Madee

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(Espagne)

(3 articles)

Madee - “L’Antarctica”

L'Antarctica[Album]
08/10/2007
(BCore/Import)

Depuis toujours, Madee est de ces groupes qui nous évitent de tomber dans les préjugés voulant que les rockeurs espagnols ne sont que des masses viriles, seulement capables d’accomplir avec énormément de brio du très bon punk/hardcore. Pourtant, les exemples contraires ne manquent pas, bien que la France semble aimer user de ce complexe de supériorité vis-à-vis de la scène ibérique. Celle-là aurait pourtant beaucoup à lui apprendre, notamment si le catalogue BCore, aux références n’ayant souvent rien à envier à leurs modèles américains, parvenait plus régulièrement à faire des incursions sur notre territoire. Revenons donc à Madee, ce combo pop qui chante et joue comme s’il était originaire d’Angleterre ou des Etats Unis, et qui, avec “L’Antarctica”, expose au monde entier sa capacité à faire front aux groupes pop ayant séduit nombre de majors

Trois ans se sont écoulés depuis le déjà très prometteur “Orion’s Belt” qui ne parvenait pourtant pas à élever Madee au-dessus de la vaste nébuleuse de formations rock. Beaucoup de choses semblent s’être passées durant cette période d’absence, et ces musiciens espagnols n’ont pas manqué de s’en instruire pour arriver en studio avec une énorme envie de bien faire, de se sentir vivants, de sortir un nouvel album beaucoup plus ambitieux et marquant. C’est ce qui saute instantanément aux oreilles dés l’entame “Transference 2″ ou les mélodies se montrent encore contagieuses mais dans une orchestration plus riche et plus profonde, les guitares laissant désormais un peu d’espace au piano, aux choeurs, aux vents et cordes, mais aussi à un chant toujours aussi poignant que parfait. Mais, si les compositions se sont un peu assagies (”L’Antarctica”, “Mu”), l’approche mélancolique qui a fait ses preuves par le passé a toujours sa place (”I Am a Green Swimmingpool”), tout comme quelques montées électriques de bon ton (”The Wounded”, “A Lack Of Bravery”). Le tout mis au goût du jour par un fin travail d’arrangements offrant à ce nouvel opus une richesse jamais atteinte par le sextet, tout comme de magnifiques textures (”Avalanche”)

Et quelques titres comme “Polonium” ou “Drive Away” pourraient bien faire de “L’Antarctica” un des albums espagnols de l’année, et pourquoi pas emmener leurs auteurs confronter leur talent sur les terres d’origine du genre. Ainsi, les Coldplay & Co pourraient bien trembler en comparant la facilité de leur registre face à tant d’inspiration de la part d’un combo inconnu du grand public et qui n’a pas encore dit son dernier mot. Madee monte en puissance à chaque album, et celui-ci tend à confirmer le fait que la pop a encore de beaux jours devant elle. Voilà une bonne nouvelle..

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Madee - “We Should Take Our Chances”

We Should Take Our Chances[DVD]
01/10/2005
(BCore/Overcome)

Madee, c’est un peu l’intrus du label catalan BCore, plutôt habitué à travailler des groupes à tendance punk/hardcore. Mais quel intrus! Car ce sextet de Barcelone revêt, si on peut dire, l’habit d’un Radiohead local avec ses compositions pop ultra travaillées, ou chaque note tient logiquement et fièrement sa place, ou tout est calculé et rien n’est joué au hasard. Rappelez vous les prestations des américains d’Elliott, qui eux aussi avaient ce merveilleux goût pour des morceaux somptueux, accessibles et en même temps très chiadés. Avec trois albums à sa discographie, Madee passe aujourd’hui le cap du premier DVD. Surtout parce que le groupe a pas mal de clips à son actif et qu’il fallait bien les compiler un jour. Alors, même si le résultat est assez inégal, ils ont au moins le mérite de soumettre au public la manière dont Madee voit sa musique imagée. Si certaines vidéos sont assez peu passionnantes (images de voyages, danses contemporaines…), d’autres au contraire proposent quelques images du combo, notamment le très beau “Impulsor”, déjà proposé sur le DVD du label. Si ce “We Should Take Our Chances” ne s’en était tenu qu’à cela, on aurait pu crier à l’inintérêt général. Sauf que le combo catalan ajoute au menu un documentaire sur l’enregistrement de “Orion’s Belt”, leur dernier album, à Chicago, mais surtout trois concerts qui valent le détour et prouvent toute la maîtrise de Madee lorsqu’il est confronté à son public. Celui de Radio 3, marqué par le léger retard hispanique en matière de production, ne présente qu’une poignée de titres, contrairement à ceux de Salamandra et de l’Espal, ce dernier étant celui le plus parlant avec ses vidéos en fond de scène et la contribution d’un trio de cordes soulignant le soucis d’orchestration du sextet. Si ce DVD s’adresse surtout au public s’étant déjà arrêté sur sa discographie, on souhaite vivement que les autres fassent déjà ce premier pas pour vite découvrir ce “We Should Take Our Chances” qui ne fait qu’enfoncer le clou…

Madee - “Orion’s Belt”

Orion's Belt[Album]
01/11/2004
(BCore/Import)

L’Espagne regorge de bons groupes et BCore se fait un malin plaisir de nous les dégoter depuis quelques années. Madee est de ceux là. Né en 1998 dans la banlieue de Barcelone, le groupe en est déjà à son troisième album. Après être passé par des influences telles que Girls Against Boys, Sunny Day Real Estate, Jimmy Eat World, Mineral, Superchunk, ou même The Cure, le groupe calme un peu le jeu et montre toute sa profondeur, sa douleur et sa sensibilité sur ce nouveau “Orion’s Belt”, sincère et bien léché. En effet, Madee complique désormais un peu ses compositions, améliore l’instrumentation en ajoutant un pianiste à la formation, ou en invitant un quatuor à corde comprenant, pour l’anecdote, Susan Voeltz de Giant Sand. On passe donc d’un groupe de rock adolescent à une formation mature, sachant ou elle veut aller, qui n’hésite pas à prendre le temps d’installer son décor et de faire évoluer ses morceaux (”Mintaka”) pour mieux accoucher de somptueuses ballades mélancoliques (”A Ghost”, “Fallen Heroes”, “Orion’s Belt”). Madee sort ainsi de l’anonymat et de la masse des groupes de rock, et n’a plus qu’à souhaiter que l’Europe ouvre définitivement ses frontières au rock espagnol et à BCore, incontestablement le petit Dischord européen. On y arrive, doucement mais sûrement…