
Artiste non conformiste, Vladislav Delay offre une suite à son “Tummaa” sorti en 2009, précédent album au sein duquel il entrouvrait déjà une esthétique ambient dub saupoudrée d’éléments de jazz fusion, d’improvisation et de bruits industriels.

Artiste non conformiste, Vladislav Delay offre une suite à son “Tummaa” sorti en 2009, précédent album au sein duquel il entrouvrait déjà une esthétique ambient dub saupoudrée d’éléments de jazz fusion, d’improvisation et de bruits industriels.
Album
(Honest Jon’s)
12/07/2010
Pop-folk
Il y a des réflexes qu’on ne peut contrôler, comme celui d’établir instinctivement des liens de parenté. Ainsi, en parlant Brit pop, tout de suite nous viennent en tête les voix de Liam Gallagher ou Damon Albarn. Pourtant, si celle de Martina Topley Bird n’est pas forcément la première sur la liste, elle mérite amplement d’y figurer aussi tant à chacun de ses disques, comme à chacune de ses nombreuses collaborations (David Holmes, Blues Explosion, Diplo, Leila, Common…), son sens de la mélodie lui a toujours permis de conserver une longueur d’avance significative sur les simples belles voix d’outre Manche.
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09/06/2008
(Honest Jon’s/EMI)
Vu la rareté de l’événement, Bokson ne pouvait pas passer à côté d’une sortie CD du label londonien Honest Jon’s Records, dirigé par Damon Albarn, l’ex-leader de Blur, et présentant un catalogue de world music inventif et pointu. L’histoire de ce nouveau “Lagos Shake” mérite à ce titre d’être brièvement contée. A l’origine de ce projet se trouvent des enregistrements de Tony Allen au Nigeria il y a deux ans, restitués sur l’album “Lagos No Shaking” sorti en 2006. Les anglais d’Honest Jon’s, associés aux berlinois de Basic Channel (collaboration dont on a récemment pu apprécier la pertinence au travers de l’excellente sélection “Basic Replay“), ont ensuite confié le remix de plusieurs titres de cet opus de funk lagosien à des pointures de la scène électro internationale, à commencer par les “Maurizio” eux-mêmes (le très long remix aux basses abyssales de “Ole” par Moritz Von Oswald vaut franchement le détour)
A la suite de relectures portant clairement l’empreinte sonore de Basic Channel, le remix électrifiant du pionnier Carl Craig, véritable clin d’oeil à la scène techno de Detroit, ou le “Fuji Ouija” de Diplo ne font que confirmer les talents de producteur des deux américains, affutant toujours plus leur électro métallique et dansante en y ajoutant de multiples ingrédients hétéroclites. Mais “Lagos Shake” renferme aussi des titres dans lesquels l’afrobeat apparaît un brin moins dénaturé, à l’instar du jazzy “Ole (Cairo Version)” de l’égyptien Salah Ragab, ou d’une relecture latino-américaine du titre “Awa Na Re” signée Son Palenque De Colombia. “Reggae Land Dub” offre quant à lui un remix dubisant totalement dans le ton de Wareika Hill Sounds, qui incorpore subtilement une touche jamaïcaine aux puissantes rythmiques de Tony Allen, tandis que l’excellent “Sankofa” de l’Hypnotic Brass Ensemble de Chicago revisite avec génie le thème de “Losun”, autour d’une farandole de cuivres graves et enivrants
L’éclectisme est ainsi plus que jamais à l’ordre du jour dans ce “Lagos Shake” étonnant et audacieux qui se présente comme une belle démonstration de ce que l’on peut faire à partir d’un afrobeat originel, admirablement maîtrisé comme de coutume par Tony Allen. Preuve que les genres sont de plus en plus malléables et en perpétuelle évolution, cette rare compilation de maxis Honest Jon’s secoue les carcans musicaux afin de faire éclore des sonorités nouvelles et inattendues. De quoi clouer le bec aux puristes et éveiller la curiosité des électromaniaques les plus convaincus
TracklistingHypnotic Brass Ensemble – “Sankofa” Carl Craig – “Kilode Remix”Bonde Do Role – “Awa Na Re Remix”Mark Ernestus – “Mark’s Disco Dub”Wareika Hill Sounds – “Reggae Land Dub” Newham Generals – “Tetsuya’s Theme” Son Palenque De Colombia – “Samba”Diplo – “Fuji Ouija”Salah Ragab – “Ole (Cairo Version)”Moritz Von Oswald – “Ole Remix”
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04/04/2006
(Honest Jon’s/Night & Day)
Illustre retour sur le devant de la scène que celui de Candi Staton, celle que l’on surnomma longtemps “The First Lady of Southern Soul”. Inimitable malgré le nombre ahurissant d’artistes à cette époque, elle a su conserver cette voix si particulière et cette puissance tout au long de sa carrière, pour nous proposer aujourd’hui un nouvel album à la hauteur de sa réputation
