Powell

Powell

(France)

(7 articles)

Yr Letter Festival, un évènement pour un hommage

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En avril dernier, Matt Showman - fondateur du label Yr Letter - nous quittait à l’aube de ses 33 ans, succombant à une longue maladie. C’est à la suite de son enterrement que ses amis ont décidé d’organiser un évènement hommage à la hauteur de toute la passion et l’énergie qu’il a mis dans la musique. L’idée du Yr Letter Festival était née.

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Memoria - A Tribute To The Alternative 90s

memo1801Album
(Yr Letter)
26/10/2009
Punk - hardcore - Indie rock

Le jeune label Yr Letter est plutôt du genre à préférer la qualité à la quantité. C’est en tous les cas ce qui ressort de son maigre catalogue qui, à chacune des sorties, n’a pas manqué de susciter l’intérêt. D’où l’enthousiasme qui s’est emparé de nous quand, il y a déjà quelques mois, il annonçait travailler sur un projet de tribute à cette scène alternative des années 90 qui a bercé l’adolescence de pas mal d’entre nous, quand elle ne nous a pas plus directement influencé. Lire la suite…

Interview : Powell (09-2007)

Interview : Powell (09-2007)

Des lustres qu’on vante les mérites de ces Manceaux imperturbables… Un talent enfin récompensé avec un premier album qui confirme autant qu’il est porteur d’espoir… Rencontre!

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Powell - “Silent Clashes”

Silent Clashes[Album]
07/09/2007
(Yr Letter/Season Of Mist)

Tracer sa route… C’est ce que fait Powell depuis qu’il a vu le jour il y a maintenant un peu plus de trois ans. Et, à y regarder de plus près, on ne pourra pas dire que les manceaux ont chômé ou se sont reposés sur leurs lauriers, et cela même si leur tout premier disque récoltait déjà des critiques très positives de la part de la presse spécialisée française. Non, plutôt que de jouer la redite, Powell s’est cherché, a affiné son style, n’a pas hésité à prendre des risques, voire même à changer légèrement d’orientation sans pour autant se compromettre. Et il s’est passé comme un déclic, celui qui interviendra au même moment que le split courageusement édité par Yr Letter avec d’autres fleurons hexagonaux (Clumsy, Atomic Garden et Down To Earth). Là, on a découvert un Powell ragaillardi par le chapitre le plus pop de son existence (”Hundred Miles And Caffeine“), désormais prêt à creuser l’exercice de composition pour y gagner en personnalité, et capable de pondre des titres aussi inspirés que “Amnesia In America” (présent sur un des deux bonus vidéo de ce disque)

Il était donc logique et légitime que Powell passe au cran supérieur, celui du premier album qui n’a cessé d’être souhaité et attendu à en lire les chroniques de leurs précédentes productions. Et cela n’est pas allé sans un coup de pouce du destin, ce “Silent Clashes” bénéficiant d’une distribution nationale, un avantage non négligeable que d’autres homologues plus expérimentés ne possèdent malheureusement pas encore. Et inconsciemment peut être, Powell justifie cela en propulsant dans les bacs des disquaires bien informés son disque le plus mature à ce jour. Car le groupe a pleinement digéré ses influences, ne renie rien du passé et, au contraire, a su tirer parti des erreurs comme des réussites d’antan, puisant dans la complexité des titres de “November Landscape“, dans les mélodies de “Hundred Miles And Caffeine”, et l’intensité du split, tout en y ajoutant quelques prises de risque du plus bel effet

C’est en tous les cas ce que laisse penser “Room 65″, généreux, tendu et gueulard se permettant un break dance rock, autant héritage de longues écoutes de Q And Not U que clin d’oeil aux grosses machines rock commerciales de ces dernières années (visez plutôt l’Angleterre…). “Bad Loser” pose ensuite le deuxième parpaing de ce mur du son (qui ne s’achèvera qu’à la dernière note de “The Man Who’d Never Cried”), alternant couplets indie et refrains toute gorge déployée, avant que “One By One”, plus posé, ne vienne calmer le jeu armé de belles mélodies et d’une belle complémentarité des deux chants, autre point sur lequel le combo semble avoir incontestablement travaillé. C’est d’ailleurs celle-ci qui donne ce statut de tube à “The End Of Me”, imparable, vibrant, accrocheur et ponctué de riffs pyrotechniques bien plus marquant à l’écoute que sur le papier. Autre richesse, cette capacité qu’a Powell à alterner les ambiances, à oxygéner certains titres par des choeurs et breaks bien amenés, ou en passant de déluges saturés à d’autres moments plus épurés (”Sideways”, “Foolishness”), preuves indéniables d’une maturité bien acquise

Powell passe donc l’étape du premier album avec brio, non sans quelques bénignes imperfections, et fait admirablement le pont entre la scène rock indépendante américaine des 90’s (Karaté, Fugazi, Engine Down…), la noise française du siècle dernier (Sleeppers, Portobello Bones, Condense…), et l’émo hexagonal d’aujourd’hui (Tang…). Du coup, Powell ne se voit adresser qu’un seul reproche de notre part: celui d’un tracklisting trop court à notre goût. Voilà qui ne laisse aucun doute sur l’enthousiasme que peut procurer ce “Silent Clashes”. De quoi faire un appel du pied à ce que les manceaux possèdent encore indéniablement sous la semelle..

