(Ecosse)

Pas mal d’actualité pour Mogwai. La Blogothèque s’est chargée de filmer un concert donné un peu plus tôt cette année par le groupe à Brooklyn (extrait ci dessous). Il sera diffusé en avant première au Festival International du Documentaire de Copenhague le 13 novembre prochain. Un album live intitulé “Special Moves” en a également découlé et sortira un peu plus tard sur Rock Action, le propre label du combo. Lire la suite…
Un nouvel album, et Mogwai investit le Casino de Paris ce 28 octobre pour un concert exceptionnel. L’occasion de rencontrer Mogwai se faisant rare, Bokson la saisit. C’est Dominic (basse) qui nous répond…
[Album]
22/09/2008
(Rock Action/Pias)
Considérer le post rock sans Mogwai reviendrait à considérer la peinture sans La Joconde, tant le groupe écossais a su, en un peu plus de dix ans, devenir son plus digne et médiatique représentant. Ainsi, depuis 1995, on se délecte sans modération de ses longs morceaux tout en variations, à la fois atmosphériques et violents, en appelant autant au shoegaze qu’au math rock: une approche à son apogée sur les excellents “Young Team” (1997) et “Come On Die Young” (1999), mais quelque peu essoufflée sur les deux albums suivants, le plus accessible “Rock Action” (2001) et le plus électronique “Happy Songs For Happy People” (2003). Heureusement, le fidèle public du quintet le retrouvera beaucoup plus inspiré en 2006 sur l’excellent “Mr Beast” qui, sans le vouloir véritablement, fera peser une pression considérable sur son successeur, le nouveau “The Hawk Is Howling” qui nous intéresse aujourd’hui
Challenge relevé, car cette nouvelle livraison écossaise s’inscrit illico comme un pilier de la discographie Mogwai, notamment en se présentant comme sa juste synthèse. Ce n’est donc pas une nouvelle déviation que prend cette fois le groupe qui préfère tracer le bilan d’un parcours en dents-de-scie qui nécessitait qu’on l’aplanisse à jamais. Pour cela, “The Hawk Is Howling” ne propose rien d’autre que sa musique: exit le chant, pas d’instrument venant voler la vedette aux autres comme ce fut parfois le cas par le passé, avec le piano de “Mr Beast” par exemple qu’on retrouve seulement ici sur l’entame “I’m Jim Morrisson, I’m Dead”, dont la délicieuse mélancolie s’infiltre entre chaque note, chaque harmonique, quelle que soit l’intensité décidée par les guitares
Puis le faucon quitte son nid pour de bon: chaque battement d’ailes offre au bruitiste et intense “Batcat” une peu plus d’autonomie électrique avant que, fort de son élan, le groupe se ravise à des titres plus ambiants, toujours avec cet aspect cinématographique qui lui a déjà ouvert à quelques reprises les portes du Septième Art. Ainsi, “Daphne And The Brain”, “Local Authority”, “Thank You Space Expert”, même le plus affirmé “The Sun Smells Too Loud” avec son riff répétitif, laissent parler leur délicatesse, dévoilent l’utilisation plus franche de l’orgue, entrecoupés par quelques déflagrations classiques de la part d’un groupe également capable de plonger son public dans une apocalypse étourdissante, ou larsens et acouphènes indiquent la voie vers la sortie. Cela, ce sont incontestablement les multi couches “Scotland’s Shame” et “The Precipice”, incontournables de ce fait, qui s’en chargeront volontiers
Extrême, dynamique, mélodique, métal, électronique, mélancolique, sombre, de loin le plus cinématographique… La liste des adjectifs s’allonge à chaque écoute. Que les fraîchement rassurés ne rongent donc pas leurs freins plus longtemps: avec ce sixième album, Mogwai s’est définitivement relancé, jongle habilement entre ses multiples richesses, devient muet au moment où tout le monde l’ouvre, dessine les sons sur une toile qu’il n’en finit plus de tisser. Et si, bientôt, on était amené à considérer la peinture sans lui
Ecoutez un extrait ici.
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[Album]
06/11/2006
(Wall Of Sound/Pias)
Non, nous ne sommes pas tombés sur la tête, Bokson n’a pas soudainement décidé de couvrir le monde du football. Vous non plus, rassurez vous, vous ne vous êtes pas trompés de favori et n’êtes pas arrivé sur le site du plus gros quotidien sportif français. Et que tout le monde reprenne ses esprits, Zinedine Zidane ne s’est pas mis à la chanson histoire de combler ses nouvelles journées de retraité. Non, ce disque est tout simplement la bande originale du film dont il a fait l’objet au printemps (voir la bande-annonce ici) et que les écossais de Mogwai se sont chargés de mettre en musique. Voilà donc ce qui nous amène, car une B.O. banale composée par Machin Trucmuche, on en aurait eu franchement rien à foutre. Le groupe s’est donc prêté volontiers à cet exercice original, inédit en ce qui le concerne, pour un résultat surprenant, bien loin de l’univers typiquement écossais que l’on connaît. En effet, Mogwai ajoute ici un soupçon de pop à son post rock, se fait planant, bruitiste comme il faut, histoire d’imprégner ces dix titres d’une belle intensité sans jamais retomber dans ses envolées coup de boule (oh oui, je vous l’accorde, celle-ci était facile…). Certes, particulièrement plat et monotone, il faut venir chercher ici les belles et mélancoliques notes de guitare posées, ici et là, sur de longues nappes pesantes. Les fans les plus exigeants de Mogwai en riront certainement, les autres sauront apprécier ces compositions au réveil ou au coucher du dimanche matin. Une belle parenthèse…
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On a tous un disque qui, pour ce qu’il rappelle, représente, ou a déclenché, a marqué notre vie. A chaque artiste, groupe ou activiste croisé, la question est simple, la réponse beaucoup moins. Voilà une rubrique qui est appelée à s’enrichir au fil des rencontres…