(USA)
[Album]
26/02/2008
(Nature Sounds/Import)
Par soucis de concision, on évitera ici de retracer l’itinéraire exemplaire de Pete Rock, précurseur et précepteur de bientôt quarante ans dont la carrière prend forme avec C.L. Smooth au début des 90’s. Rappelons simplement à ceux qui l’ignorent que Peter Phillips, à l’égal de Marley Marl et Dj Premier, a depuis longtemps acquis ses lettres de noblesse à force d’oeuvrer à la construction du “son new-yorkais”, caractérisé entre autres par le sampling de disques soul, avec un sens de l’humilité propre aux beatmakers de la Grosse Pomme. Maniant également le micro de temps à autre, il célébre aujourd’hui les dix ans de sa première tentative solo (”Soul survivor”) avec la sortie de ce “NY’s Finest” qui, comme son nom l’indique, fait la part belle aux valeurs sûres de la ville qui ne dort jamais
Bien entouré d’un bout à l’autre de ces quinze titres, Pete Rock étale son savoir-faire pour s’adapter tantôt à la nonchalance de Jim Jones (”We Roll”), tantôt aux rafales textuelles de l’auto-proclamé “sauveur du Hip-Hop” (”Comprehend” feat. Papoose), le tout sans s’éloigner d’une marque de fabrique rodée par le temps, alternance de samples funk/jazz réhaussés d’une ligne de basse omniprésente, ni s’interdire des incursions plus inhabituelles comme le reggae de Chip Fu & Rene sur “Ready Fe War”. Dans un registre laid-back qu’il affectionne, Pete Rock récite tranquillement sa leçon et laisse aux mc’s plus ou moins inspirés le soin de se démarquer. Mais entre les bonnes performances de Royal Flush et Little Brother (”Questions”, “Bring Y’all Back”), la présence anecdotique de Raekwon et Masta Killa (”The PJ’s”), l’instru assommante signée Green Lantern (”Don’t Be Mad”) et le featuring sirupeux avec Rell (”That’s What I Am Talking About”), on peine à s’y retrouver et l’on s’étonnerait presque de voir Pete Rock signer le meilleur couplet de l’album (”‘Till I Retire”)
A l’heure où beaucoup parlent du faible intérêt et même du déclin de la scène New-Yorkaise, on peut regretter de voir qu’un producteur de la trempe de P.R. mette encore son talent au service d’instrus soul/jazz dont il a fait le tour, et à la disposition d’artistes déjà lancés. Exception faite de Papoose, si en 2008 le “NY’s Finest” se résume à Redman, Masta Killa, The LOX et consorts, c’est qu’effectivement la question de l’avenir se pose plus que jamais. Avec la sortie de ce quatrième album solo tourné vers le passé, certains pourraient bien reprocher à Pete Rock de céder à la facilité à défaut de se renouveler. Et rien ne dit qu’ils aient tort
Ecoutez un extrait ici.
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[45_T]
03/10/2006
(Rapster/Pias)
Si vous avez découvert le hip hop avant l’arrivée de Booba, Diam’s ou Sinik dans les bacs des supermarchés, il y a de fortes chances que pour que vous ayez déjà croisé le nom de Pete Rock sur des disques essentiels de hip hop ricain… Car le monsieur est une légende old school de la production East Coast, au même titre que Dj Premier (Gangstarr, etc.) ou RZA (Wu Tang Clan, etc.). Comme ses confrères, Pete Rock est même un véritable spécialiste du sample soul jazzy, dégotté chez des illustres inconnus au talent souvent inversement proportionnel à la notoriété..
Notre homme a vécu le mouvement hip hop de l’intérieur, depuis ses premières émissions de radio aux côtés de Marley Marl à la fin des 80’s jusqu’à ses récentes productions pour Ghostface Killah ou Masta Killa. Ses remixes étant sans doute encore plus courus (Public Enemy, House Of Pain, The Notorious BIG, Jeru The Damaja…) que ses productions (Nas, Run DMC, Das EFX), ça vous donne une idée de la qualité du travail du bonhomme..
Les raretés de celui que ses fans surnomment The Soul Brother ou Chocolate Boy Wonder font depuis des années grimper les enchères des sites de ventes de particulier à particulier. Cet “Underground Classics”, compilé par Amir (du duo de Dj’s Kon & Amir), devrait en conséquence soulager le portefeuille des collectionneurs..
Qu’ils soient sous son propre nom, sous celui du duo qu’il formait avec le rappeur CL Smooth, ou pour les autres (The UN, Edo G, ou INI, dont l’album était resté sur les étagères poussiéreuses d’une maison de disque peu conciliante …), les tracks de ce disque faisaient jusqu’ici tous l’objet d’un culte underground. Et c’est vrai que certains morceaux sont de pures merveilles (l’excellente intro “Give It To Ya’ll”, “Grown Man Sport”, “Boston”, “Ain’t No Thang”…) qui rappellent combien un beat massif et un sample bien choisi suffisent à faire bouger toutes les têtes en rythme. On aurait presque tendance à l’oublier après toutes ces années à se compliquer la vie avec Anticon, Mush ou Lex..
