Jarring Effects

Jarring Effects


(55 articles)

Grosso Gadgetto - “Paranorama”

Paranorama[Album]
01/09/2008
(Jarring Effects/Discograph)

Une scène electro dub surpeuplée comme peut l’être la nôtre ne laisse que peu de place aux groupes trop immatures. C’était le cas de Grosso Gadgetto au moment de la sortie de leur premier album chez les lyonnais de Steppin Razor en 2005. À l’époque, “How Long Do You Have To Wait?” posait d’ailleurs la question appropriée. Toujours est il que, depuis, les gaillards se sont pris en main. Et à force de concerts, de participations à diverses compilations (”Audioactivism“, “JFX Bits”), et de maxis (”Your Mother Smokes Crack” également présent ici), ils se sont fait une santé telle qu’ils figurent désormais au catalogue Jarring Effects qui, bien qu’avec une politique de signature plutôt agressive ces derniers temps, n’en reste pas moins un gage de qualité.

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Revo - “Artefacts/…”

Artefacts/...[Album]
05/05/2008
(Jarring Effects/Discograph)

L’appellation electro rock n’a du bon que pour les journalistes tentant tant bien que mal de situer un disque. Même si, on vous l’accorde, le terme n’est pas des plus précis, que le rapprochement de ces deux genres musicaux ne dépend finalement que de l’ampleur du fossé les séparant et dont seuls les musiciens peuvent décider de l’importance. Pour preuve, loin des clichés hype du moment, de ces groupes qui décident de faire de l’electro avec des guitares, ou du rock à base de machines, Revo a lui aussi choisi d’évoluer entre ces deux balises, bien éloignées l’une de l’autre.

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Karlit & Kabok - “Muzik d’Ascenceur Pour Kages d’Eskalier”

Muzik d'Ascenceur Pour Kages d'Eskalier[Album]
14/04/2008
(Jarring Effects/Discograph)

Davantage cité pour son activisme au sein du milieu dub que pour la passion du rap qui l’anime (malgré la présence dans ses rangs de groupes comme Reverse Engineering, Fumuj ou La Phaze par le passé), le label Jarring Effects s’écarte d’une scène qu’il a largement contribué à façonner avec la sortie de ce “Muzik d’Ascenceur Pour Kages d’Eskalier”, premier album des improbables Karlit et Kabok, membres d’un duo visiblement moins inspiré par les pionniers New-Yorkais que par les textes de Didier Super et l’énergie débrydée de Stupeflip. Effet de mode ou simple coïncidence, toujours est-il que la sortie de ce disque intervient après celles (très) remarquées d’artistes surfant eux aussi sur la vague du rap décalé, humoristique, à mille lieux du hardcore moribond qui mine la scène française depuis… trop longtemps déjà.

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Broadway - “Enter The Automaton”

Enter The Automaton[Album]
07/04/2008
(Jarring Effects/Discograph)

Si “06/06 am”, premier album introspectif entre post rock et electronica, a contribué à inscrire Broadway sur la carte musicale française, c’est à n’en pas douter sa collaboration avec Angil pour “The John Venture” qui l’aura rendu incontournable. Marié avec le folk mélancolique de son collaborateur d’un temps, le groupe se rapprochait alors délicieusement des derniers délires Anticon, revenu de sa stratosphère hip hop avant gardiste qu’il laissait finalement aller à quelques délires de pop bidouillée façon electro, en profitant pour ajouter une belle pierre à l’édifice musical hexagonal. C’est donc enrichis d’une expérience en tout point revigorante que les stéphanois ont repris le chemin du studio pour bâtir “Enter The Automaton”, un deuxième édifice solidement coulé dans un capital confiance en béton armé, synonyme d’émancipation et de liberté.

