(13 articles)

Gangpol & Mit - “The 1000 Softcore Tourist People Club”

gang180Album
(Ipecac)
15/04/2011
Electro ludique

Oubliez Henri Dès, et formez tout de suite vos enfants au son de Gangpol & Mit. Si vous avez eu la chance de les voir en concert derrière ce nom ou celui de Carton Park, vous savez à quel point leurs prestations ressemblent au “Comic Strip” de Serge Gainsbourg puissance mille. En effet, à force de shows audiovisuels remarquables, le duo français est devenu maître des contes sonores énervés, du hardcore bariolé et du bric-à-brac électro.

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Sax Ruins - “Yawiquo”

sax180Album
(Ipecac)
08/2009
Free jazz noise

Si la jeunesse est un privilège, il n’empêche qu’elle contribue souvent à vous amener à faire preuve d’une négligence inénarrable. C’est ainsi que votre serviteur n’a pas caché son indifférence lorsqu’un collègue zélé lui apporta un album, je cite, “exclusivement composé au saxo, une tuerie!“. Connaissant la passion de mon émissaire pour les bandas festives limousines, je n’ai pu m’empêcher de glisser cette offrande au fin fond de ma (grosse) pile d’écoutes. Grosse erreur Lire la suite…

Dalek - “Gutter Tactics”

Gutter Tactics[Album]
26/01/2009
(Ipecac/Differ Ant)

On y a droit à peu près tous les deux ans: les esprits hantés du New Jersey sortent des catacombes quand résonne un nouvel album de Dalek, ce duo local devenu en une poignée d’albums l’égérie d’un hip hop poussé à l’extrême, attaché aux racines de sa culture tout en flirtant autant avec le shoegazing de My Bloody Valentine qu’avec le métal des Melvins. Ainsi, Dalek et son producteur Oktopus sont aujourd’hui parmi les rares entités du genre à pouvoir se targuer de rameuter les publics métal et noise à leurs séances de hip hop bruitiste. Pas rien quand on sait à quel point tous sont fidèles à leurs chapelles respectives..

“Gutter Tactics” sonne donc l’heure d’un nouveau ralliement nocturne, ou tous viennent puiser à la source leur énième expérience sonique. Et ils ne regretteront pas le déplacement tant le duo, qui est allé chercher des samples taillés pour lui chez des musiciens de la trempe de Destructo Swarmbots, offre encore ici ce qu’il a de plus mystérieux et oppressant, tout en atteignant des profondeurs jamais atteintes jusque là (”Los Macheteros/Spear Of a Nation”). Ainsi, et le plus intelligemment du monde, Dalek arpente son territoire désormais bien connu, n’affiche aucune concession, vous prend à la gorge, vous arrache la carotide, aspire votre sang comme on boit à la paille, le tout sous votre regard mêlant à la fois effroi et addiction. Car c’est bien ce qu’il a de plus malsain qui fait tout son charme: ses interminables dissonances qui s’étalent comme une mer d’huile sous le flow calme et imperturbable de Mc Dalek (”No Question”, “Armed With Krylon”, l’excellent “We Lost Sight” et l’apogée “Gutter Tactics”)

A peine plus fréquentables, certainement beaucoup plus vicieux aussi, la lente descente en enfer “Who Medgar Evers Was” comme les plus hip hop “Street Diction” et “2012 (The Pillage)”, prennent des chemins déjà arpentés par le Dalek des débuts, proche de l’univers El-P pour ne citer que lui. Cet état des lieux fait, “Gutter Tactics” se place fièrement entre l’indéboulonnable “Absence” et le plus récent “Abandoned Language“, soit à mi chemin entre la mort et la décomposition. Ne reste plus qu’à bouffer les pissenlits par la racine

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Zach Hill - “Astrological Straits”

Astrological Straits[Album]
11/08/2008
(Ipecac/Anticon/Differ Ant)

On a beau s’attendre pertinemment à un disque totalement barré, difficile de ne pas se laisser aller à une saine curiosité quand il est à la fois étiqueté Ipecac et Anticon, deux labels souvent synonyme de qualité et d’avant gardisme. Zach Hill et son album “Astrological Straits” sont les heureux bénéficiaires de cette double attention qui leur va comme un gant.

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Interview : Dub Trio (04-2008)

Interview : Dub Trio (04-2008)

Après trois albums et un live, et autant de gifles sonores, on mourrait d’envie de poser quelques questions au trio new-yorkais le plus impressionnant de ces dernières années. Joe Tomino (batteur), DP Holmes (guitares) et Stu Brooks (basse) s’expliquent.

