(Suisse)
Album
(Two Gentlemen)
14/01/2011
Math pop
Au moins, on ne pourra pas reprocher aux Suisses de Honey For Petzi d’être opportunistes. Alors que le math rock auquel ils s’adonnent depuis dix ans et la sortie de “Heal All Monsters” a plus que jamais le vent en poupe, les trois décident pour la première fois de s’en éloigner. Plus de side project qui tienne pour aller voir ailleurs, c’est désormais l’intégralité du groupe qui, avec ce nouvel opus “General Thoughts And Tastes”, bifurque ouvertement vers la pop (”Made Of Concrete”), voire vers le post rock parfois (”Late Night Tale”). Sûrement bien lui en a pris
[Album]
04/05/2005
(Gentlemen/Acropole)
“Man’s Rage For Black Ham” sonne le grand retour des suisses les plus barrés que la France puisse connaître. Après une poignée d’albums marquant une suite logique dans l’évolution du groupe, ce nouveau chapitre confirme une personnalité bien affirmée. L’efficacité de la rythmique, et son mariage princier avec une guitare incisive et mélodique, force une nouvelle fois le respect. Une fois encore, la comparaison avec Chevreuil ou Shellac est inévitable même si Albini & Co restent forcément encore au niveau supérieur, notamment grâce à ses compositions inimitables et un son très particulier. Honey For Petzi reste toujours majoritairement instrumental (seul “Freak Itten” laisse entendre sa voix), enchaîne les plans parfois de manière si anarchique qu’il serait logique que l’auditeur divague à un moment ou un autre. Forcément, un tel disque ne se gobe pas comme un opus de pop. On sera donc attentif à “La Chien-Lune”, “Tronc Commun”, “Trust The Square”, aux très bons “Silver Banana” et “Robot After All”, pour mieux se permettre d’aller pisser pendant “Blakam” ou “Black Buisson”. Voilà une des raisons pour lesquelles on est en droit de penser qu’Honey For Petzi possède quelques difficultés à être aussi bon sur disque que sur scène. A vrai dire, on s’attendait à une belle claque à laquelle on n’a pas eu droit, même si ce nouvel opus mérite évidemment une écoute attentive de la part des initiés. Petite déception, mais déception quand même…
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07/05/2003
(Gentlemen/United Music Company)
“Heal All Monster” avait mis tout le monde d’accord, il en est de même avec “Nicholson”, Honey For Petzi dore en bonne partie l’image du rock marginal européen. Déjà expérimental lors de son premier effort, le groupe poursuit ici son chemin en repoussant encore plus loin les limites de son talent pour jouer insolemment d’originalité
Honey For Petzi est mystérieux et cache jusqu’au dernier moment les surprises que contiennent “Nicholson”. Véritable laboratoire, cet album prouve une nouvelle fois la suffisance de l’instrumental, qui peut ainsi s’aventurer dans des voies quasi inexplorées auparavant. Si l’écoute globale est cependant difficile à cause du besoin constant de concentration, les talents du groupe mettent peu de temps à sauter aux oreilles des éventuels aventuriers qui reconnaîtront tour à tour quelques ressemblances avec Fugazi (”La Maison”) ou Shellac (”Sauvabelin”), ressemblances pas si exagérées que cela
Puisant tant dans la noise que dans le rock, Honey For Petzi intercale subtilement expériences sonores, bruits stridents, et mélodies pour un résultat varié, homogène et des plus intéressants. Un groupe qui mérite largement une plus grande reconnaissance…
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29/11/2002
(Gentlemen/United Music Company)
Honey For Petzi semble, par cet album, entrer par la grande porte du rock torturé se moquant ouvertement des principes de base et n’a, que comme prétention, de laisser la voie libre à une créativité née du simple assemblage guitare-basse-batterie. Comme ses ancêtres Shellac ou Tortoise, le groupe suisse fonde ses morceaux à base de rythmiques décalées et en perpétuel mouvement ainsi que de guitares faussement mélodiques se laissant souvent aller à des répétitions efficaces et prenantes. Honey For Petzi prend insolemment le temps de faire évoluer son oeuvre à chaque piste jusqu’à surprendre l’auditeur grâce à des courants d’air électriques intenses mais aussi par quelques accalmies électroniques, véritables contre-pied dans l’esprit d’un auditoire prétentieux
Ce “Heal All Monsters” est une fois de plus une belle représentation de la créativité suisse. Incroyablement mature, cet album ne souffre d’aucun manque, nous prouve une fois de plus que la musicalité du rock peut aussi se permettre l’absence régulière de chant pour laisser s’exprimer chacun des instruments pouvant parfois accoucher de sonorités inattendues mais toujours brutes. Les explorateurs sonores trouveront en ce groupe une nouvelle destination qui, bien qu’abordable, transpire la curiosité et l’intérêt. Conseillé? Evidemment..
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