Makasound

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(35 articles)

Linval Thompson - “Inna De Yard”

Inna De Yard[Album]
26/09/2005
(Makasound/Discograph)

Pendant que Makasound développait sa nouvelle série “Inna De Yard” ouverte récemment par Kiddus I et Earl Chinna Smith, Linval Thompson continuait de se faire remarquer par son inactivité aujourd’hui vieille de plus de vingt ans, malgré tous les effort déployés par Fattis Burrel de sortir LE nouvel album du jamaïcain. Autant dire que pour le label parisien comme pour tout le public reggae, ce grand retour est un véritable évènement

Et encore plus quand on sait que Thompson fait son come back dans un genre qui ne lui est pas forcément familier, à lui l’adepte du rub a dub lorgnant vers la drum n’bass. Linval se met donc ici à nu, se lance dans l’aventure de l’acoustique, du reggae réduit à sa plus simple expression et jouant sur l’émotion. Guitare acoustique, chant, percus et quelques autres instruments sont devenus la recette typique d’Inna De Yard, et offrent quelques inédits (”Mercy Mercy Mercy” et “Hit Them With The One Drop”) ou un autre visage à ses classiques tels que “Good Gracious Woman”, premier titre enregistré à New York en 1972, “Jah Jah Dreader Than Dread”, “Train To Zion”, ou “Inna De Hills”

Ce troisième volume de Inna De Yard est certainement le plus réussi de tous, même s’il peine à vraiment se démarquer. Disons que le grand retour de Linval Thompson cache un peu le fait que, bien que le concept soit difficilement modifiable, il lui soit également difficile de ne pas tourner en rond. Pour les férus, comme d’habitude…

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Kiddus I - “Inna De Yard”

Inna De Yard[Album]
01/06/2005
(Makasound/Discograph)

Comme Earl Chinna Smith il y a quelques mois, Kiddus I reprend le flambeau de la série acoustique “Inna De Yard” et par la même occasion, propose lui aussi son tout premier album après avoir sorti un certain nombre de singles dans les années 70 et au début des années 80. Ce nouveau volume peut être abordé comme la suite logique du précédent, puisqu’il a été enregistré au même moment (aout 2004) et au même endroit, c’est à dire chez Earl Chinna Smith d’ailleurs omniprésent ici aux côtés de Kiddus I. Pas de surprise donc, puisque le jamaïcain réduit sa musique au simple duo guitare/voix, parfois quand même appuyé par quelques choeurs, le tout dans une ambiance intimiste ou vous avez l’agréable sensation de partager un moment riche en émotion avec un Kiddus I grave et émouvant et un Earl Chinna Smith qui sortirait volontiers sa six cordes au moment du digestif. Parmi ces dix titres, dont certains atteignent la dizaine de minutes, on retiendra les très bons “No Salvation Until”, “Better Equity”, et “Take Good Care Of Me”. Le reste, souffrant d’une instrumentation trop épurée, aurait mérité une plus grande richesse même si on note ici une production plus fluide et plus en relief que sur le précédent chapitre. Mais on serait sorti du concept en changeant totalement la donne, et ce “Inna De Yard” n’aurait plus voulu rien dire. Car c’est bien toute la richesse de ce disque de plonger l’auditeur dans un contexte sans superflu ou la musique, même parfois un peu longuette, est reine. Et comme d’habitude, un DVD bonus histoire de mettre des images sur ces titres et de laisser Kiddus I se dévoiler un peu plus. A découvrir…

Winston McAnuff - “A Drop”

A Drop[Album]
23/05/2005
(Makasound/Discograph)

Plutôt habitué à nous sortir des productions reggae fidèles aux racines du genre, le label français Makasound ouvre grand ses portes à sa modernisation avec ce “A Drop”, album né de la rencontre de deux générations: celle de Winston Mc Anuff et de Camille BazBaz, deux artistes à la personnalité bien distincte. Le premier est une voix légendaire du reggae roots jamaïcain, l’autre est un touche à tout de génie dont les idées baignent autant dans le rock que la funk en passant par l’electro, le dub, ou le blues

