Mos Def

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(USA/New York)

(47 articles)

Mos Def - “Casa Bey”

Mos Def, “The Ecstatic” en juin

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Après deux albums plutôt en demi-teinte, on ne peut pas dire que Mos Def ait laissé un souvenir impérissable ces dernières années. On était même à deux doigts de penser que le Mc, sur la pente savonneuse du hip hop, allait définitivement s’adonner à ses loisirs d’acteur. Pourtant, quelques extraits d’un futur album sont apparus ces derniers mois, tous porteurs de l’espoir de revoir le new yorkais au niveau de son légendaire «Black On Both Sides». En 2009, Mos Def a un nouveau label, Downtown Records, et un nouvel opus, «The Ecstatic», à paraître le 9 juin prochain.

En écoute:

Mos Def - “Mos Definite”

Mos Definite[Album]
21/05/2007
(Amalgame/Nocturne)

Mos Def, le sujet fait rage depuis le récent et très controversé “Tru3 Magic“, ce nouvel album qui semble être né dans la douleur, sans l’envie, et sous la pression de sa maison de disque. Tout cela fait qu’on en viendrait même à l’oublier très vite et à ne se souvenir que de la période pré “The New Danger“, ce néanmoins bon album qui laissait pourtant déjà penser que le Mc new yorkais finissait par considérer sa musique comme la dernière roue du carrosse, celle à qui il fallait à tout prix rester fidèle malgré des occupations cinématographiques de plus en plus prenantes. Du coup, revoir sortir un disque estampillé Mos Def quelques mois après ce raté n’allait pas provoquer en nous la plus grande des excitations

En effet, l’époque n’est plus à Rawkus, ou à Blackstar, le duo incontournable qu’il a trop peu de temps formé aux côtés de Talib Kweli, à cette ère salvatrice du hip hop new yorkais qui s’offrait alors un nouveau souffle, et une émulsion créatrice notable. Pourtant, c’est plutôt vers le passé que se tourne ce “Mos Definite” qui, bien qu’il annonce un contenu totalement inédit, ne sera pas complètement inconnu de ceux pour qui Mos Def est et restera un des meilleurs Mcs de son époque. Ceux-là auront donc sûrement déjà entendu la quinzaine de titres retenus ici, sortis en maxi sur d’obscurs labels (”Excellence” sur Supreme Clientele en 2005, “Travellin Man” de Dj Honda sur Relativity), apparus sur divers albums (de Medina Green pour “Beef” en 1998, de Tony Touch pour “What’s That” en 2000, ou de Mos Def lui-même pour “Jump Off” tiré de “The New Danger”), ou issus de freestyles (”World Famous”). Peut-être un peu moins les très rares “Non Stop”, “Monster Music feat Cassidy”, ou “Free Flowin” et “Make It All Better”, tous deux exécutés en compagnie de Talib Kweli pour un agréable et nostalgique retour en arrière

Rien pourtant qui n’atteigne le niveau de qualité de “Hard Margin” (de l’album des Creators en 1998), “Summertime” (issu d’un maxi avec Medina Green en 2004) et “I’ve Commited Murder” (du “On How Life Is” de Macy Gray). Un tracklisting pas vraiment inédit donc, pour un disque qui ne s’impose pas aux détenteurs du “We Are Hip Hop, You, Me, Everybody” ou de la compilation “Universal B-Boy”. Mais “Mos Definite” a le mérite de s’attarder sur la bonne période du bonhomme. Conseillé donc à ceux qui ne possèdent que les albums…

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Mos Def - “Tru3 Magic”

Tru3 Magic[Album]
02/01/2007
(Geffen/Universal)

Réussir à suivre quelqu’un comme Mos Def n’est pas chose facile quand on sait qu’il partage ses activités entre le hip hop et le cinéma. Du coup, le new yorkais n’est jamais à sec de projets, mais semble avoir pas mal de difficultés à respecter ses engagements. Voilà sûrement une des raisons expliquant que ce nouvel album annoncé depuis déjà quelques mois ne verra le jour qu’en ce tout début 2007 ou, accessoirement, que ces venues françaises officiellement annoncées ne se font finalement jamais. Estimons nous heureux, donc, que le Monsieur ait réussi à se dégager un peu de temps pour mener à bien ce troisième opus, “Tru3 Magic” (d’où la pirouette), qui fait toujours figure d’évènement, qu’il soit bon ou seulement passable

