Hermano

Hermano

(USA)

(4 articles)

Hermano - “Into The Exam Room”

Into The Exam Room[Album]
22/10/2007
(Suburban/Season Of Mist)

Pour Hermano, pondre un nouvel album résulte à chaque fois d’un accouchement douloureux. À croire que John Garcia n’est pas du genre à apprécier la facilité, lui qui aura déjà été le moins béni de la période post Kyuss. Car quand tous ses anciens compères jouissent aujourd’hui d’une renommée internationale due à une médiatisation plus évidente, Garcia aura longtemps été le maudit, l’oublié de cette grande aventure qui refait surface dés qu’on en prononce le nom

Comme ses prédécesseurs, “Into The Exam Room” aura été mis en boîte de la manière la plus atypique et surprenante qu’il soit, aura dû parcourir quelques milliers de kilomètres avant de finir dans un studio pour l’ultime étape du mixage. Entre temps, ces douze titres auront été composés à travers tous les Etats Unis, chaque musicien y contribuant dans son coin et cela qu’il réside dans le désert de Californie, dans les Etats de l’Ohio, de la Géorgie, et du Kentucky. Voilà qui étonne toujours, mais qui fonctionne puisque Hermano soufflera l’an prochain les bougies de son dixième anniversaire. Et à la veille de cet évènement qui ne manquera certainement pas d’être souligné, le combo marque encore son évolution amorcée en 1998 par ce qui est aujourd’hui l’album le plus rock de sa discographie, comme si ses influences stoner n’avaient désormais plus droit de visite

Mais n’allez pas pour autant croire qu’Hermano s’est laissé séduire par les affres d’un rock mainstream. Ce serait trop mal connaître la bande de Garcia, toujours bien marginale lorsqu’on la compare aux autres combos peinant à se démarquer les uns des autres. Car s’il apparaît ici moins sauvage, il n’en reste pas moins un groupe à l’identité marquée au fer rouge, se laissant cette fois aller à quelques envies d’ailleurs, sans pour autant dépayser son public.Ainsi, dés “Kentucky”, on reprend une louche de la superbe voix de Garcia, “Exam Room” et “Out Of Key, But In The Mood” étalent quelques riffs longuement aiguisés, et des relans de puissance emmenés par une rythmique destructrice (”Left Side Bleeding”, “Adoption Boy”) viennent contrebalancer un répertoire plus mid tempo (”Hard Working Wall”, “Don’t Call Your Mama”, “Our Desert Home”) ou acoustique façon folk caniculaire (”Dark Horse II”, “Bona Fide”, “At The Bar”)

“Into The Exam Room” pourrait bien vous laisser sans voix si vous veniez y chercher une nouvelle dose de stoner. Vous ne la trouverez pas. Mais ne pas s’endormir sur ses lauriers, et de surcroît de la manière la plus convaincante qu’il soit, n’est-il pas le lot de la poignée de groupes de rock pour se remettre en question sonne comme une évidence? Garcia apporte lui-même sa réponse, et pourrait bien, pour de bon, s’éloigner de l’ombre du fantôme Kyuss qui le poursuit maintenant depuis plus de dix ans..

En écouteKentucky

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Hermano - “The Sweet And Easy Of Brief Happiness”

The Sweet And Easy Of Brief Happiness[DVD]
14/07/2006
(Soulful Music/Season Of Mist)

Alors qu’on attendait déjà impatiemment un nouvel album de Hermano, John Garcia et sa bande nous gratifiait il y a quelques mois d’un très bon live, preuve par le son, s’il en fallait une, que le combo américain maîtrisait les planches. À cette époque, le groupe lui-même annonçait un équivalent en DVD. Le voilà donc qui arrive ce “The Sweet And Easy Of Brief Happiness”, un témoignage par l’image dont tous ses fans rêvaient. Et leur satisfaction risque bien d’être à la hauteur de leur impatience. Car le quintette, qui a lui-même sélectionné le contenu, n’a pas lésiné sur les images. Mais plutôt que de se pencher sur les bonus (trois clips passables et cinq minutes d’un live au Festimad de Madrid), et la trentaine de minutes du “Live At W2″ en version vidéo (”Cowboys Suck”, 5 To 5″, “Life”, “Roll Over”, Is This Ok?”, “Quite Fucked”, “TNT”, “Managers Special”), on retiendra surtout le “Rockumentary”: un reportage dans l’intimité d’Hermano qui, bien que légèrement décousu, propose des images live, backstage et de tournée (notamment à Bordeaux et Paris), mais aussi des interviews confession à propos de l’enregistrement de “Dare I Say”, des débuts du groupe, et un making of du clip “Let’s Get It On” en Suisse. Intéressant, à condition d’avoir révisé son anglais car les sous-titres ne sont une nouvelle fois pas au menu (sic). Voilà qui ne sera sûrement qu’un détail pour les amateurs de rock qui tâche, Hermano se montrant trop rarement pour qu’on puisse se passer du luxe de l’avoir chez soi..