C’est donc une réelle cure de jouvence que nous offre le label Rapster. On confesse même que ce disque nous a donné l’envie pressante de reposer quelques classiques East Coast sur notre platine pour une petite session “Putain, c’était mieux avant ou ça vient de moi?!”. Et comme pour mieux semer le doute dans nos esprits, les cuivres sur “Back On The Block” sont les mêmes que ceux de “Qui Payera Les Dégâts” du Suprême NTM..
Mais même si une bonne dose de old school ne fait jamais de mal par les temps qui courent, on vous concède sans problème que cet “Underground Classic” intéressera plus sûrement les nostalgiques inconsolables de la grande époque du rap US (grosso modo de 88 à 96). Que ceux qui n’ont pas un seul album de cette période dans leur discothèque passent leur chemin (et qu’ils croulent sous le poids de la honte à jamais!)
Si vous n’avez découvert le hip hop qu’avec l’arrivée de Booba, Diam’s ou Sinik dans les bacs des supermarchés, l’écoute prolongée de ce disque est en revanche plus que vivement conseillée!!
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11/05/2004
(BBE/Pias)
6 ans se sont écoulés depuis le premier “Soul Survivor”, et comme on ne change pas une recette qui marche, revoici Pete Rock, accompagné d’une flopée d’invités, plus prestigieux les uns que les autres
On l’a attendu cet album, et ce n’est rien de le dire. Peut-être trop. Il est vrai que Pete Rock est une telle figure du HipHop, il a tellement influencé de jeunes producteurs, qu’il apparaît aujourd’hui comme un mythe. Il faut dire que son passage à Paris, très attendu, n’a pas complétement satisfait ses aficionados, et la sortie du “Soul Survivor II” devait finir de les rassasier. Malgré des featurings prestigieux, ce n’est pas le chef-d’oeuvre attendu, mais quand même, il reste un sacré beat-maker. Que se soit dans un registre assez contemporain accompagné de Dead Prez sur “Warzone”, ou dans celui qu’on lui connait mieux pour un “Give It To Y’All” avec ses jeunes élèves, les Little Brother, il ne cesse de nous prouver l’étendue de son talent
Toujours fortement inspirés par le jazz et la soul dans le choix de ses samples, les Talib Kweli, Skillz, Slum Village, Rza & Gza,Jay Dilla, et tant d’autres, valorisent de leur présence les instrus concoctées sur mesure
C’est donc un bon opus que Pete Rock nous propose. De l’efficacité, un sens musical impressionnant, et surtout une qualité sonore impeccable, sont les marques de fabrique du Soul Brother le plus respecté du HipHop. On espère juste attendre moins longtemps avant d’entendre à nouveau des productions made in Pete Rock.
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28/10/2003
(BBE/Pias)
C’est sûrement dans le but de nous allécher encore plus, avant la sortie du “Soul Survivor 2″, que BBE et Rapster sortent aujourd’hui un double cd signé Pete Rock. Il s’agit de 2 albums enregistrés entre 1994 et 1996, l’un par le groupe INI (composé du frère de Pete Rock, Grap Luva, de Rob-O, Marco Polo et Ras G), l’autre par Deda, Mc déjà présent en featuring sur des productions Pete Rock-CL Smooth
Pas besoin d’en faire des tonnes quand on parle de Pete Rock tant son public semble, à chaque fois, conquis d’avance. Il est vrai que l’on est face à une légende et même si les versions proposées ici ne sont pas récentes, c’est peut-être ce qui au final vous aura le plus plu. Les albums sont très proches musicalement, le INI étant certainement le plus “pêchu” des deux, et comme toujours on est bercé par un son jazzy et des beats inimitables, proche de ses productions pour Nas. Mais plus qu’au son, c’est à ses rythmes que l’on reconnaît le talent de Pete Rock, réussissant l’épreuve du temps comme peu d’artistes peuvent s’en vanter. Ses boucles sont toujours divinement en osmose avec l’ambiance dégagée, et même si il y aura toujours des détracteurs disant qu’il ne se diversifie pas assez, d’autres rétorqueront qu’il n’a nul besoin d’aller voir ailleurs quand on domine autant son sujet
Sans tomber dans la nostalgie, il faut quand même avouer que ça fait du bien de se rafraîchir les oreilles avec ces deux pièces que seuls les plus accrocs d’entre nous avaient pu se procurer. Preuve qu’il n’est jamais trop tard, c’est l’occasion de découvrir ou de redécouvrir ces artistes dont certains ont, depuis, fait leur chemin. Et bien sûr, de se régaler grâce aux instrus du “soul brother”. Plus que jamais, nos dents sont aiguisées afin de dévorer les prochaines productions du maître Pete Rock.
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