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Dub Trio - “Another Sound Is Dying”

Another Sound Is Dying[Album]
29/01/2008
(Ipecac/Differ Ant)

Les plus âgés d’entre vous se souviendront peut-être de ces chefs d’oeuvre publicitaires français qui mettaient en scène les cocasses aventures du moustachu Monsieur Plus (pour vanter les mérites d’un quelconque géant du gâteau apéritif, si ma mémoire ne me joue pas de tour). Allez savoir pourquoi, j’ai eu une pensée émue pour feu Monsieur Plus, à l’écoute du troisième album studio de Dub Trio. Voilà un disque qui aurait forcément plu à ce brave homme..

Car “Another Sound Is Dying” est tout simplement plus. Plus dub, plus metal, plus lourd, plus barré, plus diversifié et plus abouti que ses prédécesseurs. Rien que ça. Hormis son visuel au goût très discutable, on ne trouve même pas de véritables défauts à ce disque, c’est vous dire

En tout cas, ceux qui ont aimé les précédents retrouveront certainement avec plaisir ces enchevêtrements inattendus entre ambient dub et hardcore metal. Pourtant, quoi qu’on en dise, l’atmosphère générale a changé depuis “New Heavy“. Terminés les sprints punk à la Bad Brains qui faisaient un peu la marque de fabrique du trio… Il en reste bien un ou deux ici ou là qui vous giclent au visage sans prévenir (cf. “Agonist”), mais dans l’ensemble, le disque se situe davantage dans une esthétique post-hardcore: souvent mid-tempo, sombre, oppressant et transporté par une basse rugueuse. Essayez d’imaginer Tool qui ferait du dub par exemple, et vous aurez une petite idée de la couleur de ce nouvel opus

On vous l’avait annoncé il y a quelques mois, Dub Trio a désormais rejoint l’écurie déjantée d’Ipecac, le label de Mike Patton (qui revient donc logiquement pousser la chansonnette sur le flippant “No Flag”). Si les New-yorkais restent plus accessibles que la majeure partie de leurs collègues de label, quelques titres plus bruitistes et/ou expérimentaux font tout de même leur apparition au fil du disque (”Funishment”, “The Midnight Rider”). On est également assez –agréablement- surpris d’entendre ces sublimes envolées shoegaze façon My Bloody Valentine ou Mogwai (cf. “Felicitation”, voire “Respite”) qu’on ne connaissait pas chez le groupe auparavant

Le son du disque est aussi mieux produit, plus réfléchi, moins “direct dans ta gueule” que par le passé. Paradoxalement, les titres n’en sortent que plus efficaces encore. Stu Brooks (basse), DP Holmes (guitares) et Joe Tomino (batterie) ont beau être des experts de leurs instruments, demandés de partout (Fugees, Mos Def, 50 Cent, et j’en passe…), ils ne tombent pas dans le piège de la démonstration technique pour autant. Les riffs de guitare sont suffisamment simples pour vous coller au crâne pour la journée, tandis que la paire rythmique vous fait tourner en bourrique à grands coups de contretemps espiègles

Au final, “Another Sound Is Dying” transcende les genres sans jamais perdre en cohérence. Le disque devrait en effet séduire aussi facilement les fans de The Melvins que ceux de Neurosis, Helmet, Scorn ou Shellac, ou tout autre amateur de musique un tant soit peu aventureuse. Comme disait l’autre: “Pour ceux qui en veulent encore plus, toujours plus.”NB: Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, les amateurs de microsillons noteront que cet excellent album sort aussi en vinyl sur le label ROIR

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Qui - “Love’s Miracle”

Love's Miracle[Album]
10/09/2007
(Ipecac/Differ Ant)

Qui est ce Qui qui se dit “Qwee”? Je vous l’accorde, cette entame qui nous tendait les bras était des plus faciles, mais avouez quand même que cette nouvelle signature Ipecac a de quoi intriguer derrière ce nom interrogateur. Qui a vu le jour en 2000 suite à la rencontre de Paul Christensen (batteur/chanteur) et de Matt Cronk (guitariste/chanteur) à Los Angeles, a depuis sorti un premier album (”Baby Kisses”) et une poignée de singles qui lui auront ouvert la voie pour quelques tournées américaines. Mais, c’est en 2006 que le groupe connaît un tournant crucial, quand David Yow, que beaucoup ont sûrement apprécié au sein de Scratch Acid et surtout de Jesus Lizard (une des grosses influences du duo originel), rejoint le line up au chant. Un single suivra, quelques dates également, mais surtout la rencontre avec les têtes influentes d’Ipecac qui proposeront alors au trio de rejoindre son catalogue. Le genre d’aubaine dont peu peuvent se permettre de passer à côté