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Fumuj - “The Robot And The Chinese Shrimp”

The Robot And The Chinese Shrimp[Album]
24/03/2008
(Jarring Effects/Discograph)

Il y a trois ans, “Monstrueuse Normalité” laissait déjà entrevoir un savoir faire et une personnalité musicale compatibles avec les attentes d’un public dub qui tournait déjà un peu en rond. La partie n’était pourtant pas gagnée pour les tourangeaux qui, pour se faire véritablement leur place, devaient encore creuser le sillon qu’ils commençaient seulement à dessiner. Trois ans de gestation, et revoilà donc Fumuj sous l’étiquette Jarring Effects, comme un signe avant-coureur d’une évolution allant clairement dans le bon sens, même si le label aura certainement du mal à se faire qualitativement constant à un tel rythme. “The Robot And The Chinese Shrimp” déboule donc avec tous ces éléments de réponse, vient sans conteste coller à cette nouvelle orientation electro hip hop que s’est adjugée la structure activiste lyonnaise, et ses géniteurs y présentent fièrement leurs dernières mutations

En effet, de trio, le combo est devenu quintet en accueillant un claviériste et un Mc anglophone, pour appuyer les nouvelles accointances hip hop dévoilées sur ce disque. Un premier changement qui ne manque pas de faire son effet quand l’engagé “Killers”, ou “We Live In”, “Fuck” et “Tic Toc Tic Toc”, piochent dans les sons cradingues d’Ez3kiel ou de Reverse Engineering, et un flow assez éloigné de celui de ces Mcs français s’abandonnant d’habitude maladroitement à la langue de Shakespeare pour faire d’un effet de nouveauté un vrai pétard mouillé. Sans être d’une originalité implacable, “The Robot And The Chinese Shrimp” partait donc sur les chapeaux de roue. Jusqu’à ce que ne sonne le premier faux-pas de ce disque, arrivé comme un cheveux sur la soupe, à l’allure de “Play My Fucking Shit” et de ses rythmiques de guitare funkies renvoyant trop radicalement à une scène alternative un brin has been pour ne pas faire retomber le soufflet. Plus posé, mais du même acabit, “Full Of Entertainment” nous renvoie même à l’école Dirty District..

Plus réussis sans pourtant faire de Fumuj une vraie révélation, les instrumentaux “17 Or 18 I Guess”, “Cell”, “Killshot” et “Hangdog Expression” puisent seulement dans les bonnes influences d’un catalogue qui a déjà visité pas mal des moindres recoins du terrain, sans malheureusement l’élargir. Ce qui ne va pas pourtant sans élever le potentiel du combo, encore plus évident qu’à la sortie de son premier album, et dont le rapprochement avec Jarring Effects apparaît finalement d’une logique à toute épreuve. Mais la route, aussi sinueuse soit elle, est loin d’être achevée pour Fumuj qui, avec ce nouvel opus, rejoint le gratin de la nébuleuse dub mais ne parvient pas à s’en défaire. À suivre donc..

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Brain Damage - “Short Cuts”

Short Cuts[Album]
10/03/2008
(Jarring Effects/Discograph)

De toute cette nébuleuse qu’est devenue la scène electro dub française, Brain Damage s’en tire toujours plutôt bien en affublant désormais chacun de ses disques d’un concept fort. Surtout depuis une poignée d’années maintenant, et ce “Spoken Dub Manifesto” très réussi, regroupant quelques poètes sous l’étendard du dub. Fort de cette expérience plus ou moins renouvelée ici (les intervenants spoken word sont nombreux, qu’ils soient français, anglais, bosnien, catalan, arabe, allemand ou polonais), le groupe remet le couvert en adoptant l’approche de The Residents, et de leur “Commercial Album” qui, en 1980, s’était donné comme but d’enchaîner une quarantaine de titres ne dépassant pas la minute, simplement constitués d’un couplet et d’un refrain. Ainsi, “Short Cuts” dépose une sensation d’urgence et d’intensité qui rassurera certainement les adeptes des morceaux courts, chose assez rare dans un contexte dub, d’ordinaire voué au développement et à la lente progression des idées

