(France)
[EP]
01/10/2007
(Discordance/Import)
Ra ne serait-il finalement pas ce voyageur au sac à dos bien rempli figurant sur chacune des couvertures de ce guide de voyage référence? En effet, personne n’a jamais su ce que pouvait exactement contenir le bagage de cet homme capable de se poser n’importe ou, n’importe quand, et pour qui les frontières ne sont qu’un lointain souvenir de cours de géographie. Car à chacune de ses apparitions discographiques, Ra se voit affublé d’un nouveau label, qu’il soit Canadien, Américain, Français ou Anglais. C’est d’ailleurs outre Manche que Discordance, séduit par l’electro atypique régulièrement dévoilée par le Parisien, a jeté son dévolu sur ce nouveau maxi. Et rien ne semble venir le perturber, tant Raoul Sinier (dans le civil) fait preuve d’une constance amenant pratiquement à se procurer la moindre de ses productions les yeux fermés. En quatre titres, ce “Two Heads” ne déroge pas à la règle: arrangements bruitistes, cisaillements rythmiques, mélodies efficaces et force de frappe phénoménale viennent survoler chacun des morceaux, parmi lesquels on retiendra notamment un “Mirred Creeds” envoûtant par sa somme de détails, et l’ambiance empirique d’un “Warm Halls” plus minimaliste et retenu. Mais, à peine le temps de digérer ce “Two Heads” que Ra a déjà refait son sac pour, dans peu de temps, proposer un nouvel Ep (”Huge Samurai Radish”) chez Ad Noiseam. Rendez vous à la prochaine étape..
En écouteMired Creeds (extrait)Warm Halls (extrait)
[Maxi]
14/05/2007
(Planet Mu/La Baleine)
Ca fait un bail que ce maxi aurait dû tourner sur nos platines, “Ev.Panic” étant un extrait du premier album du Parisien, “Raoul Loves You“, sorti en 2004 sur le label Coredump Records. Seulement voilà, Jay Jedlicka, le boss du label, a récemment trouvé la mort et tous les projets qu’il avait en tête ont donc été mis en suspend. C’est donc par le biais de Planet Mu que “Ev.Panic Redone” voit enfin le jour, et dont tous les bénéfices iront à la famille du défunt. Au menu, l’original du morceau, dans le registre electro hip hop tranchant et métallique, faussement bordélique et légèrement déstructuré auquel nous sommes désormais habitué de la part de Ra. Suivent une poignée de remixes, dont celui de dDamage (qu’on a connu cependant plus convaincant), un autre beaucoup plus réussi de Venetian Snares décidemment hors du temps, un troisième estampillé Ev.Terror Edit beaucoup plus extrême que l’original bien que dans la même veine, et un dernier signé Mu-Ziq, plus tranquille, parfait pour clore cette demi-heure de cisaillage de tympan, mais pas non plus le plus mémorable du lot. Entre temps se glissent deux titres apparemment inédits (aucune trace du passé les concernant): “Le Cimetière Des Eléphants” dont le titre ne laisse aucun doute sur l’ambiance funèbre et le poids du beat, et “Mother Slug” une nouvelle fois bien tordu et particulièrement réussi. Un nouveau maxi que les adeptes de Ra devront sans aucun doute se procurer, même si on a connu le Parisien plus mordant. Les autres pourront toujours le faire pour la bonne cause, après s’être penchés en priorité sur ses deux albums… À noter qu’une version vinyle, plus courte cependant, est aussi disponible
En écouteEv.Panic (extrait)Le Cimetière Des Eléphants (extrait)Ev.Panic (Venetian Snares remix) (extrait)
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[Album]
27/01/2007
(Sublight/Toolbox)
“Raoul Loves You”, c’est ce que Raoul Sinier, aka Ra, clamait au moment de la sortie de son premier album. Comme s’il avait besoin de créer une réciproque que ce disque allait de toute façon nous offrir. On le connaissait pour ses illustrations (pochettes, clips…), il offrait cette fois la possibilité à un plus grand nombre de pénétrer dans son univers musical. “Présentes moi tes amis, je te dirais qui tu es”, un ordre qui n’a jamais autant fait ses preuves qu’avec ce Parisien, si proche de dDamage qu’il en navigue sur les mêmes eaux. À l’instar des frères Hanak, Ra se complet dans le bruit, est pris régulièrement de spasmes destructeurs, qui le font taper sur son ordinateur jusqu’à ce qu’il saigne et accouche de titres electro hip hop, comme s’il traînait sadiquement sa musique sur votre tympan telle une fourchette sur une assiette en porcelaine. L’addiction en plus, “un mal pour un bien” comme le dit le dicton. Alors depuis 2004, il fallait fouiller dans les moindres recoins pour s’offrir sa dose, jusqu’à ce qu’arrive ce deuxième album, à sortir chez Sublight Records (Richard Devine, Venetian Snares…), et bien décidé à nous habiter
