Guns Of Brixton

Guns Of Brixton

(France)

(5 articles)

Guns Of Brixton - “Cap Adare”

guns180Album
(Assaut Fantôme)
30/03/2009

À chaque disque qu’ils dégainent, les Guns Of Brixton prennent peu à peu leur distance avec cette affiliation dub dans laquelle ils ont plongé dés leur début, et ce malgré un background plus punk que reggae, qui ne les aura jamais vraiment fait se différencier du reste de la scène hexagonale. Ça ne les aura pas empêchés d’exister pour autant, les Caennais délivrant systématiquement des albums rondement menés, mais dénués d’une réelle originalité qui les aurait fait décoller. Lire la suite…

Guns Of Brixton - “In.Dub.Out”

In.Dub.Out[Album]
06/11/2006
(Lakalashnik’Off/Pias)

Il aura fallu moins de temps pour le dire aux Guns Of Brixton pour faire leur trou et s’imposer au sein de la scène dub française. Et cela, même s’ils ne sont pas des plus originaux, bien qu’ils emmènent leur musique dans des contrées post rock qui leur sont propres. Lab avait donné le ton, “Near Dub Experience”, premier album plutôt réussi, laissait déjà prévoir une plus que digne descendance. Pourtant, les indices de cette affinité pour le rock étaient nombreux, du nom du groupe clin d’oeil au Clash, aux guitares électriques omniprésentes, en passant par les quelques titres de morceaux dénonçant l’amour du groupe pour le rock (”The Shape Of Dub To Come” en est un exemple pour qui connaît Refused). On a d’ailleurs longtemps hésité pour passer le combo dans cette catégorie tant les clins d’oeil à Mogwai ou Neurosis sont nombreux

Il n’y avait donc aucune raison que les caennais dévient de leur route, et ont plutôt bien fait d’en dessiner clairement les contours avec ce “In.Dub.Out” très convaincant. Comme beaucoup de ses pairs, le groupe opte pour des ambiances planantes voire hypnotiques, électriques donc, évidemment pilonnée par un appui (et le mot est faible) rythmique des plus denses ainsi que quelques samples vocaux bien choisis. Ceux-là interviennent la majorité du temps, sauf quand Mc Blueveiner (La Phaze), vient se poser sur “911″, et qu’un autre vient s’égosiller sur “Cryptonik”

Mais la patte de Guns Of Brixton vient sans contestation de ces six cordes comme laissées libres, sereines, auxquelles on aurait accordé une carte blanche au point de les sentir improviser. Impossible de les manquer, car là ou beaucoup se contentent uniquement de quelques riffs bourrés d’effets ou de skanks, ces armes sur patte préfèrent plaquer les accords et intensifier ce mur de son. Dans ce cas, passons donc sans détour à l’excellence. Je parle du monumental “La Marche Des Lacunes”, lent, aquatique, mélancolique, touché par la grâce et la beauté, ou cordes et piano dialoguent avec les guitares, comme si Mogwai avait finalement décidé de rythmer sans retenue son disque dédié au footballeur

Du coup, pour définitivement nous happer, il fallait que Guns Of Brixton, après avoir laché très tôt sa meilleure carte, se montre à la hauteur tout au long de ce “In.Dub.Out”. Ce qui ne sera pas forcément le cas puisque, même si “8 Minutes En Corse”, le bruitiste “Le Train Fantôme”, “Rocket To Salem” et “Septentrional” sont des déflagrations de bon goût, on assistera aussi à un retour à la banalité du genre, cependant exécuté d’une manière irréprochable (”Opération Bretzel”, “Sachem In Russia”). Assez pour faire à la fois de Guns Of Brixton un groupe à part, et bien intégré dans ce paysage dub français qui, à vrai dire, semblait afficher complet. Désormais, on attendra un signe de vie des caennais avec autant d’enthousiasme que pour ses confirmés voisins de tournée. Car, comme le laisse entendre cet album et ses quelques péchés de jeunesse, la partie n’est sans doute pas terminée..

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Guns Of Brixton - “Near Dub Experience”

Near Dub Experience[Album]
01/02/2005
(Lakalashnik’Off/Mosaic Music)

Après un premier cinq titres convaincant, les Caennais remettent le couvert avec un album tout aussi intéressant. Une première livraison parfaitement maîtrisée qui fait entrer Guns of Brixton dans la cour des grands. L’entrée en matière, comme souvent avec les Normands, est tonitruante. Sur les rives de la Manche, on ne rigole pas et “The Shape Of Dub To Come” impose immédiatement une couleur rock que l’on retrouve sur la totalité des pistes. Le style de Guns of Brixton n’est pas révolutionnaire, c’est incontestable, mais le mariage entre dub électronique et rock débridé est d’une qualité remarquable, rarement égalé dans l’hexagone (si, si je vous assure!)