Autre surprise pour le moins enthousiasmante, Brain Damage n’hésite plus à s’écarter de son style de prédilection, même si celui-ci reste tapi dans l’ombre de chacun de ces 24 titres. Illustration dés l’entame de ce disque et son introduction acoustique et popisante (”Parce Que J’en Ai Marre”), annonçant la couleur d’un contenu harmonieux. Suivent un trip hop habité (”Bok”), un post rock attirant (”The Palm Reader Is On Acid”), un downtempo hypnotique (”Mi Nismo Voda Broj1″), une minimale hantée (”Armer Kopf”), quelques uns des flagrants exemples venant ponctuer un registre qui revient aussi forcément vers l’electro dub originel du groupe (”Children Of Pallakad”, “Munduh”, “Sta?”, “Trupy”). Mais quel que soit le style adopté, Brain Damage souligne une constante apportant toute la cohérence et l’homogénéité de ce nouvel album: un travail de studio de titan, pas toujours audible mais bien présent (preuve de talent), et un goût prononcé pour la mélancolie, qui contribue à rendre venimeux chacun des morceaux

Du coup, à l’écoute de ce “Short Cuts”, les regrets se retrouvent presque aussi nombreux que les satisfactions qui en découlent. En effet, si on se serait passés de certains titres (”Stérile” ou “Tic Tac Tic”, l’immonde final “Le Jazz De Pépé”), on aurait aimé en revanche que d’autres puissent s’éterniser un peu (”Toxine”, “Plot/Propose”, ainsi que les jolis écarts du début), comme il est prévu qu’ils le soient sur scène. Ainsi, les regrets sont satisfactions, et vice versa. En gros, Brain Damage vient une nouvelle fois brillamment chambouler nos esprits quelque peu formatés, et prouve que l’electro dub ne s’est finalement pas encore totalement dévoilé. Cela, rien n’était moins sûr avant ce nouvel album, de ce fait vivement conseillé quels que soient vos à prioris

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Rzatz - “Will We Cross The Line?”

Will We Cross The Line?[Album]
25/02/2008
(Jarring Effects/Discograph)

On apprend beaucoup à voir les autres travailler, ou en travaillant avec eux. R;Zatz ne vous dira pas le contraire, elle qui endosse depuis quelques années le rôle d’ingénieur du son du studio Jarring Effects, et qui aura donc eu l’occasion de multiplier les expériences aux côtés de groupes aussi solides et rôdés que High Tone ou Ez3kiel. Et elle aura pris son temps pour digérer tant de flux sonores, ceux-là qu’elle régurgite aujourd’hui agrémentés d’influences hip hop évidentes pour “Will We Cross The Line?”, un premier album bien mérité. N’allez donc pas y chercher une faveur accordée par le label, pour toutes ces années passées à son service

En effet, R;Zatz, forte de ses collaborations avec Akufen ou Fisto (du groupe abstract hip hop La 5ème Kolonne), n’en est pas à son coup d’essai en termes de production. Pas de raison donc que la demoiselle ne serve pas cette fois sa propre cause en invitant sur son disque, en retour, quelques artistes capables de se fondre dans ce décor sombre, pesant et phobique (Carbon Copies de Picore, Takeshi Yoshimura de Azian Z, G Bart de Reverse Engineering), mené à la baguette par des rythmiques aussi libres qu’appuyées, ponctuant la mélancolie ambiante et régissant les bruits

Car R;Zatz a résolument plus d’un tour dans son sac. Chose qu’elle ne manque pas d’illustrer tout au long de ces treize titres: qu’ils soient expérimentaux et imprévisibles (”Effeuillage”), enivrants (”Menteurs”), planants (”Not An Angel”, “Kane Yamaken”), totalement bruitistes en alternant fréquences chantantes et breaks aux sonorités orientales (”All Communications Are Dead”, “I Want To Be Your Housewife”) ou en laissant hurler des samples vocaux battus à mort par un pied fracassant (”Finalement”)

Et, à entendre la poignée de morceaux qui restent à ce tracklisting, ces quelques titres ne resteront qu’un petit aperçu de ce que la lyonnaise a sous la semelle. Car quand certains calquent une féminité touchante sur le délicat et efficace “Nothing’s Still Something”, les doux et habités “Hikari No Kioku” et “Flash Forward”, nous, aidé par un “Love To Death” sans concession, n’y voyons qu’une inspiration semblant inépuisable et concrétisée par une maîtrise des machines finalement logique. Du très bon Jarring Effects en somme..

