Lire la chronique de “Mirror Mirror“
(Belgique)
On a attendu le retour de Ghinzu pendant quatre longues années, pendant lesquelles on n’a jamais cessé de revenir sur le chef d’oeuvre “Blow”. En 2009, les Belges font leur come back avec “Mirror Mirror”, un pavé dans la mare des albums rock conventionnels, et en profitent pour encore passer un nouveau cap. Un mois [...]
[Album]
07/11/2005
(Atmosphériques/Universal)
Il y a un peu plus d’un an sortait “Blow”, deuxième album des Belges de Ghinzu, qui allait les révéler au grand public. De là, s’est répandue une onde de choc qui toucha toute l’Europe et inscrivait sans contestation possible ses auteurs parmi les combos les plus intéressants du moment. Le genre de groupe dont on ne se rassasie jamais, dont on attend une nouvelle galette à peine la dernière achevée. À cette époque, on se serait bien mis leur premier essai dans le casque, sauf qu’”Electronic Jacuzzi” était aux abonnés absents depuis un certain temps. Alors que nous étions déjà en train de surveiller les sorties à venir en 2006 histoire de guetter un successeur, “Atmosphériques” a eu la bonne idée de rééditer le premier album des Ghinzu. À petit prix de surcroît. Alors, évidemment, on ne fait pas les bégueules et on se lance à corps perdu dans ce qui allait devenir le renouveau du rock belge, la reformation de Deus ne venant même pas remettre en cause cet état de fait. Évidemment, comme tous premiers albums, il ne faut pas s’attendre à prendre la même claque qu’à l’écoute de “Blow”. “Electronic Jacuzzi”, au tracklisting ici écourté par rapport à sa version d’origine, n’en est qu’un aperçu, une partie du set de Ghinzu en live (”Dragon”, “Electronic Jacuzzi”, “Dracula Cowboy”), et s’adresse donc aux fans les plus férus du combo. Pourtant, l’univers du groupe était là déjà évident (”Dolly Fisher”, “R2D3″), avec ses ballades mélancoliques, épurées et au sens de la mélodie reconnaissable (les excellents “Turn Up the Satan” et “Thoughts Behind The Scene”); la voix de John Stargasm faisait, comme aujourd’hui son petit effet; et nous, au passé comme au présent, cette musique nous rend toujours tous cons. À croire qu’on est vraiment devenus fans, mais avec la certitude qu’on a vraiment bien fait de se plonger d’abord dans “Blow”. Maintenant, place au nouvel album prévu cette année..
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Il aura fallu un superbe second album pour que Ghinzu fasse l’unanimité dans l’hexagone. Entretien avec John Stargasm, leader charismatique du combo belge…
[Album]
01/09/2004
(Dragoon/Universal)
C’est en 1999 que Ghinzu, nom trouvé dans l’urgence le jour même d’un passage à la télévision belge, se forme autour de John Stargasm qui enregistrait seul jusqu’alors ses compositions. “Electronic Jacuzzi”, leur premier opus, sort donc sur leur propre label, “Dragoon”. C’est alors qu’on découvre un nouveau talent. Ghinzu propose une insolente noisy pop, mélangeant les éléments basiques de la pop avec des expérimentations diverses, au point de mettre au monde une musique accessible mais très personnelle. Les radios se déchaînent, les télés s’y mettent aussi, les tournées débutent et les emmènent jusqu’aux Transmusicales 2001, la Belgique vibre sur les notes du quintet en attendant que toute l’Europe s’y mette
Quatre ans plus tard, Ghinzu nous pond “Blow”, son dernier album en date, confirmation espérée. Et c’est justement le morceau au même titre qui ouvre l’opus sur une longue montée en intensité pour faire éclater le sens de la mélodie des belges. “Do You Read Me?” prend le pas tel un tube en puissance comme, plus tard, “High Voltage Queen”. Puis on se plonge dans la sensibilité de Ghinzu qui laisse éclater son talent d’écriture sur les superbes “Sweet Love”, Sea-Side Friends” et”Jet Sex”, couplé avec “Cockpit Inferno”, preuve de sa polyvalence et de sa cohérence. Puis les cinq se la donnent garage (”‘Til You Faint”, le dévastateur “Mine”), nous rappellent la chaleur et la mélancolie d’un “Argument” de Fugazi sur le long et schizophrénique “The Dragster-Wave”, ou tentent l’instrumental (”21st Century Crooners”, “Horse”)
On aura mis du temps à rentrer dedans, à vraiment comprendre cet univers intemporel qui nous fait aujourd’hui frissonner, nous tire la larme à l’oeil, et nous rend tout con. A l’écoute de “Blow”, on se jette au ralenti dans un bain de paillettes qui nous fait oublier la noirceur de l’ensemble et cela, de la manière la plus attentionnée qui soit. Ghinzu nous gifle en douceur mais nous laisse son empreinte comme pour ne jamais nous faire oublier son passage. Somptueux.
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On a tous un disque qui, pour ce qu’il rappelle, représente, ou a déclenché, a marqué notre vie. A chaque artiste, groupe ou activiste croisé, la question est simple, la réponse beaucoup moins. Voilà une rubrique qui est appelée à s’enrichir au fil des rencontres…