Makasound

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(35 articles)

FC Apatride Utd - “Them”

Them[Album]
07/05/2007
(Makasound/Pias)

Si vous connaissez déjà la célèbre collection “Inna De Yard”, sachez que le label parisien Makasoud a plus d’une corde à son arc et a également enfanté “Makafresh”, branche du label destinée à promouvoir des artistes reggae/roots de la nouvelle génération, peu connus du grand public. Après le jamaïcain Doniki, “Makafresh” a fait un petit tour d’Europe et a choisi de mettre en avant un groupe de reggae serbe, les Fc Apatride Utd de Belgrade, qui sortent aujourd’hui “Them”, leur second album sur le label. Avec seulement trois membres qui composent une formation musicale basse/guitare/batterie/chant très minimaliste, Fc Apatride Utd est un groupe résolument militant, qui refuse les préjugés et les barrières sociales de toutes sortes, se définissant comme un groupe de “rockers” apatrides

Originaire d’un pays meurtri, leur musique est imprégnée de souffrance, mais aussi d’espoir, prônant la solidarité et l’unité dans un monde pénétré de toutes parts par de trop nombreuses injustices. En fait, on peut dire sans exagérer que les Fc Apatride Utd nous réapprennent purement et simplement ce que c’est que du reggae conscient… On retiendra particulièrement les titres amers et sans concession “What An Occupation”, “Jah Is Dead” et “Serbia’ 99″, qui retrace le bombardement de Belgrade en 1999, dénonçant les sanglantes guerres en ex-Yougoslavie durant les années 90. Musicalement, les Fc Apatride Utd, du fait de leur formation très réduite, proposent des riddims bruts et épurés aux lourdes basses et aux influences rock (très nettes dans les titres “Jah Is Dead” et “H.R.”), sans grandes puissance et originalité mais qui ont l’avantage de laisser la place qu’elles méritent à la voix et aux lyrics. On trouve néanmoins ça et là de belles mélodies et de beaux solos de guitare, comme dans “Tricks” et “Wife Stromg”. Le chant grave d’Abdelraheem Kheirawi n’est certes pas d’une justesse à toute épreuve mais il dégage une sincérité et une simplicité plaisantes qui nous permettent d’apprécier l’engagement et la richesse de ses textes à leur juste valeur

Incontestablement, les Fc Apatride Utd ont compris que le reggae était originellement une musique de combat. Si leur nouveau “Them”, au même titre que leur précédent “On the Frontline Menu“, n’est pas transcendant musicalement et tourne un peu en rond, on ne peut que saluer les Serbes pour leur initiative artistique courageuse et entière. A noter au passage que le jeune groupe a encore le temps de gagner en maturité, et d’enrichir son univers sonore qui dénote déjà largement par rapport aux classiques jamaïcains. Finalement, les Fc Apatride Utd signent un reggae prometteur et très engagé qui, malgré ses imperfections, est à soutenir les yeux fermés, surtout par les temps qui courent…

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Various Artists - “Rub-A-Dub Soldiers”

Rub-A-Dub Soldiers[Album]
12/03/2007
(Makasound/Pias)

-Dans la famille Reggae, je demande le Rub-A-Dub

-Bonne pioche!

Très bonne pioche même, surtout si vous tombez sur cette excellente compile “Rub-A-Dub Soldiers” parue chez l’impeccable Makasound

Pour ceux qui voudraient briller dans les dîners, sachez que le Rub-A-Dub est un dérivé du “Deejay Style”, cette mode qui voyait les Dj’s débiter leur baratin sur des versions archi-connues pendant les “dances” qui remuaient la petite île au milieu des 70’s. La concurrence impitoyable entre les sound-systems a poussé les Dj’s à se faire livrer des riddims originaux pour faire la différence avec le voisin. Le style est donc le lien entre le reggae roots des 70’s et le dancehall digital qui allait régner la décennie suivante. Il est par conséquent aussi l’un des participants au grand gang-bang qui donnera naissance au hip hop dans les parcs du Bronx

Cette compilation regroupe des titres enregistrés au début des 80’s au studio Channel One, en partie produits par le génial Linval Thompson et surtout avec les légendaires Roots Radics derrière les instruments (connus pour leur travaux avec les plus grands comme Israel Vibration, Barrington Levy ou Gregory Isaacs). Ca part donc plutôt sur de bonnes bas(s)es..