Le deuxième titre, “Fifteen Years”, consacre une large place à la guitare. Plus classique dans sa construction, sans pour autant tomber dans les clichés du genre, ce second exercice bénéficie surtout d’un excellent travail de samples. On retiendra notamment ce refrain entêtant et lancinant qui revient comme un slogan hypnotique… L’envolée finale manque un peu d’envergure, mais elle devrait faire mouche sur scène. Car en écoutant ce premier album des Caennais, on en vient à se demander si tout n’a pas été composé dans l’optique des futures prestations scéniques

Au premier abord, le troisième morceau, “Virus”, peut sembler long et répétitif. Mais après plusieurs écoutes, même si le titre est sans doute le moins convaincant du cd, l’atmosphère qu’il dégage n’est comparable à aucune autre. “Rocky Cat”, déjà présent sur le premier cinq titres des Bas-normands, se révèle nettement plus électronique que la version initiale. À nouveau, on ne peut que saluer le travail effectué autour des samples, et une fois de plus les Caennais s’offrent une ultime envolée apocalyptique, digne d’un Lab° au meilleur de sa forme. Avec “8 Minutes Au Tibet”, et c’est sûrement la principale critique que l’on peut formuler, le groupe ne bouleverse pas son mode de composition: intro planante, montée progressive, rupture puis accélération, et montée ascensionnelle toute voile dehors

Le sixième titre de l’album, “Les Mystères De l’Uranium” (mais où donc vont-ils chercher ses noms?), ne dénoterait pas sur le premier opus des Normands, tant l’ambiance qu’il dégage se rapproche des premières compositions du quatuor. Le disque s’achève sur les deux meilleurs titres de l’album: “Sad” et “Motif Obsolète”. Le premier vous prend à la gorge d’emblée et ne vous lâche qu’à l’issue de sept minutes d’anthologie (le résultat sur scène doit être énorme!). Le second, entièrement composé par Steven, homme machine du groupe arrivé en début d’année 2004, clôt les débats dans un climat ô combien pesant et dérangeant

Depuis quelques années, le dub français a le vent en poupe. Nombre de groupes, dans le sillage des High Tone, Zenzile, Lab° et Ez3kiel, tentent de faire leur trou sur une scène de plus en plus chargée. Reste qu’à répéter les mêmes formules, le public risque de se lasser, de s’endormir ou de tourner purement et simplement le dos à un genre pourtant riche en mariages et associations originales… Guns of Brixton l’a parfaitement compris, d’où cette volonté exacerbée d’évoluer loin des pistes banalisées, à mi-chemin entre électronique, punk et post-rock.

Interview : Guns Of Brixton (12-2004)

Interview : Guns Of Brixton (12-2004)

Après un premier cinq titres éponyme, les quatre Normands, un brin ironiques, adeptes de la provocation, délivrent un dub survitaminé. Rencontre

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Guns Of Brixton - “s/t 48″

s/t[Maxi]
01/09/2003
(Boudiou/Autoproduit)

Nouveau venu sur la scène dub française, Guns of Brixton n’en est pourtant pas à ses premières armes. Avec un ex-Amanda Woodward, un ex-Bazok, un ex-Bezo et un The Apollo Program dans ses rangs, le groupe caennais affiche quelques kilomètres au compteur. La scène, ils connaissent, ils aiment ça et ils en redemandent. C’est d’ailleurs par ce biais, en ouverture de Lab, Ez3kiel, Horace Andy, Kaly Live Dub, Brain Damage ou Aïwa, qu’ils se sont révélés

Pour autant, pas question de négliger le travail de studio. En cinq titres, Guns of Brixton dévoile une facette de son univers: du rock au hip hop en passant par l’electro et le post-rock, tous les moyens sont bons pour enrichir le dub. La galette s’ouvre sur un “Spider” tout en apesanteur et en délicatesse… avant une ultime montée débridée où samples, guitares et rythmes tranchés explosent à la face de l’auditeur. Sur “Dubs Not Dead”, tube en puissance s’il en est un, les Caennais taquinent nos sentiments. À fleur de peau pendant les premières minutes, la partie s’emballe de nouveau dans la dernière ligne droite: le dubcore est né

Sans s’encombrer de transitions lancinantes, Guns of Brixton enchaîne avec le surprenant “Rocky Cat”. Intro hip hop, virage rock et conclusion post-rock, les quatre de Normandie inscrivent définitivement leur musique dans la fusion, le mélange et le mariage. Comme son nom semble l’indiquer, “Projet Zéro” revient auxpremières effluves du dub: skanks hachés, rythmes nerveux et envolée technoïde pour enrober le tout. Enfin, l’hypnotique “Septentrional” clôt l’exercice par une longue montée en apnée de sept minutes

Une première ébauche concluante. Guns of Brixton livre un opus riche, éclectique, puissant et mélodique. Cinq titres, cinq perles, sans restriction, ni concession à un style made in France en plein essor. L’album devrait être livré en février 2005. On trépigne d’impatience.