(9 articles)

I’m From Barcelona - “Forever Today”

barca180Album
(Parlophone)
21/03/2011
Pop enchanteresse

Malgré tous les efforts déployés, la troupe suédoise de I’m From Barcelona restait jusqu’à maintenant, au sein de la scène indie rock, qu’une exception au capital sympathie débordant. C’est sûr qu’en déboulant à une trentaine de musiciens à chaque album, le collectif ne passe pas inaperçu. Seulement, les deux albums qu’il a à son actif (”Let Me Introduce My Friends” en 2006 et “Who Killed Harry Houdini?” en 2008) n’étaient pas encore assez constants et consistants pour véritablement marquer les mémoires et faire de lui un incontournable acteur de la pop actuelle.

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Gorillaz - “Plastic Beach”

gorill180Album
(Parlophone)
08/03/2010
Fin de règne

À faire constamment sa girouette, il se pourrait bien que Damon Albarn ait fortement le tournis. Soi-disant rangé au placard, puis brièvement de retour pour une compilation d’inédits sans intérêt, l’Anglais n’en a finalement pas fini avec Gorillaz, son projet virtuel partagé entre musique et image, qui ne cesse pourtant de toujours battre un peu plus de l’aile. Confirmation sur “Plastic Beach”, un nouvel album plein de bonnes intentions, en gestation depuis trois ans, abandonné un temps pour finalement sortir maintenant, mais qui finit malheureusement le bec… dans l’eau!

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Hot Chip - “One Life Stand”

hot180Album
(Parlophone)
01/02/2010
Pop à épaulettes

Il y a exactement deux ans, Hot Chip sortait “Made In The Dark“, un deuxième album qui perdait en efficacité ce qu’il gagnait en homogénéité, et qui laissait derrière lui la désagréable impression qu’une telle somme de talents pouvait mener sa barque beaucoup plus loin, sur des eaux plus limpides. “One Life Stand” devait donc amener avec lui son lot de réponse, et effacer par la même occasion les quelques frustrations causées par son prédécesseur.

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Radiohead - “The Best Of”

The Best Of[Album]
02/06/2008
(Parlophone/EMI)

On ne va pas vous refaire la récente histoire de Radiohead, celle de son éloignement avec son label historique Parlophone, de son attachement soudain au monde indépendant après avoir fait tout ce qu’il a fallu pour couper l’herbe sous le pied de sa future maison de disque, quelle qu’elle soit au moment où les Anglais ont révolutionné la musique sur le web. Seulement voilà, un tel divorce ne pouvait que cacher quelques concessions ou obligations de la part du groupe qui aurait certainement préféré partir en laissant la porte grande ouverte. Du coup, chez EMI, on se raccroche aux petits rien, on ramasse les miettes, et l’on tente une ultime fois de profiter du gage Radiohead en sortant ce best of qui sent ni plus ni moins le sapin, une liaison définitivement consommée. Car, on s’interroge immanquablement sur l’intérêt d’un tel disque, sans surprise de surcroît, sans même un petit bonus que le label aurait eu le temps d’archiver précieusement durant toutes ces années. “The Best Of” ne se destine ainsi qu’à deux catégories de personnes: celles débarquant de nulle part et découvrant soudainement le phénomène; ou celles qui possèdent éventuellement un album ou deux, et qui du coup seraient passées outre pas mal de chapitres de cette belle histoire, loin d’être terminée cela dit. Disons qu’au sein de ces deux disques, on retrouve ici tout ce qui a fait le succès de Thom Yorke et sa bande. Sauf qu’un tel parcours ne peut se résumer en si peu de temps, et qu’il n’y a toujours rien de tel que leur complète discographie pour réaliser à quel point ces quatre frêles anglais ont changé, à leur manière, la face de la musique contemporaine. Alors, à vous de faire le choix de cautionner ou non la pire compilation qui pouvait voir le jour. Car, c’est incontestable, se contenter d’un best of pour Radiohead, c’est un peu se ruer chez KFC quand un grand chef vous ouvre en grand les portes de son restaurant. Et le pire est que, même sans vous, ça vendra…

