Karaté
Karaté Karaté

Karaté

(USA/Boston)

(11 articles)

Best of - Karate en 10 titres, et pas un de plus…

Best of - Karate en 10 titres, et pas un de plus…

Pour inaugurer la rubrique Best of, place à Karaté, groupe de Boston qui aura marqué l’indie américain de 1993 à 2005. Emmené par Geoff Farina, le trio aura sorti une poignée d’albums au cours desquels son amour pour la musique improvisée aura peu à peu pris le pas sur son indie rock mélodique originel.

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Interview : Karaté (01-2008)

Interview : Karaté (01-2008)

Il y a comme un vide depuis que Karate a annoncé sa séparation en 2005. Heureusement, ses membres n’en ont pas fini avec la musique. L’occasion s’est donc présentée de revenir sur cette belle épopée…

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Karaté - “595″

595[Album]
08/10/2007
(Southern/Differ Ant)

Certains groupes se séparent pour des raisons d’affinités personnelles ou musicales, d’autres se voient mettre un terme à leur carrière pour des motifs auxquels ils ne s’attendaient pas. C’est le cas de Karaté qui mettait la clé sous la porte en 2005, tirant un trait sur un passé de douze ans, sur six albums et près de 700 concerts dans une vingtaine de pays, pour des problèmes d’ouie de son frontman Geoff Farina. Pourtant, Karaté n’aura pas été des groupes de rock les plus bruyants. Stopper ou devenir sourd, tel aura donc été le choix qui s’imposait au guitariste/chanteur rattrapé par un triste destin, au même titre qu’un non fumeur qui se voit diagnostiquer un cancer du poumon. C’est la vie, ça vous tombe sur la gueule sans prévenir, et ça rend triste

Du coup, ce trio de Boston qui aura eu tant de mal à convaincre les esprits à oeillère de se pencher sur son registre d’indie rock/musique improvisée/standard rock, le tout bien imprégné d’un passé punk DIY, laissait orphelin un public désormais acquis. Celui-là qui, deux ans encore après que le couperet soit tombé, aime revenir à ces quelques douceurs déposées sur le chemin de Karaté

Le groupe avait le perfectionnisme, la technique, et le son pour lui. Trois éléments qu’il aura toujours favorisés pour devenir unique. Car peu sont les combos, baignant leur rock dans des influences jazz et blues, à réussir à ne pas tomber dans la musique à papa. Karaté, parti d’un rock assez basique qui alla progressivement s’imprégner de jazz, faisait exception grâce à des mélodies accrocheuses mais ardues, une finesse incontestable qu’elle réside dans une section rythmique groovie et délicate, ou dans le toucher guitaristique d’un Geoff Farina toujours très inspiré vocalement

C’est tout cela que l’on retrouve sur ce 595ème concert du groupe (d’où le titre), enregistré en Belgique en 2005. Le temps de huit titres, la fine fleur d’une discographie sélectionnée de manière très pointilleuse par les trois musiciens, on retrace douze ans de carrière et autant d’émotion. “The Roots And The Ruins” sonne plus spontané qu’en studio, on entendrait presque les verres trinquer sur “Number 6″, les dix minutes de “Caffeine Or Me” et “There Are Ghosts” (au phrasé plus parlé que l’original) nous renvoient à ses plus belles heures rock, et l’improvisation rallonge la version de “In Hundreds”. Tout cela sans compter “Airport”, “Original Spies”, et “Sever” venant compléter un tracklisting totalement représentatif du niveau atteint par leurs auteurs

Si la frange la plus endurcie du public Karaté venait à ne pas en être consolée, qu’elle sache qu’il ne faut pas pour autant tirer un trait sur ces trois Américains qui n’ont pas attendu longtemps pour rebondir: Jeff (basse) et Garvin (batterie) forment désormais le duo Possible Path, ce dernier a également intégré le line up des légendaires Cul De Sac, mais aussi Glorytellers avec Geoff quand celui-ci ne se présente pas en solo. Pas de place pour la déprime donc, et un emploi du temps plutôt bien chargé pour ceux qu’on aura maintenant à surveiller trois fois au lieu d’une. Après la pluie vient le beau temps..

