Jarring Effects

Jarring Effects


(55 articles)

Reverse Engineering - “Duck & Cover”

Duck & Cover[Album]
13/03/2006
(Jarring Effects/Pias)

Si Jarring Effects est devenu au fil du temps la source indiscutable en matière de dub hexagonal, on savait la fine équipe débarrassée de toute oeillère. Pas étonnant donc que le catalogue s’enrichisse de formations issues d’univers différents. Reverse Engineering incarne quelque peu ce renouveau. Après deux maxis sortis en deux ans, les Suisse arrivent enfin au stade du tant attendu premier album, celui ou tous les espoirs placés en eux se doivent d’être confirmés. Car c’est surtout sur scène que le trio a jusqu’à maintenant fait ses preuves, grâce à des prestations collant parfaitement à leur musique, c’est-à-dire sombres, puissantes, froides, guerrières et poétiques, sans compter sur la vidéo, alors cerise sur le gâteau. “Duck & Cover”, s’il s’inscrit dans la suite logique des précédents formats courts, devrait donc sans mal remettre les choses à leur place et affirmer Reverse Engineering parmi les pièces maîtresses de l’electro hip hop européen

Mais rassurez vous, Jarring Effects ne lance pas dans le grand bain un énième prétendant surfant sur la vague actuelle. Non. Le trio helvète martèle les beats, plonge sa musique dans des sonorités electro indus, y colle ci ou là quelques mélodies (”Clarity”) rendant chacun des titres évolutifs, digestes, accrocheurs, efficaces mais surtout originaux. Et ce, qu’ils soient instrumentaux, chantés ou rappés puisque Blu Rum 13, Mc américain membre notamment de One Self aux côtés de Dj Vadim et Yarah Bravo, se pose sur trois des treize titres de ce “Duck & Cover”. Composés à base de laptop, de clavier, de beatbox, de scratches (G-Bart fait d’ailleurs plutôt bonne figure) et de voix, quelques-uns des titres de cet opus sont clairement impressionnants de maturité. Attardez vous par exemple sur le glacial “Brain In a Box”, “Porcinet” ou Jasmine (chanteuse désormais intégrée au groupe) rappelle parfois les intonations de Bjork, l’oppressant “This Is Not a Test”, le spatial “Soundsystem” (feat Blu Rum 13), ou le pachydermique “Attack Of The 50Ko Creatures” pour vous faire une idée de la large palette avec laquelle joue Reverse Engineering

Ne fuyez pas, vous n’avez pas encore tout entendu en matière d’abstract hip hop. Avec “Duck & Cover”, Reverse Engineering va très certainement attendrir les adeptes de Mush, Anticon et Def Jux, mais va aussi les emmener dans des sphères dans lesquelles ils ne se sont que trop rarement plongés. Ici, l’ambiance est glaciale, au point qu’il suffit de toucher ce disque pour qu’on y reste collé. Mais après tout, ce ne serait pas la première fois que la musique fasse ressortir notre côté masochiste. Quitte à prendre du plaisir, autant que ce soit à l’écoute de ce qui sera certainement un des meilleurs albums de l’année..

En écouteAttack Of The 50Ko CreaturesBrain In a Box

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Various Artists - “Audioactivism”

Audioactivism[Album]
23/01/2006
(Jarring Effects/Pias)

Si Jarring Effects est arrivé à autant peser sur le paysage musical français, c’est parce qu’il a toujours allié la qualité et la découverte. Alors, forcément, quand il sort une compilation, on s’attend toujours à y trouver quelques nouveaux artistes au talent évident. “How Do You Sleep?”, premier exercice du genre en 2002, le confirmait plutôt bien. Avec “Audioactivism”, le dub a cette fois laissé tomber ses couleurs jungle ou drum n’bass, au profit du hip hop, influence évidente à l’écoute des dernières productions du label. “Le côté sombre de la musique électronique”, c’est la ligne directrice de ce disque, auquel au concept de compilation, s’ajoute aussi celui de thématique, en l’occurrence la phrase universelle de Gil Scott Heron, “The revolution will not be televised”