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Gorillaz - “D-Sides”

D-Sides[Album]
19/11/2007
(Parlophone/Emi)

Le Père Noël aurait-il laissé tomber les cerfs pour des vaches à lait? C’est un peu ce à quoi on pense inévitablement quand sort dans les bacs, fin novembre de surcroît, une compilation de fonds de tiroir offerte par le groupe virtuel le plus célèbre de la planète. Pourtant, depuis la naissance de The Good, The Bad & The Queen, Damon Albarn ne s’était pas privé d’annoncer haut et fort que Gorillaz n’était plus qu’un projet appartenant au passé. Lui, comme sa maison de disque, auront donc vu les choses autrement, bien conscients que ce “D-Sides”, suite du pourtant très réussi “G-Sides”, allait faire l’objet d’un cadeau facile pour les consommateurs de fin d’année, touchés de plein fouet par le manque d’inspiration

Au menu, treize titres inédits sur une première galette, et une petite dizaine de remixes sur la seconde. De quoi ravir les fans les plus éperdus de Gorillaz, qui pourront désormais se satisfaire de n’avoir jamais rien manqué à l’aventure du chanteur de Blur. Forcément, ils ne seront pas surpris d’entendre ce que l’Anglais a à leur proposer ici. Comme il a toujours su le faire, Gorillaz pioche dans le rock, l’electro, le hip hop, et la pop. Mais à la différence des albums officiels ayant toujours dévoilé des titres réellement intéressants, ce “D-Sides” ne s’avère malheureusement pas aussi passionnant. En effet, certains morceaux auraient largement pu rester secrets (”68 State”, “Highway”, “Bill Murray”), d’autres s’en seraient mieux sortis en version instrumentale (”People”, “Rockit”), quand ils ne rappellent pas simplement que le nouveau chantier d’Albarn n’en est que la suite logique et humaine (”Hongkongaton”, “Kong Kong”). Il faudra donc que Gorillaz lorgne vers un répertoire plus tranchant, et plus généralement vers une certaine débauche d’énergie pour que “We Are Happy Landfill”, “The Swagga”, “Spitting Out The Demons”, “Stop The Dams”, voire “Murdoc Is God”, fassent leur petit effet et offrent un léger intérêt à ce disque

Une fois mis de côté le “Dare” revu par DFA et Soulwax, maintes fois servi, ce sont bien les remixes qui justifient l’acquisition de ce “G-Sides”. Stanton Warrior fait de “Feel Good Inc” un véritable tube dancefloor, l’impertinent Jamie T apporte sa touche indie atypique sur un “Kids With Guns” rendu également plus groovy par Hot Chip, et plus ambiant par Quiet Village. Même Metronomy et Junior Sanchez, pourtant peu convaincants habituellement, parviennent à trouver assez d’inspiration pour offrir une nouvelle vie à “El Manana” et “Dare”

Cette fois, difficile donc d’encenser Gorillaz dont on a pourtant souvent cautionné la démarche. On a toujours beaucoup de mal à comprendre pourquoi un groupe ayant autant marqué les esprits décide de laisser, comme dernière trace discographique, quelques titres trop en demi-teinte pour figurer sur les albums, quelques remixes circulant déjà depuis de nombreux mois et possédés par les fans les plus attentifs. Ce n’est donc pas sur notre dos que le vieux rougeaud accrochera son traîneau

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Soulwax - “Most Of The Remixes”

Most Of The Remixes[Album]
22/10/2007
(Parlophone/EMI)