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Ez3kiel - “Battlefield”

Battlefield[Album]
21/01/2008
(Jarring Effects/Discograph)

Souvent assimilé à la scène dub française bien qu’ayant toujours cultivé sa différence, Ez3kiel poursuit sa route vers des contrées qui lui sont propres, au point de désormais toucher du doigt un univers dont lui seul possède les clés. Car il faudrait revenir d’un long périple dans l’espace, ou du fin fond de la Lettonie, sans radio ni web, pour continuer à penser qu’il emprunte le même chemin que ses acolytes imperturbables de High Tone, défunts (?) de Lab, ou maintenant post punk de Zenzile. Ceux-là ont vite fait de laisser se battre les jeunes pousses entre elles, pas encore assez matures pour jouer la carte de l’originalité, pour fuir les éternelles comparaisons comme les préjugés de leur public. À l’écoute de “Battlefield”, nouvel album des ingénieux Ez3kiel, aucun doute que de tous, le trio, devenu quatuor avec l’arrivée du multi instrumentiste Stéphane Barraud, a tiré la plus belle carte Lire la suite…

L’Oeuf Raide - “Are You Eggsperienced?”

Are You Eggsperienced?[Album]
12/11/2007
(Jarring Effects/Discograph)

L’omelette de L’Oeuf Raide était à vrai dire encore trop baveuse au moment de la sortie de “Dans Le Même Panier” marquant pourtant une véritable évolution musicale, mais manquant clairement d’expérience pour libérer toute sa saveur. On attendait donc impatiemment de se refaire inviter à sa table, histoire de juger si le chef avait encore amélioré sa recette. “Are You Eggsperienced?”, clin d’oeil à Jimi Hendrix pour son sens de l’expérimentation, fait donc sonner la cloche et ouvre les portes d’un établissement qui, au passage, gagne clairement une étoile au guide de l’electro hexagonale

Incontestablement, L’Oeuf Raide a repris les choses là ou il les avait laissées il y a tout juste deux ans. On retrouve une prédilection pour les rythmiques electro hip hop, dub et breakbeat, mais il n’aura pas oublié de les enrichir d’une évidente diversité, en se laissant aller à son inspiration tout en n’offrant pas un album totalement décousu et dénué de sens. Ainsi, bien saupoudrées au-dessus de cette solide base, il sera plutôt récurrent d’entendre quelques sonorités trip hop, jungle, jazz, funk ou rock, amenant avec elles un goût soudainement plus relevé et une esthétique bien plus appétissante

Et ce laboratoire musical laissera ainsi s’échapper quelques essais probants (”Waving Feed Back”, “Meeting With a Funky Angel”, “Groovin’ Vorteggs”). Au point que les adeptes de la patte cinématographique d’Amon Tobin marcheront en terrain connu (”Chimera’s Foretaste”, “Uncut Daintiness”, “Duke Ass”), tout comme les aficionados du rock bruitiste sur “Cello’s Stripping”. Cela sans compter sur la touche hip hop concrètement déposée par un featuring de Fisto De Sofa So Good sur un “Panier De Crabes” qui, s’il contribue aussi à la richesse du disque, ne laissera pas un souvenir impérissable

Tout le contraire de la belle surprise de cet opus, le funky et très efficace “From Beyond Graceland” emmené par un crooner charismatique, Eric Aldéa (Zëro) en l’occurence, totalement à l’image de la prise de risque relevée avec brio par l’Oeuf Raide. Un bel effort qui laisse une agréable saveur en bouche, au point qu’on en viendrait presque à zapper une petite poignée de titres assez peu aventureux dans un registre electro hip hop déjà énormément visité. À la carte des desserts maintenant..

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Jarring Effects - “Cape Town Beats”

Cape Town Beats[Album]
05/11/2007
(Jarring Effects/Discograph)

La connection entre Jarring Effects et l’Afrique du Sud ne date pas d’hier mais de 2003 exactement, quand Interlope s’en est allé là-bas dans le cadre d’un échange culturel avec les locaux de Zong! et The Constructus Corporation, appartenant tous deux au catalogue African Dope, le label phare du pays. Et cette rencontre entre les deux structures n’est finalement pas due au hasard puisque l’approche politique de la musique est un point commun qu’elles partagent largement. Ainsi, il ne sera pas surprenant d’entendre les artistes des deux camps s’élever contre les inégalités, tout en se ralliant sous une même couleur musicale non mainstream, composée de jungle, de breakbeat, d’electro, de hip hop et de ragga. Le duo parisien aura donc servi d’étincelle pour cette relation lumineuse entre deux acteurs à l’éthique reluisante, qui se traduit aujourd’hui par la sortie chez Jarring d’un coffret trois CD permettant de mettre quelques sons sur des noms parfois seulement murmurés