Plutôt adéquat comme sample de base, ici obligatoire, pour toute une troupe dénonçant l’uniformisation des cultures. Chacun y va donc de son inédit, beaucoup confirment leur talent, d’autres déçoivent un peu, pendant que certains font figure de véritable révélation. C’est le propre de la compilation. L’Oeuf Raide, Dj Twelve (High Tone), et My Dog Is Gay (Abstrackt Keal Agram) ouvrent tour à tour le bal et s’inscrivent dans la suite logique de leurs récents et beaux efforts. Malheureusement, l’enthousiasme retomberait presque au fur et à mesure que Grosso Gadgetto, Reverse Engineering (dernière signature Jarring au hip hop minimal et glacial peut être difficilement digeste sur la longueur, à voir…), Akufen (guitariste de High Tone accompagné du piètre Lee Harvey Asphalte au chant), ou Interlope prennent le relais. Mais ce serait quand même sans compter sur les fougueux Red Bong qui, bien qu’inspirés Assassin, rejoignent ici le clan des plus efficaces. Tout comme les excellentes surprises que sont R-Zatz/Fisto, technicienne du studio Jarring accompagnée du Mc de la 5ème Colonne et du bassiste de High Tone pour un titre très inspiré, Uzul Prod, composé de membres de Kaly Live Dub et Picore, ou Feedle Grind, projet solo de l’homme derrière les machines d’Ez3kiel

Du beau monde donc sur ce “Audioactivism”. Pourtant, il nous vient à regretter que Jarring Effects n’ait pas dépassé les frontières de son propre entourage. Ce disque n’aurait que gagné en constance et donc en qualité, car il y a en France, d’autres artistes de ce genre qui, tout en étant meilleurs que d’autres ici présents, auraient complètement collé au projet. Là, on pousse au perfectionnisme. Car “Audioactivism” ne souffre cependant que de peu de faux-pas et enthousiasmera tous les adeptes d’electro hip hop. Vivement conseillé.

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Wangtone - “Wang Lei Meets High Tone”

Wang Lei Meets High Tone[Album]
21/11/2005
(Jarring Effects/Pias)

Après la rencontre Kaly/High Tone sous le nom de Kaltone, c’est Wang Lei que les lyonnais croisent sur leur route. Wang Lei?: un chinois, valeur montante de l’electro locale, rencontré lors de leur passage en Chine et avide de faire découvrir son talent en Occident. Chose qu’il a récemment faite en sortant son premier album chez Expressillon. Rencontre scénique donc, qui aboutit sur une commande de création live de la part des Eurockéennes, mais aussi sur disque avec le logiquement nommé Wangtone. Huit titres pour la partie audio, quatre morceaux live, deux clips et des photos pour la partie vidéo

C’est un peu comme si on avait été du voyage. On se laisse prendre par cette ambiance froide et minimale, née de la suite logique du dernier album d’High Tone et de l’influence extrême orientale de Wang Lei. C’est évident sur le premier morceau des lyonnais (”Tchen”) qu’il faut presque considérer comme une intro tant il annonce finement la suite. “Koual” et “Ko”, lent et évolutifs, aux couleurs electro hip hop, lancent les hostilités communes, font leur petit effet mais laissent penser que High Tone aurait pu s’affirmer un peu plus face au producteur chinois. En effet, le peu de différence qui s’affiche à l’écoute du long “Bi Ma Wen” de Wang Lei le confirme. Tout cela part donc plutôt bien mais revient alors le bon dicton du “meilleur pour la fin”. Car c’est le combo français, une nouvelle fois très convaincant, qui conclut cette galette avec trois très bons morceaux redonnant un peu de chaleur au tout. “Ballistik Affair” est très certainement un des meilleurs morceaux qu’on ait pu entendre de High Tone, réunissant tous les bons ingrédients du dub capable de vous transporter: rythme enjoué, basse pachydermique, relief, et samples efficaces. “Slide”, bien que valant le détour, peine à l’égaler, contrairement à “K’An”, titre évolutif, mélancolique, posé mais oppressant, sur lequel s’achève ce partage discographique. Les plus curieux, et ils auront raison, pourront ensuite s’assouvir sur un DVD imageant trois des morceaux du disque agrémentés de “Moskito”, deux clips (”Afraid Of Nothing”, “Larsen”) et quelques photos de la tournée en Chine

Le dub est une musique ouverte, pouvant accueillir des collaborations d’origines musicales diverses. Alors ce n’est certainement pas une différence de culture qui viendra noircir le tableau. L’intégration de Wang Lei dans l’univers d’High Tone apparaissait même comme évidente après coup. C’est ce que souligne Wangtone, un de ces “side projects” dont la scène française aime de temps en temps nous offrir. Nous qui commencions à penser que le genre tournait en rond…

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L’Oeuf Raide - “Dans Le Même Panier”

Dans Le Même Panier[Album]
07/11/2005
(Jarring Effects/Pias)

