Mars Volta

Mars Volta

(USA)

(10 articles)

The Mars Volta - “Noctourniquet”

mars180Album
(Warner)
26/03/2012
Foutoir prog rock

Octahedron” a beau avoir sensiblement rectifié le tir il y a trois ans, on continue d’aborder chaque nouvel album de The Mars Volta comme une épreuve, presque un mauvais moment à passer quand il faut y aller d’une chronique. “Noctourniquet” ne fera donc pas exception à la règle, renforce même cette impression, rien que par son titre promettant, avant même qu’on l’écoute, de donner une nouvelle fois le tournis.

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The Mars Volta, pochette et single extrait du nouvel album

mars1

Prévu pour le 27 mars prochain, “Noctourniquet” - le nouvel album de Mars Volta dont la (belle) pochette est visible ci-dessous - n’avait dévoilé que trente secondes de “Malkin Jewel”, son premier single. Bonne nouvelle pour ceux qui ont senti le goût de trop peu

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“Noctourniquet”, le nouveau programme de Mars Volta

mars

En parallèle à l’excitation créée par la reformation d’At The Drive In, la vie continue pour Cedric Bixler et Omar Rodriguez. Alors qu’on savait qu’un nouvel album de Mars Volta était sur les rails, il se précise pour de bon.

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Reformation d’At The Drive In, la rumeur s’éteint…

atdi

Le sujet fait les choux gras de la presse indépendante rock depuis quelques jours. Cedric Bixler et Omar Rodriguez (Mars Volta) ont récemment fait leur méa culpa en revenant sur l’épisode At The Drive In et la fin du groupe plutôt tumultueuse. Lire la suite…

Mars Volta - “Octahedron”

mars180Album
(Barclay)
22/06/2009

A l’heure ou quelques rumeurs courent au sujet d’une reformation d’At The Drive In aussi improbable qu’espérée, la réalité nous rattrape via Mars Volta, combo aux élans expérimentaux, progressifs et psychédéliques qui, à force de surfer sur le capital sympathie glané jadis, a fini par se retrouver la tête dans le sable à la sortie de “The Bedlam In Goliath” l’an passé. Lire la suite…

The Mars Volta - “The Bedlam In Goliath”

The Bedlam In Goliath[Album]
28/01/2008
(Barclay/Universal)

Qui aurait pu se douter au début de ce siècle qu’At The Drive In, pourtant excellente formation punk/hardcore, allait donner naissance à un des groupes rock les plus complexes et inventifs de notre époque? Qu’on aime ou non la musique de The Mars Volta, personne ne pourra lui reprocher un manque d’originalité. Depuis son tout premier disque pourtant saupoudré d’accents pop, jusqu’aux plus récents, expérimentaux et produits par Omar Rodriguez lui-même, Mars Volta fait du Mars Volta, et il faudrait sûrement remonter jusqu’à Pink Floyd pour en trouver l’équivalent. “The Bedlam In Goliath” est donc le nouveau chapitre d’un véritable gourou du rock, logiquement attendu par tous les membres de sa secte enrichie au fil des ans

Une fois encore, il ne faudra pas aller chercher de couleurs dans la toile de fond de ce nouvel opus, dans ce fil rouge qui se doit d’être expliqué. “The Bedlam In Goliath” a évidemment une histoire, raccourcie ici (la bio officielle de ce disque atteint les six pages!): celle d’une vieille planche Oui-Ja offerte par Omar à Cedric sans qu’il sache qu’un Goliath à têtes multiples y sommeille et pousse chaque personne qui la touche dans le triangle tragique de l’amour, du désir et du meurtre. Son emprise sur le groupe est alors de plus en plus importante, poussant celui-ci à l’enterrer pour s’en libérer, puis à bénir les terres où repose le Devin via ces quelques titres, clés d’une nouvelle boite de Pandore. Du capillo-tracté qui a le mérite de donner une belle inspiration au combo, et qui garantit à ses fans les plus endurcis un Mars Volta encore bien habité

