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Youngblood Brass Band - “Center:Level:Roar”

Center:Level:Roar[Album]
24/03/2003
(Ozone/Chronowax)

En tant que découvreur de talent et mise en avant d’une certaine originalité, Ozone n’est pas en reste. Après que Saul Williams, Sonic Sum, Mike Ladd ou Antipop Consortium aient littéralement explosé par son biais, c’est au tour des new yorkais de Youngblood Brass Band de donner une nouvelle couleur au hip hop sans jamais tomber dans le plagiat de ses confrères. Un conseil, mieux vaut avoir l’esprit ouvert pour s’attaquer à ce “Center:Level:Roar” qui vous déstabilisera de par ses nombreuses influences allant du punk au jazz, le tout baignant dans la joie de vivre et l’esprit de famille. Deux batteurs, six cuivres, un Mc, et un sousaphoniste contribuent à ce résultat des plus probants prouvant que le hip hop n’a pas fini de dévoiler ses multiples facettes

Inutile de vous le préciser, les quatre baguettes magiques du combo placent cet album sous le signe des percussions. Dés les premiers coups de caisse claire de “Round One”, on comprend que nous n’avons pas affaire ici à des débutants. La maîtrise technique est des plus renversantes, le tout sonne parfaitement, les lignes de cuivres énergiques servent de repère au sein de cette rythmique fournie et bien loin du hip hop alors que les choeurs et les brèves interventions vocales amènent un fun vivifiant et non négligeable. Le virage hip hop se prend plus clairement sur les couplets de “Culture:Envy:War”, “Diaspora” et “Is An Energy” car les chorus de cuivres en guise de refrain rappellent insolemment que nous ne sommes pas en train de chroniquer une banale production musicale. Les batteurs refont alors des leurs sur les énergiques, jazzies et contrastés “Brooklyn” et “Human Nature” (reprenant un air connu de Michael Jackson) aux lignes de cuivre accrocheuses vous soutirant un large sourire et vous surprenant à balancer le bassin tel un pantin désarticulé, chose quand même assez rare à l’écoute d’un disque Ozone. “Thursday” fait guise d’accalmie et emprunte un peu plus au hip hop classique puisque le Mc se montre des plus performants bien que dans un registre de flow assez classique. L’inspiration sans borne de Youngblood Brass Band est subtilement mise en avant par des breaks toujours ingénieux (”The Movement”), des rythmiques variées et des plus appuyées que l’on croirait nées des mains de Questlove (”Avalanche”, “Under Your Influence”), des lignes de cuivre tranchantes et ne laissant jamais de répit (”Camouflage”, “VIP”) et des sonorités sorties d’on ne sait quel instrument allant jusqu’à proposer un morceau n’ayant rien à voir avec le reste (”Nate Mccavish Handbills For No Man”)

Ce “Center:Level:Roar” est inimaginable et personne ne pourra véritablement s’en faire une idée précise avant de l’avoir écouté. Dans un genre certes bâtard, la musique du combo vous retournera l’esprit et convaincra définitivement les détracteurs de cuivres. Le groupe ne se préoccupe ici d’aucune direction, d’aucun critère si ce n’est la passion et l’énergie qui s’avèrent toutes deux des plus communicatives. Jamais nous n’avions entendu chose pareille, et c’est un genou à terre que nous nous inclinons devant tant de talent. Dans les bacs fin mars, vous m’en direz des nouvelles! Assurément

Sonic Sum - “Plasterman”

Plasterman[Album]
01/06/2002
(Ozone/Import)

En attendant impatiemment (et le mot est faible) un nouveau long format du New York crew, celui-ci nous tient en haleine avec cette compilation de morceaux apparus sur divers maxis ou compilations. Les adeptes du groupe ayant suivi sa moindre sortie discographique ne verront que peu d’intérêt en ce “Plasterman” alors que ceux qui se sont tout simplement arrêtés à “Sanity Annex” pourront ainsi rattraper un retard inexcusable. Rien à dire de plus sinon que les morceaux sont evidemment tous de très haute qualité et ne méritent que des petits frères à paraitre avant la fin de l’année sur un album dont on connait déjà le titre (”Films”). On vous en reparle très bientôt.

