(15 articles)

Mumford & Sons - “Babel”

mum180Album
(Island)
24/09/2012
Folk country

Ces dernières années, nombreux ont été les groupes à oeuvrer pour une remise aux normes d’un rapprochement entre l’indie folk et la country, un genre souvent considéré comme un peu crouteux, folklorique et archaïque, mais qui sait offrir le petit plus à un répertoire pour qu’il y gagne en charme.  Avec un premier album “Sigh No More” qui n’a pas manqué de conquérir leur public il y a trois ans, et des prestations live qui auront systématiquement fini de marquer les esprits, les Britanniques de Mumford & Sons auront incontestablement été parmi les grands acteurs de ce phénomène.

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Dj Shadow - “The Less You Know, The Better”

shad180Album
(Island)
03/10/2011
Electro hip hop

Quinze ans déjà que Dj Shadow révolutionnait la musique contemporaine avec son “Endtroducing”, devenu référence absolue tant il a ouvert la voie à l’abstract hip hop. Sa carrière devint par la suite plus chaotique, l’excellence de ce premier opus ne se reproduisant que sporadiquement sur “The Private Press” qui suivit, encore plus rarement sur “The Outsider” sorti en 2006. Dès lors, seules ses nombreuses collaborations ravivaient une flamme bien difficile à entretenir en solo. A l’heure où sort “The Less You Know, The Better”, l’impatience de découvrir le travail d’un beatmaker élevé au rang de demi-dieu se mêle donc à la peur d’être à nouveau déçu.

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Bombay Bicycle Club - “A Different Kind Of Fix”

bomb180Album
(Island)
26/08/2011
Pop

Lorsqu’un groupe offre une suite à un premier effort salué par la critique, on a vite fait de cataloguer cette nouvelle production d’”album de la maturité”. Pour Bombay Bicycle Club, on entend déjà les sirènes habituelles raisonner comme un vulgaire manque de reconnaissance du travail accompli. Car, si “A Different Kind Of Fix” se révèle plus orchestré que “I Had The Blues But I Shook Them Loose”, il n’en conserve pas moins une étrange fraicheur

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PJ Harvey - “Let England Shake” (music video)

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PJ Harvey - “Let England Shake”

pj180Album
(Island)
14/02/2011
Indie rock

Après un “White Chalk” profondément sombre, et un “Woman A Man Walked By” poétique, PJ Harvey repose les pieds sur terre, et se retourne vers ses origines anglaises pour nous livrer des chansons à la fois personnelles et engagées. Encensé par la critique anglaise, “Let England Shake” arrive comme le messie en ce début d’année 2011. Mais l’album ne s’est pas fait attendre avec impatience sans raison: PJ Harvey a mis plusieurs mois avant de trouver la voix parfaite pour ce disque. Une voix tantôt tremblante, tantôt dansante, qui change d’une chanson à l’autre. Une voix profonde qui questionne, accuse, et clame.

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The Bronx - “II”

II[Album]
25/07/2006
(Island/Universal)

The Bronx s’était présenté, lors de la sortie de son premier album, comme un quatuor un peu fou, spontané dans sa musique comme dans sa manière de l’amener à son public. Entendez par là que ce premier opus avait été enregistré par Gilby Clarke (Guns n’Roses) en une seule prise. Depuis, les choses ont légèrement changé. Island n’est pas resté insensible au potentiel, l’a signé illico presto, chose qu’on aurait crue peu probable étant donné le profil de The Bronx peu enclin à ce genre d’affiliation. Et même si on suffoque lorsque le label qualifie le groupe de “métal”, ça nous apprendra à nous fier aux apparences. Quoi qu’il en soit, la bande de Matt Caughthran, leader charismatique, n’y a pas perdu en énergie. Car une fois passée cette intro un peu mystique en rapport avec la pochette de ce deuxième album, on ne tarde pas à se reprendre cette déflagration des débuts (”Small Stone” et sa rythmique presque précipitée). En mieux produit certes, ce qui permet aux guitares d’être encore plus agressives et de parfaitement enrober les aboiements du capitaine du navire. Du coup, chaque morceau en ressort grandi, qu’il s’inscrive dans la pure lignée The Bronx, qu’il laisse apparaître facette plus posée du groupe (”Dirty Leaves”, “Safe Passage”) ou qu’il choisisse l’intermédiaire (”White Guilt”). Là, Caughthran délaisse les braillements pour un chant convaincant qui s’avèrerait presque touchant. Mais que les gros durs se rassurent, The Bronx ne sait pas ramolli le moindre du monde, et reste ce combo punk tout simplement capable de lever le pied pour donner encore plus de relief à son oeuvre, du coup un poil plus digeste. Ceux-là taperont certainement de la guibole sur les excellents “Shitty Future”, “History’s Strangler”, “Oceans Of Class”, “Mouth Money” et “Around The World” pour ne pas tous les citer tant ce deuxième volet de la discographie du quatuor tient le haut du panier grâce à une efficacité, une cohérence et une énergie lâchée. Que les craintes retournent d’où elles viennent, The Bronx propose là la suite logique de son premier opus, et en profite pour gagner en goût. Sûrement un des albums de 2006..