Eux se réjouissent, les autres froncent les sourcils. C’est devenu une habitude, The Mars Volta, affublé d’un excellent nouveau batteur, semble ne pas encore avoir atteint le fond de son imagination. “The Bedlam In Goliath”, équilibré, plus fin, plus puissant, plus intense et menaçant, conjugue toutes les qualités de ses prédécesseurs, et sonne différemment en les décuplant. Pour les auditeurs avides de confort, le groupe en a fini avec ses morceaux à rallonge et revient à des formats un peu plus “conventionnels”. Tous les titres s’enchainant parfaitement pour finalement ne faire qu’un, on apprécie plus facilement la déflagration “Wax Simulacra” (où poussées de cuivres et roulements de batterie s’entremêlent), les multiples rebondissements de “Metatron”, et les couches successives de “Goliath” et “Cavalettas” aux allures de bordels organisés. Mais, c’est surtout quand The Mars Volta lève le pied (”Ilyena”, “Tourniquet Man”, “Agadez”) et qu’il met de l’ordre dans ses idées (”Aberinkula”, “Ouroborous”, “Conjugal Burns”) que le brouillard se lève. Alors, on en savoure la substance, tout comme les effort d’arrangements et les subtilités de production (”Soothsayer”)

Mais The Mars Volta ne rentre pas pour autant dans le rang, et reste clairement parmi ces formations rock actuelles qui demandent un réel effort de l’auditeur. “The Bedlam In Goliath” ne réconciliera pas le groupe et ses détracteurs, loin de là. Et pour cause, ce n’était sans doute pas sa motivation en se lançant dans la composition de ce nouveau disque. Définitivement, Bixler et Rodriguez sont à la musique ce que Wassily Kandinsky est à la peinture. Du coup, si une toile ne vous inspire pas plus qu’un rayon de sandwiches triangles en station service, empruntez la prochaine bretelle de sortie..

Ecoutez un extrait ici

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Mars Volta - “Amputechture”

Amputechture[Album]
11/09/2006
(GSL/Universal)

Trois albums studio et un live au compteur, voilà plusieurs années déjà que Mars Volta a repris le flambeau des défunts At The Drive In. Un passé émocore qui laisse encore des traces et qui, jusque-là, jouait encore en la faveur de Bixler et Rodriguez, les deux têtes pensantes de ces derniers ayant délibérément choisi de remettre le rock progressif aux goûts du jour. Ils y seront parvenus, et peu sont capables aujourd’hui de proposer une musique si pointue remplissant autant les stades, que le portefeuille de leur maison de disques. Si l’affectif rentre encore en compte aujourd’hui, il faut quand même avouer que l’écoute de chacun des disques du groupe relève de l’effort, du parcours du combattant même

“Amputechture” n’échappe pas à la règle même si les chevelus ont légèrement mis de l’eau dans leur vin, laissant quelques passages plus accessibles (”Vermicide”), noyés dans cette dizaine de morceaux à rallonge contenant systématiquement une grosse poignée d’idées ayant pu faire, chacune, l’objet d’un titre. Passons, telle est la marque de fabrique Mars Volta et on ne les refera pas, eux et leur attirance démesurée pour la complexité, source de passion pour certains, d’asphyxie pour d’autres. Et pour cause, qui a du mal à ingurgiter plus d’une heure de solos de guitare, d’expérimentations légères, d’aigus vocaux, et de mélodies à n’en plus finir, aura donc bien du mal à s’agenouiller devant ce nouvel album, pour lequel Rodriguez a laissé la place de guitariste à John Frusciante (Red Hot Chili Peppers) afin d’endosser plus sereinement le rôle de directeur artistique

Alors, même si les incursions hispanisantes, qu’elles soient acoustiques (”Asilos Magdalena”) ou électrique (”Viscera Eyes”, “El Ciervo Vulnerado”), apportent un intérêt supplémentaire, et même si on a bien conscience d’avoir entre les mains une réelle performance, une oeuvre finement cousue, difficile de cacher qu’à l’écoute de ce “Amputechture”, on finit par se faire royalement chier…

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Mars Volta - “Frances The Mute”

Frances The Mute[Album]
21/02/2005
(Barclay/Universal)