Ecoutez un extrait iciAlbum disponible ici

Clumsy/A.Garden Powell/DTE - “Split”

Split[Album]
01/12/2005
(Yr Letter/Autoproduit)

La conjoncture aidant, les initiatives de la scène indépendante française se font malheureusement de plus en plus rares. En effet, si la série “Emo Glam Connection” a fait parler d’elle il y a quelque temps déjà en regroupant quelques talents du rock hexagonal, peu de sorties de ce genre ont vu le jour depuis. Et pour cause, rien aide désormais les jeunes groupes français à s’émanciper et se faire connaitre. C’est donc avec une passion inaltérable et un zeste de folie que le tout jeune label parisien Yr Letter s’est jeté dans le projet de ce split regroupant quatre formations encore relativement méconnues: Clumsy, Atomic Garden, Powell et Down To Earth en sont donc les heureux élus. Couillu, certes, mais d’intérêt public

C’est Clumsy, splitté depuis, qui ouvre les hostilités dans un genre évidemment très proche de leur récent album. Quatre titres légèrement moins bien produits et à mi-chemin entre Second Rate et Samiam (leur référence de toujours) ou les mélodies fusent dans un contexte rock n’roll qui ne laisse pas indifférent. Si “Riot Inside” et “We Don’t Need Hope” rappellent fortement la référence pop punk américaine, “Wild Dog” et “Parts Of Me” rendront nostalgiques les éternels partisans des regrettés bisontins. Dans un registre très similaire, Atomic Garden, avec également quatre morceaux dans le canon, semblent aussi avoir été très marqué par Second Rate. C’est flagrant sur “Dancing On Wallstreet”, encore plus sur “Gemini”, mais les clermontois ont nettement évolué en faisant preuve de plus d’assurance, notamment dans le chant, chose que l’on espérait plus à l’écoute de leurs précédentes apparitions discographiques

C’est ensuite que le split opère un virage à 90°. L’émo français devenu classique, mais toujours efficace, laisse la place à deux formations sortant des sentiers battus et pour qui évolution ne rime pas forcément avec répétition. Powell laisse ainsi entrevoir un nouveau visage après un récent maxi très orienté pop punk. Et c’est une évidence à l’écoute de “Temper”, mais surtout de “Amnesia In America”, un des titres phares de ce disque, ou le groupe semble avoir pleinement trouvé sa voie: mélodies sous-jacentes, ambiance tendue, et énergie contenue ne vous aideront certainement pas à voir la vie en rose, mais souffleront comme un vent de fraîcheur vivifiant. De bonne facture toutefois, “My Living Space Is My Memory” sonne comme un laissé pour compte de leur dernier maxi, et “Angel On Earth”, lui, trahirait presque un très léger manque d’inspiration avec l’excuse pourtant d’être le témoin d’une nouvelle orientation musicale à venir. C’est donc à Down To Earth que revient le difficile exercice de clôture. Et pour le coup, l’expression “le meilleur pour la fin” n’a jamais autant pris toute sa signification. On avait laissé le combo sur un album mi figue mi-raisin, aux relents parfois trop métal, sans s’attendre, quelques mois plus tard, à se prendre dans la tronche cinq titres rondement menés au point de placer le groupe parmi les grands espoirs français. Toujours très technique, Down To Earth ne tombe pas dans la facilité, s’avère furieusement efficace (”End All”), accrocheur (”Blosssom”) malgré un chant trop en retrait, laissant échapper, ci ou là, quelques traces d’admiration pour At The Drive In (”Emerger”). Qui s’en plaindra

Tout est dit. Yr Letter semble avoir eu le nez fin en dégotant là trois groupes au devenir certain, Clumsy étant désormais recalé au rang des regrettés. Si le programme de ce split n’est pas aussi “vendeur” que certains de ses prédécesseurs, il en reste tout aussi intéressant. Voir plus, puisqu’ici la place est laissée à la découverte. Une initiative pleinement réussie qui, on l’espère du plus profond de nous-mêmes, donnera envie à d’autres de s’y mettre. L’activité et la survie de notre petite scène française passeront assurément par là. Amen

Ecoutez un titre de chaque groupe iciSplit album disponible pour 10 euros port compris ici (rubrique “contact”)