Une telle réunion ne pouvait donc qu’aboutir à un résultat très original. C’est le cas. Ici, la Jamaïque courbe l’échine devant la branchitude qui, du coup, gagne en âme. Diverses forces vives y auront contribué: ici ou là, on rencontre Yarol Poupaud (guitariste de FFF), Earl Chinna Smith (leader des Soul Syndicate), Leroy Wallace (batteur mythique de Studio One, acteur principal du film “Rockers” et collaborateur de Pierpoljak), Earl Walker (bassiste des Gladiators), Charles Farqueson (clavier de Inner Circle), Richard McDonald (Chosen Few), Noel Brown (Chosen Few, The Mighty Threes”) et quelques autres

“A Drop” est ni plus ni moins une constellation musicale tant les références pleuvent et aboutissent à un résultat que l’on aura rarement entendu aussi varié: McAnuff et BazBaz nous font passer par tous les chemins, qu’ils soient acoustiques (”Rastafari Is His Name”, “Way Back Home”), pop (le très bon “Devil May Roar”, “Some Ltd”), blues (”Rendez Vous”, “Sentenced”), dub (”Commonsense”, “Mother Africa”), soul (”You Will Make It”), rock (”Make Me Sweat”) ou tout simplement personnel et original (”Sort Me Out”, “Rock Steady”, “Reggae On Broadway”…)

A l’instar d’artistes tels que Patrice ou Ben Harper, cette fusion des talents de Winston McAnuff et de Camille BazBaz préfère actualiser le reggae, rebondir dessus, plutôt que de sombrer, comme pas mal d’anciens, dans un genre ringard et sans intérêt se battant pour pencher vers la Rn’B sirupeuse et médiocre, ou les solos de guitares hardos on ne peut plus has been. “A Drop” est une pochette surprise qui ne ravira cependant pleinement que les esprits ouverts. Les autres l’apprécieront partiellement, ou pire, en rigoleront. Il n’empêche que c’est bien ce genre de disque qui interpelle et fait avancer les choses. Du plaisir sur galette, rien de moins…

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Earl Chinna Smith - “& Idrens Inna De Yard”

& Idrens Inna De Yard[Album]
24/01/2005
(Makasound/Discograph)

On connaissait Makasound pour ses productions à la qualité constante. Le label ne s’arrête pas là et crée Inna De Yard, label collection destinée à souligner les connivences entre le reggae et la soul. Tout commence plutôt bien puisque c’est à Earl Chinna Smith, célèbre auteur-compositeur-interprète de la scène reggae et guitariste du Soul Syndicate, des Wailers et plus récemment de Sizzla, que revient l’honneur d’ouvrir le bal avec ce double CD et DVD

L’homme a ici plus ou moins carte blanche, interprète sept titres qu’il a lui même composé (dont “Fade Away”, “Satan Side”, “Mariwana”, “We Got Love”), mais invite également quelques jeunes chanteurs qu’il a à coeur de présenter (Jah Youth, Emmanuel I, Earl Smith Jr, The Maestro), ou rend hommage à d’autres plus confirmés puisque Ken Bob des African Brothers ou Ras Michael Jr sont également de la partie. Il résulte de tout cela une communion certaine et intime avec l’artiste, des morceaux enregistrés “à la maison” de manière assez brute, comme pour leur donner encore plus d’authenticité. L’opus s’avère donc agréable et réussi même si certains titres traînent un peu en longueur et alourdissent un tantinet l’écoute

Ce premier volume d’Inna De Yard est à aborder plutôt comme un concept album car il n’enthousiasmera peut être pas tous les adeptes de reggae de par sa faible mais volontaire instrumentation. C’est plutôt l’ambiance qu’il faut aller chercher ici, comme il faudra le faire sur les prochains volumes ou sont annoncés Kiddus I puis Cedric Myton (Congos). Clairement, disons que le résultat final est un peu en dessous de l’alléchant concept. Toutefois conseillé.