Et les vocalistes rivalisent de verve pour faire remuer vos popotins ankylosés par ces derniers mois hivernaux. Les moins spécialistes d’entre nous ne reconnaîtront sans doute que quelques noms dans ce tracklisting (Yellowman, U Brown, Ranking Joe…), mais les occasions de se dandiner ne manquent pas pour autant. Dès l’ouverture avec cet entraînant “Posse Ready” de Toyan jusqu’au “Fight For Your Rights” final du Brigadier Jerry, vous aurez bien du mal à résister à la tentation de pousser le volume un peu plus encore. Les riddims sont le plus souvent réduits à leur plus simple expression (un couple basse/batterie ultra efficace) et seul le génie vocal de ces toasters suffit à faire monter la sauce

Vous venez de trouver le disque qui va accompagner vos premiers barbecues ensoleillés de l’année…

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Ras Michael Junior - “Medicine Man”

Medicine Man[Album]
05/02/2007
(Makasound/Pias)

Le label collection “Inna De Yard” est né de la rencontre entre le label Makasound et le guitariste Chinna Smith, qui a ouvert les portes de sa “yard” au label parisien en août 2004 pour signer le premier opus d’une série ayant pour ambition de retrouver les racines brutes et acoustiques du reggae. Depuis, le concept “Inna De Yard” semble avoir séduit de nombreux artistes jamaïcains et continue de se développer avec la sortie du sixième opus de la collection. Cette fois c’est Ras Michael Junior qui se livre au jeu et ambitionne de perpétuer dans ce nouvel album la tradition Nyahbinghi initiée par son père Ras Michael. Earl Chinna Smith, en bon maître de maison, et Winston Mc Anuff, accompagnent une fois de plus à la guitare Ras Michael Junior et son groupe Jah Is My Light Band. “Inna De Yard” se renouvelle donc dans la continuité, faisant néanmoins avec ce “Medicine Man” un pari intéressant: diversifier les approches et s’éloigner du simple duo guitare/voix, typiquement reggae acoustique, qui prévalait dans les premiers enregistrements de la série

Il est bien clair qu’avec cette sixième apparition, le concept “Inna De Yard” poursuit son ouverture au-delà des frontières du reggae, prône l’hybridation entre les genres, en laissant toujours une place centrale à la voix, mais en étoffant davantage le background musical. Dans ce “Medicine Man”, les percussions Nyahbinghi sont omniprésentes et créent une atmosphère lourde et envoûtante, se mariant à la poésie toastée de Ronnie Davis (invité privilégié de Ras Michael Junior qui ouvre et clôt cette nouvelle session acoustique) et au chant puissant et spirituel de Ras Michael Junior lui-même, indéniablement dans son élément au coeur de l’arrière cour de Chinna Smith. C’est aussi l’âme du folk et du blues, celle du grand Bob Dylan, qui se dégage de cet album, comme dans les ballades “White Line” et “Medicine Man” qui témoignent de la grande complicité musicale de Ras Michael Junior et Chinna Smith. Quand le style Nyahbinghi rencontre les sonorités folk-blues, toute la richesse de cet album se dévoile, dans les très bons “Collie Now”, “How Excellent Is Thy Name” ou encore “Make More Money”. La session se termine en beauté sur un splendide “Old Man”, qui résume l’album à lui seul, mêlant subtilement chant, harmonica et tambour Nyahbinghi

Dans la lignée du “Inna De Yard” de Cedric “Congo” Myton ou des Viceroys, “Medicine Man” semble donner un nouveau souffle à la collection de Makasound. Toujours enregistré dans la tradition des “yards” et entièrement acoustique, certains pourront peut-être reprocher à ce nouvel opus de trop s’éloigner des sonorités jamaïcaines et de n’avoir finalement plus grand chose à voir avec le reggae… Mais il semblerait que l’exploration d’autres univers musicaux, comme le font ici avec talent Ras Michael Junior, Chinna Smith et les autres, soit la condition indispensable au renouvellement de la série, qui court à chaque nouvelle sortie le risque de tourner en rond. Reste à savoir si après ce bel opus “Inna De Yard” arrivera à se perpétuer de la sorte dans la durée…