A voirTrailer

Hermano - “Live At W2″

Live At W2[Album]
07/11/2005
(Suburban/Season Of Mist)

Petit rappel des faits: Hermano, c’est le groupe mené de mains de maître par John Garcia (Kyuss) qui ne devait être qu’en 1998, création du combo, qu’un side project. Mais, après quelques tournées et un premier album en 2002, leur sauce stoner métal fait des émules et rassemble sous le même drapeau les nostalgiques de Kyuss et Soundgarden. Sans compter sur la réputation et le parcours historique de son frontman qui ne font que susciter un peu plus d’engouement. Le statut de groupe de potes qui pousse les potards pour le plaisir laisse donc la place à celui d’un petit phénomène, phénomène tout court pour les accrocs de rock qui tache. Un deuxième album arrive alors en 2004, marqué par une évolution sans conséquence si ce n’est celle d’une qualité croissante. Plus punk, plus heavy blues, le set d’Hermano fera autant flancher l’Europe que les Etats Unis. De cette épopée, il ne reste que ce “Live At W2″ et ses douze titres exécutés avec une maîtrise époustouflante par des rednecks à crêtes. Autant dire qu’une fois les dernières notes de l’inédit “Manager’s Special” jouées, il reste comme un peu de poussière sur notre futal en cuir quand ce poids lourd du rock atteint l’épilogue de son manifeste. Avant cela, les riffs de guitare auront fondu sous la chaleur humide des salles de concert, les puissants accords vous auront brossé les tympans, Garcia se sera montré en chanteur irréprochable, et Hermano aura propulsé un à un de véritables brûlot de heavy rock sans concession ni moments de répit d’ailleurs. Du coup, on arriverait presque à la conclusion que ce live, et sa très bonne reprise de “TNT” en guise de bonus, est sans nul doute le disque le plus représentatif de la discographie du groupe, même s’il est ici exécuté plus lentement mais plus lourdement. Hermano rappelle ainsi merveilleusement à quel point la musique peut parler et être saisissante lorsqu’elle est ramenée à l’essentiel…

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Hermano - “Dare I Say”

Dare I Say[Album]
23/11/2004
(Meteor City/Import)

“Only a Suggestion”, à mi chemin entre Kyuss et Soundgarden, marquait il y a quelques temps le grand retour de John Garcia (Kyuss) sur le devant de la scène rock/stoner. Plutôt bien certes, mais de manière plutôt courte car avec à peine dix titres (huit très exactement) à se mettre sous la dent, on aurait bien resigné pour une double dose. L’arrivée de ce “Dare I Say” arrive donc plutôt à point nommé et ces onze titres vont, à n’en pas douter, satisfaire tout notre appétit de rock n’roll sans concession et de riffs gras et dégoulinants

Et ce n’est pas cette pochette violente, provocatrice mais efficace qui va freiner notre enthousiasme. Encore moins cette atypique manière d’enregistrer puisque chacun des membres de Hermano s’est posé sur les bandes dans des studios et villes différentes. Mais il n’empêche qu’ici, tout y est: des plus rock n’roll des brûlots (le massif “Cowboys Suck” d’ouverture, l’excellent “Quite Fucked”), au stoner d’école (”Life”, “Is This Ok” qui rappelle étrangement QOTSA), en passant par l’acoustique “Murder One”, le tout de manière qualitativement constante puisque “Angry Americans”, titre de clôture, est très certainement le meilleur moment de cet album. Entre temps, le Garcia à la voix sublime sera fidèle à lui même, dévoilera ses sentiments sur “Brother Bjork” et “My Boy”, deux titres écrits respectivement en hommage à Brant Bjork (batteur de Kyuss) et à sa famille

Hermano (aidé de Alhea X (Devil May Care), Country Mark (Orquesta del Desierto) et Erik Belt) effectue donc là un retour fracassant et s’impose définitivement parmi les groupes faisant du stoner, peu à peu délaissé par les Queens Of The Stone Age, un genre désormais intemporel

En écouteCowboys SuckAngry American

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