Durant plus de deux ans, son obsession n’a pas dévié d’un sillon, et Ra s’est appliqué à aiguiser sa personnalité musicale, à la fois plus cinglante encore, toujours si délicieusement mélodique, et sombre au possible. Comme si le plus triste de Boards Of Canada se faisait violemment maltraité par un de ces petits génies un peu barrés de la production électronique. Sur ce “Wxfdswxc2, l’electro et le hip hop tentent comme ils peuvent de frayer un chemin à la pop, en élaguant à coups de sabre, guitares archi saturées, glitchés, et synthés possédés. Et bien malin celui qui s’y aventurera sans s’y faire piéger. Car, un peu plus loin, caché derrière un amas de caillasses, Ra l’attend, couché, l’oeil dans le viseur, prêt à lancer quelques-unes des plus belles batailles d’une guerre contre le formatage et la facilité. Non pas que ce disque soit difficilement audible, loin de là, plutôt que son univers n’est pas aussi accueillant que sa musique est dangereusement addictive
En cela, le punk et noise “Wxfdswc”, à l’intensité galopante, n’est pas des plus faciles et plante immédiatement le décor d’un intérieur obscur. Pourtant, chez Ra, on s’y sent plutôt bien. Et quand le bonhomme balance le beat autoroute et décidé de “Wonderful Bastard” rythmant de longues nappes mélancoliques, dévoilent les moindres détails de son talent sur l’assassin “Gray Fox”, on serait presque à se poser sur le canap’ et demander un café. Par politesse, on se retiendra, et c’est les jambes tremblantes et la tension déjà au maximum qu’on se délectera sous les feux de “Dr Murkewerkdichliebe”, aussi tordu dans son entame et sur la fin qu’il est excellemment accrocheur en son milieu. Décidemment ce Ra a beaucoup de talent, notamment celui assez rare de ne jamais être prévisible. On se garderait bien, par exemple, d’avoir senti venir quelques belles notes de piano après une telle déferlante bruitiste sur “Platinium Dust”. Les surprises vaudront aussi pour “The K-Man Says” et “Bad Ray Ebb”, avant que ce disque ne se clôture aux antipodes, enchaînant la touchante mélancolie de “Breeders Club” avec le pachydermique et final “Brushed Metal Sexdream”
Beaucoup croient avoir tout entendu du mélange musique électronique et hip hop. “Wxfdswxc2″, et son malin plaisir de faire sonner le moindre détail à la juste cause d’un univers si particulier, pourrait bien leur faire revoir leur jugement. Car à l’instar de dDamage, en moins brut de décoffrage, Ra ne néglige rien, assortit sa musique à sa patte graphique, rendant le tout d’une cohérence bluffante. Les 500 premiers possesseurs de ce disque en sauront quelque chose. Eux, qui se verront offrir avec ce deuxième album, un DVD compilant quelques clips, lives, et court métrages nés de coups de crayons si atypiques qu’ils en sont devenus une signature. Raoul n’est pas comme vous et nous, mais Ra nous aime toujours. Indiscutablement
En écouteGray Fox (extrait)Dr Murkewerkdichliebe (extrait)Breeders Club (extrait)A voirDVD trailer
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[Album]
01/09/2004
(Coredump/Chica Chic)
Si Ra, alias Raoul Sinier, vient tout juste de sortir son premier album sur le label américain Coredump Records (Venetian Snares, Proem ou Cursor Miner), il est plutôt connu pour ses talents d’illustrateurs que vous avez peut être pu apprécier sur les pochettes du maxi TTC/dDamage, de l’album “Radio Ape” de dDamage ou dans les pages de Wired. Et le moins que l’on puisse dire est que sa patte graphique illustre à merveille sa musique, elle même à mi chemin entre réalité et fiction et baignée dans des ambiances assez sombres
A la manière de dDamage, Ra distille une electro aux influences hip hop, marquée par un traitement de son très brut. En effet, ici la saturation est de mise, tout comme les beats détruits, les samples bruitistes, et les multiples contributions sonores appuyant la personnalité musicale du parisien sans jamais la rendre inaccessible par une approche mélodique impeccable et savamment dosée (”You’ll Be @#!“, “Fée“) ainsi que par quelques notes d’humour adéquates (”Petit Gilet“, “The Dentist“). Si cet exercice peut parfois se révéler périlleux car souvent rébarbatif, Ra s’en sort à merveille et sait assez varier les plaisirs pour éviter à son auditeur d’actionner le compte à rebours de sa platine CD. Ici, l’expérimentation n’est pas bourrative et rappelle parfois les incisions dont nous arrose parfois Amon Tobin (”Ev.Panic“) tout comme les textures très métalliques si chères à El P (”Love To Fall Apparts“, “mmt“)
Ra n’est pas encore le nom que l’on donne à un petit Dieu. Mais cela pourrait bien venir. “Raoul Loves You” est un premier album époustouflant de créativité et de maturité. Parions que dans un futur proche, Sieur Sinier saura sans aucun doute poser son empreinte sur la scène électronique française. Pas de mal lorsqu’on manie le sampler comme le pinceau..
Album disponible sur le site de Chica Chic
Ils viennent chacun de sortir leur premier album teinté electro hip hop dans un délire expérimental. Ils sont comme cul et chemise ou copains comme cochon. Ils se posent des questions…