(4 articles)

Erykah Badu - “New Amerykah Part Two”

badu180Album
(Motown)
29/03/2010
Nu soul

Peu d’artistes imprègnent autant un disque de leur âme qu’Erykah Badu. Partageant ses convictions, ses croyances, elle met sa personnalité singulière au service de sa créativité, contrôlant chaque aspect, chaque détail de son œuvre. “New Amerykah part two: The Return Of The Ankh”, deuxième volet d’une trilogie annoncée, n’échappe pas à cette règle.

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Busta Rhymes - “Back On My B.S.”

bus180Album
(Motown)
18/05/2009

Prenez un Mc emblématique, au flow inimitable, au charisme unique. Ajoutez quelques producteurs en vogue et quelques valeurs sûres. Incorporez des featurings de premier choix et vous obtenez une galette bien consistante, qui plaira au plus grand nombre. La recette est simple et pourtant certaine de fonctionner: c’est celle employée pour le huitième album du mythique Busta Rhymes Lire la suite…

Q-Tip - “The Renaissance”

The Renaissance[Album]
03/11/2008
(Motown/Universal)

Neuf ans après un premier album solo qui déroutait la majeure partie des fans d’A Tribe Called Quest, Q-Tip revient sur le devant de la scène avec “The Renaissance”, nouvel opus au titre peut-être prémonitoire. Car s’il a clairement contribué à l’essor du rap avec son crew, et est ainsi entré parmi les légendes du hip-hop, ses projets solos ont toujours été des échecs pour les critiques, ou ont été enterrés par sa maison de disques en raison de leur faible potentiel commercial. C’est une évidence, Q-Tip est aujourd’hui attendu au coin du bois par une flopée d’auditeurs, avides de retrouver celui qui fit les beaux jours de la scène new-yorkaise du début des années 90

Porté par le tubesque et efficace “Gettin’Up”, ce second album, sans être une grande réussite, colle plus à nos attentes que ses précédentes tentatives. Même si on retrouve des réminiscences R’N'B plus (”Life Is Better” feat Norah Jones) ou moins agréables (”We Fight/We Love” feat Raphael Saadiq, “Believe” feat D’Angelo), on est ravi d’entendre un vrai hip hop produit par Q-Tip lui-même (comme l’ensemble des titres qui composent ce disque, excepté “Move” produit par le regretté J-Dilla). De “Official” à “Manwomanboggie”, en passant par “Won’t Trade”, on retrouve cette musicalité qui lui faisait défaut par le passé, et désormais retrouvée grâce notamment à sa volonté de faire rejouer ses compositions par des musiciens. Il imprime ainsi un cachet supplémentaire, apportant un surplus de chaleur à des versions relativement basiques dans leur construction. Sans jamais chercher à faire de l’esbroufe, il pose sa voix inimitable sur des titres souvent soulful, comme “You” qui risque de faire chavirer les plus sensibles. Et pour ceux qui doutaient encore de ses aptitudes rapologiques, “Dance On Glass” confirme son statut d’icône, tant son aisance donnerait des complexes aux plus aguerris

Pas de souci à se faire quant à l’avenir de “The Renaissance” qui risque de réconcilier Q-Tip avec son public. Sans qu’il soit pour autant considéré comme un album majeur, il faut bien avouer qu’on éprouve comme un soulagement à l’écoute, tant il nous semblait incompréhensible qu’un artiste au passé si glorieux puisse passer à côté de son sujet. On attendait mieux encore, mais un coup de génie vient rarement avant une renaissance

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Erykah Badu - “New AmErykah Pt1: 4th World War”

New AmErykah Pt1: 4th World War[Album]
03/03/2008
(Motown/Universal)

En réapparaissant officiellement aussi souvent qu’ont lieu les élections présidentielles américaines, la belle Erykah Badu sait se faire attendre. Depuis 2003 et son “Worldwide Underground“, elle se terrait dans l’ombre d’une musique urbaine devenue jetable, laissant les assoiffé(e)s de tubes répondre aux attentes de leur public, tout en préparant, bien sagement dans son coin, un retour une nouvelle fois bien mijoté. Et si le tableau peut paraître un peu sombre, il en a toujours été ainsi avec la diva, comme marginale et constante au sein d’un monde musical tentant ici une percée 70’s distrayante, ou empêtré là dans des mièvreries commerciales usantes (le dernier Jill Scott, sa concurrente directe). Le terrain était donc prêt pour ce “New AmErykah”, nouvel album déjà prévu en différents chapitres cette année