C’est donc tout logiquement que “Love’s Miracle” déboule en cette rentrée. Avec lui, le bonheur retrouvé d’entendre la voix atypique et reconnaissable de David Yow, qui aura eu le bon flair de contribuer de la plus belle manière à ce mélange explosif de punk, de noise, et de métal, sans oublier quelques expérimentations venant peaufiner la personnalité attachante de ces musiciens expérimentés. Pourtant, ils ne s’attardent pas plus que cela ici, bouclant les neuf titres de ce nouvel opus en un peu moins de quarante minutes. Avec deux reprises au compteur de surcroit, celles du “Echoes” de Pink Floyd et du “Willie The Pimp” de Frank Zappa

On gobe donc ce “Love’s Miracle” jusqu’à en être repu tant il est complet, dense, et chauffé à blanc. Des riffs aussi inspirés que retenus de “Apartment” et “Today, Gestation”, à la complexité rageuse de “Belt”, en passant par la noise habitée de “Gash”, et la couleur blues minimal de “Freeze” finalement pas si éloignée de celle des White Stripes, ce nouveau disque de Qui sent la lampe surchauffée et la sciure de baguettes à plein nez. Et le tout avec une grande intelligence, celle de pondre un album bien pensé qui ne tombe pas dans la démonstration et qui se montre assez varié et accessible pour qu’on n’ait pas à se faire prier pour y retourner. Ce sacré David Yow n’a donc pas fini d’exposer ses attributs..

En écouteFreeze

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Northern State - “Can I Keep This Pen?”

Can I Keep This Pen?[Album]
27/08/2007
(Ipecac/Differ Ant)

Northern State est né d’une longue amitié, entre trois nanas de Long Island qui, il y a sept ans maintenant, ont subitement décidé de monter un groupe de rap. Un projet somme toute original quand on connaît le milieu plutôt machiste qu’est le hip hop. Et il faut bien avouer qu’il faut chercher un certain temps pour trouver d’autres exemples de combo féminin, blanc de peau de surcroît. Mais Northern State est à part, ne donne pas dans le registre classique au sein duquel on a déjà vu éclore quelques icônes féminines de haut rang. Marginales, Sprout, Hesta Prynn et Spero le sont assurément, elles qui, le temps de trois albums en incluant ce “Can I Keep This Pen?”, ont connu les affres des majors avant d’atterrir chez l’atypique et toujours surprenant Ipecac. Du coup, l’hésitation fut longue pour flanquer Northern State de l’étiquette hip hop, rock, ou electro, car ces demoiselles piochent ici allègrement dans les trois, habitées par l’ambition de redonner une nouvelle couleur au rock comme au hip hop. Couillu, si je peux me permettre, même si, pour le coup, elles se sont attachées les services d’un maître en la matière, à savoir Adrock des Beastie Boys. Quoi qu’il en soit, ce “Can I Keep This Pen?”, qu’on y accroche ou non, est un disque qui interpelle, qui ne laisse pas indifférent. Quelle que soit la forme, ces filles-là n’ont pas leur langue dans leur poche, et déblatèrent leurs valeurs et leurs critiques par le chant ou par le flow, parfois même les deux. Car si Northern State reste assez clairement fidèle à ses racines hip hop old school (”Mic Tester”, “Oooh Girl”, “Iluvitwhenya”, “Run Off The Road”), le groupe n’hésite plus à s’aventurer dans des contrées electro rock et dans des chansons plus mielleuses (”Cold War”, “Things I’ll Do”), laissant désormais plus de place aux guitares et aux refrains pop efficaces (”Better Already”). Tout cela ne va pas sans laisser derrière lui quelques titres très réussis (”Mother May!?”, “Away Away”, “Sucka Mofo”) qui ne se feront pas prier de souligner toute la fraîcheur, la légèreté et le bon délire de demoiselles sans complexe. Ça manquait, et cela pourrait bien amener les rappeurs bodybuildés à revoir leur (photo)copie..