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Winston McAnuff - “Paris Rockin”

Paris Rockin[Album]
23/10/2006
(Makasound/Pias)

C’est le signe des grands artistes: qu’ils agissent en solo ou qu’ils collaborent, ils parviennent constamment à sublimer un disque. Winston McAnuff est incontestablement de ceux-là, sa carrière solo parlant pour lui, ainsi que son dernier album “The Drop” mis au monde avec l’aide de Camille Baz Baz. C’était il y a un an maintenant, et en arrivant à Paris, il ne pensait sûrement pas enchaîner sur un nouveau projet partagé et surprenant. Et pour cause, c’est Java qu’il enrôle dans son monde, dans ses éternelles consonances reggae auxquelles il ne se limite pourtant pas. Car Winston possède une voix qui lui permet de bousculer les clichés, d’emmener son public reggae dans des contrées originales et imprévues. “Paris Rockin” s’inscrit complètement dans cette démarche du fait de ses nombreux clins d’oeil à la soul et à la musette, un mariage de deux genres musicaux sur lequel on n’aurait pas parié un copeck

Sous l’impulsion de R.Wan, chanteur de Java qui vient d’ailleurs de sortir son album solo chez Makasound, la petite troupe (composée entre autres de musiciens de Java, M, Bumcello, Chok Rock) se retrouve autour de McAnuff et de Fixi, accordéoniste du combo parisien, pour quelques sessions d’enregistrement joviales desquelles sortiront une quinzaine de morceaux, pourtant loin d’être achevés. Car il faudra l’oreille affinée de l’ingénieur du son Lucas Chauvière, les arrangements de Fixi (pour que cordes, cuivres, percussions et accordéons viennent s’ajouter), les choeurs des Congos (de passage à Paris) ici ou là, et la guitare de M (oui, oui, notre M national!) sur neuf morceaux pour que ce “Paris Rockin” atteigne enfin son résultat final

Le nouvel album de Winston McAnuff arrive donc dans les bacs, baigné de très nettes influences soul (”Roamer”, “Paris Rockin” et ses cordes), et enrichi de quelques touches bien françaises (”Don’t Play”). Mais rassurez vous, à aucun moment, il ne sent les rillettes et le vin chaud, et se révèle plutôt original et profond (”Treat Me Good”). “Paris Rockin” ne souffre d’aucune lourdeur, nage dans un groove efficace, tandis que les fondamentaux reggae sont toujours plus ou moins sous jacents. Le moindre détail fait son effet (du riff de guitare de “Rock Soul”, à la chaleur rythmique de “Return To Sender”, en passant par l’intervention de R.Wan sur “Paris Rockin”), transforme ce disque en véritable ovni d’une homogénéité rare, alors que la barre était pourtant placée bien haut avec les excellents “Wretched State” et “Ras Child”

Pendant que certains préfèrent la jouer classique en ne prenant aucun risque, que d’autres frisent le ridicule en en prenant, Winston McAnuff joue d’assurance, de maîtrise, et de personnalité on ne peut plus affirmée, pour foncer droit vers une reconnaissance méritée. Enfin, a t-on envie de dire. Mais, avec tout notre respect, n’est-ce pas dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe

Ecoutez un extrait ici

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Alton Ellis - “Many Moods Of…”

Many Moods Of...[Album]
28/08/2006
(Makasound/Pias)

On doit notamment à Alton Ellis d’avoir transmis à Horace Andy l’art de poser des choeurs et de se servir d’une guitare, puis d’avoir produit l’énormissime tube d’Althea & Donna, “Uptown Rankin’”, ce qui suffit amplement à mériter notre respect le plus profond, vous en conviendrez..