En écouteThe Roots And The Ruins

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Karaté - “In The Fishtank”

In The Fishtank[Album]
22/05/2006
(Konkurrent/Differ Ant)

NoMeansNo, Snuff, Tortoise, The Ex, June Of 44, Sonic Youth, Motorpsycho, ou The Black Heart Procession sont quelques-uns des groupes ayant déjà marqué la série “In The Fishtank”, ce studio accueillant un ou plusieurs combos simultanément pour y enregistrer le résultat de deux jours passés en son sein. Quand on connaît le talent de Karaté, partagé entre rock et jazz, il n’est pas étonnant qu’ils aient, eux aussi, été conviés. Et comme pour marquer le coup, le trio a été forcé de ne pas faire comme tout le monde. Oui, on connaît les problèmes d’audition de Geoff Farina qui a été récemment contraint de mettre fin à la carrière de Karaté, on ne savait pas, par contre, qu’ils avaient débuté ce jour-là, et qu’ils lui permettraient de rendre ce douzième volume de la série différent.Comme amoindrie, la formation décide donc, au lieu de se lancer dans d’interminables sessions d’improvisation inconfortables, de reprendre quelques titres, très critiques envers les Etats Unis, empruntés à d’autres artistes. Mais on n’a pas là de simples reprises, car tout ce qui passe entre les mains de Karaté s’imprègne de sa patte, de ce jeu de guitare reconnaissable, et de ce chant de crooner si délicat. Du coup, qu’il s’agisse de Billy Holiday, Bob Dylan, Mark Hollis ou les Minutemen, on a vraiment l’impression de se voir offrir là huit nouveaux titres d’un Karaté revenu à son époque rock, celle où les mélodies tiraient facilement les larmes. Une sensation qu’on retrouve incontestablement sur les superbes “Strange Fruit” et “Tears Of Rage”, les deux titres les plus calmes de ce disque. Car le reste renvoie aux deux premiers albums de Karaté, à un temps où l’énergie n’étaient pas comptée (ça sonne même punk rock sur “Bob Dylan Wrote Propaganda Songs”), et que le groove officiait déjà (”This Ain’t No Picnic, “Need a Job”). Karaté n’est plus, mais a laissé assez de testaments comme celui-ci derrière lui pour qu’il ne tombe jamais dans l’oubli. Une pièce indispensable de sa discographie.

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Karaté - “Pockets”

Pockets[Album]
07/09/2004
(Southern/Chronowax)

Au fur et à mesure que sa discographie se consolide, Karaté, parti d’une pop indé pour passer par des chemins jazzys plus épineux, creuse son style au point d’être reconnu aujourd’hui dés les premières notes balancées par nos enceintes. Chaque opus du trio est la suite logique de son précédent. Après un “Some Boots” assez élitiste, “Unsolved” présentait un Karaté mettant un peu d’eau dans son vin. “Pockets” assoit tout cela et reflète une maturité à toute épreuve, une technique et une inspiration sans faille, que transpirent les huit titres de ce nouvel album. Une demie heure d’un rock chaleureux qui vous caressent les feuilles, hésitant entre la performance de la maîtrise des instruments et l’efficacité des mélodies aux apparences faussement laborieuses (”Cacophony”). Il en résulte un album un tantinet plus énergique que les plus récents, mais aussi plus dense du fait de la contribution d’une seconde guitare en la personne de Chris Brokaw (Codeine…). Karaté vient de fêter ses dix ans et, avec ce “Pockets”, assume complètement son âge et sa sérénité définitivement acquise. Un monument constamment rénové qu’il est indispensable de (re)visiter.

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Karate - “Some Boots”

Some Boots[Album]
17/09/2002
(Southern/Chronowax)

Karate n’est plus à présenter. A mi chemin entre jazz rock et pop, le trio a toujours fait preuve d’une crédibilité à toute épreuve. Après un “Unsolved” un tantinet élitiste et un maxi “Cancel/sing” qui nous a plutôt rassuré, il faut bien avouer que ce “Some Boots” nous a plutôt séduit

Ayant expérimenté et creusé leur large talent, Geoff et ses compères ont semble t-il décidé de marqué ce nouvel album du juste milieu par rapport à tout ce qu’ils avaient enregistré auparavant. Marqués de belles mélodies vocales nous raccrochant toujours aux influences pop du groupe, les morceaux empruntent quand même relativement souvent des accents jazz illustrés par de belles envolées guitaristiques et des rythmiques épurées mais complexes et toujours efficaces