Fou, barré, free, inventif, improvisé, fiévreux, planant, énergique, libre, échevelé, psychédélique… Essayer de décrire plus avant ce “Frances The Mute”, c’est un peu déjà commencer à le dénaturer en essayant de lui coller des stickers sur la gueule

Ce qui frappe à l’écoute de ce nouvel opus des Mars Volta, c’est d’abord le refus des concessions: structures éclatées, longs moments en apesanteur auxquels succèdent des déferlements plus rageurs, et durée même des morceaux qui empêche toute exploitation de ceux-ci en single (à l’exception de “The Widow”). 77 minutes divisées en 5 plages dont l’agencement semble parfois dicté par un hasard qui reposerait sur des résonances, influences latines encore plus marquées que pour le précédent album, musique volant totalement de ses propres ailes en s’affranchissant de tout carcan, cette fois ci le résultat est -paradoxalement - mieux maîtrisé que sur “Deloused In The Comatorium”, tout en réussissant à garder une certaine fraîcheur et à surprendre nos oreilles. Derrière cette pochette inspirée par Magritte et ces textes écrits sous l’influence revendiquée du Surréalisme, Omar et Cedric et leurs acolytes semblent être désormais parfaitement entrés en osmose, et réussissent à concrétiser une certaine idée de la création musicale libérée de toute contrainte

Finalement le split de At the Drive-In aura été bénéfique: on a gagné deux rejetons aussi talentueux l’un que l’autre, et totalement différents.

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Mars Volta - “De Loused In The Comatorium”

De Loused In The Comatorium[Album]
01/07/2003
(Barclay/Universal)

Ranger au placard un groupe qui les aura propulsé au rang de figure internationale alors que celui ci était à l’apogée de son succès, prouve tout le courage qu’ont pu avoir Cedric Bixler et Omar Rodriguez lorsqu’ils ont décidé de mettre fin à la carrière d’At The Drive In. Tandis que d’autres ont continué dans un registre assez similaire avec Sparta, les deux chevelus avaient déjà en tête ce qu’allait devenir The Mars Volta. Envie de liberté et d’imprévu, volonté de repousser ses propres limites de musiciens, voilà ce qui amène aujourd’hui le groupe à accoucher de ce “De Loused In The Comatorium” conceptuel puisque entièrement inspiré de la tentative de suicide d’un de ses proches

Chefs d’orchestre du projet, Cedric et Omar laissent cependant la part belle à l’improvisation et à l’expression musicale des autres membres qui apportent, eux aussi indéniablement, leur pierre à l’édifice

Progressif. Tel est le mot qui revient régulièrement lorsque l’on parle de Mars Volta. S’il est difficile d’oublier At The Drive In à cause, d’une part, de cette voix reconnaissable et, d’autre part, de ces riffs caractéristiques émanant de la guitare d’Omar, force est d’avouer que cet album marque une réelle évolution dans la carrière de ces deux musiciens. Les morceaux semblent ici plus réfléchis, plus profonds, moins conduits par une énergie débordante comme cela pouvait être le cas jadis, plus contrastés voir même plus expérimentaux. Ainsi les six cordes bourrées d’effets, tantôt bruitistes tantôt mélodiques, plongent dans des sonorités électroniques ou de percussions, ou une rythmique fournie et très technique donnant une couleur des plus originales à un album aux influences multiples. Cedric Bixler semble, tout au long de cet opus, jouir pleinement d’une liberté qu’il paraissait chercher depuis longtemps. Ainsi ses lignes de chant mélancoliques habitent chaque morceau tout en restant imprévisibles et contribuent à la légèreté surprenante de cette production menée de mains de maître par Sieur Rick Rubin

Certes, on se surprendra régulièrement à regretter cette furie incontrôlée qui hantait At The Drive In. Mais Mars Volta a le mérite de faire avancer la carrière de ses auteurs qui, avouons le, se seraient ridiculisés si tel n’avait pas été le cas. La liberté de composition et la découverte de nouveaux horizons renvoient aujourd’hui une expérience de jeunesse et une hargne post adolescente au rang de souvenir. “De Loused In The Comatorium” en ravira certainement plus d’un du fait de sa plus grande maturité et accessibilité. Aussi incontournable…qu’At The Drive In.

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