Josh Martinez

Josh Martinez

(USA)

(10 articles)

Josh Martinez - “Underground Pop - feat Moka Only” (music video)

Interview : Josh Martinez (12-2008)

Interview : Josh Martinez (12-2008)

Alors que vient de sortir son nouvel album, le Canadien annonce la fin à sa carrière solo: une décision quelque peu paradoxale puisque “The World Famous Sex Buffet” est de loin son album le plus abouti. Explications.

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Josh Martinez - “The World Famous Sex Buffet”

The World Famous Sex Buffet[Album]
24/09/2008
(Camobear/Import)

Dans l’entourage de Josh Martinez, pas de bling bling ni de flingues… Encore moins de manager, ni même de label manager ou de tourneur. Ces cinq dernières années, le canadien exilé à Portland n’a cessé de se démener pour son propre compte: création de son label Camobear Records, deals avec des labels européens aussi solides que Bella Union ou V2, licences de distribution au Japon, en Europe ou en Amérique du Nord, et des tournées à la pelle… Juste de quoi lui laisser le temps de mener à bien sa carrière solo, comme celles de ses deux groupes, The Chicharones (avec Sleep de Oldominion) et ou le plus rock The Pissed Off Wild. Pourtant, pour espérer passer au stade supérieur et travailler sereinement sur son nouvel album, le Canadien a dû s’entourer pour déléguer: une concession qui n’en est pas vraiment une, juste un confort bien mérité et amplement justifié par “The World Famous Sex Buffet”, son nouvel album

Plus que jamais, et plus qu’aucun autre Mc, Josh Martinez fait rimer hip hop et mélodies, et impose un nouvel état d’esprit, un second degré comme une joie de vivre bienvenus pour dédramatiser et briser une imagerie flirtant trop souvent avec le ridicule. Lui joue de simplicité, se permet tout sous couvert d’un certain détachement et d’une réelle bonne humeur, sans pour autant se priver de délivrer ses messages. Mais si tout semble aller pour le mieux pour celui qui voit sa réputation grimper les marches quatre à quatre, “The World Famous Sex Buffet” annonce cependant tristement la fin de sa carrière solo. Josh dit n’avoir plus rien à dire de plus. Dur à admettre quand on prend le temps d’analyser le monde dans lequel on vit, encore plus quand on jette une oreille, même distraite, sur une scène hip hop ne sachant plus vraiment sur quel pied danser

Il faudra pourtant s’y faire et déguster encore plus lentement cette grosse quinzaine de titres sans pareil, autant capables de piocher dans la musiques des années 50 et 60 (”Ritalin Future Sounds”, “Bobby Loveable”) que dans le hip hop old school (”Going Back To Hali”), de faire passer des émotions (”Trickle Down Trauma”, le surprenant “Responsability” qui serre les tripes), le tout avec une efficacité constante (”All Rapped Out”, “Grown Folks Music”, “Fight Or Fuck”, “Jokes Yo”), une saine légèreté (”Underground Pop” feat Moka Only), une voix et un flow plaqués sur papier millimétré. D’autant qu’en guise de bouquet final, le phénomène d’Halifax se voit gratifié de quelques featurings de poids, d’Awol One (”Struts”) à Pigeon John (”Beerhunger Lovestory”) en passant par d’autres moins prévisibles comme Devin The Dude (le très bon “Hurricane Jane”)

On dit toujours qu’il vaut mieux partir au sommet de son art: une théorie que Josh Martinez a semble t-il bien intégré. “The World Famous Sex Buffet” s’inscrit, comme ses prédécesseurs, en digne référence du hip hop underground s’efforçant de marier qualité, originalité et accessibilité. C’est donc sur un ultime coup d’éclat que le Canadien referme son propre livre, désormais avide de s’adonner à autre chose, musicalement mais personnellement aussi puisqu’il aurait émis le souhait de goûter aux études de droit. Une chose est sûre, celui qu’on appelle le fou chantant ne tournera certainement jamais le dos à la musique, et pourrait bien nous surprendre à nouveau très rapidement. Encore plus si vous aviez tous la bonne idée de le ramener à la raison. Car il ne tient peut-être qu’à vous que “The World Famous Sex Buffet” ne soit finalement pas son dernier testament

Ecoutez un extrait ici.