Personnage discret mais pourtant incontournable de l’histoire musicale de la petite île, Alton Ellis commence ses premiers faits d’arme dès 1956 en entonnant les standards nord-américains de l’époque (Nat King Cole, Franck Sinatra…) qui lui permettent d’imposer rapidement son style très soulful comparé aux autres chanteurs de l’époque. Celui qu’on a même fini par appeler le Mr Soul of Jamaica a ainsi largement contribué à passer du ska au rocksteady, grâce à ce phrasé très crooner qui s’accordait à merveille avec les rythmiques plus paresseuses du rocksteady

Makasound a donc encore une fois eu du goût en rééditant une vieille compilation de titres du Monsieur enregistrés entre 1972 et 1983, agrémentée de sept raretés disponibles auparavant sur des maxis devenus hors de prix. Ce “Many Moods Of Alton Ellis & Previously Unreleased Tracks” comblera sans problème les nombreux fans de roots et de soul tant les deux genres se mêlent langoureusement sur la majeure partie des titres (Le “Lovin’ You”, repris plus tard par Minnie Ripperton, “Ain’t No Music”, “Rise And Fall”, “Pure Sorrow”, “Bless You”, “Inside My Soul”…). S’il est clair que c’est dans ce registre que Alton Ellis est au sommet de son art, on ne doit pas pour autant négliger quelques autres facettes du personnage comme cet excellent “Mr Skabina” et son écho de sonar minimal, le superbe “If I Could Rule The World” ou le très Gladiators “Black My Experience”… En espérant que ce disque aidera à redonner la place qu’il mérite à ce gentleman auprès d’un public non-spécialiste qui se limite malheureusement trop souvent aux blockbusters du genre (Marley en tête)

Est-il utile de préciser qu’on retrouve de ci de là au fil des morceaux la présence de Prince Jammy, Lee Perry, Joe Gibbs, Sly Dunbar, The Heptones, Johnny Clarke, Bongo Hermann et beaucoup d’autres? Bon, d’accord, ça ne l’était pas, mais trop tard, c’est fait… Vous ne devriez déjà plus être là de toute façon!!

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Winston McAnuff - “Pick Hits To Click”

Pick Hits To Click[Album]
06/06/2006
(Makasound/Discograph)

Il aura fallu quelques années, et notamment la sortie de son récent album né de sa collaboration avec Camille Baz Baz, pour que Winston McAnuff soit enfin reconnu du public Français avide de reggae. Plutôt long et injuste comme laps de temps quand on sait que “Pick Hits To Click”, premier opus du bonhomme co produit avec Derrick Harriott et réédité seulement aujourd’hui par un Makasound plus qu’actif, est sorti en 1977 et que McAnuff fut quand même l’étincelle des carrières de Hugh Mundell, Earl Sixteen et Wayne Wade. Normal donc que la discographie de cet acteur de la scène reggae soit progressivement rééditée. “Pick Hits To Click”, à la production impeccable, est la troisième à ce jour et ne manque clairement pas d’intérêt. Enregistré entre 1975 et 1977 au Channel One en compagnie de Sly & Robbie et Tommy Mc Cook entre autres, il contient quelques pépites qui ne pouvaient rester aux oubliettes tant Winston possédait déjà un talent vocal indiscutable: “Punky Rock 1″ (et sa version dub en fin d’album), “Whosever Believeth”, “Ugly Days”, ou “Head Corner Stone” en attestent indiscutablement. Juste de quoi patienter en attendant un nouvel album, “Paris Rocking”, à sortir en fin d’année et préparé en collaboration avec le groupe Java. Ça promet!

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The Viceroys - “Inna De Yard”

Inna De Yard[Album]
27/03/2006
(Makasound/Discograph)