En écouteHistory’s Strangler

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Thursday - “A City By The Light Divided”

A City By The Light Divided[Album]
15/05/2006
(Island/Universal)

Depuis la sortie de “Full Collapse” il y a maintenant quelques années chez Victory, Thursday n’a jamais cessé d’évoluer malgré un passage en major souvent synonyme de formatage. “War All The Time”, il y a trois ans, confirmait tout cela de la plus belle des manières. Seulement depuis, de l’eau a coulé sous les ponts, et bien malin était celui qui pouvait prédire le son et l’orientation de ce “A City By The Light Divided”, du coup sur la corde raide, surtout que quelques démos non finies tournaient sur le net depuis l’an passé contribuant aux rumeurs les plus infondées. Une chose est sûre, Thursday a voulu encore évoluer, processus normal d’évolution pour tout groupe qui se respecte, lui et son public

Déjà bien à part dans le paysage émo, les portes de l’inconnu s’ouvrent alors en grand lorsqu’on introduit le disque dans la platine. Ce n’est que quarante cinq minutes plus tard qu’on arrive à la conclusion que ce “A City By The Light Divided” n’est peut-être pas le meilleur opus du groupe mais de loin le plus novateur. Dans le son déjà, plus live, presque brouillon mais jamais baigné dans la surproduction qu’on nous assène régulièrement. Les compositions ensuite, beaucoup plus complexes, comme ce “The Other Side Of The Crash/Over And Out Of Control” d’ouverture ou les plans se multiplient au point de donner l’impression à l’auditeur d’avoir déjà traversé une poignée de titres. Au-dessus de ce nouvel opus plane constamment cette énergie froide caractéristique chez Thursday, donnant naissance par exemple à “At This Velocity”, un des titres les plus chaotiques du groupe, au plus contenu “Running From The Rain” et au plus intense “The Lovesong Writer” ou la voix de Geoff Rickley, volontairement lointaine, n’a jamais aussi bien résonné

Thursday reste ancré dans un genre tout en enfonçant le clou de l’originalité en optant pour la complexité des productions. Écoutez par exemple le déconcertant “Into The Blinding Light” sur la fin de l’album, preuve incontestable que le groupe n’a pas d’équivalent sur la scène. Un statut qui ne se gagne qu’en s’arrachant un peu les cheveux au moment de la composition. Thursday est spécial, sans aucun doute, préfère la cohérence d’un disque dans sa totalité plutôt que de pondre une série de singles. On aime ou on déteste mais impossible de jeter la pierre à une des seules formations tentant autant de se démarquer d’une nébuleuse de plus en plus risible..

Ecoutez un extrait ici

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Nine Black Alps - “Everything Is”

Everything Is[Album]
20/10/2005
(Island/Universal)

Pour beaucoup d’entre nous, le grunge n’est plus qu’un lointain souvenir. Les chemises à carreaux d’Eddie Vedder, les cheveux gras et les jeans déchirés de Dan Peters, la nostalgie qui vous prend en tombant sur un vieux vinyle de Sub Pop… et cette irrépressible envie de coller des baffes à bon nombre de gens. Car de nos jours, le grunge c’est avant tout: 1) des adolescents boutonneux à t-shirt Kurt Cobain répétant “tu peux pas comprendre”, 2) un outil marketing pour des maisons de disques adeptes des coffrets Noël qui ressortent du Nirvana comme on ressort les grands-parents au Réveillon en espérant se faire de l’argent facile, 3) Audioslave en train de massacrer une vielle chanson de Soundgarden au lieu de signer de nouvelles compos de bonne facture… De quoi y laisser sa santé mentale et se mettre à entonner le jouissif “Lord Grunge” des Frogs si ce n’était pour Nine Black Alps

