(17 articles)

Robert Le Magnifique - “A Midsummer Night’s Dream”

mid180Album
(Idwet)
14/03/2012
Electro hip pop

Ce n’est pas la première fois que Thomas Poli (Dominique A, Montgomery, Miossec) et Laetitia Sheriff mettent leur nez dans la musique de Robert Le Magnifique, auteur de plusieurs albums remarqués, dont le dernier “Oh Yeah Baby” ou on les y croisait. Connaissant le background plutôt rock des deux intéressés, on comprend sans mal pourquoi le producteur rennais n’a pas tardé à faire appel à eux quand il s’est embarqué dans le projet “Where Is My Mind?”, pour lequel il s’était engagé à reprendre deux titres des Pixies. C’était en 2009, et l’osmose fut telle que les trois ont logiquement décidé de prolonger l’expérience

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Psykick Lyrikah - “Derrière Moi”

psy1801Album
(Idwet)
06/04/2011
Hip hop à neurones

Pour chacun de ses albums, Psykick Lyrikah a usé de tous les recours, de toutes ses connexions pour ne jamais avoir à regarder en arrière, pour toujours tenter de nouvelles choses. Ainsi, les cordes toujours bien empoignées, Arm n’a cessé de les tirer selon ses envies et ses besoins, toujours habité qu’il fut par la ferme volonté de se remettre en question, certainement en danger aussi. Pour cela, il lui est arrivé de partager le chant (”Les Courants Forts” avec Iris l’an passé), de confier la production aux uns puis aux autres (Robert Le Magnifique et Mr Teddybear jusqu’en 2004, Olivier Mellano en 2007), pour finir par tout prendre en charge lui-même pour un “Vu D’ici” (2008) seulement enrichi des lignes de basse du premier, de guitare du second.

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“Often False”, leçon de grâce et de noirceur par Laetitia Sheriff

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Grande représentante de l’indie pop-rock hexagonal depuis le début des années 2000, Laetitia Sheriff est devenue le temps de deux albums (”Codification” en 2004, “Games Over” en 2008) la PJ Harvey / Cat Power / Shannon Wright française. Mais, la demoiselle ne s’est jamais cantonnée à l’exercice classique de l’album studio

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69 - “Novo Rock”

69180Album
(Idwet)
03/03/2010
Pop insolite

Pour celles et ceux qui se souviennent de Sloy - trio incontournable de la scène indie française des années 90 - la voix fantasque, le jeu de guitare charismatique d’Armand Gonzales et la basse de Virginie Peitavi résonnent encore dans les têtes. De retour sous le nom de 69, c’est ensemble qu’ils évoluent pour réinventer un rock synthétique et analogique qu’ils rodent quelques temps sur scène jusqu’à le fixer sur “Novo Rock”:

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Psykick Lyrikah - “Vu d’Ici”

Vu d'Ici[Album]
07/05/2008
(Idwet/La Baleine)

La scène musicale bretonne est comme une grande famille ou chacun vient mettre son nez dans les affaires des autres, avec comme seul but de les faire gagner en qualité et en originalité. Les exemples pour illustrer cet état d’esprit particulier étant nombreux, on se limitera donc à l’entourage de Psykick Lyrikah, cette entité hip hop française qui n’a cessé, depuis son apparition en 2001, d’affirmer sa personnalité au gré de ses rencontres

C’est d’abord Robert Le Magnifique qui, en 2003, inscrit le projet dans la veine electro/hip hop en vogue à l’époque, avant qu’Olivier Mellano vienne poser in extremis ses guitares sur le premier album “Des Lumières Sous La Pluie“. Là, le cercle s’agrandit, Psykick Lyrikah n’est déjà plus un groupe de rap ordinaire, le bonhomme côtoyant la fine fleur bretonne, de Tiersen à Miossec, en passant par Sloy et Dominique A. L’association Arm/Mellano fait mouche, et s’illustre magnifiquement sur “Acte“, parenthèse imprévue et soumise par Dominique Brusson (ingénieur du son de Dominique A…) qui donnera naissance au premier véritable album de rap français avec les guitares comme seules versions, à l’heure où l’on veut nous faire croire que Grand Corps Malade pourrait bien changer à jamais la face d’une scène française en mal de repères, et perdue dans ses méandres hardcore

