Justice
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(France)

(22 articles)

Justice - “D.A.N.C.E. Remixes”

D.A.N.C.E. Remixes[Maxi]
23/07/2007
(Edbanger/Because/Discograph)

Justice déchaîne les foules, c’est ce que laisse penser le matraquage dont “D.A.N.C.E.”, le premier single issu de leur immanquable premier album ““, fait l’objet. Car quand le duo ne soulève pas lui-même les dancefloors, ce sont les multiples remixeurs, avides de s’occuper du cas de ce phénomène devenu international, qui s’en chargent. Pour preuve, chaque titre sortant du studio des Parisiens se voit immédiatement remixé et diffusé sur les milliers de blogs que la toile peut contenir. Du coup, une sélection s’imposait, et Edbanger en a trié quelques-uns, dont la qualité méritait amplement une sortie digitale dans un premier temps (le 16 juillet 2007), puis vynil dans un deuxième (le 23), comme pour ne promettre que du bon aux pistes de danse estivales. Pas de doute donc, ce “D.A.N.C.E. Remixes” vaut largement le détour. Ne serait-ce que pour le travail technique de Jackson (& His Computer Band) qui, en ouverture de ce disque et durant une douzaine de minutes, renverse le morceau à sa sauce et en fait un des remixes les plus réussis parmi la masse proposée. “D.A.N.C.E. ” fait alors l’objet d’une décortication en règle, passe à la moulinette de celui dont on aimerait entendre parler plus souvent, et se voit attribuer une ambiance beaucoup plus sombre que l’original. Bref, un vrai remix, riche et personnel, pas un pauvre bootleg comme il en pullule sur le net. La suite, légèrement moins intéressante, méritera pourtant clairement le détour. Une version live prend la relève, beaucoup moins lisse, plus agressive et plus orientée club que l’original, suivie d’une revisite de MSTRKRFT sympathique mais sans véritable intérêt puisque très proche du précédent, et d’une autre d’Alan Braxe et Fred Falke, plus posée, lorgnant vers une disco ramollie et bourrée de claviers qui aura le mérite, qu’on l’aime ou non, de sonner autrement. Un très bon bonus pour qui n’aurait pas eu assez de l’album…

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Justice - “†”

†[Album]
11/06/2007
(EdBanger/Because/Wagram)

“Don’t believe the hype”, c’est parfois ce qu’on vous dit, tel un conseil pour ne pas tomber dans le piège de ces groupes bénéficiant d’un buzz hors norme. Le buzz, les deux Parisiens de Justice ont une large connaissance en la matière, savent l’utiliser à bon escient, puisque leur renommé ne cesse de faire tache d’huile depuis un certain “Never Be Alone”, tube interplanétaire sauvé d’une soirée raclette entre nos deux héros et Pedro Winter, boss d’EdBanger. Depuis, Justice est partout, contamine la majorité des clubs de la planète, remixe, et se paye quelques belles récompenses (voir ici). Sans forcément le vouloir, il ravive même cette french touch dont l’Hexagone musical n’a cessé d’être si fier, celle qui transpire par les pores de “Waters Of Nazareth”, un deuxième tube à la fois violent et frais, total contre-pied du premier

Forcément, de par son entourage et les sons qu’il adopte, Justice ne peut échapper au rapprochement avec ses parrains de Daft Punk. Si le sujet peut faire débat, on ne pourrait cependant pas les blâmer pour cela. D’ailleurs, dans bien d’autres genres, combien se sont offerts des testicules dorés en recyclant bêtement du Nirvana, du Pixies, ou du Rolling Stones? Justice ne s’en défend pas, d’ailleurs, comme des nombreuses influences jonchant “†”, son premier album qu’il aura longuement pensé pour ne pas trop vite tomber dans le prévisible. Comme s’ils partaient avec un boulet à la cheville qu’on aurait vite tendance à verrouiller, Gaspard Augé et Xavier De Rosnay ont voulu surprendre, y aller à rebrousse poil, et y sont même parvenus avec assez de finesse pour ne pas trop décontenancer les préjugés. Sceptiques? Penchez vous sur le mélancolique “Valentine”, comme hérité directement de Vladimir Cosma, ou l’electro funk “The Party” emmené par la belle et efficace Uffie, sûrement assez éloignés de ce à quoi vous vous attendiez

Mais “†” n’attendra pas plus longtemps que l’entame de “Genesis” pour annoncer la couleur: un début en fanfare annonçant l’assaut, et un beat ultra-efficace qui n’est pas sans rappeler “Thriller” du petit Michael. Celui là même qui, avec ses frangins, se rappelle à notre bon souvenir sur “D.A.N.C.E.”, ce nouveau tube house chanté, imparable, également inspiré du “Stand On The World” de Larry Levan, et qui a pris l’habitude de squatter les ondes radiophoniques comme les génériques télés. Une influence pour deux optiques bien distinctes qui permettent de discerner les deux traits de caractère de Justice. L’autre plus extrême comprise, cette face obscure du duo déjà perceptible sur “Waters Of Nazareth”, un deuxième maxi aux sonorités stridentes, aux basses qui vous boxent le thorax, le tout à un niveau de compression et de saturation rarement atteint. Dans un même registre, mais en plus mélodiques, “Let There Be Light” et “Phantom” ne sont pas mal non plus