Car Mos Def ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui sans son épopée au sein de Blackstar avec Talib Kweli, ou sans son premier album “Black On Both Sides” sorti chez Rawkus; “The New Danger”, son dernier album en date, plus expérimental et très réussi, n’ayant jamais huilé autant nos cervicales que ce premier disque toujours incontournable aujourd’hui. Pourtant, Mos Def n’a pas à rougir, les grands pontes du hip hop étant nombreux à courir après l’accueil unanime de leur premier disque

Une fois passée cette impression bizarre due à une pochette aussi bâclée qu’elle séduira les puristes (sans parler du packaging scandaleux, bien loin de justifier le prix du disque), on se plonge donc avec un enthousiasme non dissimulé dans cette nouvelle livraison du Mc new yorkais, d’ailleurs seul aux commandes puisque, chose assez rare pour être signalée, aucun invité ne vient ici l’épauler. Ça ne s’imposait pas non plus, Mos Def étant capable de s’afficher en excellent Mc (”Undeniable”), comme en très bon chanteur (”Lifetime”). L’écoute révèlera pourtant un certain manque de cohérence dans son intégralité, vite comblé par pas mal de titres fort réussis quand ils sont pris un par un (certains circulant déjà depuis quelques temps, mais ici en partie réenregistrés) qu’ils soient produits, entre autres, par Pharrell Williams, Kanye West, ou Rich Harrisson

La plupart des productions étant assez épurées, tout semble avoir été fait pour mettre en avant les paroles de Mos Def, exercice ou il surclasse la majorité de ses pairs par un discours irréprochable et jamais mégalo, laissant penser que si le hip hop et la politique étaient un peu plus en harmonie, la parole de notre homme bénéficierait d’un certain poids. Ainsi, il pousse au positivisme (”There Is a Way”), pointe du doigt la violence chez les jeunes (”Murder Of a Teenage Life”), sans oublier de fustiger ses dirigeants actuels, en partie responsables de la catastrophe de la Nouvelle-Orléans suite au passage de l’ouragan Katrina (”Dollar Day”). Plus légèrement, les adeptes de hip hop de plus longue date sauront apprécier cette demie reprise du “Liquid Swords” de GZA, un des monuments du genre, sur un “Crime & Medicine” partagé entre lyrics d’origine et d’autres de son propre cru. Encore, cette critique du hip hop actuel sur “Fake Bonanza” (quand il balance notamment “I can’t remember being this bored“) est lourde de sens et souligne indirectement l’importance d’un tel acteur hip hop, prêcheur de bonne parole sans jamais s’avérer trop moralisateur

“Tru3 Magic” n’est clairement pas le meilleur album de Mos Def, il est juste différent. Out les guitares de “The New Danger”, les magnifiques cordes de “Black On Both Sides”. On retiendra finalement plus ce nouveau disque pour ses textes, le talent incontestable de Black Dante (de son vrai nom) au micro, que pour l’ensemble de sa musicalité, les meilleurs titres étant cependant ni plus ni moins les plus riches (”Crime & Medicine”, “Napoleon Dynamite”, “There Is a Way”, “Fake Bonanza”, “Perfect Timing” et “Lifetime”). Les avis seront donc très certainement partagés mais, à l’instar d’un film de Michel Gondry (tel “Be Kind Rewind” à sortir et avec notre homme à l’affiche), un album de Mos Def ne doit être définitivement jugé qu’après voir été écouté..

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Mos Def - “The New Danger”

The New Danger[Album]
18/10/2004
(Geffen/Universal)

5 ans que l’on écoute “Black On Both Sides” pour se rassurer et se convaincre que Mos Def reviendra bientôt remettre les pendules à l’heure dans une scène hip hop en pleine mutation. 5 ans que nos espoirs étaient continuellement remis à plus tard, le Mc préférant ces derniers temps se tourner vers le cinéma. Alors que The Roots peinent désormais à convaincre, que Common ne fait pas toujours l’unanimité, qu’est ce que Mos Def nous prépare avec ce nouvel album annoncé depuis peu? Une remise à niveau ou un hip hop très médiocre façon Talib Kweli