Qui mieux que Candi Staton incarne cette notion de “Soul Survivor”, chère à la population noire du sud des Etats-Unis? Née à Hanceville en Alabama, elle grandit en aidant ses parents à ramasser du coton et à faire de l’élevage. Dés l’âge de 4 ans, elle chante dans les églises, mais très vite, part à Cleveland avec sa mère et sa soeur fuyant un père alcoolique. C’est plus tard au Jewel Christian Academy de Nashville, au Tennesse, qu’elle démarre à proprement dit sa “carrière”, avec le “Jewel Gospel Trio”, tournant en première partie des futures autres grandes stars de la musique noire américaine, Mahalia Jackson, The Staple Singers et l’immense Aretha Franklin. Mais sa force aujourd’hui vient forcément de ces années d’errance, où après tant de piété, elle succomba à la tentation des clubs, puis de l’alcool, de la drogue, divorçant à plusieurs reprises de maris peu scrupuleux. Mais tout ceci ne fut qu’un passage, et c’est bien vivante et rayonnante que nous la retrouvons aujourd’hui
Pour résumer au mieux cet album, on pourra dire qu’il représente au plus près les influences multiples de Canzeta Marion Saton. Passant avec aisance de titres très rythm & blues tels que “You Don’t Have Far To Go” qui ouvre l’album ou “Cry To Me”, à une soul toute en mélancolie, dont “His Hands”, morceau magnifique d’intensité ou encore “You Never Really Wanted Me” poignant à en tirer les larmes. Et dans le même registre, le somptueux “I’ll Sing A love Song To You”, chanson écrite par ses soins. Mais certains pourraient être surpris par la présence de titres beaucoup plus blues, avec une touche de country. Ce qui, durant sa carrière, fut permanent, le public Afro-américain sudiste ayant toujours adhéré à ce mélange. Et c’est le cas pour “Running Out Of Love” ou “How Do I Get Over You ?”. Entourée de très bons musiciens sur ce projet, dont son fils, Marcus Williams, à la batterie, ou Barry Beckett, son compère de longue date à l’orgue pour ne citer qu’eux, et de sa fille et sa soeur parmi d’autres pour les choeurs, Candi Staton nous offre un véritable voyage à travers cette musique du “Dirty-South”, si touchante et à la mixité étonnante
Il est évident qu’on ne peut être qu’admiratif devant le parcours de cette femme partie de rien. Mais son plus grand mérite, et cela malgré ses nombreux déboires passés, c’est de revenir aujourd’hui sans tomber dans la facilité. Car ce disque paraît au final presque anachronique, tant par son style, que par la façon de jouer des musiciens, par l’atmosphère qui règne tout au long de l’album. Et surtout grâce à cette magnifique voix cassée, chaleureuse… Celle de Miss Candi Staton. Voyage dans les seventies assuré et on y retournera souvent!
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01/12/2003
(Honest Jons/Import)
Ocho Rios se trouve en Jamaïque. Burning Spear est originaire d’Ocho Rios. Les groupes Arrows, Skulls, T.S.O.S.A, Mercenarys, Clappers All Stars et The Original Survivors aussi. Que de coincidences heureuses pour faire d’un album inconnu une des perles du reggae. Le label anglais Honest Jons (entretenu en partie par Damon Albarn, leader du groupe Blur et chanteur de Gorillaz) se spécialise depuis quelques temps dans la réédition d’albums introuvables et magnifiques. Alors pour commencer : merci à Honest Jons Records de nous offrir un des albums piliers du roots reggae des années 70
“Black Slavery Days” (sorti a l’origine sur le label américain Clappers) est signé en 1975 par Jack Ruby, producteur de “Marcus Garvey”, “Garvey Ghost” et “Man In The Hills” de Burning Spear. Un point fort pour enregistrer ces différents groupes (ayant travaillé précédemment avec Spear, on retrouve même ici son frère, Elias Rodney) aux chansons rastas engagées. Les musiciens présents ont assuré les plus grands succès yardis : Vin Gordon, Bobbie Ellis, Leroy “Horsemouth” Wallace, Robbie Shakespeare, Augustus Pablo, Tony Chin, Earl Chinna Smith et j’en passe! L’album se compose de 10 morceaux (dont 5 dubs). Chaque titre est un bijou comme on n’en fait plus, qui nous replonge dans l’atmosphère moite et torride de l’île Caribéenne
On se demande pourquoi un tel album n’a jamais vraiment pu exister au sein de l’industrie du reggae. Peut-être aurait-il fait de l’ombre à Winston Rodney à cause de sa troublante ressemblance (cela n’ayant rien d’étonnant, à la vue des auteurs)? En tout cas, quand un succès phonographique comme celui-ci sort de l’ombre, nous ne saurons être médisants, préférant ainsi goûter au paradis autant que possible. Aux Sound Sytems de faire vibrer les dancehalls maintenant, rattrapons vite le temps perdu ! Un chef d’oeuvre peu commun !
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