Jay Dee

Jay Dee

(USA)

(6 articles)

Jay Dee - “Jay $tay Paid”

jay180Album
(Nature Sounds)
25/05/2009

Encore une énième compilation à la mémoire de J Dilla. Voilà comment pourrait être perçu ce «Jay Stay Paid». Car, il est vrai que depuis la mort du producteur de Détroit, tous les projets qui lui ont été consacré n’ont pas été que des réussites. Il en est souvent ainsi lorsqu’un grand artiste s’éteint, les vautours ne sont jamais loin. Lire la suite…

J Dilla jusqu’à la moêle…

dilla

Comme pour 2-Pac, des inédits de J-Dilla ne cessent de sortir des tiroirs. En effet, bien que décédé en 2006, on ne compte plus les sorties posthumes du producteur de Detroit. Une autre, «Jay $tay Paid» à sortir chez Nature Sounds et avec 25 beats inédits au compteur, viendra s’y ajouter cet été. La mère de l’artiste, à l’origine du projet, a confié à Pete Rock, idole de son fils, le soin de mixer et arranger cet album majoritairement instrumental, sur lequel Doom, Raekwon, Phat Kat ou Black Thought sont notamment venus donner de la voix.

Jay Dee - “Beats Rhymes And Life”

Beats Rhymes And Life[Album]
01/04/2007
(Pixawl/2 Good)

Ce n’est plus un secret, plutôt une vraie tristesse: la mort fait vendre, et ce n’est qu’une fois disparus que les plus grands artistes sont injustement considérés à leur juste valeur. Il suffit de voir le nombre de sorties discographiques ayant vu le jour depuis le décès de Jay Dee aka J.Dilla, un exemple parmi tant d’autres. L’occasion est trop belle de renflouer un peu les caisses en profitant de la soudaine (re)médiatisation du défunt. Stones Throw y est allé de ses rééditions, BBE de son album posthume, et il en manque sûrement encore quelques-uns jusqu’à ce “Beats Rhymes And Life” mixé par Skeezo (Rachid Wallas), qui revient sur la carrière du bonhomme que ce soit en tant que producteur ou Mc. Évidemment, aucun intérêt pour celui qui s’est toujours fait accompagner des sons de Jay Dee qui n’ont plus de secret pour lui. Cette double compilation vise plutôt les retardataires, ceux qui n’auront pas eu l’occasion de l’apprécier de son vivant, et de remettre en musique une carrière qui aura été un des piliers du genre hip hop. Et pour cause, Jay Dee aura été plébiscité par les plus grands, tous présents ici, ceux là même qui se seront inclinés devant ce son qui aura contribué à l’identité musicale de Detroit, qu’il s’agisse ici de hip hop electro ou organique, ou même nu soul. Ainsi, en plus de son groupe Slum Village, on retrouve à ce tracklisting des artistes de la trempe de A Tribe Called Quest (le titre de cet opus reprend d’ailleurs celui du quatrième album du groupe), Common, Phat Kat, De La Soul, Busta Rhymes, Visionaries, Med, Jaylib (son projet avec Madlib), Mos Def, Dj Cam, quelques-uns d’une liste interminable. Deux disques qui coulent comme du petit lait, une cinquantaine de titres de haut vol, de quoi mettre les pendules à l’heure et de rendre enfin à César ce qui lui appartient. Une bonne fois pour toutes..