C’est donc à peine remis de cet ovni, et alors que le Grand Mou tente un deuxième jackpot, que les Rennais accouchent finalement de leur deuxième véritable album, dont les parallèles avec le tout récent “Oh Yeah Baby” de Robert Le Magnifique sont évidents, famille oblige. Notamment en termes de collaborations puisque Laetitia Sheriff (”Une Etoile”), Iris (”Comptez Les Heures”), comme évidemment Olivier Mellano et Thomas Polli apparaissent autant chez Psykick Lyrikah que sur le dernier solo du producteur breton

Et preuve supplémentaire de l’adage “les amis de mes amis sont mes amis”, plus que jamais d’actualité du côté de Rennes, même l’atypique et surprenant Dominique A vient participer à ce nouvel album pour “Un Point Dans La Foule” minimal, titre et collaboration improbable si Psykick Lyrikah n’avaient pas autant cultivé leur différence depuis leurs débuts. Celle accentuée encore un peu plus par l’affirmation de Mellano dans les compositions (”De Plein Fouet”), mais aussi par l’investissement de Arm, à la guitare notamment (la jolie ballade “Ne Regarde Pas”, le soulful “Toutes Lumières Eteintes”, la berceuse “L’Aube, Enfin”), au chapitre musical de ce nouvel album

Ce décor planté, c’est sans surprise qu’on découvre ici l’oeuvre la plus aboutie de cette formation extensible. “Vu d’Ici”, bien que cohérent, étale, tel un catalogue, toutes les influences et les possibilités offertes par ces mélanges artistiques internes. Ainsi, au-delà de quelques titres placés dans la continuité des travaux précédents (”Vu d’Ici”, “Comptez Les Heures”), on retiendra surtout le groove lent de “Le Premier Soir” amené par la basse de Robert Le Magnifique, la douceur habitée de “Une Etoile”, les relents post rock de “L’Eclair”, voire même quelques expérimentations lorgnant vers le cinématographique (”Nulle Part”, “Anonyme”, “Le Chant d’Une Nuit”) poussant l’oeuvre encore un peu plus loin qu’on ne l’imaginait. L’oeuvre, le mot est lâché. Car avec un tel degré de perfection, de personnalité, de complémentarité entre textes et musiques, Psykick Lyrikah n’a toujours aujourd’hui aucun équivalent sur une scène française qui, pendant ce temps et sans même s’en apercevoir, continue d’entretenir des clichés qui l’empêchent d’avancer

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Robert Le Magnifique - “Oh Yeah Baby”

Oh Yeah Baby[Album]
16/04/2008
(Idwet/La Baleine)

Accaparé par “Hamlet“, ce projet qui marie musique et théâtre et affiche déjà deux volumes au compteur, Robert Le Magnifique n’était plus apparu en solo depuis 2004 et un “Kinky Attractive Muse” qui affichait alors autant d’influences que de belles prétentions. Aujourd’hui plus que jamais, il jongle avec les styles, puise dans la pop, le hip hop, la drum n’bass, et le trip hop, s’acoquine avec la musique contemporaine, pour mieux éclater les barrières, humaniser l’electro, et donner naissance à un registre on ne peut plus riche et personnel

“Oh Yeah Baby” continue dans ce sens, encore plus radicalement que par le passé, au point de ne plus souffrir d’aucune étiquette, surtout pas de celle electro/hip hop, costard devenu beaucoup trop étroit pour Robert Le Magnifique qui, en douze titres, n’en oublie pas la cohérence indispensable à un bon album. Ainsi, c’est droit dans ses bottes et sur de bons rails qu’il se lance à corps perdus dans un disque aux multiples couleurs: “Hello Malo” penche pour une pop à base de guitare et scratches assez proche de celle du Fog des débuts, “Nina” préfère le punk, le crossover “Twenty Eight Love Song” (feat Olivier Mellano) hésite entre Lou Reed et Rage Against The Machine, les bidouilles tendances hip hop/jazz de “Oh Yeah Baby” rappellent immanquablement l’approche de Kid Koala, tout comme “Ma Main Dans Ta Gueule” (feat Mellano et Thomas Poli) révèle une certaine affection pour Led Zeppelin