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Josh Martinez - “Midriff Music”

Midriff Music[Album]
01/01/2005
(Camobear/Import)

Non, ne vous emballez pas, “Midriff Music” n’est pas LE nouvel album à venir de Josh Martinez, et donc pas le successeur de “Buck Up Princess”. Non, cet opus se présente plutôt comme une petite incartade au contrat, un trou normand, une sorte de belle récréation ou le canadien semble avoir trouvé producteur à son flow. Samix, c’est lui, conjugue en effet efficacité et ambiances enjouées, tout ce qu’il faut à Martinez pour mettre son hip hop en valeur et le prédestiner à devenir la bande son parfaite de notre été caniculaire. Pour preuve, il y a pas mal de ressemblances musicales ici avec le travail d’un certain RJD2: quelques riffs de guitare bien placés (”Time Alone”, l’hispanisant “One More Sucka”), et des samples judicieux (on reconnaîtra par exemple Cesaria Evora chantonnant sur l’instrumental “Tranzar”) apportent la dose adéquate de chaleur et de groove (”Come And Gone”, “Tour Is War”). Josh y pose, comme à son habitude, un flow tant rappé que chanté (”Regular Day”), parfois soul (”Just a Dood”), seulement accompagné de Kunga 219 sur “Played Out”, ce qui amène une légèreté agréable au disque, de ce fait plus accessible, varié, digeste et donc facilement écoutable de bout en bout. “Midriff Music”, même s’il ne peut pas être considéré comme un nouvel opus officiel, vaut autant le détour que s’il l’avait été. Et tout pousse à croire que Josh sera encore plus performant lors de sa prochaine apparition. On salive déjà… Mais en attendant, je retourne voir si mes merguez sont à point, je sirote l’apéro et me dandine sur ce qu’on qualifie déjà outre Atlantique de “summer music”…

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Josh Martinez - “Buck Up Princess”

Buck Up Princess[Album]
01/04/2004
(V2/Chronowax)

Lors de son passage aux Transmusicales de Rennes 2002, le canadien Josh Martinez, après un excellent concert (un des meilleurs) nous donna l’occasion de se jeter sur son nouveau disque. Vendu par ses propres soins, “Buck Up Princess” fût vite ouvert et écouté. Et quel bonheur! 16 titres pour la plupart inconnus au bataillon, mis à part les 4 parus sur le maxi “Rumble Pie” (”Rip Rap… A Rap Song”, “Nightmares”, “Deep End” et “Women Loving Women”). Et c’est seulement aujourd’hui qu’il sort en France par le biais de V2

16 moins 4, voici 12 nouveaux ovnis à savourer à toutes heures. Toujours entouré d’une armada de producteurs de choc tels Moves, Maker, J.E.L, WSP, Sichuan, Logic et Wes Bonifay, Josh paraît s’être encore bonifié avec le temps! De plus en plus, les incursions chantées font de ce rappeur une perle unique, sachant appliquer sa recette rap hardcore aux meilleurs moments

Ce nouvel album s’avère être un condensé d’émotions, nous passons d’univers pleins de tensions à d’autres plus détendus, révélant la diversité de goûts de l’artiste ainsi que ses inspirations musicales pour le moins variées (toute la musique reggae, pop, rock)… Bien loin des stéréotypes, Josh Martinez nous porte sur un plateau un disque qui risque fort de devenir une référence dans sa carrière, tant son niveau semble être arrivé à un point que peu de rappeurs underground ont encore atteint

Je retiens particulièrement les morceaux suivants : “Hard Fall” accompagné d’un arpège de guitare happy et d’une syncope d’harmonica; “Another Day” hip-hop aux réminiscences rock-indé avec son beat lointain et sa nappe de cuivres, cordes et autres percus aux ambiances deep hip-hop; “One More Coffee”, hip-hop drum and bass saupoudré d’un sample mafiosi-darkos; “Blaze Of Grey” et “Rainy Day”, dignes d’une production de Sole (superbement tristes); “Women Loving Women” avec Awol One, le plus hip-hop “classique” de tout cet album. Ce choix, évidemment difficile, est une question de goûts personnels, le mieux étant de se faire son avis soi-même, d’autant que cet opus est indispensable dans sa totalité

Parlons aussi des invités (Bolts et Sarcasm, Mc Enroe, Inkops, et Awolone) qui apportent tous leur touche personnelle au monde si particulier de J.M, s’immiscent parfaitement dans l’univers partagé entre bonheur et tristesse de leur hôte. Il est vrai que nous sommes toujours tenté de penser aux précédentes productions d’Anticon à l’écoute de ce “Buck Up Princess”, bien que l’artiste signe ici un album qui ne ressemble à aucun autre

Il est donc fort conseillé de se procurer cette nouvelle perle forte en émotions, en nouveautées et en surprises. Un disque qui tombe encore à pic ! Big Up Josh ! A quand la suite???

