(France/Angers)
Album
(Yotanka)
07/11/2011
Dub indus
Il serait injuste de cantonner Idem à la fourmillante scène dub hexagonale. D’une parce que l’étiquette serait trop réductrice au regard de sa musique, de deux parce qu’elle induirait en erreur un public peut être désormais lassé par les nombreux acteurs du genre que les nantais ont longtemps côtoyé. Reste qu’on ne se refait pas et que, même si l’assaisonnement est varié, la recette de base est une nouvelle fois la même quand il s’agit de décortiquer “Good Side Of The Rain”
[Album]
06/10/2008
(Jarring Effects/Discograph)
Pas facile d’écrire une chronique sur un nouvel album de Idem. Parce que sur le papier, on pourrait avoir l’impression que rien ne change vraiment. Le titre de l’album sort encore d’on ne sait où. On recroise les mêmes invités au micro (Loon de Aiwa, Fab Nau de Boutique Du Tao, Julie Bornikov et bien sûr la voix angoissante de Isabelle “Pitch” Ortoli qui a même officiellement intégré le line-up), les ambiances oscillent toujours entre dub et noise, le son est toujours aussi énorme et immédiatement reconnaissable, et c’est toujours aussi bien. Bon, l’essentiel est là, me direz-vous, mais ça fait un peu maigrichon pour une chronique digne de ce nom.
[Album]
01/05/2006
(KZFP/Mosaic)
Chose promise, chose due. Bien qu’un peu plus tard que prévu, Idem nous livre enfin le dernier volet tant espéré de sa trilogie. En 2004, le mini-album “Waterglass Color” avait préparé le terrain au fulgurant LP “Aerobiose”. “Out Immer” se charge maintenant d’en prolonger le plaisir, en gardant le principe du premier tome, à savoir combiner titres inédits et remixes
Les gens de goût qui suivent Idem depuis longtemps ne seront pas trop perdus en découvrant les tracks “Aerobiosis” et “DLFO”, fidèles à l’univers habituel du trio. Les gens de moindre goût doivent entendre par là le parfait équilibre entre dub schizophrène et noise abrasive, un peu comme une rencontre impromptue entre Sofa Surfers et Mogwaï. Excusez du peu
Sur sa dernière tournée, Idem convie quelques invités à s’emparer du micro pour donner une voix à leurs déflagrations instrumentales. On en retrouve quelques-uns sur ce nouvel opus, comme la chanteuse Pitch, qui est un peu à Idem ce que Jamika est à Zenzile. On apprécie sa voix androgyne depuis plusieurs années, et la diva hante cette fois-ci encore un “Power Of…” de toute beauté
En revanche, les esprits chagrins qui voudraient que Idem se contente de rester en terrain connu risquent d’être un peu décontenancés. Les Nantais surprennent en effet leur monde en s’associant au duo de MC’s de L’Ambassade, Koni et Binzen, que certains auront aussi croisé dans le collectif hip hop Nouvel R en première partie de TTC ou du Saïan… “C.UN.INC” offre une relecture post-industrielle du “Comme Un Incendie” de L’Ambassade, qu’on trouvait sur leur EP “E=2MC”, tandis que les deux ambassadeurs rendent la monnaie de la pièce en posant également sur une version virulente de “R’haman”. Et quand la fougue des flows hip hop vient bousculer les rythmiques névrosées, on se surprend à prier pour que ce genre d’expérience ne reste pas isolée trop longtemps..
Côté remixes, La Phaze signe une version drum’n'bass de “Vom” qui démarre sur les chapeaux de roue mais qui tend à s’essouffler un peu sur la fin. Shane Cough se prend pour Trent Reznor et charcute “Dub Oith” de manière aussi sanglante que jouissive, tandis que Avor-X (projet solo du batteur de Idem) donne de ce même titre une lecture certes plus sage mais diablement efficace. Ez3kiel (déjà au tracklisting de “Waterglass Color”) n’a vraisemblablement pas réussi à s’ôter “Effigie” de la tête depuis la dernière fois, et reprend aujourd’hui les choses sous l’angle de la berceuse insidieuse. Mais le morceau qui doit vous faire acheter ce disque à tout prix restera ce terrifiant remix de “Scan Is Completed” par Fragile. Derrière ce pseudo faussement délicat se cache Hervé Thomas, connu pour avoir été une des fiertés de la scène indus noise hexagonale avec Hint au milieu des 90’s. Sa trouvaille du jour: dépouiller la voix du chanteur de tout effet, la laissant s’égosiller dans une nudité angoissante au beau milieu d’un morceau downtempo à vous ficher des frissons dans le dos. Indispensable à tout amateur de musiques qui reviennent la nuit pendant vos cauchemars (Scorn, Massive Attack, Autechre, Jesu, Godflesh, et consorts)
Avec “Out Immer”, Idem affirme à nouveau sa singularité dans la scène electro-dub française et force le genre à ne pas se reposer sur ses lauriers. Ca serait bien qu’ils en soient récompensés de leur vivant. A vos bourses!!