Mais en trouvant le juste milieu, Justice rassure ceux qui auraient pensé un premier album imbuvable et vite barbant: ce qui aurait été le cas si tout s’était inscrit dans la lignée de “Stress”, au titre approprié, mais néanmoins unique et réussi. Car quand ils ne tapent pas dans un registre léger ou agressif, les deux Parisiens piochent un peu dans les deux, et ajoutent un groove imparable débouchant sur une disco futuriste, dangereusement addictive. Notre regard se tourne alors vers “New Jack”, sorte de clin d’oeil à la période dorée de l’electro française il y a dix ans de cela, les violons indélébiles de “Phantom pt II”, la véritable leçon d’electro rock que peut être “DVNO” (sans conteste un nouveau hit en puissance), ou le final “One Minute To Midnight” bouclant parfaitement la boucle

“†” est donc largement à la hauteur des attentes et fait partie de ces rares cas de buzz justifié, celui-ci étant déjà allé beaucoup trop loin pour n’être que poudre aux yeux. Il marque par sa spontanéité, ses références à peine dissimulées, comme si le duo s’était tout simplement laissé aller à ses envies, sans vraiment se préoccuper du qu’en dira t-on. Justice fait du Justice, découpe le bruit de manière accrocheuse, invite la pop sur le dancefloor. Et tout autre rapprochement hâtif, avec un certain “Discovery” notamment, ne ferait que finalement écorcher le formidable travail accompli, tout comme la puissance de sa musique. Pour preuve, cette marque de fabrique qui dépasse les frontières (y compris de l’electro puisqu’on en arriverait presque à parler de pop à quelques reprises), se reconnaît à la première boucle, qui n’a pas attendu un premier album pour faire des émules ou des clones, et qui a trouvé la clé du tombeau de cette french touch qu’on pensait définitivement aux oubliettes. “†” donne donc le départ d’un nouveau cycle longtemps espéré. Pour cela aussi, on en parlera longtemps..

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Justice - “Waters Of Nazareth”

Waters Of Nazareth[Maxi]
06/04/2006
(Because/Wagram)

Rappelez vous “Never Be Alone Again”, ce morceau de Simian remixé par Justice pour devenir un tube fédérateur. Il n’en aura pas fallu plus pour lancer la carrière de ces deux parisiens, Xavier De Rosnay et Gaspard Augé, protégés de Pedro Winter, qui allaient par la suite séduire la totalité du monde musical. Franz Ferdinand, Soulwax, Death From Above 1979, Britney Spears, Daft Punk, Mr Oizo, … nombreux sont ceux à avoir voulus se payer un petit lifting de la part de ce duo (de génie?) qui ne cesse d’envahir les blogs, autoproclamé comme étant le nouveau Daft Punk, le nouveau truc à la mode, le truc qui buzze… “Waters Of Nazareth”, le tout premier maxi de Justice sorti en version vinyl chez Ed Banger à la fin 2005, ressort aujourd’hui en version CD. Même contenu, mais des remixes en plus..

“Waters Of Nazareth”, titre phare de ce disque, ouvre donc les hostilités. Saturation au maximum, basse electro rock des plus crades, beat fracassant, groove incontestable, breaks bien sentis, mélodie accrocheuse, la recette promise et idéale pour faire du dancefloor un parterre d’aficionados complètement hystériques. Car la grande particularité de Justice est de plonger son électro bouillante dans un rock glacial, histoire au passage de rameuter les foules d’horizons divers. Une leçon que les 2 Many Djs avaient déjà bien assimilée. “Let There Be Light”, dans la pure lignée Daft Punk, prend le relais dans un registre aussi efficace mais plus oppressant et mécanique, ambiance jeu vidéo en somme. “Carpates”, troisième titre, hausse légèrement le bpm pour se rapprocher dangereusement de la hard techno, mais se sauve avec une base presque disco et des mélodies une nouvelle fois tubesques. Passons aux petits plus de la version CD. Justice propose lui-même un remix de “Waters Of Nazareth”, plus lourd, plus découpé et encore plus bruitiste, avec une rythmique en dents-de-scie. Puis, c’est au tour de Dj Funk d’asséner un remix booty de “Let There Be Light” taillé pour les clubs Gatorade, avant qu’Erol Alkan clôture le tout en proposant une version efficace de “Waters Of Nazareth” assez proche de l’original, un brin plus linéaire, donc légèrement moins percutante

Justice a donc réussi son coup. Passer du stade d’excellents remixeurs à de parfaits producteurs. “Water Of Nazareth” n’est cependant qu’un maxi qui, même s’il fera date, devra être confirmé par un album à venir que l’on souhaite dans la même veine et tout aussi réussi. En croisant les doigts pour que les démons de l’electro commerciale ne décident pas de squatter la chapelle d’un duo si prometteur..

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