Le Peuple De l’Herbe

Le Peuple De l’Herbe

(France)

(6 articles)

Le Peuple de l’Herbe - “Look Up” (music video)

Le Peuple De l’Herbe - “Radio Blood Money”

Radio Blood Money[Album]
27/08/2007
(Supadope/Pias)

La première fois que j’ai entendu Le Peuple De L’Herbe, c’était à peu près deux ans avant la sortie de leur premier maxi, vers 1997 donc, sur la mythique compilation “Créatures Des Abysses” (mythique parce qu’elle a par exemple servi de déclic pour les créateurs du futur label Jarring Effects). Si le nom du groupe me paraissait déjà à l’époque un tantinet démagogique, leur musique et leur attitude avaient en revanche tout pour me séduire. Dans ce morceau totalement décomplexé, le crew lyonnais se permettait par exemple de sampler sans vergogne les dialogues des Tontons Flingueurs (”On pourrait p’t-être s’en faire un p’tit?!”) à côté de bribes du “Mad Izm” de Channel Live (”Wake up in the mornin’ got the yearnin’ for herb”) feat. KRS One (”Yeahhh!!”), et de la ligne de basse du “Dub Fire” de Aswad (Pom Pom! Popopom Pom Pom!)… “Herbman Skank” allait d’ailleurs vite devenir leur premier tube, et un incontournable de ma platine

Avec le recul, tous les ingrédients qui feront le succès du groupe étaient réunis dans ce morceau, avec un dosage parfait: des grosses influences jamaïquaines (dancehall, reggae, dub…), une certaine vision du hip hop (vous aurez remarqué que le groupe utilise la même typographie que Public Enemy pour écrire son nom…), l’efficacité des musiques électroniques (break beat, drum’n'bass…) et un groove absolument énorme

Pourtant, plus jamais dans la discographie du groupe, je n’ai retrouvé intacte cette magie de la première fois. Certes, il y a eu quelques bons morceaux dans leurs trois albums studio, un paquet de concerts remuants… Mais plus de magie

Et l’écoute de leur quatrième “Blood Radio Money” ne changera malheureusement pas le cours des choses. Non pas qu’il soit mauvais, ne me faîtes pas dire ce que je n’ai pas dit. Ce nouveau disque plaira même très certainement aux fans du groupe, puisqu’il s’inscrit dans la lignée de ses précédentes productions, avec peut-être davantage de place aux instruments qui ne se jouent pas avec un clavier. Inspiré par le roman du maître de l’anticipation Philip K. Dick, “Dr. Bloodmoney”, publié en 1965 en pleine paranoïa apocalyptique due à la Guerre Froide, Le Peuple De L’Herbe compose à son tour la bande son d’un monde perdu qui doit se reconstruire après une catastrophe nucléaire. Quelques résistants montent alors cette fameuse radio qui donne son titre à l’album pour propager des idées et des valeurs nouvelles. Tout parallèle avec l’actuelle crise du disque serait purement accidentel

Le Peuple De L’Herbe n’a pas renié son éclectisme d’antan, loin de là, mais il ne retrouve pas le génie alchimiste que laissait présager “Herbman Skank”. Ici les morceaux s’enchaînent et ne se ressemblent pas, parce qu’ils revisitent presque tous un style différent, sans trop les détourner. On a donc parfois l’impression d’écouter au mieux une bonne compilation, ou au pire un sampler de catalogue de label. Les funky “Traces” et “Yep Afini” auraient pu atterrir respectivement sur un album de Herbaliser et de Smooth. “Dope Beats” racole les amateurs de break beat/drum’n'bass. Le hip hop électronique est représenté par “History Goes” et “Free Degree”. “Riddim Collision” assure le quota dub français et “The Fall” s’occupe du gros son industriel, comme s’en chargent habituellement leurs collègues de Uzul Prod. On va me dire que je n’ai rien compris au truc, que ces différentes ambiances sont justement là pour créer une progression dans le récit de l’album, etc. etc. Mouais… Mais quand même. A du potentiel, mais peut mieux faire

Je concède néanmoins qu’on trouve encore quelques perles sur ce nouvel effort. “History Goes” est une énorme tuerie, en partie grâce au protéiforme rappeur/beatboxer anglais JC001 et son timbre de voix à la Black Sifichi. Le single “Plastic People” lui doit aussi beaucoup. Imaginez The Streets partir en live façon crooner déjanté, et vous serez pas très loin du résultat. Le reggae futuriste “Judge Not” fait aussi son petit effet, mais là encore essentiellement grâce à la présence d’un Sir Jean en grande verve

Comme d’habitude, Le Peuple De L’Herbe prouve donc qu’il a des tas de bonnes idées, mais il lui manque un je-ne-sais-quoi pour vraiment convaincre. C’est dur parce que je ne saurais même pas vous dire exactement ce que j’aimerais trouver de plus. Davantage de prise de risques? L’insouciance des premiers jets? Peut-être qu’on a tout simplement plus grand-chose à se dire eux et moi? C’est souvent le problème avec les relations qui démarrent sur les chapeaux de roue, ça ne tient pas la route..

