Psykick Lyrikah

Psykick Lyrikah

(France)

(7 articles)

Psykick Lyrikah - “Derrière Moi”

psy1801Album
(Idwet)
06/04/2011
Hip hop à neurones

Pour chacun de ses albums, Psykick Lyrikah a usé de tous les recours, de toutes ses connexions pour ne jamais avoir à regarder en arrière, pour toujours tenter de nouvelles choses. Ainsi, les cordes toujours bien empoignées, Arm n’a cessé de les tirer selon ses envies et ses besoins, toujours habité qu’il fut par la ferme volonté de se remettre en question, certainement en danger aussi. Pour cela, il lui est arrivé de partager le chant (”Les Courants Forts” avec Iris l’an passé), de confier la production aux uns puis aux autres (Robert Le Magnifique et Mr Teddybear jusqu’en 2004, Olivier Mellano en 2007), pour finir par tout prendre en charge lui-même pour un “Vu D’ici” (2008) seulement enrichi des lignes de basse du premier, de guitare du second.

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Iris / Arm - “Les Courants Forts”

arm180Album
(LZO)
06/11/2010
Hip hop Goncourt

Iris, Arm. Derrière ces deux noms se cachent deux personnages méconnus mais, chacun de leur côté, très actifs dans l’underground hip hop français. Le premier se fait rare mais remarqué chaque fois qu’il offre une apparition depuis “Ciel Ether” en 2003. Le second, en revanche, alimente régulièrement l’actualité musicale, principalement avec son projet Psykick Lyrikah, déjà auteur de trois albums atypiques et particulièrement salués par la critique. Aussi complémentaires que leur deux pseudonymes le laissent entendre, ces deux belles plumes accouchent ensemble d’un premier long format, celui qu’attendaient tous ceux qui avaient déjà pu entendre le duo à l’oeuvre, au hasard de rencontres discographiques.

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Psykick Lyrikah - “Vu d’Ici”

Vu d'Ici[Album]
07/05/2008
(Idwet/La Baleine)

La scène musicale bretonne est comme une grande famille ou chacun vient mettre son nez dans les affaires des autres, avec comme seul but de les faire gagner en qualité et en originalité. Les exemples pour illustrer cet état d’esprit particulier étant nombreux, on se limitera donc à l’entourage de Psykick Lyrikah, cette entité hip hop française qui n’a cessé, depuis son apparition en 2001, d’affirmer sa personnalité au gré de ses rencontres

C’est d’abord Robert Le Magnifique qui, en 2003, inscrit le projet dans la veine electro/hip hop en vogue à l’époque, avant qu’Olivier Mellano vienne poser in extremis ses guitares sur le premier album “Des Lumières Sous La Pluie“. Là, le cercle s’agrandit, Psykick Lyrikah n’est déjà plus un groupe de rap ordinaire, le bonhomme côtoyant la fine fleur bretonne, de Tiersen à Miossec, en passant par Sloy et Dominique A. L’association Arm/Mellano fait mouche, et s’illustre magnifiquement sur “Acte“, parenthèse imprévue et soumise par Dominique Brusson (ingénieur du son de Dominique A…) qui donnera naissance au premier véritable album de rap français avec les guitares comme seules versions, à l’heure où l’on veut nous faire croire que Grand Corps Malade pourrait bien changer à jamais la face d’une scène française en mal de repères, et perdue dans ses méandres hardcore

C’est donc à peine remis de cet ovni, et alors que le Grand Mou tente un deuxième jackpot, que les Rennais accouchent finalement de leur deuxième véritable album, dont les parallèles avec le tout récent “Oh Yeah Baby” de Robert Le Magnifique sont évidents, famille oblige. Notamment en termes de collaborations puisque Laetitia Sheriff (”Une Etoile”), Iris (”Comptez Les Heures”), comme évidemment Olivier Mellano et Thomas Polli apparaissent autant chez Psykick Lyrikah que sur le dernier solo du producteur breton

Et preuve supplémentaire de l’adage “les amis de mes amis sont mes amis”, plus que jamais d’actualité du côté de Rennes, même l’atypique et surprenant Dominique A vient participer à ce nouvel album pour “Un Point Dans La Foule” minimal, titre et collaboration improbable si Psykick Lyrikah n’avaient pas autant cultivé leur différence depuis leurs débuts. Celle accentuée encore un peu plus par l’affirmation de Mellano dans les compositions (”De Plein Fouet”), mais aussi par l’investissement de Arm, à la guitare notamment (la jolie ballade “Ne Regarde Pas”, le soulful “Toutes Lumières Eteintes”, la berceuse “L’Aube, Enfin”), au chapitre musical de ce nouvel album