Voilà autant de réjouissances qui n’ont pas pour autant offert le meilleur de l’oeuvre de Robert Le Magnifique, une autre poignée de morceaux venant donner encore un peu plus d’impact à ce “Oh Yeah Baby” au titre certainement inspiré des premières réactions stupéfaites. Car, sans aucun doute, on retiendra surtout ce disque pour l’excellent “Reulf” et son mariage heureux d’abstract hip hop et de shoegazing, l’envoûtant “Bad’Z Pixel” et sa monstrueuse basse slappée, “Anges Recyclés” découpant l’album “La Chair Des Anges” d’Olivier Mellano, et les deux titres bénéficiant de contributions vocales: “La Route Du Rob” clairement hip hop étant donné la présence de Arm (Psykick Lyrikah) et Iris (Soul Sodium), et “No Wasting Time” sur lequel on retrouve avec surprise une Laetitia Sheriff prise au jeu de Death In Vegas

Robert Le Magnifique ne se sera donc jamais aussi bien porté. Plus ouvert et inspiré que jamais, il apporte avec ce “Oh Yeah Baby” la touche la plus rock et incisive d’une discographie qui n’a certainement pas fini de se dévoiler, tout en rappelant à qui veut bien l’entendre à quel point la musique a du bon quand elle ne se cantonne pas bêtement à la simple définition des genres. Robert le sait depuis des lustres, et l’illustre de mieux en mieux à chacun de ses disques

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Hamlet - “Thème & Variations”

Thème & Variations[Album]
09/05/2007
(Idwet/La Baleine)

On se souvient du premier volet de “Hamlet”, ce disque electro hip hop à l’initiative des artistes Idwet, taillé pour le théâtre, qui avait par la suite fait l’objet de représentations conceptuelles, et qui avait introduit le hip hop dans un carcan plus intellectuel qu’on avait l’habitude de l’y mettre. Et le résultat s’était avéré plus que convaincant, les échos positifs de chacune des sorties de la troupe se répandant derrière elle comme une traînée de poudre. Avec “Thème & Variations”, Robert Le Magnifique et l’Unijambiste, les deux directeurs artistiques, remettent le couvert avec de tous nouveaux titres, et non une simple revisite ou quelques remixes comme l’intitulé pourrait le laisser penser

Le spectacle ayant évolué au fur et à mesure du temps, une mise à jour musicale s’avérait indispensable. “Thème & Variations” est en effet un reflet plus exact de ce qu’est “Hamlet” aujourd’hui. Ce deuxième volet se veut plus vocal, et marque la participation de nombreux artistes et comédiens contribuant tous à l’originalité du rendu final. Car, bien que très homogène sur toute sa longueur, on retrouve ici la touche hip hop amenée par Arm de Psykick Lyrikah (”Lettre Aux Acteurs”, “Etre”, “La Souricière”, “Le Poison: 1000 Bruits”) et le beatboxer Ezra, tout comme le guitariste Olivier Mellano (Mobiil, Psykick Lyrikah), le saxophoniste François Jeanneau, ou le Quatuor Debussy dont les cordes jouent de profondeur, de force et de mélancolie (”Thème & Variations”). À cette variante musicale s’opposent les narrations habitées des comédiens se rapprochant de l’exercice slam/spoken word (”Malheur à Moi”, “Hécube”, L’Infortunée”, “Fortinbras”), voire de la comédie musicale (”Les Fossoyeurs”)

À l’image du spectacle, sa “bande originale” gagne en goût au fur et à mesure du temps et reflète un travail inspiré et perfectionniste, sans jamais tomber dans une trop grande intellectualisation souvent synonyme d’ennui. Hamlet reste un exercice original qui mérite qu’on s’y penche, et qui pourrait bien inciter clairement le public hip hop à se rendre dans les salles obscures

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Psykick Lyrikah - “Acte”

Acte[Album]
02/05/2007
(Idwet/La Baleine)