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Antipop Consortium - “Shopping Carts Crashing”

Shopping Carts Crashing[Album]
01/01/2001
(Ozone/Import)

Se faisant un malin plaisir de repousser volontairement et avec une réussite insolente les limites de la musique, Antipop Consortium fait désormais partie de ces groupes qui redorent à coups de disques un hip hop stagnant et se complaisant dans des stéréotypes disons-le assez pauvres

Après un “Tragic Epilogue” sombre et expérimental et juste avant ce dernier “Arrythmia” offrant une plus grande accessibilité, le trio avait enchanté le marché japonais en lui offrant cette exclusivité du nom de “Shopping Carts Crashing”. Et quelle exclue!!! Si chacun d’entre vous se retrouvera dans une de ces trois productions, nous, c’est sans nul doute que notre préférence s’oriente vers cet album du soleil levant. Des beats assez conventionnels rappelant l’approche musicale du dernier essai sorti chez Warp, des sons originaux pour marquer ces versions de l’empreinte indélébile APC et ces flows auxquels nous sommes dorénavant habitués

“Angular” et “Cats Locked Out” se démarquent par leurs lignes de basse vrombissantes et massives, “Tilt” et “New York” déroutent par leurs beats hors du commun et leurs effets enivrants, tout comme le sample sur efficace de “Throat Cultures”. “Starring Me As Me” et “The Hands Behind The Piano Of Time Is God” illustrent au mieux le côté expérimental et tordu de ces cerveaux de l’inconnu musical. “Technocracy” en fait de même avec sa version surréaliste et son flow doté d’un effet robotisant. Viennent ensuite “M” et “Verses” qui, malgré un traitement des sons original, restent les morceaux les plus classiques de cet opus. “Lazarus Pit” et son sample de guitares électriques aux consonances métal sont un point d’orgue de cet album tout comme “Systaltic Quiescence” et son ambiance dub-ambiant quasi reposante

Vous l’aurez compris, ce “Shopping Carts Crashing” se veut incontournable pour tous les adeptes d’Antipop Consortium ou de musiques expérimentales à consonance hip hop. Les cartes sont entre vos mains: un disque pas évident à trouver mais qui mérite sans appel cet effort.

Sonic Sum - “Sanity Annex”

Sanity Annex[Album]
01/01/2000
(Ozone/Import)

Qui connaissait Sonic Sum il y a quelques années? Sûrement très peu de gens, mais une chose est sûre, tous ceux qui ont eu la chance d’avoir ce Lp entre les oreilles n’ont, dans un premier temps, pas pu rester insensible, puis dans un deuxième, ont couru dés que possible dans leur drugstore préféré afin de trouver ce joyaux.

Rapide présentation: Rob Smith est le MC de ce groupe. Les instrus sont concoctés soit par Erik Mo soit par TME alias Jun, Fred Ones, Omar, soit tout le monde en même temps, MC compris. Ajoutons que Erik MO a écrit et joué toutes lignes de basse et nous avons un programme qui nous apparaît très alléchant (d’autres instruments sont à l’honneur, citons la flûte, la guitare électrique ou acoustique). Mais même prévenu, on prend une claque car à l’écoute des trois premiers morceaux, on est déjà frappé par leur diversité: “Velour 80 Grit’ sombre et mélodique, “Salade Fark” soul et rythmé, “Downtown Maze” posé et léger. On enchaine sur “Eretika” ou on passe d’une mélodie de piano légère à une basse funk et énergique. Bref, on est surpris à chaque morceau ne sachant pas quelle couleur aura celui qui suivra. Pas un morceau n’est à jeter, on peut écouter cet album en entier sans problème, même plusieurs fois de suite sans se lasser (c’est vrai, là je m’emballe…).

En fait, cet album apparaît comme intemporel, inclassable, original, musicalement très complet. Vous aurez compris que cet album est un de nos gros coups de coeur, en tous les cas, pour moi, l’album hip hop de l’année 2000, et je me retiens…

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