TracklistingCD 11-intro2 ATCQ get a hold3 SLUM VILLAGE hold tight rex 4 SLUM VILLAGE fall in love rex5 SLUM VILLAGE the look of love6 BILAL FT MOS DEF/ COMMON reminisce 7 SLUM VILLAGE FT JAZZY JEFF are u ready8 KEITH MURRAY the rhyme REMIX9 ATCQ once again10 SLUM VILLAGE we be down11 PHIFE DAWG though u wuz nice12 ATCQ find a way13 COMMON FT ERYKAH BADU the light 14 COMMON come close 15 ELZHI come get it16 COMMON nag champa17 COMMON ft BILAL it s ur world 18 PHAT KAT microphone master19 SPACEK eve REMIXX20 FRANK N DANK love20 DE LA FT MOS DEF/ TRUTH ENOLA stakes is high REMIX22 DE LA SOUL FT DV thru ya city23 BUSTA RHYMES the ride24 BUSTA RHYMES turn me up some25 NIN YARDS FT JAY DEE always find a way REMIX26 LSK FT SLUM VILLAGE hate or love27 FIRST DOWN a days wit da homies28 VISIONARIES all rightCD21 INTRO2 COMMON e=mc2 3 COMMON the movement 4 J DILLA the $5 J DILLA fuck the police 6 SA-RA FT J DILLA thrilla7 MED push8 FRANK N DANK push9 PHAT KAT dont nobody10 FRANK N DANK me and my man11 THE PLATINUM PIED PIPPERS FT MED/ J DILLA shotgun12 JAYLIB test of survival13 SLUM VILLAGE the reunion14 J DILLA make em NV15 BR GUNNA FT J DILLA do ya thang16 DABRYE FT J DILLA/ PHAT KAT game over17 FRANK N DANK pimp strut18 DJ CAM FT CAMEO/ JDILLA love junkee REMIX19 MOS DEF cant u see the pride of the panther rex20 DWELE FT SV keep on21 J DILLA wont do22 J DILLA shake it down

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J Dilla - “Ruff Draft”

Ruff Draft[Album]
19/03/2007
(Stones Throw/Pias)

Comme le soulignait à juste titre Dj Vadim lors de notre dernière interview, s’il est devenu de bon ton de s’accorder sur le génie du producteur J-Dilla depuis sa tragique disparition, le travail du natif de Détroit ne captivait pourtant de son vivant qu’un cercle assez limité de passionnés. Pas étonnant donc que son label surfe aujourd’hui sur cette soudaine vague d’intérêt en rééditant certains de ses anciens disques. On peut s’en indigner ou s’en réjouir, c’est selon. Pour le coup, on va plutôt s’en réjouir, si ça ne vous fait rien, car l’objet du jour est loin d’être quelconque

Sorti en vinyl uniquement sur son propre label Mummy Records, en 2003, cet EP de J-Dilla est devenu d’autant plus culte auprès des cratediggers qu’il était épuisé depuis un sacré bout de temps. Stones Throw le ressort donc avec bonus tracks et instrumentaux en double CD et double vinyl. Vous voyez qu’il n’y avait vraiment pas de quoi s’indigner… Encore que ça puisse paraître un peu abusé d’appâter le chaland en annonçant quatre bonus tracks inédits quand on y trouve finalement deux versions alternatives de l’”Intro” et des “Shouts” finaux et qu’un des vrais inédits (”Take Notice” avec le fidèle Guilty Simpson au micro) se réapproprie le (très bon) thème de l’interlude de la plage #6. Surtout que “Ruff Draft” n’a vraiment pas besoin de ce genre de subterfuges commerciaux pour susciter la curiosité. Sur les dix plages du tirage original, on trouvait déjà quatre interludes et donc seulement six véritables morceaux, ne dépassant que rarement les trois minutes. Il ne faut donc pas réfléchir en termes de rapport quantité/prix pour ce disque (ni pour aucun disque, soit dit en passant). Même agrémentée de ses bonus, la première galette ne dépasse pas la demi-heure. Mais quelle demi-heure!

“Ruff Draft” a été enregistré et mixé en une petite semaine à une période charnière de la carrière de Jay Dee, alors qu’il commençait par ailleurs à se faire appeler J-Dilla. A cette époque, il vient de quitter son Détroit natal pour L.A et bosse peu ou prou en même temps sur les beats qui se retrouveront sur l’excellent “Champion Sound” de Jaylib (son projet éphémère en collaboration avec Madlib). Les amateurs du morceau “Ice” sur l’album de Jaylib devraient d’ailleurs sourire en entendant ici la fin de “Make’em NV”..