Derrière les High Tone et Ez3kiel, Jarring Effects ne se prive pas de défendre des projets plus modestes, moins reconnus, et souvent très personnels. C’est le cas, de l’Oeuf Raide, Fred de son prénom, qui après avoir officié au chant dans une formation hardcore, a découvert les machines pour sortir son premier album, “Treize à La Douzaine”, il y a maintenant trois ans. A l’époque, jungle, breakbeat et electro “qui tabasse” était au menu de ce cuisinier des machines. 2005, le bonhomme a mûri, a vu ses influences s’élargir, et s’est nettement amélioré dans la manipulation des outils. “Dans Le Même Panier” va donc en surprendre plus d’un: le tempo est désormais beaucoup plus posé, et l’album tout entier s’inscrit plutôt dans un registre oscillant entre downtempo (”Round Four”), dub (”Murky Sunday Morning”, “Hashish To Ashes”) et electro hip hop (”Bastringue”, “Turpin’s Ghost”), laissant le temps à quelques mélodies de se prélasser. Efficace, l’Oeuf Raide l’est pourtant toujours. Les beats, même ralentis, sont sans concession, les samples chantent comme des cocottes minutes crachant leur vapeur (”Strange 50’s”) ou sont joués par leur géniteur, et le tout s’avère être le contre poids idéal des apparitions live de l’artiste (auxquelles s’ajoute la vidéo), du coup définitivement plus complet. On regrettera pourtant des arrangements qui auraient pu être plus approfondis, histoire de donner plus de chaleur à ce deuxième album marqué par un son parfois trop froid et trop brut de décoffrage. Pour tout dire, “Dans Le Même Panier” laisse trop entendre le manque de moyen, une certaine fragilité, et sent encore trop le home studio pour espérer rattraper les producteurs qui le devancent. Mais il faut laisser le temps à l’Oeuf Raide d’évoluer, lui qui est déjà passé de l’electro impulsive et festive à une autre plus réfléchie. Alors si son prochain effort marque une nette évolution en matière de production, il y a fort à parier qu’on passera de l’oeuf mayo à l’omelette aux cèpes et lardons… Ca fait déjà saliver.

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Dj Twelve - “Perfectly Safe”

Perfectly Safe[Album]
23/05/2005
(Jarring Effects/Pias)

Souvent dans l’ombre lorsqu’ils n’officient pas dans le hip hop pur et dur, les djs abattent pourtant un travail monstrueux dans leur formation respective. Un travail souvent primordial pourtant, comme on peut s’en rendre compte avec ce “Perfectly Safe” de Dj Twelve, membre actif et discret de High Tone sauf quand il s’agit de balancer le son et de faire preuve d’efficacité. Car, après quelques maxis annonciateurs, ce premier album est clairement une pure réussite ou electro, dub, drum n’bass, et hip hop, entre autres, se tirent la bourre dans une ambiance souvent cinématographique (”Introuble”) et oppressante (”Drunk Style”, “Be Wild”). Si beaucoup d’entre vous apprécient High Tone pour leurs incursions de musiques traditionnelles et électroniques, sachez que les données ne seraient pas les mêmes en l’absence des deux mains dévastatrices de Twelve. Ecoutez par exemple “Jimmy’s Ghost”, “Ethnoanimal” ou “Japan Walk” pour vous rendre compte à quel point le dj est important dans le processus de composition du groupe lyonnais. Douze titres s’enchaînent donc ici dans une parfaite homogénéité, et forment un premier album très surprenant, parfois épuré, souvent glacial et au final bien moins plat et sans intérêt qu’on pouvait s’y attendre. Les rythmiques sont variées mais toujours puissantes, les basses vrombissent et les seuls filets de lumière viennent de ses fines sonorités asiatiques ou indiennes que Twelve aime distiller, seul ou avec son groupe. Voilà donc un des rares side projects pouvant se targuer d’être aussi personnel que mature et captivant. Trop rare pour passer à côté…sauf si vous ne pouvez définitivement pas blairer High Tone. Dans ce cas, soyez maudits!

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High Tone - “Wave Digger”

Wave Digger[Album]
11/04/2005
(Jarring Effects/Pias)