Soyons rassurés, Mos Def a plutôt suivi le bon exemple de Saul Williams plutôt que celui de ses anciens collaborateurs et continue ce qu’il avait sûrement commencé avec son groupe rock, Black Jack Johnson. C’est entouré de Will Calhoun (batteur de Living Colour), Orrin Evans (piano), John Benitez (basse), Wallace Roney (trompette), Robin Eubanks (trombone) et Antoine Roney et Don Braden (saxophone) que Mos Def nous pond ce “The New Danger” d’une maturité époustouflante

On passe ici du jazz au rock en passant bien évidemment par la soul et le hip hop. Si “The New Danger” démarre doucement, les hostilités démarrent réellement sur “Freaky Black Greetings”, héritage évident de l’expérience Black Jack Johnson, qui nous renvoie quelques années en arrière, au temps ou on balançait nos premiers poils de barbe sur les riffs aiguisés et le groove de Downset ou Shootyz Groove. L’avant gardisme d’un Saul Williams se retrouve ensuite sur des titres tels que “Ghetto Rock” ou “Sex, Love & Money”, les influences plus classiques se laissent entendre sur “Zimzallabin” ou “Grown Man Business”, la soul est toujours très présente et fait souvent mouche (”Sunshine”, “The Panties”, “Life Is Real”, “The Beggar”) mais Mos Def développe sur cet album des sonorités clairement héritées du blues rock (”Blue Black Jack”) et du jazz (”Bedstuy Parade & Funeral March”)

Dix huit titres au total, d’une diversité et d’une maturité rare, pour un véritable testament musical à la hauteur du talent de Mos Def. On espérait fortement ne pas être déçu et l’un des porte paroles du conscious hip hop n’érone pas sa réputation avec ce nouvel opus qui pousse à la réflexion. A croire que les artistes polyvalents du hip hop sont les seuls à ne jamais faire de faux pas. Peut être qu’il est une nouvelle fois question d’ouverture d’esprit. Un signe qui ne trompe pas puisque “The New Danger” est sûrement l’album hip hop de l’année.

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Mos Def - “We Are Hip Hop, You, Me, Everybody”

We Are Hip Hop, You, Me, Everybody[Album]
01/11/2002
(Sattan/Venus)

Ce disque sent la compensation à plein nez. Sachant éperdument que ses fans l’attendent depuis de nombreux mois, l’un des plus talentueux Mcs américains proposent le cadeau de noël idéal en ce “We Are Hip Hop…” regroupant de nombreux remixes de Mos Def, des morceaux ou celui ci apparaît en guest, ou tirés de compilations diverses

Composé de quatre disques, l’objet est une véritable aubaine pour rattraper son retard concernant le parcours de l’artiste. Autant dire qu’une fois cette compilation acquise, personne ne manquera d’une seule seconde les apparitions discographiques du compère de Talib Kweli. Parmi tant d’autres, nous retiendrons plus particulièrement les remixes d’Ambivalence, de Dr Luke ou S.Christian, les morceaux “Hurricane” ou “A Tree Never Grown” issus de compilations, ses apparitions aux côtés de Scritti Politti, Jill Scott, The Roots, Macy Gray, Dj Krush, Common ou Bush Babies

Au total, soixante morceaux divers et variés emprunts au hip hop ou à la soul, voir parfois même au reggae qui ne vous donneront plus d’excuse pour vous faire coller au sujet de Mos Def. Une compilation qui, certes va en faire patienter beaucoup, mais qui va mettre une certaine pression sur les épaules de l’artiste dont on attend impatiemment la réapparition. En attendant, hochez la tête pendant que vous le pouvez encore..

Mos Def - “Black On Both Sides”

Black On Both Sides[Album]
01/01/1999
(Rawkus/Import)

C’est seulement au bout de plusieurs écoutes qu’on commence à apprécier le premier album du fameux Mos Def. Assez difficile d’accès, le son est particulier (voire froid) et les morceaux assez bordéliques. En persistant, on comprend le sens dans lequel Mos Def a voulu aller et c’est bon… En plus de rapper, il chante et joue (basse, percus…); le tout est musical, doux et agréable. Black On Both Sides est à l’image des dernières sorties Rawkus: un bon ensemble mais qui se démarque assez peu du lot. Soyons patients, ca va revenir!

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