James Delleck

James Delleck

(France)

(4 articles)

James Delleck fait maintenant dans la varièt’

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Ceux qui gardaient de James Delleck le souvenir d’un excellent Mc, personnage incontournable dans le décor d’un hip hop français quelque peu marginal, vont certainement faire plusieurs tours dans leur slip à l’écoute de “L’Impoli”, son nouvel album solo qu’il s’apprête à sortir sur le label Tôt ou Tard.

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James Delleck - “Le Cri Du Papillon”

Le Cri Du Papillon[Album]
27/08/2007
(Tôt ou Tard/Warner)

Pendant que d’autres stagnent lamentablement, ou tentent de repousser toujours un peu plus loin leur registre, souvent avec perte et fracas, James Delleck suit sa route, monte en grade à chacune de ses réapparitions, le tout en restant toujours droit dans ses bottes. Voilà peu qui lui permet pourtant de faire exception au sein d’une scène hip hop française qui ne cesse de se chercher quand elle s’offre des ambitions presque trop grandes pour elle. En effet, le Parisien a le don de jouer dans la finesse, d’enrichir sa musique sans être racoleur, et d’amener constamment une pincée d’humour dans ses lyrics sans tomber dans la caricature et le ridicule. Certains disent que James Delleck est un acteur de la poésie urbaine, et ils ne sont pas loin de la vérité. C’est en tous les cas l’impression que laisse “Le Cri Du Papillon”, son nouvel album propulsant son public dans diverses ambiances taillées sur mesure par ses textes et ses productions

Car le Parisien n’est pas du genre à se reposer sur ses lauriers. Le temps d’une quinzaine de titres, il monte encore une marche en matière de dextérité vocale et lexicale (”Personne”), incroyable quand on sait que l’intéressé n’est pas du genre à lire. Pour preuve, par le biais de lyrics toutes en finesse et non dénuées d’humour (”Le Profil Psychologique”), il incarne ici aussi facilement un réverbère (”Le Réverbère”), une gouttelette (”Sonate Pour Une Gouttelette”) ou divers personnages atypiques (”Gérard De Roubaix”), qu’il peut se montrer léger, mystique (”Chaman”) ou totalement plombé (”15 Ans” en rapport avec le suicide d’une connaissance d’antan). Mais quel que soit le ton adopté, Delleck démontre, en contant une histoire ou en choisissant ses mots pour leur musicalité, un maniement du verbe qui en fera pâlir beaucoup. D’ailleurs, sa signature sur Tôt ou Tard, label de chanson française, va dans ce sens..

Mais, on le sait, les bons mots ont encore plus d’impact quand ils sont parfaitement mis en musique. Et c’est là aussi toute la richesse de cet opus, varié et toujours efficace, qui ne se prive pas de piocher dans une large palette de couleurs musicales. Ainsi, “Le Cri Du Papillon” emprunte à la funk (”Le Profil Psychologique”), la drum n’bass (”L’Amour”), la dance (”Ainsi Soit-Il”), au rock (”Le Réverbère”, “L’Etranger”) et laisse quelques traces qui pourraient bien s’avérer indélébiles avec le temps: on pense à “15 Ans”, au club et bouncy “Titty Twister”, à “J’ai Appris” dans son ensemble, et même à l’instrumental “La Carotte Sauvage”. Et c’est seul qu’il endosse toute cette responsabilité, puisque cette pile électrique scénique est ici auteur/compositeur/mixeur/réalisateur, ici ou là aidé par les collaborations de musiciens de renom comme Vincent Ségal (violoncelle), Detect (platines), Yann Péchin (guitare), Vincent Taurelle (claviers) et Cyril Atef (Batterie)

James Delleck trace donc sa route, et même si quelques éléments laissent à penser qu’il est encore capable de mieux (quelques refrains un peu trop pop, ou trop faciles comme sur “Gérard De Roubaix” ou “L’Etranger”), il est indéniable que cet insatiable Mc s’est ici lâché, a laissé parlé sa maturité, et parvient à un résultat qui sonne aujourd’hui comme une bouffée d’air frais, une oeuvre accomplie. Après un premier album, “Acouphène” qui n’a plus qu’une allure de coup d’essai, Delleck prend cette fois sérieusement son envol. Et on attend déjà une prochaine escale..

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Interview : James Delleck (10-2003)

Interview : James Delleck (10-2003)

James Delleck et Le Jouage accouchent d’un “Gravité Zéro” conceptuel et raffraichissant qui donnait envie d’en savoir plus…

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James Delleck / Le Jouage - “Gravité Zéro”

Gravité Zéro[Album]
14/10/2003
(Ici d’Ailleurs/Chronowax)

Depuis la reconnaissance médiatique de TTC, le hip hop, que l’on qualifiera d’expérimental pour faire simple, gagne progressivement du terrain dans l’hexagone. De cette bande créative font partie les parisiens James Delleck et Le Jouage. Si les petits français de chez Big Dada ont ouvert la voie tout en ayant du mal à se vanter d’une maturité et d’une homogénéité indispensable pour un hip hop très digeste, les deux compères de ce “Gravité Zéro” se rapprochent sûrement de la quasi perfection

Alors que le rap français ne cesse de creuser son trou, le duo redore son image en jouant insolemment d’originalité et de conceptualisation pour un résultat pour le moins captivant. Telle une machine à remonter le temps, cet opus débute par un “Infini” qui n’a rien à envier à de nombreux collègues d’Outre Manche ou d’Outre Atlantique. Productions sombres, ambiances froides, des flows inspirés et appliqués, tel est le lot de cet album dans sa totalité. Baigné dans la science fiction et ses décors fantastiques, les deux aliens buggent logiquement sur “Hal 9000″, donnant à ce “Gravité Zéro” une allure d’opus concept ou chaque titre n’est qu’une escale de ce voyage dans le temps et l’espace. On retiendra aussi les clins d’oeil electro (”Dj 3eme Type”) et disco (”Star Child”) preuves d’une ouverture musicale prépondérante, le jouissif “Trou Noir” avec le désormais incontournable Buck 65, les defjuxiens “3801″, “Plein d’étoiles” et “Antimatière”, l’instrumental “Post Biologik” ou le final et boombipien “Au Commencement”. Notez qu’interviennent également Fuzati du Klub Des Loosers et Hi Tekk de La Caution

Vous l’aurez compris, tout pour enrichir une scène lobotomisée par les FM et à sec d’idées nouvelles. James Delleck et Le Jouage donnent tout simplement avec “Gravité Zéro” une magistrale leçon d’inventivité et d’exploitation de matière grise qui mériterait d’être remboursée par la sécu. Pour ne pas mourir idiot..

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