“Original Spies” et “Ice Or Ground?”, “Baby Teeth” ne mettent pas de temps à nous convaincre. Le rythme est posé mais doté d’une intensité oppressante et les guitares simplistes laissent toute l’émotion se dégager. “First Release” et “Airport” nous déroutent un peu plus, le rythme et la mélodie y étant moins évidents. On notera au passage le calme et superbe “Remain Relaxed” laissant percevoir tout le talent de Farina, frontman du groupe; ainsi que “In Hundreds”, sans conteste le morceau le plus rock et le plus dérangé de l’album avec ses guitares bruitistes et sa rythmique appuyée

S’il est difficile de rentrer directement dans l’ambiance de ce disque, il suffit de l’écouter plusieurs fois (ce qui est souvent le cas pour Karate) pour y comprendre toutes les astuces. Karate ne se satisfait pas d’une écoute passive, joue ce qu’il ressent que l’auditoire suive ou non. A vous désormais de savoir si vous êtes faits pour une telle musique qui ,avec un minimum de persévérance de votre part, vous paraitra vite frissonnante et vitale.

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Karate - “Cancel/Sing”

Cancel/Sing[Maxi]
01/06/2002
(Southern/Chronowax)

Nous avions quitté Karaté avec leur dernier album très jazzy et bien que sous le charme, nous étions personnellement un tantinet décu par ce petit penchant élitiste pris par la formation. Nous qui aimions ce côté rock intimiste et mélancolique, nous nous y retrouvions que sur certains morceaux de “Unsolved”

Mais Karaté expérimente (on ne peut leur en vouloir) et semble revenir à ses premiers amours avec ce maxi comprenant deux titres de douze minutes en moyenne et annonciateur d’un prochain album qui pourrait bien nous refaire pleurer. “Cancel” ouvre le bal avec son tempo lent, ses arpèges chauds et mélancoliques, son chant prenant et conventionnellement structuré. On notera ces quelques montées en intensité chères au groupe, le talent guitaristique de Geoff Farina qui se permet quelques envolées saturées ou non. “Sing” prend ensuite le relais avec son intro assez free qui laisse petit à petit découvrir une composition tranquille et chargée d’émotion. Notons qu’il est déjà plus difficile de suivre la structure du morceau, le plus simple étant de se laisser porter par les notes pour finalement se rendre compte au bout d’un certain temps de toute la beauté du titre. Car s’il faut être un brin expert pour comprendre toute la musique de Karaté, le combo semble faciliter la tâche des novices en proposant toujours un raccrochement qui remettra les auditeurs dans le droit chemin. Ce “Sing” se termine par une partie rock que l’on espère très présente sur le prochain opus du groupe

Un maxi qui ravira les fans.

Interview : Karaté (02-2002)

Interview : Karaté (02-2002)

La venue de Karaté en France est assez rare pour que l’on passe à côté. Fans depuis le premier album, c’est avec impatience que nous attendions un concert du trio. Un groupe à part pour une musique personnelle, de multiples projets parallèles nous ont poussé à en savoir plus. C’est à Nantes que les choses se sont éclaircies, grâce à la disponibilité et la gentillesse de Monsieur Geoff Farina…

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Karate - “Unsolved”

Unsolved[Album]
01/01/2001
(Southern/Chronowax)

Chez Bokson, il y a des groupes dont on attend toujours impatiemment les sorties. Depuis “The Bed Is In The Ocean”, on attendait le nouveau Karaté faute de pouvoir les apprécier sur scène. Alors quand “Unsolved” a vu le jour, autant dire que c’était l’émeute chez nos cellules émotives et comme d’habitude, pas de déception. Une pochette superbe, des compositions plus calmes qu’à l’accoutumée, beaucoup plus jazz et moins rock, des parties guitare à en pleurer et ce chant toujours aussi prenant. S’il faut retenir deux morceaux, nos choix iront vers “Seven” pour son énergie et sa ligne de guitare frissonnante et “The Roots & The Ruins” pour son intro culottée à la limite du rocksteady. Le rock est musical, beau et efficace; il peut se jouer dans des squatts ou dans des bars-cocktail, Karaté en est le parfait exemple. Un seul regret: pas de version vynil. C’est pour vous dire…

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