En écoutePlastic People

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Le Peuple De l’Herbe - “Cube”

Cube[Album]
10/01/2005
(Supadope/Pias)

Avec “PH Test Two”, le Peuple de l’Herbe avait réussi à bien se renouveler en injectant des fragrances un peu plus électroniques dans son mélange. Le stade difficile du deuxième album était franchi avec succès, jusqu’à l’épreuve encore plus redoutable du 3ème, qui va nous intéresser aujourd’hui

Pas la peine de faire de fioritures, lorsqu’on met ce “Cube” dans la platine, un gros problème se pose: on pourrait sans aucun effort s’auto-persuader l’avoir déjà entendu. On se retrouve là en effet face à la fatalité qui frappe toute grosse scène musicale qui s’est (trop?) rapidement développée: la redite. Sur ces 16 morceaux, on se retrouve donc en plein dans cette “French Touch” alternative centrée autour de Jarring Effects et de quelques autres groupes. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette fois le Peuple ne réussit pas à renouveler son abstracthiphopjazzydubelectro, tellement classique qu’il en devient presque concret. Quasiment tout ce nouveau LP semble roboratif, tellement ces sonorités ont été exploitées jusqu’à la moelle, impression encore aggravée par ces énièmes samples tirés de B Movies américains, de “Les Tontons Flingueurs se calment et boient frais à Saint Tropez” ou de la compilation 1983 de la Zulu Nation of Hardcore Old-School, tellement utilisés qu’ils en deviennent instantanément soûlants (”Déjà à l’école”, pitié!)

Le constat peut paraître un peu rude, puisque quelques pistes essaient d’explorer une direction différente, mais sans là encore vraiment proposer quelque chose de novateur: “Theme From The Cube” sonne comme du Lalo Shiffrin essayant de convaincre James Bond de jouer dans un film de Blaxploitation, “Adventure” comme un vulgaire “Psyché Rock” mal digéré, et le reste est à l’avenant. Il reste cependant quelques morceaux écoutables sur cet album: “Mission” et “El Paso” sont sauvés par le flow de JC001, “Gumzilla” par son aspect un peu déstructuré qui semblerait presque vouloir s’aventurer du côté de l’electronica, et “Kin Sapalot” constitue une rêverie agréable. C’est bien peu et très décevant, surtout face à “PH Test Two” qui avait largement réussi - en s’électronisant nettement plus - à passer loin au large des écueils plantés profondément dans le flan de ce troisième opus

“Cube” convaincra sans doute ceux qui seraient totalement restés sourds à cette scène française au cours des dernières années, mais les autres auront sans doute envie de dire au Peuple de l’Herbe de passer la tondeuse, histoire de dégager un gazon plus vert, et même tout simplement novateur.

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Interview : Le Peuple De l’Herbe (12-2004)

Interview : Le Peuple De l’Herbe (12-2004)

Aujourd’hui, face au rouleau compresseur R&B et Nu Soul, nous avons les anglais et des français comme Le Peuple De l’Herbe. Rencontre avec ces lyonnais…

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Le Peuple De l’Herbe - “PH Test/Two”

PH Test/Two[Album]
18/06/2002
(Supadope/Pias)

Un an après la sortie du premier album, les lyonnais remettent ça avec des compositions davantage orientées soul. C’est le cas avec ‘Delice’, titre ouverture de P.H.Test/Two. Le son de trompette de ce titre nous transporte également vers toute la génération acid-jazz anglaise. Mais les sons de scratch et les sonorités hip hop sont toujours bien présents. Quelques messages plus politisés sont délivrés sur cet opus. Le côté ‘dancehall’ jamaïcain n’est pas en reste : La preuve par dix avec ‘No Escape’ et ‘Blunted’. La présence de JOOOI donne à ‘20 Years Gone’ une dimension incroyable. Là encore, les hommages sont nombreux, à Melle Mel et aux Furious Five, notamment (”Don’t Push Me…”). Une autre nouveauté par rapport au premier opus : La présence de rythmiques façon Drum & Bass, notamment sur “Parkside Souvenirs”. L’oeuvre se termine par le somptueux “1 Rythme 2 Chiens”, instrumental puissant aux réminiscences hip hop et trip hop. Vite, vite, le troisième!

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Le Peuple De l’Herbe - “Triple Zéro+”

Triple Zéro+[Album]
21/05/2001
(Supadope/Pias)

Sorti en 2001, cet album est la preuve que toute une génération a bien assimilé et digéré les différentes cultures underground des années 70, 80 et 90. En tout cas, c’est le cas de cette formation. Bourré d’idées, de trouvailles et de clins d’oeils aux grands du hip hop et de la Jamaïque, cet album est une véritable boule d’énergie. “Luv’Bit” commence sur “Bring That Beat Back”, façon Public Enemy, le “Elektro M.J.” salut les précurseurs du graffiti qui ont largement participé à l’essor de la culture hip hop. Le son de ce titre rappelle toutes les productions electro des années 80 qu’elles soient de la côte ouest des USA ou de la côte Est, façon Arthur Baker. L’influence de celui ci est encore plus flagrante sur “Groovambar”: On pense immédiatement aux Afrika Bambaataa & The Soulsonic Force et à toute la génération du label Tommy Boy, emmenée par Fred Zarr, Jon Robbie, John Benitez et Arthur Baker. La section de percussions nous ramène aussi vers les images du film culte “Beat Street”. Bref, un grand disque dans l’histoire de la musique en France.

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