Ce décor planté, c’est sans surprise qu’on découvre ici l’oeuvre la plus aboutie de cette formation extensible. “Vu d’Ici”, bien que cohérent, étale, tel un catalogue, toutes les influences et les possibilités offertes par ces mélanges artistiques internes. Ainsi, au-delà de quelques titres placés dans la continuité des travaux précédents (”Vu d’Ici”, “Comptez Les Heures”), on retiendra surtout le groove lent de “Le Premier Soir” amené par la basse de Robert Le Magnifique, la douceur habitée de “Une Etoile”, les relents post rock de “L’Eclair”, voire même quelques expérimentations lorgnant vers le cinématographique (”Nulle Part”, “Anonyme”, “Le Chant d’Une Nuit”) poussant l’oeuvre encore un peu plus loin qu’on ne l’imaginait. L’oeuvre, le mot est lâché. Car avec un tel degré de perfection, de personnalité, de complémentarité entre textes et musiques, Psykick Lyrikah n’a toujours aujourd’hui aucun équivalent sur une scène française qui, pendant ce temps et sans même s’en apercevoir, continue d’entretenir des clichés qui l’empêchent d’avancer

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Interview : Psykick Lyrikah (06-2007)

Interview : Psykick Lyrikah (06-2007)

Le dernier “Acte” de Psykick Lyrikah a une nouvelle fois prouvé que le hip hop pouvait être différent. Difficile donc de ne pas succomber à l’envie d’en parler avec Arm, leader du groupe…

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Psykick Lyrikah - “Acte”

Acte[Album]
02/05/2007
(Idwet/La Baleine)

Non, on ne tombera pas cette fois dans un état des lieux du hip hop français, d’une parce que vous le connaissez comme nous, de deux parce que Psykick Lyrikah va bien plus loin que ce à quoi le genre nous a habitué jusque-là. Un album et un live auront suffi à Arm et Mr Teddybear pour se démarquer du lot, par une approche musicale jouissant à l’époque d’une belle longueur d’avance, et par une qualité de plume comme il y en a trop peu par chez nous. Pour trouver un équivalent à celle-ci, c’est bien simple, il faut s’aventurer en dehors de la sphère hip hop, dans d’autres genres. Les comparaisons peuvent ainsi pleuvoir, on s’abstiendra pourtant de les énumérer, par peur d’écorcher les plus nostalgiques de la chanson comme du rock français qui, comme nous, se demandent encore pourquoi certains de leurs textes ne font pas l’objet de décortication en règle de la part de l’éducation nationale

Revenons à nos moutons même si, vous l’avez compris, ces Bretons sont plutôt du genre à tenir le bâton. Comme un aparté de sa discographie, Psykick Lyrikah voit avec ce “Acte” le producteur Mr Teddybear remplacé par le très talentueux Olivier Mellano (déjà présent sur quelques titres du premier album et lors de quelques concerts), seul auteur de la partie musicale de cet opus née de sa six cordes. Du jamais vu, ou seulement entre aperçu avec La Rumeur qui collaborait récemment sur un titre avec Serge Tayssot Gay. Le duo va donc plus loin, se dispense de toute programmation et de scratches, préfère un tapis de rock, de blues et de pop pour laisser Arm y allonger ses rimes inspirées et impeccablement posées

L’exercice était loin d’être évident, risquant quelques longueurs et une certaine monotonie dans laquelle Psykick Lyrikah est, à quelques reprises, à deux doigts de tomber, se rattrapant toujours à temps par quelques pirouettes bien senties, et un refus de la facilité qui aurait ramené ce “Acte” au simple rang d’album concept, ou pire d’une oeuvre assimilée au mouvement slam devenu quelque peu dégradant tant il englobe désormais un peu tout et n’importe quoi. Répétons le tant qu’on peut, cet album enregistré en seulement trois jours avec l’aide de Dominique Brusson (ingénieur du son de Dominique A) va bien plus loin que cela

Mellano imprègne sa patte mélancolique sur la majorité du disque, et accentue cette ambiance sombre déjà bien amenée par les textes de Arm. Les deux sont alors complémentaires à souhait, comme sur ce “Près d’Une Vie” ouvrant l’album, n’attendant pas plus longtemps pour étaler la richesse de l’oeuvre, ou le Mc semble constamment hésiter entre chant et flow, dans une ambiance que n’aurait certainement pas renié un pilier de la scène bordelaise. On se dit alors que Psykick Lyrikah a jeté sa meilleure carte, qu’une suite aussi passionnante relèverait du miracle. Si “L’Aurore” et “Un Félin Près Du Maitre” sont du même acabit, on ne vous cachera pas qu’il faudra quelques écoutes pour être définitivement persuadé du contraire, pour se laisser séduire par ce hip hop dont on adorera se délecter des textes (présents dans le livret), et qui actionnera inconsciemment nos cervicales sur un jeu de guitares superposées, qu’elles soient blues (”Histoires”, “Les Grands Vides”), rock (”La Poursuite”), minimales (”Rétines Larges”, “Patience”) ou légèrement expérimentales (”Quand Tout s’Arrêtera”). Un “Acte” d’une entière liberté artistique. N’allez pas chercher plus loin, le hip hop n’a finalement pas encore livré tous ses secrets..

