Magicrays

Magicrays

(Suisse)

(3 articles)

Magicrays - “Off The Map”

Off The Map[Album]
23/02/2007
(Gentlemen/Pias)

Après deux albums assez convaincants qui marchaient sur les traces de Radiohead et Coldplay (”Take Me Home” et “On The Shoreline”), Magicrays revient déposer un troisième album qu’il a une nouvelle fois confié au producteur John Parish, déjà responsable du précédent enregistré dans le désert de l’Arizona. Sauf que cette fois, c’est du côté de Bristol, en Angleterre, que “Off The Map” a été mis en boîte. Et il faut croire que le climat moins étouffant d’outre Atlantique a donné aux Suisses l’envie de donner dans un registre légèrement plus rock, désormais comparable à celui tout aussi prestigieux de Wilco. Autrefois assez calme, gourmand de cordes, de pianos et plus généralement d’ambiances intimistes, le quintet a ici clairement poussé un peu plus la saturation. Pas un mal en soit, d’autant plus que cette nouvelle couleur permet à Magicrays de varier son répertoire. N’allez pas croire pour autant à un véritable album de rock, car si le groupe se montre régulièrement plus vindicatif (”Marks”, “Hold Your Horses”, “Dragon Shield”, “Twilight Descent”), il n’a pas pour autant oublié de ponctuer ce tracklisting de passages plus pop, ceux dont il a déjà démontré sa maîtrise (”The Map”, “Heart Burn”). En toute occasion, “Off The Map” peut se vanter d’avoir une classe non négligeable, née de l’attention portée par John Parish aux instruments vintage et aux effets analogiques. D’où une production très chaude qui, à aucun moment, ne vient altérer l’efficacité des mélodies (”The Green River”), ni l’émotion du chant (”Turn Insight Into Action”), deux éléments prédominants de la musique de Magicrays. Derrière une première impression de formatage bien vite dissipée, se cache donc un disque adulte, illustrant à merveille toute l’importance d’une osmose parfaite entre un producteur de génie et des musiciens maîtrisant leur art

Ecoutez un extrait ici

Magicrays - “On The Shoreline”

On The Shoreline[Album]
12/04/2004
(Gentlemen/Import)

Après “Take Me Home”, le premier opus de Magicrays, l’Europe pouvait compter sur une des futures références en matière de pop music. Accessibles mais avec ce petit quelque chose qui fait leur personnalité, ces suisses rééditent avec ce second “On The Shoreline”

Rien de plus que le précédent, sauf que celui ci a été enregistré sous le soleil d’Arizona, dans le studio des Calexico, par le grand John Parish (PJ Harvey, Sparklehorse, Eels, Goldfrapp…). Les rayons n’auront pourtant pas orienté la musique des Magicrays. La mélancolie est toujours palpable sur chacun des titres, que leur instrumentation soit minimale (”Take Me Home”) ou plus approfondie. On pense souvent à Coldplay (”Parallel”) ou quelques fois à Radiohead (”Black”) car l’approche et les ambiances sont un peu similaires à ces deux références britanniques. En effet, “On The Shoreline” dégage une certaine grâce et délicatesse qui ne laisse pas indifférent (”Postpone”, “Where Shade Sparks”) mais qui pourrait vite se faire oublier à cause de titres moins efficaces (”Ahead Of a Parade”). Ici, on préfère l’acoustique, les pianos et violons planants et intimistes plutôt que les envolées électriques même si “Overdrive” vient troubler le calme de l’album

Magicrays accouche une nouvelle fois d’une pop bien léchée, meilleure encore qu’auparavant, mais ne parvient pas encore à se tirer du lot. Alors pourquoi pas au troisième?

Magicrays - “Take Me Home”

Take Me Home[Album]
01/05/2002
(Gentlemen/United Music Company)

La Suisse nous avait habitués jusqu’à présent à de bonnes productions de rock lourd et dévastateur avec les prestations de formations telles que Shovel ou Houston Swing Engine. Sauf que ce “Take Me Home” prouve aussi que de l’autre côté du lac Leman, on sait aussi poser sa musique et composer de belles ballades pour les chaudes soirées d’hiver au coin d’une bonne cheminée

Dans un style très proche du Radiohead des débuts (”Someone Somewhere”) mais aussi non loin des plus récents Coldplay (”Starchild”), Magicrays accouche ici de beaux hymnes pop pleins de sagesse et de maturité. Pas question ici de laisser place à une énergie sans limite car la formation suisse s’est fortement appliquée à proposer des morceaux aux ambiances mélancoliques à base d’orchestration savamment dosée. Comprenez que le strict minimum est joué (”Risky”) pour un résultat des plus séduisants et très convaincant. Et ce ne sont pas “Infinite Battle”, “Who’s To Play The Game”, ou “Autochrome” qui viendront ternir cette impression

Magicrays prouve encore à tous ceux qui en doutaient que la scène indépendante est un réel vivier de groupes ayant tout des grands mais ayant choisi de rester à une envergure raisonnable et humaine. Après l’écoute de cet album, il est désormais impossible d’en être sceptique..

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