Non, on ne tombera pas cette fois dans un état des lieux du hip hop français, d’une parce que vous le connaissez comme nous, de deux parce que Psykick Lyrikah va bien plus loin que ce à quoi le genre nous a habitué jusque-là. Un album et un live auront suffi à Arm et Mr Teddybear pour se démarquer du lot, par une approche musicale jouissant à l’époque d’une belle longueur d’avance, et par une qualité de plume comme il y en a trop peu par chez nous. Pour trouver un équivalent à celle-ci, c’est bien simple, il faut s’aventurer en dehors de la sphère hip hop, dans d’autres genres. Les comparaisons peuvent ainsi pleuvoir, on s’abstiendra pourtant de les énumérer, par peur d’écorcher les plus nostalgiques de la chanson comme du rock français qui, comme nous, se demandent encore pourquoi certains de leurs textes ne font pas l’objet de décortication en règle de la part de l’éducation nationale

Revenons à nos moutons même si, vous l’avez compris, ces Bretons sont plutôt du genre à tenir le bâton. Comme un aparté de sa discographie, Psykick Lyrikah voit avec ce “Acte” le producteur Mr Teddybear remplacé par le très talentueux Olivier Mellano (déjà présent sur quelques titres du premier album et lors de quelques concerts), seul auteur de la partie musicale de cet opus née de sa six cordes. Du jamais vu, ou seulement entre aperçu avec La Rumeur qui collaborait récemment sur un titre avec Serge Tayssot Gay. Le duo va donc plus loin, se dispense de toute programmation et de scratches, préfère un tapis de rock, de blues et de pop pour laisser Arm y allonger ses rimes inspirées et impeccablement posées

L’exercice était loin d’être évident, risquant quelques longueurs et une certaine monotonie dans laquelle Psykick Lyrikah est, à quelques reprises, à deux doigts de tomber, se rattrapant toujours à temps par quelques pirouettes bien senties, et un refus de la facilité qui aurait ramené ce “Acte” au simple rang d’album concept, ou pire d’une oeuvre assimilée au mouvement slam devenu quelque peu dégradant tant il englobe désormais un peu tout et n’importe quoi. Répétons le tant qu’on peut, cet album enregistré en seulement trois jours avec l’aide de Dominique Brusson (ingénieur du son de Dominique A) va bien plus loin que cela

Mellano imprègne sa patte mélancolique sur la majorité du disque, et accentue cette ambiance sombre déjà bien amenée par les textes de Arm. Les deux sont alors complémentaires à souhait, comme sur ce “Près d’Une Vie” ouvrant l’album, n’attendant pas plus longtemps pour étaler la richesse de l’oeuvre, ou le Mc semble constamment hésiter entre chant et flow, dans une ambiance que n’aurait certainement pas renié un pilier de la scène bordelaise. On se dit alors que Psykick Lyrikah a jeté sa meilleure carte, qu’une suite aussi passionnante relèverait du miracle. Si “L’Aurore” et “Un Félin Près Du Maitre” sont du même acabit, on ne vous cachera pas qu’il faudra quelques écoutes pour être définitivement persuadé du contraire, pour se laisser séduire par ce hip hop dont on adorera se délecter des textes (présents dans le livret), et qui actionnera inconsciemment nos cervicales sur un jeu de guitares superposées, qu’elles soient blues (”Histoires”, “Les Grands Vides”), rock (”La Poursuite”), minimales (”Rétines Larges”, “Patience”) ou légèrement expérimentales (”Quand Tout s’Arrêtera”). Un “Acte” d’une entière liberté artistique. N’allez pas chercher plus loin, le hip hop n’a finalement pas encore livré tous ses secrets..