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Steve Newland - “s/t 49″

s/t[Maxi]
01/12/2004
(Blackeye / Makasound/Discograph)

Attention! On tient peut être là un artiste majeur de la scène reggae pour les quelques années à venir. Steve Newland débarque seulement maintenant chez les disquaires français avec un maxi trois titres enregistré pourtant il y a presque cinq ans. Une grosse vingtaine de minutes de musique au total qui le place au carrefour du reggae roots, du rock et du hip hop

En effet, élevé aux Burning Spear, Public Enemy, Pink Floyd et Bob Marley, dont il a souvent clairement les intonations, Newland, jamaïcain d’origine exilé aux USA, rencontre un certain Black Mangoose au milieu des années 90. Les deux donneront naissance à de prometteuses expériences musicales en studio. L’une d’elle n’est autre que ces trois titres somptueux

Il ne faut que très peu de temps à l’écoute du premier titre, “Reggae Soul”, pour réaliser qu’il faudra définitivement compter sur Steve Newland dans un futur proche. La production est parfaite, entre le son roots et celui plus contemporain, nous berce de ses massives lignes de basse et de ses cocottes subtiles. Mais c’est plutôt sur le long “20 Centuries/Conflict” que le bonhomme laisse s’exprimer ses diverses influences avant que “Destiny Couldn’t Wait” ne clôture le tout en jouant parfaitement la corde sensible, celle de l’acoustique

Si Newland nous avait pondu une grosse dizaine de titre, il y avait fort à parier qu’il comptait parmi les meilleures sorties de l’année. Il faudra donc pour l’instant se contenter de peu et espérer qu’une suite arrive très vite, en solo ou au sein de sa formation The Roots Underground, pour confirmer un potentiel trop rare. Steve Newland actualise et enrichit tout simplement un peu plus le reggae actuel. Disponible chez tous les bons disquaires.

Various Artists - “A Place Called Jamaica vol 2″

A Place Called Jamaica vol 2[Album]
30/08/2004
(Makasound/Discograph)

Après un premier volume qui rendait hommage à Derrick Harriott, c’est Bunny Lee qui est à l’honneur sur ce deuxième volet de “A Place Called Jamaica” couvrant la période 1967-1979. Au menu, 17 titres donc quelques petites perles rares, toutes produites par Lee himself avec l’appui de divers musiciens dont The Hippy Boys, The Aggrovators, The Revolutionnaires, The Bunny Lee Allstars soit Aston Barrett, Carlton Barrett, Sly & Robbie, Carlton “Santa” Davis, Touter Harvey, Tony Chin, Earl “Chinna” Smith, Val Bennet, Glen Adams, Geaorge Fullwood, Bobby Ellis, Tommy McCook, Winston Wright, Ansel Collins, Tarzan, Bo-beep, Lennox Brown, Lloyd Parks, Vin Gordon, Barnabas, ou Skully… Autant de musiciens qui sont venus enregistrer des riddims dans les studios Randy’s et Channel One, loués pour l’occasion par Bunny Lee alors que les voix (ici Derrick Morgan, Dillinger, Tapper Zukie, Max Roméo, Horace Andy ou Gregory Isaacs entre autres) naissaient chez King Tubby. Bref, un beau panorama de l’ensemble de la carrière d’un producteur hors paire. Vivement conseillé

Tracklisting

01 – Derrick Morgan : Great musical battle02 – Glen Adams : I want to hold your hands03 – Leroy Smart : God helps the man04 – Cornell Campbell : Jah Jah me no born yah05 – Dillinger : Fernando Sancho06 – Leroy Smart : Wreck up my life07 – Barry Brown : From creation (extended)08 – Tapper Zukie : No woman no cry09 – Roy Shirley : If I did know10 – Big Joe : Rocking & Swinging11 – Max Romeo : She’s but a little girl 12 – Gregory Isaacs : The village13 – The Uniques : Gypsy woman14 – Lloyd Clarke : Summertime15 – Barry Brown : We can’t live like this16 – Horace Andy : I’ll forgive you 17 – Glen Adams : I can’t help it

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