(USA)
La Route du Rock proposait cette année encore un plateau des plus alléchants. Peu surprenant en y repensant, ne manquait vraiment que le soleil pour que cette collection été reste définitivement comme une des plus belles vécues par les festivaliers bretons. Retour sur trois jours humides, dans les bottes comme dans le pantalon…
Album
(Jagjaguwar)
09/05/2011
Pop folk
À juste titre ou non, Okkervil River est de ces groupes qui bénéficient d’un statut presque culte, mythique sans pour autant être médiatique, porté par une communauté de fans fidèles depuis plus d’une dizaine d’années qui ont vu beaucoup d’eau couler sous les ponts. Seul aux commandes depuis le départ de Jonathan Meiburg, Will Sheff a cette fois délibérément mis à profit son travail d’arrangeur sur le dernier album de Roky Erikson, dont il semble s’être imprégné de l’énergie intense et fiévreuse. Ce souffle nouveau amena parait-il des répétitions dantesques en studio, où tous les moyens ont été mis pour servir l’ambition du compositeur.

L’heure de la sortie du nouvel album d’Okkervil River approche puisque “I Am Very Far” verra le jour le 10 mai via le label Jagjaguwar. Pour le dévoiler un peu plus, le groupe vient de mettre un nouvel extrait en téléchargement gratuit. Il s’agit de “Wake Up And Be Fine” que le combo avait interprété il y a quelques semaines à la télé américaine. Le tout ci-dessous.

Leur nouvel album “I Am Very Far” n’est prévu qu’en mai prochain, mais les Okkervil River anticipe déjà les festivités via l’écoute d’un premier single figurant sur un 45t dont les deux titres ne sont pas prévus au tracklisting du disque.

Quatorze ans après son dernier album, Roky Erickson, musicien américain de légende pour avoir sévi au sein des 13th Floor Elevators, revient en compagnie des Okkervil River pour “True Love Cast Out All Evil”, un nouveau disque produit par Will Sheff, à sortir le 26 avril prochain chez Anti aux Etats Unis, Chemikal Underground en Europe.
[Album]
01/09/2008
(Jagjaguwar/Differ Ant)
Pendant longtemps, Will Sheff, le frontman d’Okkervil River, a considéré l’exercice du double album comme difficile et prétentieux. Pourtant, en véritable artiste qu’il est, il y a vu comme un nouveau challenge à relever, jusqu’à ce que la raison finisse par l’emporter. Ce destin, il était voué à “The Stage Names“, dernier album en date du groupe d’Austin qui n’a pas manqué de confirmer tout le bien pensé du public musical à son égard; ce public qui, du coup, attendait impatiemment de découvrir le pain qu’on lui avait ôté in extremis de la bouche alors qu’il sortait tout juste du four. Pour cela, il lui aura donc fallu attendre un an, jusqu’à ce que le jeune homme et sa bande daignent enfin sortir “The Stand Ins”, suite de son prédécesseur
Ces onze titres viennent donc compléter cette salve en deux actes, la rendant plus aboutie encore. Parmi eux, on retiendra notamment “Lost Coastlines”, s’attardant sur la difficulté des groupes à perdurer et sur lequel Sheff partage le chant avec Jonathan Meiburg, désormais parti pour se consacrer entièrement à son projet Shearwater. Aussi, l’excellent “Top Lie”, aux allures de gentleman comme empruntées parfois à Maximo Park, marque par son énergie héritée de la pop rock et son refrain indélébile, chose plutôt rare de la part du songwriter qui déroule habituellement ses histoires loin des formats conventionnels (”Calling And Not Calling My Ex” par exemple). La suite s’habille de l’habituelle et douce mélancolie dans laquelle Okkervil River aime historiquement se plonger, et qui fait indéniablement sa force. “On Tour With Zykos”, “Starry Stairs” (la suite de “Savannah Smiles” pour les intimes), “Blue Tulip” en sont de parfaites et prenantes illustrations, pourtant doublées sur le fil par le countrisant “Singer Songwriter” et le final “Bruce Wayne Campbell Interviewed On The Roof Of The Chelsea Hotel 1979″ qui n’auraient pas dénoté au sein du précédent chapitre
Si les fans de plus en plus nombreux d’Okkervil River s’accorderont sur le fait que “The Stand Ins” n’est pas le meilleur disque du groupe, celui-ci n’est en rien une collection de chutes à l’intérêt limité, et va bien au-delà du luxueux bonus que certains pourraient y voir. Mieux que cela, il s’impose comme le complément indispensable de “The Stage Names”, définitivement une des oeuvres les plus marquantes de ce début de siècle en termes de pop orchestrée, celle qui emmène si bien les cordes, les cuivres et les percussions sur le terrain ou piano et guitares sont habituellement maîtres des lieux. L’occasion rêvée de s’y replonger, ou de la découvrir. Même à l’envers
Ecoutez un extrait ici.
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