“4th World War”, premier volet trompeur en raison d’un “Honey” beaucoup trop sucré pour figurer autrement qu’en titre caché, ne fait évidemment pas exception à sa règle. L’Américaine a continué sa progression vers ces sonorités électroniques, aussi discrètes depuis “Mama’s Gun” que peu évidentes pour l’oreille distraite (”My People”, “Twinkle”). Pour cela, elle a entrepris un renouvellement oxygénant des producteurs qui l’ont jusqu’ici entourés, préférant faire appel à des Madlib (le génial et psyché “The Healer”), Sa-Ra, Kariem Riggins (Slum Village), ou 9th Wonder, tous plus visionnaires, bien que ce nouvel opus marque un retour plus net vers le hip hop (”Soldier”, “The Cell”). Retour mais changement quand même: une manière pour elle aussi d’afficher ses volontés en période électorale et d’y faire entendre les grandes lignes de son programme

Car la demoiselle n’hésite plus à s’engager, poussant le Social au centre de ses préoccupations. Ainsi, en une grosse dizaine de titres, elle rappelle tristement tous les fléaux de notre société, ceux touchant notamment la communauté noire américaine et qui lui parlent certainement plus directement. Violences, drogue, police, conséquences et gestion des ravages de l’ouragan Katrina à la Nouvelle-Orléans, ou cette guerre irakienne interminable, étaient autant de raisons pour que sa plume s’en trouve inspirée. Du coup, si pour beaucoup sa musique est source de douceurs, autant seront surpris d’y trouver quelques chardons

En effet, jamais Erykah Badu n’oublie, qu’il s’agisse de ses valeurs (l’hommage à Jay Dee via le jazzy “Téléphone”) ou de celles de son style musical de prédilection. Pour elle, la soul doit faire réfléchir, plus que simplement distraire et devenir la vitrine des dérives du système. Pour cela, elle ne dévie pas pour autant de ce qui a toujours fait son succès: d’excellentes chansons envoûtantes que beaucoup viendront encore aveuglément chercher (”That Hump”, “Master Teacher”, “Me”). La trilogie “New AmErykah” débute donc sur les chapeaux de roue, mais en sera que plus incontournable si elle devait se révéler constante dés la sortie du deuxième volet. Une forte probabilité qui ne serait finalement pas une surprise… Confirmation en juillet prochain

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Erykah Badu - “World Wide Underground”

World Wide Underground[Album]
11/10/2003
(Motown/Universal)

Voici venue l’heure du quatrième album pour la plus grande Diva de la soul U.S ! Après quelques courtes apparitions sur plusieurs albums hip-hop, jazz ou soul durant ces trois dernières années, nous attendions de pied ferme ce nouveau bijou potentiel

Badu et son crew (James Poyser, Rashad “Ringo” Smith, Kedar Massenburg) nous plongent dans un univers sucré, envoûtant aux pouvoirs relaxants. Bien que la recette de ses succès passés semble être la même ici (on a parfois l’impression de déjà connaître certains titres), c’est pour mieux t’amadouer, toi, être corrompu par les singles et autres hits fabriqués de toute pièce. Erikah explique que cet album n’était aucunement voué aux radios ou grosses machines à sous mais au contraire réalisé à la manière des plus grands classiques signés Motown : avec le groove et l’amour de la musique, simplement. C’est certainement la raison pour laquelle votre platine ne cessera de côtoyer ce disque, une relation fusionnelle s’installe dès la première ècoute, notre coeur bat un peu plus fort à chaque nouvelle injection (”I Want You” vous fera chavirer)… le chant des sirènes se révêle ne plus être un mythe ! Voici donc une nouveauté soul hip-hop intemporelle, s’offrant le luxe de compter des invités de marque tels Dead Prez, Queen Latifah, Angie Stone et Bahamadia

Badu s’inscrit définitivement dans la lignée d’artistes majeurs tels Marvin Gaye, The Temptations, Stevie Wonder, poursuivant son parcours artistique de manière exceptionnelle avec une cohérence déconcertante. Si vous avez aimé Erykah Badu, vous adorerez ce World Wide Underground, si vous ne connaissez pas encore alors foncez, vous ne pourrez plus vous en passer !

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