En écouteBetter Already

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Unsane - “Visqueen”

Visqueen[Album]
01/03/2007
(Ipecac/Differ Ant)

Fermez les volets, emmenez enfants et personnes âgées à la cave, accrochez vous, l’ouragan Unsane arrive sur la ville pour la quatrième fois de notre courte vie. Comme si les scientifiques ne l’avaient pas vu venir ou, du moins, n’avait pas eu le temps de nous prévenir. Lui qui, depuis sa première apparition en 1988, n’a cessé de mettre à mal les tympans des plus assoiffés fans de noise, laissant sur le carreau quelques victimes de haut rang, dont le batteur Charles Ondras remplacé depuis par Vinnie Signorelli (Swans/Foetus). Il infligea alors des sévices à répétition, jusqu’en 1998 où l’on n’entendit plus parler de lui jusqu’en 2004, date d’un retour féroce que les météorologues du monde entier appelèrent “Blood Run”. Depuis, les chaumières tremblaient, craignant qu’une énième vague de violence ne s’abatte sur elles. À force de le penser si fort, le pire arriva. “Visqueen” a une nouvelle fois tout ravagé cette année, amenant avec lui un vent froid, un temps lourd et orageux, et quelques décharges électriques des plus dangereuses pour l’homme. Le cauchemar dura un peu plus de trois quarts d’heure, débuta sur quelques bourrasques laissant prévoir l’aspect apocalyptique du phénomène (l’excellent “Against The Grain”) pour peu à peu se montrer destructeur et ce, d’une manière incroyablement constante. Les vitres s’envolèrent et se transformèrent en véritables coupe-gorges, le bétail se vit soudainement affublé d’ailes, les bagnoles devinrent incontrôlables et aussi puissantes que des missiles scud. Onze rafales, sans aucun moment de répit, rayèrent le pays de la carte. Pourtant, l’ouragan Unsane s’était déjà montré plus colérique. Reste que quand on finit par enfin rouvrir la vanne vers le monde extérieur, plus rien ne bougeait, et la masse de nuages noirs s’éloignait gentiment pour redonner place à quelques rayons de soleil rassurant… On se souviendra de “Visqueen”, ce poignant thriller qui, une fois fini, nous rappelait à quel point l’angoisse et la peur étaient de géniaux sentiments…

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Dalek - “Abandoned Language”

Abandoned Language[Album]
27/02/2007
(Ipecac/Differ Ant)

Dalek est en place depuis la fin des années 90, depuis qu’il s’est acoquiné avec le producteur Oktopus notamment. Pourtant, ce n’est qu’en 2002, lorsqu’il rejoint Ipecac, le label de Mike Patton, que sa renommée s’est mise à grandir. Jusqu’à ce dernier album, “Absence”, unanimement accueilli, qui affichait une personnalité musicale à part, clairement hip hop mais baignée de guitares pour un tableau final sombre, oppressant et noise. Cela, personne au sein de la scène rap ne l’avait proposé jusqu’alors. Il aurait donc été facile pour Dalek de renouveler l’opération, et de faire de cette recette sa combinaison gagnante. Mais comme pas mal d’artistes du label, ce genre de politique n’est pas vraiment de mise. Avec ce “Abandoned Language”, il se réinvente, jugeant qu’il ne pouvait pousser plus loin cette brèche ouverte avec “Absence”, au maximum de la lourdeur et de la densité, sans se répéter bêtement. Dalek change alors d’orientation musicale, tout en ne surprenant pas vraiment. Car, fidèle à ce qu’il a toujours été, le hip hop de ces deux Américains ne voit pour ainsi dire pas la lumière. Les nappes saturées de “Absence” ont laissé la place à des notes plus distinctes (”Tarnished”), tout en gardant cette attirance pour les ambiances oppressantes, sombres et tendues à souhait. Du coup, “Abandoned Language” prend une tournure plus conventionnelle, plus proche en tous les cas de ce que le hip hop a l’habitude de proposer (”Isolated Stare”, Subversive Script”). Mais une tournure seulement, car quand on se plonge dans les noires profondeurs de cet album, on finit par y déceler toute la particularité de Dalek: goûtez par exemple aux cordes totalement possédées et imprévisibles de “Lynch” pour avoir un aperçu de ce que ces deux producteurs peuvent proposer à l’extrême. Bref, “Abandoned Language” présente un duo ayant simplement changé d’habit sans jamais avoir remis en question sa personnalité. De là, l’auditeur arrive aux mêmes conclusions que sur les précédents efforts, tout en passant par un chemin assez différent. Ce nouvel album est incontestablement aussi complexe que ses prédécesseurs, aussi dangereux également du fait qu’il attire par ses mélodies mais vous entraîne vicieusement dans un monde bizarre, et séduira ainsi les fans de musique expérimentale comme le public hip hop mainstream à la vision dégagée. Un disque intelligent en somme..

En écouteParagraphs Relentless

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