Monochrome

Monochrome

(Suisse)

(3 articles)

Monochrome - “Caché”

Caché[Album]
16/06/2008
(Stickman/La Baleine)

Comme nombre de ses compatriotes allemands, Monochrome incarne la rigueur, soigne le détail, peaufine sa musique comme son artwork, pour laisser de lui cette image dominée par la classe. A chaque disque, le combo se perfectionne encore un peu plus. “Caché”, à la production léchée, lui fait faire un pas supplémentaire sur l’échiquier du rock européen, au sein duquel il incarne la haute qualité pop, celle qu’on ne rencontre jamais au détour des ondes ou dans les platines des kids punk/hardcore, genre dans lequel le groupe puise pourtant ses origines. Peu importe, le sextet poursuit sans encombre son petit bonhomme de chemin. Même le départ de Lisa Von Billerbeck, voix féminine des précédents disque, n’y aura rien fait, magnifiquement compensé qu’il est par l’arrivée de sa remplaçante Kate Complikate, désormais garante de cette mixité de chant contribuant depuis toujours à la personnalité flagrante de Monochrome. Ainsi, avec un tel degré de maîtrise déjà atteint par le passé, chaque nouvel album arrive avec la difficulté d’avoir à mieux faire encore. Il fallait donc que les Allemands offrent à “Caché” l’atout dont les précédents étaient privés. En 2008, Monochrome joue sur le contraste, alterne jolies déflagrations mélodiques (”Parallax”, “Die Dinge Wie Sie Sind”, “High Five”) et caresses de velours (”Les Pantalons Heavy Metal”, “Stem”) qui se découvrent timidement à chaque écoute, comme pour faire durer le plaisir: une attention toute particulière que les plus gourmands apprécieront, et qui rend toujours aussi injuste cette sous médiatisation dont la formation ne parvient pas à s’extirper après dix ans de bons et loyaux services. Monochrome tente donc une nouvelle fois de forcer le destin, étale pour cela ses plus beaux arguments, qu’ils soient post rock, post hardcore ou pop, et balance fièrement de magnifiques morceaux (”Von Fall Zu Fall”, “Times New Romance”, “Motif”, l’atypique “Knack”) aux visages d’un public qui serait d’une extrême mauvaise foi s’il y restait indifférent. Ne lui reste plus qu’à faire comme nous: conseiller ce disque à tous les amateurs de rock bien pensé (et non bien pensant) pour que Monochrome contribue, à sa manière, à changer la face d’un genre toujours partagé entre poupées de cire et gueulards de cave

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Monochrome - “Eclat”

Eclat[Album]
07/02/2006
(Paranoid/Overcome)

La confidentialité des allemands de Monochrome restera toujours un grand mystère tant ce groupe a tout le potentiel pour devenir une référence incontournable de la scène rock européenne. Des influences pop, rock et noise à une qualité technique rare, en passant par l’originalité, la classe et un chant mixte rarement aussi complémentaire, Monochrome n’aura pourtant pas, en dix ans de carrière et quelques formats courts, marqué beaucoup d’esprits en dehors de ceux des initiés. Qu’on se le dise, il n’est jamais trop tard, et “Eclat”, deuxième et nouvel album des teutons, pourrait bien réparer cette belle injustice une bonne fois pour toutes

En effet, difficile de rester insensible à ces douze titres tant ils transpirent une solide maturité acquise au fil des ans. Plongez vous sans attendre dans “Zweibruch”, qui ouvre l’album et dévoile instantanément ce qui ne sera bientôt plus un secret: des compositions très bien ficelées, riches sans jamais être indigestes, et au potentiel mélodique indéniable qui sauvent le sextet de la masse tout en restant très accessibles. “Series Of Catastrophes And Celebrations”, tout comme bon nombre de titres de cet opus (”Every Once In a While”), est du même acabit. Mais, en plus du travail bluffant des guitares, c’est surtout cette dualité équitable du chant qui fait ressortir Monochrome de la grande famille rock (”Gegenstuck”). Car, avouons le sans aucun machisme, rares sont les vocaux féminins à ne pas enrayer la machine, à ne pas la rendre archi-commerciale. Alors quand la voix douce de Liza Von Billerbeck y va de sa contribution sans jamais dérouter le sextet de sa cible (”Amuse Bouche”), Monochrome en ressort grandi, plus riche, d’autant plus lorsque Marc Calmbach sait brillamment l’appuyer quand le morceau gagne progressivement en intensité (”Souvenir Of a Sentimental Non-Event”, “Ecart (Les Murs Ont La Parole)”)

Monochrome s’est enfin trouvé et fait donc un retour à la hauteur de ses ambitions. Les douze titres de cet “Eclat” alternent les ambiances, les intensités et les rythmes, marchent sur des oeufs sans jamais les casser, font preuve d’une finesse rarement entendue dans le genre. Pop, rock et noise, torturé ou caressant, cet album se découvre à chacune des écoutes pour finalement servir de cas d’école. Incontournable

En écouteZweibruch

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Monochrome - “Radio”

Radio[Maxi]
01/01/1999
(Trans Solar/Import)

Trans Solar, distribué par Pandemonium en France, a déjà prouvé que ses sorties étaient de qualité. Après Golden et Dawnbreed, voici “le petit poucet” de l’écurie, j’ai nommé Monochrome. Pas d’album pour cette formation mais un maxi quatre titres de très haute facture. Moins enragé que ses collègues, Monochrome c’est de la pop aux accents noisie ou vient se poser de temps à autre une voix soit masculine soit féminine. Parfois reposant ou stressant, le groupe capte l’attention des auditeurs qui restent piégés dans les profondeurs des compositions. Batterie sèche et guitares calmes ou incisives, ainsi est une recette que l’on aimerait apprécier sur un plus grand format. A quand l’album?