Vous vous êtes à peine remis de la déferlante 2Many Djs qui remonte pourtant à quelques années déjà, depuis vous courez tous les blogs à la recherche du moindre remix de ces Belges officiant plus souvent sous le nom de Soulwax… Plus la peine de vous énerver, le duo de rockeurs/remixeurs electro vous mâche le travail en les compilant sur un seul et même disque. Comme expliqué en long et en large sur la pochette de ce “Most Of The Remixes”, tout y est. Ou presque. Seuls manquent la revisite de Einsturzende Neubauten (soi disant perdu), et quelques autres qu’ils n’ont pas jugés assez bons pour figurer au tracklisting. Nous les croirons sur parole et ne nous en plaindront pas

Pour le reste, on retrouve quelques remixes devenus difficiles à dégoter ou tout simplement inédits, faits ou non pour des raisons lucratives, et parfois même sans autorisation (ce qui doit sûrement être réparé à l’heure qu’il est). Plutôt une bonne idée quand on connaît le talent de Soulwax à reprendre les tubes à sa sauce, et à constamment remettre de l’huile sur le feu d’un dancefloor toujours preneur de moments aussi jouissifs qu’efficaces

Deux CDs composent donc ce “Most Of The Remixes”. Le premier aligne les tubes revisités de The Gossip, LCD Soundsystem, Klaxons, Dj Shadow, Justice, Kylie Minogue, Gorillaz, Robbie Williams, Daft Punk, Muse et j’en passe, avec une approche toujours pétillante, qu’elle soit purement electro (”Phantom Pt2″, “Dare”, “Lovelight”), drivée par quelques guitares (”8 Days”, “Can’t Get You Out Of My Head”), ou un savant mélange des deux (”Standing In The Way Of Control”, “Daft Punk Is Playing At My House”, “Gravity’s Rainbow”, “Robot Rock”). Le deuxième, mixé par les 2 Many Djs, comblera ceux pour qui remix ne va pas sans mix. On y retrouve donc quelques morceaux présents sur la première galette, auxquels se rajoutent les titres de West Philips, Tiga, Playgroup, Felix Da Housecat, Ladytron, et Hot Chip

On ne vous cachera pas notre attirance pour ce dernier disque, l’embarquement y étant immédiat et tout en montée. Soulwax (aka 2 Many Djs) se rappelle donc au bon souvenir des pêcheurs de remixes, et s’inscrit sans contestation possible parmi les piliers d’une génération d’artistes ouverts d’esprit, pour qui rock et electro n’ont plus lieu d’être traité avec discernement. Un double album qui devrait en ramener plus d’un quelques années en arrière

Ecoutez un extrait iciTracklistingCD11. The Gossip - Standing In The Way Of Control (Soulwax Remix)2. LCD Soundsystem - Daft Punk Is Playing At My House (Soulwax Shibuya Re-remix)3. Human Resource vs 808 State - Dominator (Soulwax Remix)4. Klaxons - Gravity’s Rainbow (Soulwax Remix)5. DJ Shadow - Six Days (Soulwax Remix)6. Justice - Phantom Pt.II (Soulwax Remix)7. Kylie Minogue - Can’t Get You Out Of My Head (Soulwax KYLUSS Remix)8. Gorillaz - DARE (Soulwax Remix)9. Robbie Williams - Lovelight (Soulwax Ravelight Dub)10. Arthur Agent - Hold Your Head Up (Soulwhacked Mix)11. Lords Of Acid - I Sit On Acid (Soulwax Remix)12. Daft Punk - Robot Rock (Soulwax Remix)13. Sugababes - Round Round (Soulwax Remix)14. Muse - Muscle Museum (Soulwax Remix)CD21. Stella Maris - Einstuerzende Neubauten - Hidden Track2. LCD Soundsystem - Daft Punk Is Playing At My House (Soulwax Shibuya Re-remix)3. The Gossip - Standing In The Way Of Control (Soulwax Remix)4. Arthur Agent - Hold Your Head Up (Soulwhacked Mix)5. Daft Punk - Robot Rock (Soulwax Remix)6. Human Resource vs 808 State - Dominator (Soulwax Remix)7. Robbie - Lovelight (Soulwax Ravelight Dub)8. Kylie Minogue - Can’t Get You Out Of My Head (Soulwax KYLUSS Remix)9. West Philips - (I’m Just A Sucker) For A Pretty Face (Soulwax Remix)10. Justice - Phantom Pt.II (Soulwax Remix)11. Sugababes - Round Round (Soulwax Remix)12. Tiga - Move My Body (Only4Erol mix)13. Playgroup - Make It Happen (Soulwax Remix)14. Klaxons - Gravity’s Rainbow (Soulwax Remix)15. Felix Da Housecat - Rocket Ride (Soulwax Remix)16. Ladytron - Seventeen (Soulwax Remix)17. Gorillaz - DARE (Soulwax Remix)18. Hot Chip - Ready For The Floor (Soulwax Remix)19. Lords of Acid - I Sit On Acid (Soulwax Remix)20. DJ Shadow - Six Days (Soulwax Remix)