Depuis ses débuts, mais surtout suite à l’enchaînement de “Acid Dub Nucleik” et du live, les lyonnais de High Tone ont volontairement pris la tête du défilé dub français, branche électro. Après une rencontre discographique furtive avec les Improvisators Dub, sorte de retour aux sources, le combo était impatiemment attendu à l’annonce de la sortie de ce “Wave Digger”. Bien malin était celui qui pouvait prévoir comment cette galette pouvait sonner. La réponse fut tardive mais ponctuelle. Ce disque enfonce le clou et ravit. Pourtant que ponctuellement boostée (”Hangar 94/05″, “9 Bass Channels”), la musique de High Tone est à haute teneur en électronique. Disons que les lignes de basse lancinantes et mélodiques ont laissé la place à la froideur de beats efficaces, breakbeat, hip hop, indus ou dub. Au choix. Car ici tout y est mais sans jamais abîmer l’homogénéité du tout. High Tone ne cachait pas, aux détours de conversations journalistiques, ses attirances pour le hip hop electro. “Sushit” les laisse entrevoir, tout comme le cinématographique “Headline”, avant que les choses ne deviennent plus claires à l’écoute de “Larsen” et de son flow assuré par The Real Fake Mc. Il faudra donc attendre “Musical Bonzeye”, suivi de “Overtone” et “On The Roof”, pour se souvenir de ce qu’était le High Tone des débuts: calme, posé et entraînant. Mais la nouvelle sauce revient rapidement à la surface pour une fin passionnante et toute en intensité. “Spacedunk”, avec 2TT (ex clavier de Kaly), mais surtout le très long “Afraid Of Nothing” remettent une couche avant de nous laisser, comme con, devant notre platine devenue soudainement inactive. “Wave Digger” est incontestablement une réussite. Reste qu’il déconcerte autant qu’il embarque. Mais High Tone ne déçoit pas et affirme son rôle de leader d’une scène mise dans l’obligation d’innover. Top crédibilité.

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Ez3kiel & Daau - “Versus Tour”

Versus Tour[DVD]
25/01/2005
(Jarring Effects/Pias)

L’année ne pouvait pas mieux commencer pour l’electro dub français. On connaissait le génie musical d’Ez3kiel, et on jurait le talent du groupe en matière d’accompagnement visuel. Ouvert d’esprit, le trio a multiplié les collaborations, notamment avec Daau, rencontre qui donne naissance au premier DVD français dans le genre. Et Dieu, que “Versus Tour” met la barre haute. Après tout, seul un tel support pouvait mettre en avant le travail de titan accompli par Ez3kiel. Ici, sept captations dont le meilleur vous est proposé pendant une heure et demie d’images live. Et pour cette revisite de sa discographie, tout le monde est de la partie. Le quatuor belge bien sûr, dont les cordes se marient superbement avec l’électronique, mais aussi Primureb de Meiteisho, Black Sifichi et Angélique Willkie. Le montage du concert est on ne peut plus réussi allant du souci du moindre détail à des vues panoramiques de la scène, plutôt parlante pour le trio. Vous l’aurez compris, au concert comme devant sa télé, on prend son pied. Sans compter sur les quelques bonus, dont six clips et autres images de tournée, portraits… Bref, comptez facile 2h30. Mais un beau digipack 4 volets comme cela ne pouvait s’arrêter là. Un CD de 70 minutes live est ajouté au tout. Toujours agréable, même si l’intérêt du disque, aux vues du peu de différences avec les albums, reste discutable. Une pacotille. D’Ez3kiel, on prend tout ce qui vient. C’est toujours une gifle qu’on apprécie. Ca scotche, la vidéo s’arrête alors qu’on a la bave aux lèvres. Le trio est grand, très grand. Et on se demande alors ou tout cela peut s’arrêter. Des idées plein la tête, ces lascars n’ont pas fini de nous faire frissonner

Un apercu du DVD est disponible ici

Lobe Radiant Dub System - “Vibe Disciple”

Vibe Disciple[Album]
04/05/2004
(Jarring Effects/Pias)

Avec son précédent album, Lobe Radiant Dub System était parvenu à s’imposer au sein de la scène dub française sans pourtant faire preuve d’une originalité flagrante. Rappelant souvent ses petits copains de tournée, le groupe était quand même parvenu à séduire nos petites oreilles gourmandes grâce à un feeling et une approche venant compenser les erreurs de jeunesse. C’est pourquoi nous attendions beaucoup de ce “Vibe Disciple”, histoire de savoir si Lobe a enfin trouvé une identité bien à lui

Quoi de neuf par rapport au précédent opus? Tout d’abord, la présence de la guitare sur tous les morceaux, cette six cordes qui n’était jusqu’alors venue se greffer que lors des concerts. Ensuite, le groupe, qui est allé enregistrer au studio bordelais Le Chalet, semble bénéficier d’une production meilleure que par le passé, donnant une lourdeur et donc un plus fort impact aux titres de ce “Vibe Disciple”. Enfin, les interventions vocales sont ici régulières mais plutôt que d’affecter l’identité musicale du groupe, elles amènent avec elles une diversité, voire quelques surprises, non négligeable. Pourtant, et bien que ce “Vibe Disciple” soit une réussite, notre sentiment est plutôt mitigé une fois l’écoute accomplie. En effet, si Lobe Radiant Dub System atteint un parfois un niveau inégalé auparavant (le somptueux et mélodique “Junior Profile”, le plus rock “Life Force”, “Axial Dub” dont la voix rappellerait presque Horace Andy), il ressemble encore beaucoup trop souvent à Ez3kiel (”Two Shades”, “It Brakes Your Concentration“, “Help Us To Forgive”) pour pouvoir espérer être considéré comme une locomotive de cette scène