Les fans de J-Dilla vous le diront d’une seule voix, il y a un avant et un après “Ruff Draft” dans la carrière du producteur. Sa période rose et sa période bleue à lui, si vous préférez. C’est assurément moins soulful que ce qu’on connaissait auparavant du bonhomme, même si “Crushin’” est taillé pour faire rouler les popotins! Mais c’est vrai que son approche est assez différente de ses travaux précédents. Les synthétiseurs s’accordent ici la part du lion et donnent aux morceaux un côté plus punchy, presque plus old school, tout en étant plus expérimentaux. Certains iront jusqu’à parler d’electro… On peut éventuellement les comprendre lorsqu’on entend ce “Nothing Like This” truffé d’effets, mais dans l’ensemble c’est bien du bon hip hop qui tabasse à l’ancienne..

On ne va pas bavasser pendant des heures, Stone Throw a rudement bien fait de rééditer ce petit bijou, même si ça doit en énerver certains… Il aurait été plus que dommage de laisser cette grosse poignée de tubes aux oubliettes..

En prime sur la deuxième galette, vous trouverez les dix instrumentaux pour vous essayer au MCing devant le miroir… Un disque à s’offrir en vinyl, donc, si vous devez vous la jouer classe jusqu’au bout…

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J Dilla - “The Shining”

The Shining[Album]
22/08/2006
(BBE/Pias)

Difficile d’écouter objectivement ce “nouvel” album de J-Dilla a.k.a Jay Dee a.k.a la moitié de Slum Village a.k.a l’homme qui nous a quittés bien trop tôt en février dernier. “The Shining” est donc, vous l’aurez compris, un album posthume, composé à 90% par le génie de Détroit, en partie sur son lit d’hôpital, et finalisé par son ami et collaborateur de toujours Karriem Riggins

James Yancey préférait de toute façon l’ombre à la lumière et se contentait souvent de laisser sa musique parler pour lui. Probablement moins connu du grand public que d’autres célèbres beatmakers (Dj Premier, RZA, Prince Paul…), il était pourtant avec son pote Madlib l’un des plus doués de sa génération. Signe qui ne trompe pas, depuis 10 ans, les plus grands noms du hip hop n’ont eu de cesse de solliciter ses talents de producteur (The Pharcyde, De La Soul, Q-Tip, Common, Talib Kweli, Keith Murray, Busta Rhymes, Mad Skillz et tellement d’autres…). Quelques-uns de ces prestigieux MC’s ont tenu à lui rendre un dernier hommage sur ce disque, mais pas pour sombrer dans le pathos, comme c’est trop souvent le cas sur les oeuvres dites posthumes. Bien au contraire, “The Shining” restera même parmi les meilleures choses estampillées Jay Dee..

Comme on peut s’en apercevoir dès l’intro, où un Busta Rhymes furibard vient se poser, laissant présager qu’on n’est pas là pour pleurnicher! En deux petites mesures, on comprend qu’”E=MC2″ est une petite bombe à neutrons electro-funk où se pose un Common impérial, faisant de ce titre un tube imparable, au moins du niveau de “The Red” sur l’excellent “Jaylib”! Pharoahe Monch fait une apparition plus soulful que jamais sur un “Love” qui n’oublie pas que Detroit a été avant tout la ville de la Tamla / Motown. C’est d’ailleurs là la signature de J-Dilla qui a toujours su donner un feeling très soul à ses instrumentaux sans pour autant sombrer dans la mélasse r’n'b-risante. On s’en rend de nouveau compte avec les superbes “Baby feat. Madlib & Guilty Simpson” ou “So Far Go feat. Common & D’Angelo”