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The Good The Bad & The Queen - “s/t 84″

s/t[Album]
22/01/2007
(Parlophone/Emi)

Le statut de superstar de Gorillaz ayant dépassé celui du concept, Damon Albarn a jeté l’éponge avec déjà en tête un nouveau projet qui ne manquerait pas de faire parler de lui. Ses marionnettes en 3D ont bien vécu, lui n’avait sans doute pas envie de la jouer solo avec un backing band banal. Désormais habitué au luxe, il a préféré s’allier à quelques grands noms de la musique pour monter The Good The Bad & The Queen, déjà en chantier en 2004 au moment de sa visite au Nigéria. Il faut dire que le chanteur de Blur ne manque pas de goût ni d’oreille pour louer les services de Tony Allen (batteur de Fela), et Simon Tong (guitariste de The Verve). Sans compter sur l’apport crucial du producteur Dangermouse (Gorillaz, Gnarls Barkley) et de Paul Simonon, bassiste du Clash, peintre depuis, d’ailleurs auteur du visuel de ce disque. Le premier a donné à Albarn l’envie de concrétiser cette aventure naissante; le second a tout simplement provoqué un retour à la case départ, la recomposition totale de ce disque

Une seule chose n’a pas été revue: son thème principal, cet album étant ni plus ni moins un hommage à la capitale d’outre Manche, une signification de la nationalité anglaise par Albarn lui-même, et une vision toute nouvelle du quartier de Portobello, point de ralliement social et culturel de toute la population londonienne. On est donc bien loin de la thèse des nationalistes britanniques, ici constamment contredite par ce all star band, aux origines tellement variées qu’il en était imprévisible, dont seule l’Angleterre pouvait accoucher

Musicalement, et même s’il est plus humain, The Good The Bad & The Queen n’effraiera pas les plus fidèles adeptes de Gorillaz. Car il n’en est plus ou moins que la suite logique. En cela, le chant de Damon Albarn joue énormément, lui dont la voix vous caresse constamment dans le sens du poil, armé de douceur et de belles mélodies. Car ce disque est résolument pop, plutôt tranquille, axé sur le groove, les ambiances, et la beauté des harmonies plutôt que sur l’énergie. D’où les nombreuses ressemblances, surprenantes de prime abord je vous l’accorde, avec Gorillaz. En effet, si tous les musiciens de renom contribuent tous ici à leur manière, si les influences musicales sont multiples (music hall anglais, punk, afrobeat, reggae, britpop…), c’est surtout Paul Simonon qui, par ses lignes de basse de velours, amène ce côté groove emprunté au dub. Il souligne au passage l’excellente production de Dangermouse mettant en valeur le moindre détail contribuant à la grande richesse de ce disque. Pourtant, à l’écoute de “History Song” et “80’s Life”, les deux titres ouvrant ce disque, on est loin de l’enthousiasme le plus total, il faut l’avouer. Ce n’est qu’en abordant la suite que la magie de la pop opère. “Northern Wale”, “Kingdom Of Doom”, “Herculean”, ou “Nature Spings” sont quelques-uns des morceaux vous prenant par le bras pour ne vous le lâcher qu’une fois cet album achevé