Alors réel manque de personnalité ou est-ce que le seul défaut de Lobe Radiant Dub System n’est-il pas d’être arrivé sur la fin? En tous les cas, les fans absolus du genre se remettront difficilement de ce nouvel album, certainement un des plus variés cependant que la France ait vu naître, tandis qu’il est possible que les autres ne fassent que seulement l’apprécier. Pas mal après tout…

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High Tone / Improvisators Dub - “Highvisators”

Highvisators[Album]
20/04/2004
(Jarring Effects/Pias)

Partager la scène peut aussi donner naissance à de beaux projets. La preuve avec “Highvisators”. Ca a duré quatre jours, ça devait donner que 4 titres mais l’osmose entre les deux groupes qui a facilité une productivité imprévue, en donnera finalement sept

Improvisators Dub et High Tone ont donc uni leur talent pour se faire rencontrer deux approches du dub. Et le résultat est là. Si cette union sonne de manière aussi inédite dans le paysage musical français, on reconnaît clairement les visions propres à chacune des deux formations. Ainsi, High Tone influence clairement des titres tels que “Early Dub” ou “Drongo Dub” tandis qu’Improvisators Dub en fait naturellement de même sur “Pusher Dub” ou “Dub Fever”. Les lyonnais arrosent la collaboration de leur goût pour le numérique et l’électronique alors que les bordelais restent fidèles à l’acoustique et leurs affinités avec le steppas anglais. Cette fusion, de presque deux générations, trouve alors son apogée sur les derniers “Keep On Fire” et “Dirty Eighty”. A noter que ces sept titres sont agrémentés de deux remixes exécutés par Knarf et Manutension des Improvisators

“Highvisators” n’est donc pas qu’un disque de dub français de plus. Il restera comme la preuve d’une solidarité et d’une amitié à toute épreuve entre les acteurs de la scène hexagonale. Sans pourtant être des plus originaux, ce mariage ponctuel séduit et pourrait bien donner des idées à d’autres. On ne peut que le souhaiter.

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Jarring Effects - “Burn Babylon Burn”

Burn Babylon Burn[DVD]
23/03/2004
(Jarring Effects/Pias)

Depuis plusieurs années maintenant, le label lyonnais Jarring Effects s’emploie à sortir une nouvelle génération de talents de l’anonymat. Devenu quasiment un pilier, sinon une référence, de la scène musicale hexagonale avec les succès de High Tone, Ez3kiel ou Lobe Radiant Dub System, la structure sort ces jours ci un premier DVD. Pas seulement une visite de son catalogue, ce qui serait ne pas connaître Jarring Effects. Non, le label propose ni plus ni moins un documentaire au sujet de toute une scène et de ses acteurs

Ici, chaque artiste ou groupe a son sujet passant par des interviews et des images live. High Tone et Ez3kiel toujours aussi inégalables, nous découvrons ainsi un peu mieux quelques autres formations dont les albums sont passés plus ou moins inaperçus. C’est le cas notamment de Monsieur Orange, L’Oeuf Raide, Busyman ou Interlope. Deux heures en tout comprenant également deux documentaires très bien montés. Le premier présente Jarring Effects, ses acteurs, son fonctionnement, ses idées. L’autre s’affiche en panorama de la scène dub française et rend hommage à des groupes comme Lab, Zenzile, Improvisators Dub, Meiteisho, General Dub, Kaly, Brain Damage ou même Burning Heads et j’en passe, qui tout en n’étant pas du label font partie de la famille

Mais ce n’est pas fini, Jarring Effects présente également la vidéo de sa soirée anniversaire au Transbordeur, le 09 mars de l’année dernière. En son 5.1 s’il vous plait! Tout cela ne pouvait aller sans un CD, alors le label réédite pour l’occasion sa compilation FX002, à l’origine promotionnelle, et l’inclut à l’objet de ce fait on ne peut plus incontournable

“Burn Babylon Burn” est comme son géniteur. Il convaincra à jamais qu’une musique instrumentale peut être scénique et pleine d’idées. Comme un cadeau de noël en retard. Indispensable

Voir la bande annonce ici