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Zoom : Josh Martinez

Zoom : Josh Martinez

Josh Martinez, les photos du concert aux TransMusicales le 7 decembre 2002

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Interview : Josh Martinez (11-2002)

Interview : Josh Martinez (11-2002)

Connu grâce au collectif Anticon, Josh Martinez est le nouveau fou chantant du hip hop avant gardiste. Après différents maxis et trois albums sortis sur d’obscurs labels, le canadien s’apprête à sortir son nouvel album et nous en dit plus…

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Josh Martinez - “Rumble Pie”

Rumble Pie[Maxi]
01/07/2002
(Low Pressure/Import)

Avant un prochain album que l’on espère imminent, le fou chantant de chez Anticon propose ce long maxi. Long car, il faut le souligner, il comporte cinq morceaux et quatre instrumentaux

Josh ouvre sur “Rip Rap” au beat accéléré et bien loin des standards hip hop. A mi-chemin entre l’électro et la soul, la version se veut originale et bien complète, le beat y est percutant et le sample coloré. L’homme y pose un flow chanté à la ligne assez drôle. “Nightmares” s’apparente plus à un hip hop classique même si les sons utilisés sortent du commun mais reste dans la lignée Anticon à laquelle nous sommes habitués; le flow quant à lui se veut plus conventionnel même si le timbre de voix de Josh Martinez reste original. Le morceau comporte deux parties assez distinctes repérables par un changement de sample et d’ambiance assez radical même si le beat reste proche. Arrive ensuite l’efficace “The Deep End” avec un beat comme on avait pu en entendre sur le premier album de Sole, une basse simple et massive sur lesquels le flow se pose superbement exposant tout le talent de Mc de JM. “Women” se rapproche musicalement de “Rip Rap” même si le beat y est plus lent. Josh Martinez y applique un flow nouveau par rapport aux autres morceaux de ce maxi, parfois proche d’un Dose One enroué, et y est accompagné de Awol One de l’écurie Celestial. La face B est en partie instrumentale hors mis le dernier morceau, “Outlook”, d’une qualité irréprochable et que l’on avait déjà pu entendre sur quelques compilations. Ce dernier fait figure de condensé des talents de Josh Martinez et de Jel en tant que producteur

Un maxi bien rempli qu’il faut acquérir, surtout qu’un vynil de Josh Martinez est quelque chose ayant malheureusement tendance à se faire rare. Une belle occas’.

Josh Martinez - “Made In China”

Made In China[Album]
01/01/2001
(Low Pressure/Import)

Il me semble que “Made In China” est le deuxième album du rappeur aux dreadlocks, membre des 1200 Hobos (avec Sixtoo…). Sorti sur sa propre structure de production Low Pressure, “Made In China” contient 14 titres a déguster le jour comme la nuit. On retrouve Nool, Deeskee, WSP Prod, Michael Red, Gordski, Dj Moves, Dert Roads, Graematter, Jesse Dangerously et J.Martinez lui-même à la production des instrumentaux. Matures et complets, les textes (emmenés par le timbre aigu et enroué du rappeur) autant que les musiques fusionnent parfaitement, pour un résultat assez peu commun, voire même très personnel. Assez chantant, c’est un rappeur jovial et sympathique qui fredonne des refrains entêtants (”Outlook”), qui parfois se lâche à volonté sur des beats éléctro hip-hop (”Jiggy Song”), et en majeure partie s’exécute sur des envolées mélancoliques cognées de beats et basses acerbes propres à l’écurie Anticon (dont il fait plus ou moins partie, un maxi étant prévu sur le label), de rythmiques saupoudrées de piano et nappes filtrées (”Marxchism”, “Chickenshit”, “Weed, Weed”, “Breakdown”, “I’ve Got Devils”, “Letter To July”). On regrette d’ailleurs un peu qu’il ne développe pas plus le côté enjoué de sa personnalité, comme sur les titres soul entraînants (”Big Mouths”, et “Outlook”). A défaut, c’est un Josh Martinez tatoué aux instrumentaux west coast alterno-indé (comprenez Anticon style, on a tendance à penser aux musiques de Sole “Bottle Of Humans” surtout sur “Deny” dernier titre du disque, produit par Dj Moves) qui nous offre tout de même un album indispensable pour les curieux, les chercheurs de nouveautés, et bien sûr pour les amateurs de Mush et Anticon !