Oubliez Seattle, direction Manchester. Le quatuor mancunien délivre sur son premier album un mélange de punk et de heavy metal avec une sincérité qu’on n’avait plus entendu depuis le milieu des années 90. Au placard Creed et Nickelback! Sam Forrest (chant), David Jones (guitare/basse), Martin Cohen (basse/guitare) et James Galley (batterie) ressuscitent la pesanteur du son de Seattle. Leurs morceaux sont percutants à l’image du tubesque “Cosmopolitan” (rien à voir avec la chanson homonyme de Vincent Delerm) et de ses riffs assassins. Que se soit dit, les quatre garçons ne laissent rien au hasard: écoutez “Shut Down”, tout y est calé au millimètre près. Les Hives en avaient rêvé, Nine Black Alps l’a fait! Autre qualité suffisamment rare pour être soulignée, la capacité du groupe à mélanger les sonorités (Kings Of Leon, The Clash, The Beach Boys…), à les digérer et à créer son propre son

En conclusion, rien que nous n’ayons déjà entendu auparavant mais une énergie et une maîtrise qui font plaisir à entendre. En 1993, Nine Black Alps aurait été un phénomène, en 2005 ils ne sont qu’un bon groupe. Voilà ce qui se passe quand on arrive avec 12 ans de retard.

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Letter Kills - “The Bridge”

The Bridge[Album]
27/07/2004
(Island/Import)

Il faut l’avouer, le cliché des groupes émo, genre bande de potes pas très beaux et mal dans leur peau, commence sérieusement à peser tant il se vérifie encore tous les jours. Letter Kills, secrètement chrétien, n’est peut être pas épargné mais parvient à s’élever de la masse grâce à une énergie à toute épreuve et un certain talent de composition rendant tubesque chacun de ses titres. “The Bridge”, le tout premier opus de ces californiens, se veut un peu à la croisée des chemins de Finch (dont le guitariste était un pote de lycée de son homologue) et Jimmy Eat World et emprunte une voie rock au nombreux carrefours. En effet, ici les mélodies de la pop, les choeurs et l’intensité hérités du hardcore se côtoient mais Letter Kills jouent plus d’efficacité que d’originalité en s’appuyant sur quelques touches rock n’roll en faisant presque le hard rock d’aujourd’hui, solos à l’appui. Alors, profitons que les hardos aient laissé tomber jean moulant et baskets montantes pour se jeter à corps perdu dans un disque qui, bien que malheureusement surproduit, renferme quelques trésors de rock comme “Don’t Believe Me“, “Whatever It Takes”, “Carry You”, ou “Radio Up”. Si les percées de Thrice ou Thursday, qui auront certainement permis la médiatisation de Letter Kills, se manifestent que discrètement dans le rock du combo, dommage cependant que “The Bridge” subisse autant le stéréotype de production des majors. Moins de moyen et plus d’urgence en auraient certainement fait l’un des disques de l’année. Regrettable quand on apprend que ce n’était pas l’ambition du groupe.

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Dj Shadow - “In Tune And On Time”

In Tune And On Time[DVD]
06/07/2004
(Island/Universal)

Les concerts de Dj Shadow en Europe se font rares et leurs places s’arrachent à prix d’or. C’était bien évidemment le cas lors de sa dernière venue à l’occasion de la sortie de “Private Press”, il y a maintenant deux ans. Voilà sûrement une des raisons expliquant la sortie de ce DVD/CD en live à la Brixton Academy de Londres, concert complet inutile de le préciser

“In Tune And On Time” nous refait donc vivre l’évènement. Alors qu’on aurait pu s’attendre à une prestation un peu ennuyeuse sur DVD (Shadow étant seul avec ses platines), c’était sans compter sur tout le travail de vidéo en fond de scène venant parfaitement illustrer sa musique. Des vidéos faisant l’objet d’un montage intéressant, les images venant souvent s’incruster en premier plan pour donner plus de variété visuelle à un concert qui en aurait manqué s’il avait été filmé tel quel. Parlons musique maintenant. Le californien nous pond un mix de toutes ses productions, qu’elles soient issues de Unkle comme de “Private Press” en passant par Quannum, “Endtroducing”, “Preemptive Strike” et j’en passe… Bien sûr, Dj Shadow ne fait pas que pousser ses disques mais les superpose les uns aux autres pour des versions inédites et un mix qui, au final, s’avère inédit, varié, rythmé et toujours source de surprise

“In Tune And On Time”, n’ayant rien à voir avec ses précédents DVD en compagnie de Cut Chemist, est sans conteste un objet à acquérir pour tous les adeptes de deejaying. La version CD de ce live (incluse au DVD) est vraiment incontournable. En ce qui nous concerne, on considèrera le DVD comme un superbe bonus qui, à l’occasion, se regardera d’un oeil entre amis. Vivement conseillé.

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