Non content d’avoir donné naissance à un des concepts d’album les plus intéressants que le reggae ait vu éclore, le label Makasound continue sur sa lancée et se permet même de l’enrichir. En effet, ce sont cette fois les Viceroys, trio vocal mythique du Studio One, qui investissent le yard, toujours en acoustique mais avec une instrumentation plus proche de celle d’un opus classique. Entendez par là que basse, batterie, guitare, clavier, et percussions sont désormais de la partie. Un élément qui ne laissera pas tout le monde indifférent, le public peu habitué à “creuser” le reggae pouvant considérer la série “Inna De Yard” jusqu’à maintenant un peu trop ressemblante.Du coup, Earl Chinna Smith, guitariste indétrônable du projet, se retrouve épaulé par quelques poids lourds du genre, Sangle Davis (guitariste de Bob Marley), Bo Pee (guitariste des Roots Radics), et Robbie Leen (clavier de Studio One, Sly & Robbie, Gainsbourg ou Tiken Jah Fakoly) pour les citer, auxquels s’ajoutent, entre autres, les collaborations de Jah Youth, Kiddus I, Alphonso Craig et Kush McAnuff. Du coup, Wesley Tinglin (fondateur du groupe en 1966), Neville Ingram et Michael Gabbidon (dernier arrivé il y a maintenant trois ans et également connu sous le nom de Gary Paul pour ses collaborations avec Max Roméo) sont dans leurs petits chaussons pour interpréter de leurs sublimes voix, dans l’intimité du yard et de l’acoustique, quelques-uns de leurs plus grands tubes (”Ya Ho”, “My Mission Is Impossible”, “Shadrach, Meshach, and Abendigo”). Ce nouveau volume de la série Inna De Yard pourrait bien élargir un peu plus son public. Du coup, on se prendrait même à rêver d’un concert évènement dans nos contrées, comme si le Yard et tous ses acteurs pouvaient au moins une fois s’exporter sur une scène française…

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Leroy Smart - “Dread Hot In Africa”

Dread Hot In Africa[Album]
20/02/2006
(Makasound/Discograph)

La France est encore loin de tout connaître en matière de reggae. La très faible médiatisation de Leroy Smart dans nos contrées en est la preuve parfaite. Pourtant, la réputation du bonhomme n’est plus à faire en Jamaïque, ou il enchaîne les hits depuis quatre décennies et ne cesse de séduire le public yardie et les radios bien qu’il fasse intégralement partie des artistes de la vieille école. Sa première expérience studio, Smart l’a connu en 1969 pour signer son véritable premier tube, “Mother Liza”, en 1973. Cinq ans plus tard, il décide de se produire lui-même et pond son plus gros hit, “Ballistic Affair”. Trente cinq albums après, le label français Makasound en sort un de ceux-là, totalement inédit. “Dread Hot In Africa”, produit en 1977 au studio Channel One, est composé de seize titres: douze originaux complétés par les trois meilleurs morceaux de “Superstar” (”Man Is So Great”, “We Want To Go Home”, “Let Your Heart Be Pure”), autre album majeur de l’artiste produit par Bunny Lee, et du maxi “Walk Away From Trouble” devenu trop rare. A ses côtés, quelques musiciens devenus des figures du genre: Robbie Shakespear, Sly Dunbar, Carlton Davis, Earl Chinna Smith, Tommy Mc Cook pour n’en citer que quelques-uns. Que d’éléments qui, en plus du flair toujours aussi efficace de Makasound, en fait une référence à obligatoirement posséder

Tracklisting1. Mr Smart2. Love in my heart3. No love4. Beautiful rainbow5. Give Jah praise7. I need you girl8. Man is so great9. African woman10. We want to go home11. Jah Jah forgive them12. Babylon wicked13. Walk away from trouble14. Love everyone15. Just tell me16. Let your heart be pure

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Cedric “Congo” Myton - “Inna De Yard”

Inna De Yard[Album]
14/11/2005
(Makasound/Discograph)

La série “Inna De Yard” de Makasound, ayant pour but de proposer des albums reggae dans leurs formes la plus brute, c’est à dire en toute simplicité et entièrement acoustiques, a déjà conquis pas mal d’adeptes du genre, que ce soit avec Linval Thompson, Earl Chinna Smith ou Kiddus I. Si le concept pouvait parfois atteindre ses limites et manquer de diversité (tous les disques ayant à peu de choses près les mêmes sonorités) malgré le talent et l’identité musicale de ses auteurs, on assiste depuis deux volets à une légère évolution amenant plus de richesse et rendant l’écoute bien plus captivante. Du coup, “Inna De Yard” ne parle plus seulement en majorité aux amoureux du reggae mais, à chaque apparition, devient définitivement une série à suivre par tous