On est donc bien loin de la déception que cache souvent ce genre de réunion surréaliste. C’était sans compter sur l’immense talent de Damon Albarn, dont on est cette fois définitivement convaincu. Un concept, de la cohérence, une forte identité, presque inclassable qui plus est, tant de choses auxquelles on ne s’attendait pas forcément de la part de The Good The Bad & The Queen après l’énorme phénomène Gorillaz. Ce disque, accompagné d’un DVD en édition limitée (lives, interviews…), n’est peut-être pas celui de l’année, mais il se doit d’être écouté, car il répond haut la main au buzz qui l’entoure, et s’avère être largement à la hauteur de son casting de rêve

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Gorillaz - “Demon Days Live”

Demon Days Live[DVD]
27/03/2006
(Parlophone/Emi)

Quand on vous dit qu’il faut souvent aller voir ce que donne un groupe sur scène avant de se faire un avis définitif à son sujet… Si les albums de Gorillaz ont toujours, chez nous, reçu le minimum syndical en terme d’accueil, le visionnage de ce DVD live a clairement changé notre approche de ce projet qui se voit, du coup, ôter tout superflu marketing… Je le clame haut et fort, ce “Demon Days Live” est un sérieux prétendant au DVD musical de l’année 2006. En une heure, on se prend en pleine tronche le perfectionnisme de Damon Albarn, ici chef de projet talentueux, réglant le moindre détail au millimètre. Musiciens en ombre chinoise jouant devant des pans de couleurs, section de cordes, chorales, marionnettes, animations visuelles, et une palanquée d’invités rendant rentable la place de ce concert enregistré à Manchester, quel que soit le prix payé d’ailleurs. Comme quoi, avec un peu d’imagination et surtout de gros moyens, la musique peut parfois procurer quelques moments de bonheur inoubliables, ceux qui vous font frissonner et qui peuvent même vous tirer la larme à l’oeil tant certains passages sont émotionnellement chargés

Encore plus que sur disque, la recette Gorillaz prend donc toute son ampleur en image, d’autant plus que la captation sonore de ce show (appelons un chat un chat…) est tout simplement parfaite. Du coup, le spectateur en prend plein les mirettes et se laisse entraîner par le groove émanant de la vingtaine de musiciens constamment présente sur scène, accueillant à bras ouvert les divers grands et petits noms ne s’étant pas fait prier pour prendre part à la fête, qu’ils soient Neneh Cherry (”Kids With Guns”), De La Soul (”Feel Good Inc.”), Roots Manuva en duo avec Martina Topley Bird (”All Alone”), Shaun Ryder (Happy Mondays) complètement défoncé sur un “Dare” sauvé par Rosie Wilson, Ike Turner pour une brève mais efficace apparition sur “Every Planet We Reach Is Dead”, Bootie Brown épaulé par cette trentaine de gosses venant danser le hip hop sur un “Dirty Harry” mémorable, la chinoise Zeng Zhen (”Hong Kong”), ou le choeur gospel de Manchester transcendant véritablement les “Don’t Get Lost In Heaven” et “Demon Days”. Seul MF Doom manque par sa présence, compensée par une vidéo de fond de scène (”November Has Come”)

Une heure de bonheur qu’on vous dit… Et les plus férus pourront même se refaire le concert avec les animations de chaque titre proposées en bonus. Une certitude plane désormais: Gorillaz est grand… Et à moins que vous ne soyez habités par aucune sensibilité musicale, vous regretterez sûrement, une fois cette vidéo goulûment avalée, de ne pas y avoir assisté. Si vous ne crierez pas, en plus, que Damon Albarn est un petit génie…

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Gorillaz - “Demon Days”

Demon Days[Album]
23/05/2005
(Parlophone/Emi)