Une compilation, et deux albums sont donc au menu de cet objet découverte. La première aligne tous les plus solides représentants sud-africains, qu’ils soient essentiellement hip hop (la formation féminine Godessa, Tykoon Suit, Kuti Kult, l’excellent Ben Sharpa, Crypticism), ou plus rarement electronica ( Markus Wormstorm, ou Felix Laband, connu des aficionados du label Compost), electro hip hop (The Constructus Corporation), et breakbeat (Sweat X). Et ceux-là ne forment qu’un bref aperçu de ce disque souffrant, comme ses homologues européens ou américains (pas de raison après tout!) d’un certain manque d’homogénéité, mais dont tout l’intérêt réside dans la découverte d’une poignée d’artistes intéressants, qui n’auraient peut-être jamais atterri dans les oreilles françaises sans la contribution des lyonnais

Parmi eux, on retrouve également Sibot, dont l’album “In With The Old” figure également au packaging. Le contraire aurait été criminel tant il est l’un des artistes les plus prolifiques du pays, alliant des talents de musicien, dj, arrangeur, et producteur qui lui font participer à de nombreux projets (The Real Estate Agents, The Constructus Corporation, FuCK’n'RaD, Chromoscience…). Considéré aujourd’hui comme un des précurseurs de l’electro hip hop locale, il pond “In With The Old”, un deuxième album mariant des mélodies accrocheuses à des rythmiques hip hop syncopées assez proches de Prefuse 73 ou Chris De Luca. Pourtant, si le sujet est incontestablement maîtrisé (”Bang On The Drum”, “12345″, “Granny Scratch”) et qu’il tient la dragée haute à de nombreux frenchies évoluant dans cet univers musical, cet opus de 21 titres aurait certainement gagné à être plus court pour n’en révéler que le meilleur. En effet, trop de morceaux en demi-teinte (”Strhaff Tak”, “Sixatesix”, “Mums The Word”…) viennent contrebalancer une bonne impression s’effritant malheureusement sur la longueur

Il se verra cependant offrir une seconde chance avec “FuCK’n'RaD”, l’album qu’il propose ici sous le nom de Dj Fuck, et sur lequel il est accompagné du Mc Totally Rad dont avait déjà entendu la voix particulière et le flow acéré, façon The Streets, sur le “Electrified” d’Interlope. Rappelez vous, le monde est petit. C’est donc cette fois d’un mélange d’electro hip hop et d’electro pop qu’il s’agit. Et l’on ne se forcera pas longtemps à avouer qu’on a affaire là au disque le plus intéressant de ce “Cape Town Beats”, l’ambiance décalée (”Drunk By Name”, “Visitor”), mêlée à l’efficacité des titres et de la voix, rendant l’écoute aussi plaisante qu’enthousiasmante. Et ce ne sont pas des morceaux comme “Super Evil” au contre-temps original, les très réussis “Reprogram” et “World Champion”, ou le comico “The Organ Grinder” qui viendront remettre en cause la fraîcheur et le fun qui s’élèvent de titres majoritairement oppressants et glacés

Jarring Effects offre donc ici une belle opportunité de découvertes, et d’ouvrir un peu plus nos oeillères de métropolitains blasés. La scène sud-africaine transpire incontestablement la vie, et il se dégage de chacun de ces trois disques une spontanéité et une envie qui laissent penser qu’on n’a certainement pas fini d’entendre parler de tous ces artistes qui en ont encore incontestablement sous la semelle. Presque cinquante ans d’apartheid auront donc tristement marqué à jamais un pays qui a, semble t-il, bien rattrapé le temps perdu. Une belle démonstration dans son ensemble..

Ecoutez un extrait des artistes African Dope ici

Ecoutez un extrait de Sibot ici

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