Et ce n’est pas celui de Cedric Myton, chanteur des légendaires Congos, autrement dit une des voix les plus marquantes que le reggae ait connu, qui va changer la donne. Depuis le début de sa carrière au début des années 60, il a laissé derrière lui quelques monuments du genre, dont les “Heart Of The Congos” et “Congo Ashanti”, pondus sous la tutelle d’un certain Lee Perry qui leur aura même soufflé leur nom. Alors que le groupe se reforme et prépare un retour qui ne peut être qu’attendu, Myton s’est donc laissé tenter par le concept d”Inna De Yard” et s’est entouré des meilleurs musiciens pour ce qui est, à l’heure actuelle, l’apogée de la série. En effet, Earl Chinna Smith endosse toujours le tablier de chef d’orchestre, composé cette fois d’anciens Skatalites aux cuivres (Johnny Dizzy Moore et Leslie Samuels), du percussionniste de Sizzla (Alphonso Craig), de Lloyd Palmer au mélodica, de Winston Mc Anuff à la guitare sur les deux derniers titres, de Kiddus I, Jay Youth… L’apparition des cuivres, notamment, rend donc chaque titre plus intéressant, apporte relief et profondeur, deux aspects qui auraient cruellement manqué et condamné ce nouveau volume au rang des précédents. Côté DVD, c’est Ashanti Roy Johnson qui s’est chargé d’immortaliser cette réunion exceptionnelle avec plus d’une heure d’image

Cedric “Congo” Myton frappe donc la série “Inna De Yard” de sa voix exceptionnelle, mystique et spirituelle, et nous assène un retour aux racines du reggae qui n’aura jamais été aussi vibrant. Neuf titres d’une qualité constante qui fait monter l’auditeur aussi rapidement qu’évolue la série. Pas encore d’info sur le prochain volet, mais une chose est sûre: plus on prend de l’altitude, plus la température monte… Un autre monde.

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Leroy Brown - “Color Barrier”

Color Barrier[Album]
24/10/2005
(Makasound/Discograph)

Des Brown, ce n’est pas ce qui manque dans le répertoire artiste de la scène reggae. Après Glen et Dennis avec qui il n’a aucun lien de parenté, Leroy est de ceux qui n’ont marqué qu’un temps, pour malheureusement n’être courus que par les férus collectionneurs depuis que “Color Barrier”, cet album inédit en CD, réédité cet automne par Makasound et agrémenté de maxis et inédits, est sorti en 1976 de manière pourtant très confidentielle sur Caturna, label du bonhomme, sous le titre “Prayer Of Peace”, avant d’être réédité une première fois sur Makossa en 1981

Méconnu de beaucoup, Leroy Brown est découvert jeune par Alton Ellis, frappé par la voix du jeune homme qui aimait chanter à un coin de rue de Trenchtown, un de ses passages quotidiens. Séduit, il l’emmène en studio pour améliorer son chant et étudier les harmonies. Emmené ainsi sur la voie du succès, ce n’est qu’au milieu des années 60 que Leroy se lance sérieusement dans la musique, notamment en rejoignant Max Romeo et The Emotions puis en jouant et chantant au sein des Hippy Boys. Il opte ensuite pour une carrière solo et enregistre “Color Barrier” entre 1976 et 1982, co-produit avec Robbie Shakespeare et enregistré dans différents studios (Channel One, Treasure Isle, King Tubby’s, Sound Canada…) avec des musiciens aussi talentueux que Sly Dunbar, Leroy Wallace, Earl Chinna Smith, Augustus Pablo, The Chosen Few pour n’en citer que quelques uns

Le rééditant aujourd’hui, Makasound nous fait donc découvrir un reggae roots à la fois classique et atypique, marqué essentiellement par la voix délicate de Leroy Brown qui fait, par exemple, des “Color Barrier”, “African Roots”, “Don’t Give Up”, “Mind How You Talk”, ou “Gone Gone featuring Captain Charghand” certains des meilleurs titres de ce disque qu’il aurait été injuste de laisser définitivement au rang des oubliés.

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