Retour aux choses sérieuses avec un beat quasi-industriel (n’oublions pas non plus que Detroit est aussi la Motor City…) sur le sombre “Jungle Love” avec MED & Guilty Simpson qui n’ont pas super envie de plaisanter. Jay Dee signe aussi quelques très bons instrumentaux comme “Over The Breaks” ou “Body Movin’” (feat ? J-Rocc aux scratches et Karriem Riggins à la prod.), bien meilleurs que la plupart des titres issus de son récent “Donuts”

On revient à la soul avec “Dime Piece”, emporté par la voix sensuelle de Dwele, puis Black Thought de The Roots donne une leçon de MCing sur un “Love Movin’” construit sur des claps de castagnettes. J-Dilla s’offre finalement le luxe de clôturer lui-même l’histoire avec un “Won’t Do” qui mérite le coup d’oreille pour le simple fait qu’on y entend le producteur en personne rapper seul et, pour la première fois à ma connaissance, chanter, comme aurait pu le faire Mos Def

En cherchant bien, le seul reproche qu’on peut véritablement faire à ce “The Shining” est qu’il ne dure que trente six minutes, et que ça laisse un peu sur sa faim. Encore que, comme on dit chez moi, faut mieux faire envie que pitié

Pour l’anecdote, au fur et à mesure des titres, on entend des bribes de dialogues de film en sourdine. Ces interpolations proviennent du chef d’oeuvre de l’angoisse de Stanley Kubrick: The Shining. Qui de mieux qu’un génie pour hanter un autre génie?

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J Dilla - “Donuts”

Donuts[Album]
07/02/2006
(Stones Throw/Pias)

La vie est parfois injuste. Alors que vient tout juste de sortir “Donuts”, son dernier album instrumental, suite tant attendue de son “Welcome To Detroit” sur BBE, Jay Dee vient de succomber à l’hôpital de Los Angeles des problèmes rénaux qu’il traînait depuis maintenant deux ans. Trop jeune pour mourir, ce bonhomme est devenu à la fin des années 90 un des producteurs hip hop les plus reconnus et plus demandés, ayant contribué ou participé au succès de groupes et artistes comme De La Soul, Pharcyde, A Tribe Called Quest, Slum Village, Common, Q Tip, Madlib et Busta Rhymes. Jay Dee n’était pas grand fan des spotlights ni de la scène, et préférait amplement l’exercice du studio, théâtre de sa grande productivité, ou naissait la plupart de ses projets, pour divers groupes ou sous des appellations variées. Pour cela, ce bonhomme est en quelque sorte devenue une légende urbaine, avant d’être atteint par la maladie, de subir diverses hospitalisations qui l’obligèrent à travailler de son lit d’hôpital, à l’aide d’un ordinateur portable comprenant platines et samplers, et de quelques disques amenés par ses visiteurs

C’est ainsi qu’est né “Donuts”, ce dernier album sorti début février, qui restera sans doute tristement célèbre pour avoir été le dernier. À la base conçu comme une beat tape, le projet a évolué vers un concept aussi surprenant que l’endroit dans lequel il a été composé. 31 titres au total sur lesquels n’apparaissent aucun Mcs, tous mixés de manière parfois assez abrupte et ne dépassant jamais les deux minutes comme pour ne jamais ennuyer l’auditeur (fait récurrent à l’écoute de ce genre de disque). “Donuts” est donc bel et bien un album hip hop, qui semble avoir été abordé comme un album de musique électronique pour finalement somptueusement sonner comme un bel opus de soul 70’s. C’est tout le talent de Jay Dee, aka J Dilla

Mais depuis ce 10 février 2006, l’impact de cet album, malheureusement assez loin de faire oublier l’efficace “Welcome To Detroit”, n’est plus le même. Son géniteur en est largement excusé. “Donuts” sonne désormais comme un testament, la dernière trace d’une figure incontournable de la scène hip hop, une scène qui ne se fatiguera jamais de se remémorer ce sourire que Jay Dee tentait modestement, et en vain, de dissimuler sous sa casquette. Une bien triste sortie pour un si bon acteur…

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