88 à 96). Que ceux qui n’ont pas un seul album de cette période dans leur discothèque passent leur chemin (et qu’ils croulent sous le poids de la honte à jamais!)

Si vous n’avez découvert le hip hop qu’avec l’arrivée de Booba, Diam’s ou Sinik dans les bacs des supermarchés, l’écoute prolongée de ce disque est en revanche plus que vivement conseillée!!

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Keb Darge & RZA - “Kings Of Funk”

Kings Of Funk[Album]
07/03/2005
(Rapster BBE/Pias)

Après un premier volume des “Kings Of…” consacré au disco, BBE revient cette fois avec une sélection funk mijotée aux petits oignons par Keb Darge (habitué des soirée “Northern Soul” du Wigan Casino, et à la base des compilations “Deep Funk” et “Funk Spectrum”) et RZA (membre du Wu Tang Clan, et compositeur de bandes originales de film)

Autant vous dire que ces deux musiciens savent de quoi ils parlent. Ainsi, chacun leur tour, ils investissent les platines. RZA, de son côté, enfile les titres de Ken Boothe (”It’s Because I’m Black”), Sly & The Family Stone (”Small Talk”), Bobby Humphries (”Jasper Country Man”), Harlem Underground (”Ain’t No Sunshine”), Booker T & Mgs (”Melting Pot”), Lyn Collins (”Do Your Thing”), Honey Cone (”If I Can’t Fly”) et Anne Peebles (”You’ve Got The Papers”)

Enfin, pour la dernière ligne droite, Keb Darge opte plutôt pour Sharon Jones (”Genuine”), Quantic (”Don’t Joke With a Hungry Man”), MFSB (”Family Affair 1973″), Brand New (”Party Time”), Mighty Generation (”The MG Beat”), Zebra (”Simple Song”), Madcliff (”You Can Make The Change”) et Skying High (”Getting Off On Your Loving”)

Comme toute sélection digne de ce nom et faite avant tout de goûts personnels, difficile à la fin de ce disque d’affirmer haut et fort avoir tout apprécié. Chacun y apporterait sa petite note, mais en attendant les bons moments sont ici récurrents. On attend donc désormais un prochain volume axé hip hop et pris en main par Dj Premier et Mr Thing.

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