Achetez sur :
[Album]
15/11/2004
(Keim Zo Fed/Mosaic Music)
C’était annoncé à la sortie de “Waterglasscolor”, leur récent maxi: “Aérobiose”, dernière production d’une année bien chargée pour Idem, est le deuxième volet d’un triptyque qui se clôturera au premier semestre 2005. Si le précédent disque n’était pas sans intérêt de par les quelques remixes qu’il contenait, les angevins d’Idem nous pondent cette fois un véritable album à huis clos. “Absent Without Leave”, leur premier opus sorti en 2002, a donc désormais un successeur
La couleur musicale du trio n’a pas changé. Toujours adeptes d’un dub très lourd aux influences indus, on ne peut toujours pas s’empêcher de penser à Lab ou Scorn à l’écoute de cette nouvelle production. Mais n’allez pas croire au plagiat. Car depuis que le groupe existe, il n’a cessé de creuser sa personnalité pour mieux s’imposer au sein d’une scène en plein essor mais relativement fermée. Et ce n’est pas “Aérobiose” qui va remettre ce statut en question. L’acoustique et l’électronique se marie une nouvelle fois de la plus belle manière et s’unissent pour orchestrer les ambiances souvent tendues de la musique d’Idem. Les faux pas y sont rares. “Dum Agree” est une belle entrée en matière et ouvre la voie au costaud “Aimless One” à la rythmique plus soutenue, tendant vers la drum n’bass (tout comme “Sp.Link”), sur laquelle Mc Blueveiner apporte une couleur hip hop prouvant une nouvelle fois son adéquation avec le dub. De ce fait, on pense aux expériences vocales d’Ez3kiel ou de Zenzile avec Jamika (”Utter Love”)
Idem ne parvient pas encore à se démarquer totalement de ses contemporains mais accentue encore un peu plus une patte musicale qui le mène sur le bon chemin. La maturité grandissante du trio transpire tout au long des dix titres de cet opus (”And a Creative Processus”) et en fait un incontournable de tout fan de dub. Par contre, il est plutôt conseillé d’être réceptif au rock, et plus particulièrement à la noise, pour se lancer à corps perdu dans ce “Aérobiose”
Ecoutez un extrait sur le site du groupe
Après la sortie du premier volet d’un Triptyque, il était temps d’en savoir un peu plus sur ces angevins avec des projets plein la tête…
[Maxi]
19/04/2004
(Kelm Zo Fed/Tripsichord)
Après un premier album convaincant mais malheureusement passé un peu trop inaperçu, Idem redébarque avec le premier volet d’un triptyque qui ferait bien de 2004 leur année. Avec un second véritable album prévu pour août prochain, les angevins préparent le terrain (c’est à dire nos tympans) avec un mini album composé de trois nouveaux titres ainsi que quatre remixes de leur premier opus concoctés par Ez3kiel, Lab, UHT et El Baron. Excusez du peu
C’est pourtant incontestablement du côté du dub indus, plus concrètement vers Lab ou General Dub qu’il faut aller chercher des ressemblances. Comme un grand, c’est Idem qui se lance dans le bal dans un premier temps. Les trois inédits proposés là n’auront jamais autant éclaboussé le dub français d’autant de basses et de distorsion. Si “Dub’Oith”, bien que manquant un tantinet de personnalité, souligne parfaitement l’entrée en matière des angevins, c’est surtout “And A” qui met tout le monde à genoux. Proche de la mélancolie d’Ez3kiel, Idem fait monter progressivement l’intensité, d’une rythmique minimale et une composition épurée vers une véritable explosion de guitares noisies et planantes. Un format qui se répètera ensuite sur le tout aussi convaincant “Absynth Reduce”
Les influences prennent ensuite le relais. Ez3kiel comme Lab remplissent les travaux d’Idem de leur personnalité sonore caractéristique. Si le remix des tourangeaux peut paraître un peu plat, il est néanmoins enrichi par une approche des sons qui leur est propre. Pachydermique, mélancolique et saturée. Tout comme Lab qui impose sa vision très dark du genre après qu’El Baron ait monté les BPM. Une riche collaboration qui se termine sur l’excellent remix de “Awol” par K-1000 d’UHT et Matthieu, batteur d’Ez3kiel
Non, vous n’avez pas mis les doigts dans une prise. Vous venez peut être tout juste de comprendre comment sonne Idem. Au sein de la scène dub, tout le monde tourne autour du pot, tout le monde fait sa sauce, mais il y a encore de la place pour pas mal de groupes. Idem semble l’avoir compris et laisse penser qu’Août sera le mois de l’apocalypse. Attention toutefois de privilégier la diversité. Tous aux abris..
Ecoutez un extrait sur le site du groupe
Achetez sur :
[Album]
01/01/2002
(Shoshin/Mosaic)
Cet album est une véritable surprise d’autant plus qu’il s’ajoute à la petite liste des groupes français à tendance dub. Dés l’écoute de “Awol” ou Business” on se situe en plein dans les influences Lab et Ezekiel avec des penchants émocore et des ambiances tribales. Les rythmes sont percutants, la basse massive et hypnotique, les guitares cinglantes et décoiffantes et ce tout au long de l’album. On pense également à Scorn et Sofa Surfers, la production est impeccable pour faire de ce “Absent Without Leave” un album incontournable. Plus on écoute cet opus, plus on se rend compte qu’il va falloir compter sur Idem. Qui s’en plaindra?