Exit Dan The Automator, bienvenue Danger Mouse et une pléthore d’invités recommandables. Pour ce nouvel album de Gorillaz, Damon Albarn s’est entouré d’une équipe renforcée de joyeux drilles: Dennis Hopper, Ike Turner, MF Doom, Roots Manuva, De La Soul, Neneh Cherry, Martina Topley Bird, Booty Brown des Pharcyde, Shaun Ryder des Happy Mondays… N’en rajoutez pas les gars, le shaker est prêt à déborder

La recette est connue d’avance mais elle fonctionne, et surprise, encore mieux que pour le premier essai puisque “Demon Days” réussit à dépasser le simple mélange de personnalités artistiques pour atteindre un tout harmonieux, bien plus homogène, et reposant moins sur les singles que le précédent LP

Et c’est dans nos oreilles qu’est versé ce cocktail pop diablement goutu, composé d’une dose de rock déluré, d’un bon demi-litre de hip hop joyeux, et de rasades d’electro ensoleillée et alanguie, le tout pimenté par une alternance de chant sucré et de flows un peu plus épicés. Rajoutez quelques pincées de funk et servez frais. Décidément dans le grand concours de barman des années 90, Damon Albarn est sorti grand vainqueur face aux deux frères ennemis

Un peu bourré, on en oublierait presque de mentionner le gros travail graphique de Jamie Hewlett, Gorillaz étant tout d’abord un projet multimédia, dont l’écoute est parfaitement complétée par une visite du site internet

A consommer cul sec et sans modération.

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Radiohead - “Hail To The Thief”

Hail To The Thief[Album]
10/06/2003
(Parlophone/Capitol)

Contrairement à bon nombre de groupes majeurs de la scène rock, il n’y a jamais besoin d’attendre de trop longs mois pour entendre un nouvel album de Radiohead. Ayant fait le bonheur et la renommée de la scène pop anglaise, Tom York et sa bande s’étaient ensuite enfoncés, avec “Kid A” et “Amnesiac”, dans des chemins plus expérimentaux au risque de faire perdre leur repères à tous leurs fans de la première heure. Le groupe anglais a su cependant tirer profit des risques pris puisqu’il est ressorti plus grand, plus personnel et définitivement à part de cette expérience “couillue”

Alors que l’on annonçait la venue prochaine de ce “Hail To The Thief” et que le groupe criait un retour aux guitares, on pouvait quand même s’attendre à tout de la part d’un combo adepte des pochettes surprises..

En effet, Radiohead laisse ici une plus grande expression aux six cordes. Sans toutefois revenir à la normale et sans refaire un second “Ok Computer”, “Hail To The Thief” s’avère délibérément plus pop et laisse les expérimentations électroniques au second plan, même si celles ci parviennent à s’imposer de temps à autres (”Backdrifts”, “The Gloaming”). Le chant se taille la part belle sur ce nouvel album puisque ses mélodies sont clairement mises en avant notamment sur “2+2=5″, “Sail To The Moon”, “Go To Sleep”, “There There” ou “Scatterbrain”. Les compositions, quand à elles, naviguent dans les différentes sphères de la pop music, se faisant parfois conventionnelles et mélancoliques, tordues et évolutives, ou tendues et expérimentales. Comme à leur habitude, les anglais trempent constamment leur rock dans un bain de beauté et accouchent ainsi de belles petites perles, de véritables oeuvres, de machines à frissons, qui garantiront une grande satisfaction chez leurs amoureux de la première heure (”Sail To The Moon”, “We Such Young Blood”, “Where I End You Begin”, “There There”, “A Wolf At The Door”)

Bien que moins original qu’on aurait pu le penser et malgré quelques titres assez accessibles (”Go To Sleep”, “Where I End You Begin”), “Hail To The Thief, sans nous faire découvrir un nouveau visage de Radiohead, accentue la personnalité marquée des anglais. Loin d’être déçus par le résultat final de cet album, c’est plutôt la surprise qui nous empêche d’être aussi enthousiastes qu’incrédules. Le combo donne ici une belle leçon de composition, de production et d’arrangements qui s’amplifiera au fil des écoutes. Radiohead est grand et le reste. Tout simplement.

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