Powell - “Hundred Miles And Caffeine”

Hundred Miles And Caffeine[Maxi]
01/01/2005
(Autoproduit/Autoproduit)

Combien d’espoirs de la scène rock indépendante se sont brûlés les ailes ou se sont éteints prématurément à force de vouloir faire les choses trop vite? C’est tout ce qu’on craignait pour Powell qui, après un premier maxi “November Landscape” l’an passé, promettait véritablement de belles choses. Rassurez vous, rien n’a changé, les manceaux sont toujours actifs et reviennent même avec six nouveaux titres composant “Hundred Miles And Caffeine”. Le groupe avance, se laisse mûrir et aller à ses diverses influences. Leur premier disque alignait des titres assez noisy et sans concession. Celui ci laisse apparaître des influences plus pop et plus mélodiques servies par une production bien supérieure

Car on ne découvre pas en six titres un groupe aux influences rock assez larges. Qu’on ne s’y trompe pas. Powell n’est pas un énième groupe de rock mélodique ni le nouveau “branle quéquette” d’une scène dont la tendance est plutôt à reluquer ses pompes. Le groupe laisse parler ses émotions, n’a pas la prétention d’accoucher de titres tirés par les cheveux. Mélodique ou non, les manceaux font dans la simplicité, piochent la bonne mélodie, enchaînent les plans avec une fluidité insolente mais surtout exploitent la moindre richesse interne. Ainsi, la rythmique est compacte, les guitares complémentaires, tout comme le chant puisque trois des membres élèvent la voix

Que Powell laisse éclater sa rage ou la contienne, la tension est palpable à chaque morceau. Cela s’entend justement sur “Tension”, ouverture en grande pompe sur une suite quasi irréprochable. On retiendra l’efficacité de “Pylon” (surtout sur le refrain) la sensibilité qui se dégage de “20 reasons 1 Day” (aux breaks cependant un peu abrupts), le tubesque “Rachel” (à écouter jusqu’au bout) mais surtout “New Day” qui fera pâlir le plus assidu de Samiam. Seul petit regret, le (trop?) long et trop contrasté “About This Picture” qui, intéressant qu’à sa moitié, aurait mérité une plus grande richesse instrumentale

Pas de quoi nous refroidir cependant. Powell aurait pu tomber dans la facilité et reproduire un second maxi identique au premier. Non, le quatuor, en formation sereine car homogène, dévoile là son deuxième visage et affiche ses prétentions qui devraient logiquement aboutir sur un premier album complet et renversant. On en rêve déjà..

Ecoutez un extrait sur Pure Volume

Powell - “November Landscape”

November Landscape[Démo]
01/12/2003
(Autoproduit/Autoproduit)

Formé depuis septembre 2003 seulement, Powell, groupe manceau présenté comme simple “récréation” pour chacun de ses membres, accouche déjà d’une démo six titres plutôt encourageante. Citant comme influences Fugazi, Engine Down ou Quicksand, c’est aussi du côté des français de Portobello Bones ou de Sexypop qu’il faut aller chercher quelques ressemblances

“November Landscape” transpire donc une maturité certaine acquise par le biais d’expériences musicales diverses et contrastées. Powell enchaîne les plans simples mais parvient à surprendre l’auditeur par quelques rebondissements bien pensés. “Vietnamese Dream”, qui laisse apparaître une dualité du chant à exploiter un peu plus, nous rappelle le Dead Pop Club des débuts (en plus intense), tout comme “November Landscape” qui vire soudainement en arpèges “musesques” sur sa fin. Mais c’est plutôt à partir de “Trap Man” que le quatuor laisse éclater son talent et une vision de la musique plutôt conceptuelle qu’intéressée. Entendez par là, plutôt fouillée que tubesque. En effet, le chant mi chanté mi parlé, les refrains cartons et cette ambiance mélancolique nous laisseraient penser à une nouvelle production lyonnaise, comme “Car Crash” ne dénoterait pas dans un set de Bananas At The Audience. “November Landscape” se termine sur “Tuesday” et “The End Of The Rainfall”, dans un genre plus accessible, mais tous deux dotés d’un feeling qui fait mouche comme le prouve le monstrueux chorus de ce dernier titre

N’exagérons pas quand même, Powell n’est pas la grosse surprise de l’année et doit passer quelques révisions pour se rapprocher de la perfection. Mais à écouter ces six titres (en boucle), variés et homogènes, on se demande ce qu’attendent les manceaux pour faire de ce projet un job à plein temps. Car si Le Mans, plutôt habituée récemment à voir éclore des “groupes de lycée”, a toujours été plus ou moins productif en matière de rock n’roll, jamais elle ne s’était montrée si musicalement novatrice depuis Fight Da Suckas. Un groupe à ne pas perdre de vue. A bon entendeur

Contact Powell: powellmail@voila.fr