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Tepr - “En Direct De La Côte”

En Direct De La Côte[Album]
21/06/2006
(Idwet/La Baleine)

Tepr n’est décidemment jamais rassasié. Après un “Côte Ouest” sorti il y a peu de temps, efficace mais ne parvenant pas à véritablement se différencier de la clique de producteurs français en vogue actuellement, cette moitié d’Abstrackt Keal Agram remet le couvert très rapidement avec “En Direct De La Côte”, suite logique du précédent, rempli d’une dizaine de titres à la base destinés au live. C’est l’accueil du public pour ces morceaux qui poussera Idwet à rapidement sortir ce successeur, cependant plus fun, plus direct et surtout plus enjoué

Un léger tournant qui s’illustre dés le titre d’ouverture, sorte d’electro funky à base de basse slapée, de vagues de synthétiseurs dansantes, légères, et mélodiques. “Minuit Jacuzzi”, produit en collaboration avec Grand Marnier (compositeur/producteur de la chanteuse Yelle), prône beaucoup plus ouvertement le dancefloor avec son beat ravageur. Place au hip hop ensuite, au crunk plus exactement, puisque “Brille Brille Pour Vous” et “Achète Moi” sont deux titres composés par Tepr pour Omnikrom, groupe de crunk québécois, qui y pose ses lyrics à l’accent local apportant une originalité indispensable aux morceaux. Mais les rencontres ne s’arrêtent pas là puisque Zucchini Drive, auteur d’un excellent album, a également fait un appel au remix, via le Breton qui leur a cependant livré un décevant “Ghetto Bounce” abrutissant. Et Tepr solo dans tout ça? Trois titres viennent s’ajouter au “En Direct De La Côte” d’ouverture, sûrement d’ailleurs les plus réussis de cette galette estivale: le puissant et progressif “Coke & Cream” qui ne laissera personne statique, “Caravage” (remixé plus tard par Ard Roc, prodige ghetto house de Chicago) emprunte la même veine mais de manière encore plus sauvage, proche de cette nouvelle french touch ascendante, et “Rhinopharyngite” baisse le rideau dans un registre plus expérimental, plus imprévisible mais tout aussi efficace que les précédents

Deux constatations paraissent évidentes à l’écoute de ce nouveau disque: Tepr aiguise encore un peu plus ses talents de producteurs et livre ici une poignée de titres très actuels qui laissent augurer une suite encore plus excitante. Le reste, à l’exception de “Minuit Jacuzzi”, prend plutôt des allures de remplissage en assénant trois morceaux crunk, un genre définitivement inintéressant, éphémère et condamnant un disque à tout sauf une écoute répétée. Pourvu que Tepr continue, mais pour sa pomme…

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Tepr - “Côte Ouest”

Côte Ouest[Album]
19/10/2005
(Idwet/La Baleine)

“29 Til I Die Ep”, maxi sorti à la fin de l’été, annonçait clairement la couleur: ceux qui connaissaient Tepr par le biais d’Abstrackt Keal Agram ou de son premier album solo risquent d’être légèrement déboussolés par “Côte Ouest”, un deuxième opus solo ouvertement autant influencé par Giorgio Moroder, Ludacris, et Feadz que… Gwen Stefani, Kim Wilde et Tears For Fears! Fini l’ambient electronica et ses bleeps, clicks et glitches. Et pas question évidemment de marcher sur les pompes d’AKA, son principal projet. Alors Tepr a foncé, semble s’être décomplexé, lâché, avec une envie furieuse de faire brûler le dancefloor, de donner un côté fun à ce mélange à la mode de techno et de hip hop. Pas étonnant donc qu’un TTC (Cuizinier) se soit greffé au projet (”Chantez!”), comme si la présence d’un des parisiens était indispensable pour gagner en crédibilité. Cela reste à prouver. Peu importe, Tepr propose là un album sans véritable faille, un opus couillu, aussi ringard qu’actuel, mais qui parait encore bien fragile (”Thunderdome”, “My Friend Guo Ran”) en comparaison à ses collègues du genre ayant déjà fait leurs preuves. Pourtant, quelques titres comme “Ambition As a Hellridah”, “Muchas Tetas Pocos Sexos”, “Frankie Hill”, ou “8Bits Love” laissent penser que Tepr est sur la bonne voie pour s’imposer au sein de cette petite famille de producteurs français en vogue. Si on pensait que le breton allait plutôt creuser sa propre personnalité musicale plutôt que s’acoquiner à la “hype” du moment, “Côte Ouest”, même si presque putassier, n’est clairement pas un album à sous estimer ou prendre de haut tant il ne manque pas d’efficacité. A suivre…

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