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Psykick Lyrikah - “Des Lumières Sous La Pluie”

Des Lumières Sous La Pluie[Album]
20/10/2004
(Idwet/La Baleine)

Cela fait un moment déjà que le nom de Psykick Lyrikah tourne au sein de la scène hip hop française underground. Les rennais avaient bien essayé de nous faire patienter avec un mini album live il y a quelques mois, mais c’est bien ce premier album officiel que l’on attendait pour se faire un avis définitif sur ces éventuels outsiders, peut être même capables de détrôner quelques artistes de la trempe de La Caution ou James Delleck. Composé par Arm, Mr Teddybear et Robert Le Magnifique, “Des Lumières Sous La Pluie” contient son pesant de vérité..

… et confirme plutôt tout le bien que l’on pouvait penser du style sombre et personnel du trio, qui clame haut et fort ne pas proposer autre chose que du hip hop. Qu’il ne leur en déplaise, nous on affiliera Psykick Lyrikah sous la bannière du hip hop électro. Car quand on fait partie de cette “génération Abstrackt Keal Agram” d’ailleurs présent sur le disque, que l’on adopte des ambiances si sombres enveloppant des textes toujours très personnels et souvent tragiques, on peut difficilement le nier. Seule différence par rapport à la clique TTC, Arm et ses potes ne s’adonnent pas à la science fiction stéréotypée, ne se lance pas dans des délires surréalistes mais préfère avant tout la réalité du terrain, celle du monde dans lequel on vit, avec ses travers et ses incohérences. Là est le côté purement hip hop du groupe: dénoncer sans détour et sans tomber dans le rap sans intérêt. Psykick Lyrikah parle pour faire avancer les choses, tient à toucher son auditeur en adoptant des ambiances à chaque fois adéquates et variées (aidées entre autre par les apparitions du guitariste Olivier Mellano), permettant même à ce premier véritable album d’avoir un intérêt équitablement musical et textuel

La marque de fabrique d’un premier opus mature et plutôt réussi. Et s’il est plutôt obligatoire de ne pas être dépressif avant de se lancer dans ces onze titres, qu’il est bon d’entendre des artistes dire des choses censées, qui nous touchent, tout en adoptant des mots simples et un phrasé audible. La richesse de l’electro mêlée au pouvoir du hip hop. Sans confettis, ni cotillons. Du hip hop de rue qui sait de quoi il parle. Rare.

Psykick Lyrikah - “Live”

Live[Album]
01/01/2004
(Idwet/Autoproduit)

Cet intervenant hip hop plutôt efficace sur les albums d’Abstrackt Keal Agram ou Robert Le Magnifique ce sera bien fait attendre. Arm, mc du groupe, laisse enfin échapper quelques morceaux de son crew Psykick Lyrikah mais seulement en live, car le premier album très attendu, et annoncé depuis maintenant belle lurette, ne verra le jour qu’à la rentrée

Pyskick Lyrikah, c’est un peu le hip hop underground novateur français, peut être sous son meilleur visage (”Salle 101″). La Caution, TTC et toute sa clique auront ouvert la voie et façonné les oreilles d’un auditoire, désormais prêt à ingurgiter une nouvelle orientation contemporaine de la musique urbaine. Car le hip hop des rennais est accessible tout en flirtant avec l’electro et autres influences ayant déjà confirmé le savoir faire musical canadien par exemple (”Les Masques Tombent”). A la différence de ses collègues suscités, Arm pose un flow qui, même si souvent ressemblant, reste très compréhensible. Ainsi, il nous fait partager avec plaisir des écrits bien tournés et souvent descriptifs, relatant autant les faits divers (”8 Minutes”, déjà présent sur un volume de “Maximum Boycott”) que son regard social sur notre société (”Ceux Qu’Ils Ne Voient Pas”)

Psykick Lyrikah possède les mots et se veut déjà particulièrement ancré musicalement. Le trio nous pond donc huit titres (dont une intro et un interlude) très prometteurs qui ne méritent plus désormais qu’ils soient efficacement interprétés en live. Car aujourd’hui, c’est bien là que le bas blesse. Un hip hop si prometteur ne peut se satisfaire d’un simple récital de chambre…surtout quand, en face, on attend tout le contraire…